Nouvelles universelles

Traduction du Worldwide News

Mars 2001

Obéir à Dieu

Par J. Michael Feazell

Il y a encore une chose que je ne saisis pas. Si nous sommes déjà pardonnés, qu'est-ce qui nous empêche de continuer à pécher ? Je réalise que nous sommes sauvés par la miséricorde de Dieu et non en étant bons, et je réalise que nous ne serions jamais assez bons, de toutes manières, et je réalise aussi que même notre bonté est teintée de péché, mais, encore une fois, Dieu ne veut-il pas que nous cessions de pécher ? "

Vous vous inquiétez de ce que si nous mettons trop l'emphase sur la grâce, les gens ne se soucieront plus de leur comportement ?

" Oui, je crois. "

Vous savez, je n'ai jamais rencontré de chrétien qui ne se souciait pas de son comportement. Ça vient avec - les chrétiens se soucient de leur comportement. Mais j'ai rencontré beaucoup de chrétiens qui avaient bien des problèmes à croire que Dieu puisse continuer à les aimer et à leur pardonner en dépit de la pauvreté de leur comportement.

La plupart d'entre nous, chrétiens, voyons facilement nos péchés et essayons de faire mieux. Ce qui nous cause problème, c'est d'abandonner notre profond sentiment de culpabilité et d'échec dans les mains de Christ. Nous sommes encore et toujours à lutter pour surmonter quelque chose, mais les moments où nous nous reposons dans une paix profonde et innocente en l'amour total et inconditionnel de Dieu ne sont que peu nombreux.

" Eh bien, cela renforce mon point. Si nous cessions de pécher, nous n'aurions dès lors plus à souffrir de culpabilité. "

Vous dites que vous réalisez que même notre bonté est teintée de péché, et vous avez raison là-dessus. C'est le cas. Si nous sommes honnêtes envers nous-mêmes (et, en tant que chrétiens, nous devrions nous sentir libres d'être honnêtes envers nous-mêmes), nous savons que nous ne sommes jamais délivrés de la culpabilité. Mais, en Christ, nous sommes libérés de la culpabilité, pas à cause de nous, mais à cause de lui. Dieu nous compte pour justes en Christ. Tout ce que nous avons à faire est d'y croire, parce que nous ne pouvons en voir de preuve matérielle. Nous pouvons voir un peu, ou même beaucoup d'amélioration en divers aspects de notre vie, mais rien qui se rapproche de la perfection (à moins de nous bourrer d'illusions).

En d'autres termes, oui, nous devons combattre le péché dans notre vie et, parce que le Christ vit en nous, c'est ce que nous faisons. Mais nous ne devrions jamais mesurer l'amour que Dieu nous porte par le degré de succès que nous remportons contre le péché. Dieu veut que nous croyons qu'il est notre justice.

Lorsque nous croyons qu'il est notre justice, trois choses surviennent : 1) nous réalisons que nous ne sommes pas justes (c'est-à-dire, que nous sommes des pécheurs en grand besoin de miséricorde; c'est ce que nous entendons par repentir - admettre que nous sommes des pécheurs en manque de miséricorde). 2) Nous réalisons que sa Parole, sa promesse de nous pardonner et de nous sauver, est bonne. 3) Nous nous reposons sur lui.

Avez-vous déjà remarqué que, lorsque Dieu se mettait le plus en colère contre le peuple d'Israël, ce n'était pas pour ses défaillances morales, mais à cause de son incrédulité (Psaume 106:6-7, 21, 24; Hébreux 3:9, 12, 19) ?

Ils ne le croyaient pas quand il leur disait ce qu'il allait faire pour eux, c'est-à-dire, plus précisément, les sauver, être leur salut, prendre soin d'eux. Au lieu de lui faire confiance, ils passaient des traités avec les pays voisins, ou faisaient des sacrifices aux dieux des autres nations, ou s'en remettaient à leur propre forces militaires.

