Les enthousiastes :

des trésors confessionnels

Par Randal Dick

Surintendant de missions

La conversion est une œuvre de Dieu. Pourtant, il choisit d'employer des chrétiens dans la conversion des autres.

C'était vrai du temps de l'église primitive, et c'est vrai aujourd'hui. Nous participons du mieux que nous pouvons en cédant à l'amour et à l'autorité de Jésus-Christ dans notre vie.

John Hayward, de l'Université de Glamorgan, au Pays de Galles, a écrit un article pertinent pour le Quadrant, journal de l'Institut de Recherche Chrétien, en Grande Bretagne.

Puisque la plupart d'entre vous n'avez pas accès à ce journal, je voudrais partager avec vous certaines de ses découvertes au sujet des exemples et des cycles qui sont réapparus dans l'église chrétienne en Grande Bretagne au cours du dernier siècle.

Une des découvertes du Dr Hayward, qui touche une corde particulièrement sensible chez moi, est l'identification d'une catégorie spécifique de membres de l'église qu'il appelle les enthousiastes.

Le Dr Hayward dit que " la croissance [d'une église] prend fin par manque de contacts avec les non-croyants, pas par manque d'enthousiasme [des membres de l'église]. La croissance cesse éventuellement parce que les enthousiastes passent proportionnellement moins de temps à " infecter " le bassin rétrécissant des non-croyants. La croissance ne durera que si l'on recherche délibérément les non-croyants. "

Le Dr Hayward caractérise la croissance de l'église comme étant similaire à " l'épidémie d'une maladie. Elle a un début modeste menant à une croissance substantielle qui ralentit éventuellement. "

À chaque fois que nous trouvons une époque de renouveau de croissance, nous trouvons aussi la présence d'enthousias-tes.

Dans la deuxième moitié des années '60, nous avons vécu une croissance explosive dans l'église. Les enthousiastes abondaient. Même si nous les encouragions à ne pas le faire, ils partageaient continuellement leur excitation avec leurs amis et leur parenté.

Qui sont ces enthousiastes énigmatiques, et que pouvons-nous apprendre d'eux ? Je parie que nous connaissons presque tous, ou avons connu, des enthousiastes. Certains d'entre nous avons probablement été des enthousiastes, et je prie pour que certains de vous qui me lisez en ce moment soyez des enthousiastes.

Les enthousiastes sont souvent des chrétiens relativement nouveaux. Ils peuvent ou non être spirituellement matures. Parfois, ils n'en savent pas beaucoup sur la Bible.

Mais nous devons nous rappeler de ce qu'est leur rôle : ils contaminent d'autres personnes de leur enthousiasme. Ils ont expérimenté l'amour de Dieu d'une manière qui est, selon toute évidence, véritable et apparente pour ceux qui les connaissent bien.

L'œuvre nouvelle que le Saint-Esprit fait dans la vie des enthousiastes peut s'avérer très magnétique aux yeux des non-croyants qui recherchent une signification à leur vie.

Il est important d'être bien clair à propos de ce que les enthousiastes font bien. Ils peuvent ne pas être capables d'enseigner ou d'enraciner une personne dans la foi. Mais les enthousiastes ont quelque chose qui amène les gens à venir voir par eux-mêmes. Lorsque Jésus guérissait des estropiés et que ceux-ci allaient en cabriolant dans les rues jusqu'à chez eux, ils attiraient les foules.

De la même façon, quand les gens voient quelqu'un de spirituellement estropié devenir entier et plein d'espérance, cela peut amener une personne à vouloir constater par elle-même. Cela donne l'occasion au Corps d'exprimer l'amour et l'acceptation de Christ.

Donc, la valeur des enthousiastes ne se voit pas nécessai-rement au sein de la congrégation. Ils accomplissent leur meilleur travail en dehors de la congrégation, en présence des non-croyants.

La qualité plus que la quantité

Un petit nombre d'enthousiastes, qui ont quelque chose de spirituellement valorisant à offrir, aura un grand effet. À nouveau, c'est parce que la vie des enthousiastes à été touchée par Dieu d'une manière telle que c'est a) évident et b) amène les non-croyants à voir une lueur d'espoir dont ils peuvent très bien bénéficier. Cela stimule les non-croyants à vouloir en savoir plus.

