Nouvelles universelles

Traduction du Worldwide News

Février 2001

Dieu souffrant

Par J. Michael Feazell

Je ne comprends pas. Pourquoi Dieu n'agit-il pas et laisse des choses horribles arriver comme on le voit dans le monde, alors qu'il pourrait tout arrêter s'il le voulait ? Est-ce que Dieu s'en soucie ? "

Oui, Dieu s'en soucie. Mais je doute que quiconque puisse donner une réponse entièrement satisfaisante à cette question. Voici ce que nous savons : la meilleure manière de comprendre Dieu et nos souffrances, c'est de porter notre regard sur Jésus-Christ. Voyez-vous, Jésus-Christ est Dieu. Jésus est aussi humain. Dieu est devenu humain, sans cesser d'être Dieu, et ce, pour notre bien. C'est ce que nous voulons dire quand nous affirmons que le Christ a été parfaitement Dieu et parfaitement humain.

Lorsqu'on dit que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, cela ne signifie pas qu'il fut moindre que Dieu, ou quelqu'un de mieux que Dieu. Nous disons qu'il est Dieu et, en tant que Dieu, il a pris condition humaine pour nous.

Je ne vois pas ce que cela a à voir avec nos souffrances. Et je ne vois pas comment Jésus peut être Dieu et Fils de Dieu en même temps. Et, de toute manière, je ne comprends pas cette affaire de Trinité. Mais on dirait que vous changez de sujet. Je veux savoir pourquoi Dieu n'arrête pas les souffrances horribles s'il est si bon et si puissant.

C'est de bon aloi. Et c'est justement pourquoi nous devons parler de Jésus-Christ. Parce que c'est en comprenant Jésus-Christ que nous pourrons commencer à saisir pourquoi Dieu permet les souffrances humaines.

Jésus-Christ est Dieu dans la chair. Vous noterez que j'ai dit est, et non pas était. Jésus a été, est, sera encore et toujours Dieu dans la chair. Lorsque le Fils de Dieu a assumé l'humanité, il a prit la condition humaine sur lui, c'est-à-dire, sur Dieu. Et, ce faisant, il a purifié l'humanité, l'a rachetée et lui a donné la communion éternelle, ou bonne relation, avec Dieu le Père. Comme humain, il a porté tous les péchés et la corruption de l'humanité, et par sa crucifixion et sa mort, tous les péchés et la corruption de l'humanité ont pris fin.

Mais la mort ne pouvait retenir le Fils de Dieu dans la chair. Il a été ressuscité, non en tant qu'esprit ou Fils de Dieu sans chair, mais exactement le même homme, Jésus-Christ, qui est mort pour nous, puis glorifié. C'est ce à quoi nous, chrétiens, faisons référence quand nous disons croire à la " résurrection des corps ". Nous voulons dire que Jésus lui-même est ressuscité, le même Jésus-Christ pleinement humain et pleinement divin qui a été suspendu à la croix pour nous. Il est ressuscité avec un corps humain glorieux. On nous dit que, lorsque nous ressusciterons des morts, nous aurons un corps glorieux comme celui de Jésus - comme le corps que Jésus a encore (Philippiens 3:21).

Quand nous ressusciterons, nous serons pleinement humains, pas pleinement Dieu et pleinement humain comme Jésus. Mais, dans notre humanité ressuscitée, nous serons comme l'est dans son humanité le capitaine de notre salut, Jésus-Christ, le Fils de Dieu crucifié et ressuscité. Il est pleinement humain.

Lorsque nous disons " pleinement humain ", ce n'est pas par opposition à " partiellement humain ". Nous signifions " pleinement " dans le sens de " tout ce que l'humanité était destinée à être ". Nous voulons dire non tordue, non corrompue, non brisée, non ternie. Nous voulons dire comme elle était à sa sortie de vitrine de démonstration : parfaite, sans bosse, sans rouille, sans taches, sans éraflures, sans vêtements froissés, polie, vérifiée, lubrifiée, huilée, nettoyée et prête à rouler comme nous étions destinés à rouler. Sans Christ, être pleinement humains nous serait impossible.

Ce nous serait impossible parce que, dès le départ, nous sommes tous allés à la casse. Nos vieilles pièces de moteur claquaient; nous brûlions trop de gazoline; l'huile coulait comme par un tamis; nous roulions sur de vieux pneus dépareillés et usés à la corde; notre peinture était éraflée et ternie, le rembourrage déchiré; nous étions bosselés, sales, rouillés; des explosions prématurées sourdaient en deuxième vitesse. Tout cela à cause du péché, condition que nous tenons de notre père Adam et de notre mère Ève, qui roulaient doucement et joyeusement, le tuyau d'échappement bouché par leur méfiance envers Dieu.