(Et, allant de pair avec leur incrédulité, ils oppres-saient les pauvres et les faibles parmi eux. Ne pas faire confiance à Dieu pour vos besoins conduit toujours à marcher sur la tête des pauvres et des faibles. Cela parce que, lorsque vous essayez de faire votre chemin dans le monde, vous devez adopter les façons de faire du monde, jouer selon les règles du monde : la loi de la survie du plus fort.)

Faire confiance à Dieu signifie que, quand on nous blesse ou qu'on prend avantage sur nous, ou lorsque les problèmes surgissent ou qu'une tragédie frappe, tout n'est pas perdu parce que le Christ est ressuscité des morts pour nous. Cela signifie que nous savons que nous n'avons rien à perdre parce que tout ce que nous possédons nous a d'abord été donné par Dieu.

Cela signifie que nous pouvons lui confier tous nos besoins parce qu'il se soucie de nous. Et cela demande de la foi parce que la délivrance de Dieu, face aux nombreuses choses qui nous tombent dessus dans la vie, n'arrive pas souvent d'une manière qui nous apparaît sensée.

Parfois, la délivrance n'arrive pas dans cette vie-ci. De la même façon, ce n'est pas dans cette vie-ci que nous allons surmonter tous nos péchés, ce qui veut dire que nous devons lui faire confiance quand il dit qu'il nous justifie (Romains 4:1-8) et que notre nouvelle vie est cachée avec Christ en Dieu (Colossiens 3:3).

Saints en Christ

Le péché est notre ennemi comme il est l'ennemi de Dieu. Il détruit la création, ce qui nous inclut. Mais Dieu a agi avec puissance, de façon décisive et une fois pour toutes, en Christ, pour racheter la création, incluant nous, de la corruption du péché. L'issue de la guerre contre le péché a déjà été déterminée à travers la mort et la résurrection du Fils incarné de Dieu. Le diable, avec le péché et la mort dont il se fait le champion, a été vaincu, mais il exerce toujours son influence dans le monde jusqu'au retour de Christ.

Par la grâce de Dieu, nous sommes enfants de Dieu. Notre cœur est tourné vers lui, voué à lui et sanctifié par lui. Nous avons goûté à sa bonté et expérimenté son amour, et nous lui avons donné notre allégeance. Nous combattons le péché dans notre vie et luttons pour marcher dans la justice parce qu'il vit en nous.

La victoire de Christ est notre victoire. En d'autres mots, ce qu'a fait le Christ, il l'a fait pour nous, et il se tient devant Dieu pour nous. Nous sommes saints parce que, et seulement parce que, nous sommes en Christ. Nous ne pouvons voir cela que par les yeux de la foi - nous devons faire confiance à Dieu qu'il en soit ainsi.

La vie chrétienne : un paradoxe

Voici une autre manière de le dire : Dieu nous a donné une part active dans la victoire de Christ. Nous sommes purifiés et pardonnés dans le sang de Christ même quand nous tentons, mais échouons, de vivre en harmonie avec l'amour parfait de Dieu. Un cœur repentant et un engagement à l'obéissance caractérisent notre vie de foi en Christ, même si nous manquons régulièrement à l'idéal de Christ.

Lorsque nous échouons, ce qui est continuel, nous pouvons avoir confiance au pardon de notre Dieu qui nous aime tellement qu'il a donné son Fils pour nous racheter. En Christ, nous nous maintenons, et nous nous maintenons seulement parce que nous sommes en Christ qui est pour nous, par opposition à contre nous.

En Christ, même si nous sommes pécheurs, nous sommes justes. Même quand notre engagement ballote, l'engagement de Christ envers nous ne ballote pas - Dieu est fidèle même quand nous fautons (2 Timothée 2:13). Il n'y a pas de condamnation pour ceux qui sont en Christ (Romains 8:1).