Une menace majeure aux enthousiastes est le fait que l'église en Occident est devenue très institutionnalisée. Même nos contacts avec les non-croyants tendent à devenir un genre ou l'autre de programme de propagation.

Les bonnes œuvres sont bonnes pour le chrétien, mais ne conduisent pas nécessairement les autres à rechercher le Christ. Elles ont une valeur rédemptrice seulement si elles illuminent et mènent à Celui qui est véritablement bon. Ces programmes peuvent s'avérer non intentionnellement destruc-tifs quand ils occupent le temps et l'énergie des quelques enthousiastes qui existent et les lient dans un service institutionnalisé de propagation.

Ainsi, quand un rare enthousiaste arrive, nous n'attendons pas avant de le brancher dans quelque ministère au sein de l'église. Cela est souvent conditionné par le désir de relâcher un peu la pression sur les 20 % de gens dans un congréga-tion typique qui, selon les statistiques, portent le fardeau du ministère pour les 80 % qui, toujours selon les statistiques, font peu ou rien.

Il est dangereux que nous puissions courir le risque de nous administrer à en mourir. Une congrégation peut posséder tant de ministères (internes ou externes) que personne n'a le temps de mener une vie simple, transparente et transformée dans une relation authentique avec les non-croyants qui font partie de l'orbite quotidienne de l'enthousiaste. Il est aussi important de comprendre que les enthousiastes n'auront pas le même impact, s'ils font partie d'un ministère de l'église, qu'ils ont dans un contact personnel intime avec les non-croyants qu'ils connaissent.

Les enthousiastes sont à leur mieux quand ils sont en relation personnelle avec ceux qui les connaissent bien et qui peuvent reconnaître le miracle qui s'établit dans la vie de l'enthousiaste. Cela permet à Christ de se manifester en tant que Seigneur personnel s'engageant dans la vie des gens qui ne peuvent se sauver eux-mêmes.

Mon père était un enthousiaste. Lui et maman étaient si déterminés à réagir à ce que Dieu faisait alors dans leur vie qu'il sauta dans un train, dans une région au centre du pays, et se rendit à Pasadena pour s'enquérir de cette église sur laquelle il avait toutes les misères du monde à avoir de l'information.

Quelques années plus tard, nous vivions à Pasadena, où mon père est devenu étudiant à l'Ambassador College. Notre maison ressemblait à un zoo. Vous ne saviez jamais quel étranger papa allait amener pour souper. En certains cas, ceux qui venaient prendre un repas passaient quelque temps avec nous.

La plupart de ces gens étaient des membres prospectifs tout nouveaux qui, comme papa et maman, étaient déterminés à savoir ce qu'était cette église. Mes parents n'étaient pas encore des chrétiens matures, ils étaient eux-mêmes en apprentissage. Mais leur enthousiasme était si contagieux que bon nombre de ceux qu'ils influencèrent devinrent des chrétiens matures.

Dans certains cas, ils devinrent plus tard des piliers et des leaders dans l'église que beaucoup d'entre vous pourriez reconnaître.

Mes parents ne sont pas toujours demeurés enthousiastes; personne ne le demeure. Alors qu'ils prenaient de la maturité dans la foi, de plus en plus de leurs amis et relations se convertirent aussi, ou alors tirèrent un trait et ne voulaient plus rien savoir de la religion.

Mais, pendant une période de temps dans notre histoire, une génération d'enthousiastes produisit une autre génération qui suivit. Néanmoins, quand une croissance explosive spirituelle est provoquée, les enthousiastes abondent et jouent un rôle majeur dans le cycle de croissance.

Nous avons quelques précieux enthousiastes aujourd'hui, dans l'Église Universelle de Dieu. J'en ai rencontré quelques-uns, et je crois percevoir que, parfois, nous, les " plus matures " dans la congrégation, mettons leur enthousiasme sur le compte de l'immaturité

C'est précisément le cas. C'est ce qui le rend si pur. Si vous possédez des enthousiastes dans votre congrégation, traitez-les comme des trésors confessionnels, parce que c'est ce qu'ils sont.