Lorsque des personnalités se tournent contre Dieu, qu'elles soient humaines ou spirituelles, il n'en résulte que le mal. Le mal se définit par tout ce qui n'est pas en communion avec Dieu, tout ce qui s'oppose à Dieu. C'est ce mal, cette méfiance insensée envers Dieu, cette usurpation par l'humanité de la paternité divine, fidèle et aimante de Dieu, qui ont corrompu et tenté de détruire tout ce que Dieu avait originalement créé pour être bon.

Abus de liberté

Dieu peut-il empêcher les mauvaises choses de survenir ? Oui, il le peut. Alors, pourquoi ne le fait-il pas ? Prenez ceci en considération : les mauvaises choses arrivent parce que les gens sont libres de faire des choses mauvaises.

Parfois, les gens sont négligents, inconsidérés, ou égoïstes, et il en découle des situations et des circonstances qui peuvent faire, et c'est habituellement le cas, du tort aux autres. Parfois, elles sont paresseuses, avides ou peureuses, et, à cause de ça, des gens souffrent. À d'autres occasions, les gens sont même haineux, méchants et cruels.

Qu'arriverait-il si Dieu effaçait toutes les conséquences des choix et des actions humaines ? D'abord, cela enlèverait toute signification aux choix et aux actions humaines. Si Dieu nous arrêtait à chaque fois que nous voulons faire une mauvaise action, il nous enlèverait également la liberté de faire nos propres choix. Si Dieu nous enlevait la liberté de penser par nous-mêmes et de faire nos propres choix, il n'y aurait donc aucune possibilité pour les humains de choisir librement d'avoir une relation d'amour avec Dieu.

Dieu nous a donné la liberté, la vraie liberté - une liberté soutenue par la propre liberté de Dieu, bien sûr, pas une liberté indépendante de Dieu (il n'existe pas de liberté qui soit totalement indépendante de Dieu). Mais, par l'intermédiaire d'Adam, les êtres humains ont abusé de cette liberté en choisissant ce qui est contre Dieu, ce qui revient à choisir contre eux-mêmes, parce que ce n'est que par Dieu que les êtres humains peuvent devenir ce qu'ils sont réellement.

Cette rébellion a abaissé l'humanité en-dessous de ce pourquoi elle a été créée - elle est dans le noir à propos de ce qu'est Dieu et de son entière dépendance envers lui. Au sein de cet aveuglement, les êtres humains n'ont plus la communion avec Dieu que vécurent Adam et Ève au début. Au lieu de cela, le mieux qu'ils puissent faire, c'est de tâtonner vers Dieu, dans le noir, en espérant pouvoir le trouver (Actes 17:27).

La Rédemption

Cependant, autant il est sûr que l'humanité est tombée dans le péché et la corruption, autant la Parole de Dieu, qui a commandé à toutes choses d'exister (Colossiens 1:16), a aussi commandé la rédemption (verset 20) - la nouvelle création, qui n'est rien de moins que la gracieuse rédemption de toutes choses (Éphésiens 1:9-10). Par la grâce de Dieu qui les maintient en lui par Christ, les êtres humains peuvent choisir de faire confiance en leur Seigneur. D'eux-mêmes, ils ne pourraient jamais faire cela.

Pour un, leur corruption les en empêcherait. Pour deux, la créature est incapable de trouver le Créateur sans aide ; une telle chose n'est possible que par le don gracieux de Dieu lui-même. De par cette liberté donnée divinement, les êtres humains peuvent faire confiance à Dieu ou choisir de ne pas lui faire confiance. Ils peuvent accepter ou rejeter la souveraineté de Dieu au-dessus d'eux. Même s'ils rejettent Dieu, Celui-ci n'en est pas moins Dieu, bien sûr, et ils n'en sont pas moins dépendants de lui pour leur existence, même s'ils refusent d'y croire.

Mais la vie, c'est plus que la simple existence. Dieu veut que ses enfants humains soient ce pourquoi il les a faits : pleinement humains, non pas les carcasses brisées que le péché en a faits. Pour que les êtres humains deviennent ce qu'il entendait qu'ils soient, Dieu a pris sur lui l'humanité brisée et l'a réparée. Il est devenu chair, Dieu dans la chair, Dieu incarné. Il est devenu l'un de nous, pour nulle autre raison que de réconcilier l'humanité à lui-même.