Maintenant, si cela sonne comme un paradoxe, c'est le cas. Du moins, selon notre perspective. Mais selon la perspective de Dieu, c'est la manière par laquelle l'univers est bâti. Dieu aime et rachète, et il a fait toutes choses nouvelles en Christ. Nous sommes morts au péché, pourtant nous sommes vivants en Christ (Éphésiens 2:5; Colossiens 2:13). Nous péchons encore, mais Dieu ne nous considère plus comme pécheurs (Romains 4:8). Notre vraie vie, qui est une création nouvelle, est cachée en Dieu avec le Christ (Colossiens 3:3). Tout comme la vieille création est jugée, la nouvelle création est sauvée.

Cela rend-il le péché correct ? La question manque la cible. Le péché n'est pas correct. Il n'est jamais correct. Mais il est vaincu. On lui a arraché les dents. Il est sur ses derniers milles. Il frappe encore autour de vous, et peut même vous tuer, mais Dieu vous a couvert pour toujours.

Jésus confirme l'idéal de la vie dans le Royaume dans Matthieu 5. L'ancienne catégorie de lois de Moïse est transcendée par la description de Jésus d'un cœur transformé qui reflète la nouvelle vie en lui.

C'est un cœur qui met les autres au-dessus de soi, qui, non seulement évite de blesser les autres, mais aime aussi activement les autres. C'est un modèle de vie qui ne peut se mesurer par les apparences extérieu-res, mais qui jaillit plutôt d'une création nouvelle, un nouvel intérieur, une nouvelle naissance.

C'est le cœur de Christ. Et, en tant que tel, c'est le cœur qu'on nous donne, pas un cœur que nous acquérons par notre énergie morale et notre engagement personnel.

" Pourquoi Jésus dit-il que quiconque ne garde pas toute la loi et ne l'enseigne pas sera appelé le plus petit dans le Royaume des cieux ? "

Parce que c'est vrai. Mais rappelez-vous que c'est par Jésus que nous gardons toute la loi, pas par nous-mêmes. C'est Jésus qui l'a gardée pour nous. La loi nous condamne parce que nous ne pouvons nous empêcher de la transgresser (Galates 3:10-14). En Christ, il n'y a pas de condamnation.

Nous ne devenons gardiens de la loi que parce que nous remettons notre foi en Jésus qui est notre seule justice. Ne laissez personne vous faire croire autre chose. Nous n'avons pas le début de ce qu'il nous faut pour nous rendre justes face à Dieu. Jésus l'a, et l'évangile est la bonne nouvelle de Dieu qui a fait de nous, en Christ, tout ce qu'il veut que nous soyons.

Parce que nous ne pouvons voir, si nous sommes honnêtes, aucune évidence physique de cela, nous ne pouvons le savoir que par la foi en Celui qui nous en a fait cadeau (Galates 3:22). C'est pourquoi Dieu plaide en disant : " Croyez-moi ! "

Encore un autre point, pendant que nous y sommes. Lorsque Jésus se réfère à la loi, ici, dans Matthieu 5, il ne parle évidemment pas de toute la loi de l'ancienne alliance. Autrement, nous devrions tous porter des signets bleus et des phylactères (pas trop larges, espérons-le) et sacrifier des agneaux.

De toute manière que Jésus définisse la " loi ", ici, nous ne sommes gardiens de la loi que par la foi en lui, pas par nos efforts toujours maladroits pour éviter le péché.

La dévotion naît de la confiance

Jésus est notre Sauveur, notre Seigneur et notre Enseignant. Nous pouvons, au départ, avoir confiance que nous sommes pardonnés et sauvés, purement et simplement comme don gratuit de Dieu envers nous au moyen de son Fils. Jésus est notre Sauveur.

Avec cette confiance assurée en la véritable parole de grâce de Dieu, et parce que son amour grandit en nous dès le moment où nous croyons en lui, nous pouvons (par sa force) nous vouer à tout ce qu'il dit. Jésus est notre Seigneur, ce qui signifie également qu'il est notre Maître, notre Roi, notre Dirigeant.

Nous en venons à mieux connaître Dieu et à comprendre plus pleinement sa volonté en écoutant ce qu'il nous révèle de lui-même dans la Bible. Voici certaines manières de l'écouter : en lisant la Bible, en écoutant nos enseignants dans l'église (Éphésiens 4:11-14), en lisant des écrits de dévotion d'enseignants chrétiens, aussi bien qu'en " écoutant " les incitations de Dieu sur notre volonté durant nos prières. Jésus est notre Enseignant.

" Vous dites donc que l'obéissance est réellement importante ? "

Oui. On nous commande d'obéir à Dieu. Si nous croyons en la miséricorde et en l'amour de Dieu par Christ, alors le Saint-Esprit œuvre en nous pour nous conduire à désirer obéir à Dieu, et à effectivement lui obéir.

" C'est ce qu'on signifie par "porter des fruits" ? "

Exactement. Nous portons des fruits, mais pas vraiment parce que nous le faisons nous-mêmes. C'est l'Esprit-Saint œuvrant en nous qui le fait. Mais la beauté de la chose, c'est que l'Esprit nous rend capables de coopérer avec son œuvre de manière à ce que nous plaisions vraiment à Dieu et lui rendions gloire par le Christ.

" Mais revenons-en au problème d'origine. Nous échouons beaucoup. "

Oui, en effet. Mais, encore une fois, nous pouvons nous reposer sur la confiance que Dieu nous a déjà pardonnés, nous a déjà sauvés, et qu'il a déjà fait de nous ses saints. Dans cette confiance, nous n'avons pas à languir de découragement ; nous pouvons nous relever et continuer notre combat contre le péché, en nous reposant sur l'amour sûr et sans limite de Dieu. Nos échecs, nos défaillances et nos péchés ne constituent pas la mesure de ce que nous sommes en Christ ; sa parole fidèle et sa victoire pour nous le sont.

" Nous sommes donc réellement en bataille contre le péché. "

Bien sûr que nous le sommes. Mais la victoire ne dépend pas de nous ; elle dépend de Christ, et il a déjà gagné. Nous vivons l'implication de sa victoire dans nos batailles personnelles et, parce que la victoire est déjà remportée, la part que Dieu nous a donnée dans sa victoire n'est pas en jeu.

Notre part est déjà mise en sécurité par le Fils de Dieu. Par la gracieuse volonté de Dieu à notre égard, nous sommes, en vérité, saufs en Christ, et nous pouvons nous réjouir et nous reposer en présence de Dieu si nous croyons en sa parole à cet égard. (Si nous ne croyons en la parole de Dieu à cet égard, alors, évidemment, nous ne serons pas en mesure de demeurer dans sa joie. Dieu n'empêche personne de mijoter en enfer, mais l'enfer ne constitue pas son choix à notre intention.)

Enseigner la bonne manière de vivre

" Mais l'église ne devrait-elle pas enseigner aux gens la bonne manière de vivre ? "

Oui, elle le devrait. Et, ce faisant, elle doit garder en tête qu'enseigner la bonne manière de vivre, ce n'est pas la même chose que d'enseigner aux gens comment être aimé de Dieu ou comment être sauvé. Les deux doivent être séparés.

Dieu nous aime déjà et nous a déjà sauvés, même si nous sommes pécheurs. La bonne manière de vivre nous aide à éviter un paquet de troubles, de peines et de douleurs, mais elle ne peut faire en sorte que Dieu nous aime ou nous sauve plus qu'il ne le fait déjà.