Mais n'ayez pas la fausse impression que cette réconciliation est, en quelque sorte, une chimiothérapie divine que Dieu a injectée en dernier ressort chez un monde malade en phase terminale pour ne sauver que quelques personnes parmi celles qui vivent selon Jésus en suivant la chronologie des temps. Non, cette réconciliation est quelque chose que le Fils de Dieu, Parole éternelle de Dieu qui a amené toutes choses à l'existence (Jean 1:1-3), a faite, et ce, depuis la fondation du monde (Apocalypse 13:8).

En d'autres termes, d'une manière que nous ne comprenons pas, Dieu a toujours (dans tous les sens que nous pouvons comprendre le mot toujours) eu quelque chose de l'humanité en lui-même : Dieu nous a réconciliés à lui en Christ avant la fondation du monde. Il est pour nous, et il l'est pour l'éternité.

Celui par qui tout existe continuellement (Hébreux 1:3) qui, en tant que Parole divine, amène toutes choses à l'existence, est aussi Celui qui réconcilie continuellement toutes choses au Père. Sa parole de réconciliation envers nous nous restaure auprès du Père de manière aussi sûre que sa parole de création nous donne, en premier lieu, l'existence. Il est à la fois Créateur et Réconciliateur, et il l'a toujours été. Il est l'Agneau sacrifié depuis la fondation du monde.

Représentant parfait

Comment Jésus fait-il, exactement ? Il est venu lors de ce que la Bible appelle " le temps fixé " (Galates 4:4 ; Éphésiens 1:10), ou, plus exactement, lorsque ce fut le bon moment. Répétons-le : ne pensez pas que le sacrifice de Jésus ne s'applique qu'à ceux qui sont venus après lui, chronologiquement; ce serait oublier qui il est et cela manquerait le point par un million de kilomètres. Il est venu au bon moment pour toute l'humanité, précédente et subséquente. Il est venu en tant qu'offrande de Dieu pour nous, c'est-à-dire qu'en Jésus-Christ, Dieu nous a donné rien de moins que lui-même. Il s'est donné également lui-même, humain parfait et sans péché, en tant qu'offrande de perfection humaine à Dieu. Seul Jésus-Christ, Dieu dans la chair, pouvait faire les deux.

Comment Jésus put-il faire cette offrande de perfection humaine au Père de manière à réconcilier toute l'humanité à Dieu ?

Il le fit en prenant tous les péchés de l'humanité sur lui (Jean 1:29; 1 Jean 2:2), en devenant lui-même humanité pécheresse étrangère à Dieu et aliénée de lui (2 Corinthiens 5:21; Matthieu 27:46), et en souffrant la mort pour nous et à notre place (Romains 5:8).

Il put le faire parce que, en tant que Dieu, il est celui envers qui se sont commis les péchés, et celui qui a été rejeté et méprisé par nous dans notre culpabilité, et, l'un d'entre nous, il est notre parfait représentant à tous. Comme Fils de l'homme, il peut prendre nos péchés sur lui, et il peut soutenir le poids de notre collusion avec les forces du mal. Comme Fils de Dieu, il peut pardonner nos péchés et restaurer la brisure de notre communion avec Dieu.

La mort vaincue

Attendez une minute. Vous dites que le Christ est mort pour nous, à notre place. Mais au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, Sherlock, nous mourons tous quand même. Comment cela se fait-il ?

Vous allez trop vite en affaire, mais c'est une trop bonne question pour ne pas s'y arrêter. Oui, nous mourons quand même. Mais, à cause de Jésus, c'est la mort même qui est vaincue par la résurrection. Parce que Jésus a souscrit à la mort, et, de ce fait, l'a vaincue, nous sommes entraînés dans la mort de Jésus.

Lorsque Jésus est mort, et parce qu'il est qui il est, la mort elle-même ne pouvait le retenir ; la mort elle-même fut avalée dans la victoire.

Parce que le Fils de Dieu, le Seigneur de la Vie, a pris la mort sur lui, chaque mort humaine est une participation à la mort de Jésus (Jean 12:32). Et le passage dans la mort de Jésus ne peut qu'aboutir à notre résurrection dans la résurrection de Jésus. Tout comme la mort ne peut retenir le Christ, ainsi donc, à cause du Christ mort pour nous, la mort de peut nous retenir non plus, précisément parce que nous sommes, par la grâce de Dieu, en Christ.

Donc, tout le monde sera ressuscité, même Hitler et Staline ?

Oui, tous ceux qui meurent seront ressuscités (Apo-calypse 20:12). Parce que le Fils de Dieu est devenu humain pour l'humanité, tous les êtres humains meurent en la mort de Christ et sont ressuscités dans sa résurrection. Il n'y a pas d'autre résurrection dans laquelle les êtres humains puissent être ressuscités que celle de Jésus. Si Jésus n'était pas mort et ressuscité pour nous, aucun humain ne pourrait être ressuscité. Mais il l'a fait, et ce parce que la sainte, toute-puissante et triple Unité de Dieu est pleine de grâce, miséricordieuse et libre d'être ce qu'elle veut envers nous.