" Mais cela ne plaît-il pas à Dieu que nous fassions une bonne vie ? "

Oui, ça lui plaît. Parce que Dieu aime nous voir vivre en harmonie avec lui et avec l'être qu'il a fait de nous en Christ. De plus, il déteste voir que nous nous torturions nous-mêmes et que nous vivions dans la peur et le désespoir, en désaccord avec la nouvelle création qu'il a fait de nous en Christ. Cessons-nous d'aimer nos enfants quand ils ignorent nos règles et nos avertissements et qu'ils se blessent ? Dieu nous aime bien davantage que nous aimons nos enfants.

Il nous faut comprendre qu'avec la nouvelle alliance en Christ, Dieu a éclipsé l'ancien système de récom-pense pour la justice et de punition pour le péché (Hébreux 10:9-10). Ce système liait tout le monde sous le joug du péché et de la mort (Galates 3:21-22).

À cause de notre entière incapacité, de notre faiblesse et de notre esclavage, il a pris, sur lui et pour nous, la punition du péché, et il partage avec nous, en tant qu'Humain juste pour tous les êtres humains, la récompense de sa justice. Cette récompense de sa justice est la réconciliation et l'unité avec Dieu. Nous ne recevons tout ce que le Christ a fait pour nous que d'une seule manière : par la foi, et, sans la foi, ou confiance en Dieu que sa parole d'évangile est vraie, nous n'accepterons pas son amour, sa réconciliation et la vie éternelle.

Ce que cela signifie, c'est que nous devons nous débarrasser de la notion voulant que notre comportement détermine l'attitude de Dieu envers nous. Dieu seul détermine comment il se sent vis-à-vis nous, non pas nos bonnes ou mauvaises œuvres. Dieu a décidé, dès le commencement, qu'il nous aimait, et son Fils est l'Humain parfait pour nous, à notre place, afin que l'amour de Dieu envers nous puisse être complet et éternel, précisément parce que son essence réside dans son amour envers son Fils. Il sera fidèle même quand nous sommes infidèles parce que, en Christ, nous sommes réconciliés avec le Père, et que c'est à travers Christ qu'il nous aime, au nom du Christ.

Donc, quand nous enseignons aux gens la bonne façon de vivre, nous leur enseignons, et à nous-mêmes, comment vivre libres de l'esclavage et de la peine qui accompagne le péché. Nous ne leur enseignons pas comment devenir meilleurs que les autres, plus aimés de Dieu que les autres, plus importants aux yeux de Dieu que les autres, ou même plus justes que les autres. Parce que notre justice n'est que dans le Christ, et que nous ne marchons dans cette justice que par la foi en lui, pas en évitant les drogues, le sexe illicite ou la violence.

Il est sûr que la vie est indiciblement plus douce quand nous évitons le sexe illicite, la drogue et la vio-lence. Mais nous devons nous rappeler que le sang de Jésus est tout aussi nécessaire face à l'indifférence, à la paresse, à l'entêtement, à l'égoïsme, au commérage, au jugement, à l'envie secrète et autres, que face à l'adul-tère flagrant, aux vols importants, au trafic d'héroïne et au meurtre. Nous sommes tous pécheurs, peu importe notre succès à faire un bonne vie, et nous avons tous besoin de miséricorde au pied de la croix de Jésus.

Foi en Celui qui est fidèle

Je le répète, l'église a le rôle d'enseigner la bonne manière de vivre, et chacun d'entre nous a l'obligation devant Dieu de s'engager lui-même à faire tout ce que Dieu veut qu'il fasse. Dieu nous a donné toutes sortes d'instructions sur la bonne manière de vivre parce que c'est bon pour nous et que cela reflète comment il est envers nous. Plus nous croyons que Dieu nous sauve de nos péchés, plus nous désirons nous détourner du péché. Cependant, c'est Dieu lui-même, régnant dans sa liberté divine pour sauver les pécheurs en Christ, qui nous délivre réellement du péché.

Lorsque nous nous plongeons dans la pornographie, ou que nous nous engageons dans une relation sexuelle occasionnelle, nous renforçons les creuses illusions concernant l'intimité humaine qui corrompent notre capacité à trouver la vraie intimité satisfaisante. En d'autres termes, nous nous dérobons de la chose même qui nous a d'abord conduit à un site porno ou une relation d'une nuit, c'est-à-dire, le besoin d'une relation intime honnête et confiante.

En plus de ça, nous fraudons et prenons avantage d'autres enfants de Dieu pour notre propre gratifica-tion, que ce soit en nous complaisant devant des ima-ges photographiques faites à leur honte et dans l'igno-rance, ou en participant à leur propre douloureux cheminement d'humiliation et d'indignité. Nous ignorons l'avertissement de Dieu d'éviter la trappe attirante, mais dangereuse, dans notre quête de la vraie chose qu'il nous pousse à avoir besoin et à désirer.

Quand nous avons recours à la fraude ou au larcin, si minimes soient-ils, nous tournons le dos à la promesse de Dieu d'être notre pourvoyeur et de nous assister jusqu'au bout. Nous trouvons nos propres solutions à nos besoins et requêtes, fermant les yeux sur les conséquences que nos actes auront sur les autres, et nous dérobant de la paix du cœur que Dieu veut que nous expérimentions avec lui par la profonde confiance qui nous vient de la patience.

L'église des pécheurs pardonnés

Quelle que soit l'instruction que l'église donne à propos du chemin menant à la bonne façon de vivre, elle doit être encadrée d'humilité et d'amour. La même Bible qui nous illustre les perles de Dieu au sujet de la sagesse sur la conduite humaine, nous fournit également le témoignage de son Fils qui est mort pour nous sauver de notre échec à tenir parfaitement compte de cette instruction.

Chaque enseignant de la Bible est lui-même un pécheur. En tant que camarades pécheurs dans le monde, nous devons nous garder de toute tendance de l'église à permettre que sa proclamation descende au niveau d'un simple fracas de condamnation contre les gens qui ne marchent pas dans les préceptes de la Bible. Être une voix de condamnation fait violence à l'évangile et réduit la proclamation chrétienne à une autre religion essayant vainement de maintenir une façade impuissante de moralité humaine.

L'église (je parle des gens, non des bâtiments) est l'endroit dans le monde où l'évangile entrecoupe visiblement l'histoire humaine. C'est le lieu où les pécheurs ont trouvé qu'ils sont purifiés et pardonnés, et où ces pécheurs pardonnés offrent continuellement à Dieu leur culte, leurs louanges et leurs remerciements.

C'est là où la bonne nouvelle de l'évangile est célébrée et assurée à quiconque entend. C'est là où l'amour du Christ peut prendre racine dans le monde. C'est là où des hommes, des femmes et des enfants fidèles sont rendus aptes, par leur Sauveur et Seigneur - ami des gens méprisés et des pécheurs - en qui ils ont confiance, à lui ressembler au milieu du monde.

Partout où l'église entre en contact dans le monde, le monde doit en ressortir meilleur. Le pauvre doit entendre la bonne nouvelle. Les prisonniers doivent entendre parler de la libération qui transcende la liberté physique. Les gens qui sont esclaves du péché personnel ou de société doivent trouver la miséricorde, la bonté et l'espoir.

La lumière purificatrice de la vérité, de l'amour et de la paix de Christ doit trouver son chemin dans la peur ténébreuse, les espoirs déçus et les âmes torturées. Et cela devrait arriver parce que le Christ crucifié est ressuscité et qu'il vit dans son peuple, pas parce que l'église a découvert un ancien livre de lois qu'elle peut utiliser pour déclarer plus efficacement la condamna-tion des pécheurs.

Jésus n'est pas venu pour condamner le monde, mais pour le sauver (Jean 3:17). Voilà pourquoi l'évangile constitue une bonne nouvelle ! Que c'est doux quand l'église proclame la même bonne nouvelle.