Dieu avec nous

Mais si Hitler et Staline sont ressuscités, est-ce juste ?

Bonne question. La réponse est que ce n'est pas juste du tout. Mais alors, il n'est pas plus juste non plus que vous et moi soyons ressuscités. La Bible nous dit que tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu (Romains 3:23).

Aucun d'entre nous, les êtres humains, ne méritons autre chose que la mort. Nous avons tous ouvert notre propre boutique divine avec nous-mêmes comme " Dieu ", même si nous ne pouvons même pas créer un vase, et encore moins nous maintenir en vie.

Maintenant, je sais ce que vous mourez d'envie de dire à présent. Vous voulez dire qu'il y a des gens pires que d'autres, et qu'il n'est que normal que les gens soient payés de retour. Mais nous avons déjà couvert ce sujet dans un article précédent.

Je vais pourtant ajouter encore une chose sur la résurrection. Le fait que tout le monde sera ressuscité ne signifie pas que tout le monde sera sauvé. Même si tout le monde est réconcilié, par le Christ, en Dieu, seulement ceux qui mettent leur confiance en Christ seront sauvés, et, comme nous l'avons déjà vu, pour la majorité des gens, cette bénédiction ne viendra pas avant leur mort.

Je ne suis pas sûr de comprendre ce que vous dites. Comment peut-on être réconcilié, mais pas sauvé ?

Pour Dieu, être devenu humain, c'est avoir réconcilié l'humanité à Dieu. Voyez-vous, quoi que Dieu soit, ce ne peut faire autrement qu'être réconcilié à Dieu, parce que Dieu est et sera toujours réconcilié à lui-même. Dieu est fidèle à son humanité en Christ, et il a établi notre humanité en Christ envers qui il est fidèle.

C'est probablement encore confus. Laissez-moi tenter de l'énoncer autrement : Dieu - Père, Fils et Saint-Esprit - est un seul Dieu, la Sainte Trinité, en union parfaite et en parfaite communion. Le Père a voulu de toute éternité que le Fils devienne humain pour notre bien, et le Saint-Esprit a agi de même. Parce que Christ est Dieu dans la chair, l'humain parfait pour notre bien et à notre place, c'est-à-dire, humain parfait pour l'humanité, et que le Saint-Esprit nous lie au Fils en unité parfaite, nous sommes donc, à cause de notre humanité possible en Christ seulement (il n'y a pas d'autre manière d'être humain, parce que Christ est humain pour nous), réconciliée en Christ.

Vous croyez que c'est plus clair ?

Essayons ceci : Christ a réconcilié le monde entier à Dieu en devenant humain comme nous. Il est un avec Dieu, donc cela nous rend un avec Dieu, et cela est vrai simplement parce que Dieu l'a dit. Est-ce mieux ?

J'ai compris cette partie-là, maintenant. Mais comment se fait-il, alors, qu'il y en ait qui ne soient pas sauvés ?

Ce qui empêche des personnes réconciliées d'être sauvées, c'est l'incrédulité. Elles ne font pas confiance à Dieu. C'est aussi simple que ça. Quiconque n'aura pas confiance en Dieu ne sera pas sauvé. Parce que même si Dieu dit Oui à chacun à cause de Christ, si des gens disent Non au Oui de Dieu, c'est-à-dire, qu'ils ne lui font pas confiance, ils ne peuvent dès lors pas jouir du fruit que leur donne le Oui de Dieu. Ce n'est pas, notez bien, que leur Non soit plus pesant que le Oui de Dieu, ou que leur Non nie le Oui de Dieu. Le Oui de Dieu est encore et sera toujours Oui. Mais ce Oui de Dieu à leur égard est refusé par leur Non, qui est insensé, c'est sûr, mais néanmoins toléré par Dieu parce que son Oui inclut notre liberté de dire Non.

Dire Non à Dieu, c'est dire Non à l'amour de Dieu, à la grâce de Dieu, à la miséricorde de Dieu, à l'autorité de Dieu, à la sagesse de Dieu, au pouvoir de Dieu. C'est s'écraser dans le noir, affamé et malade, seul avec rien, en pensant que l'on est entièrement autosuffisant, et préférer cet état à la joie et la liberté des noces éternelles de Dieu. Dire Non à Dieu, c'est vouloir se mettre au niveau de Dieu (une chandelle a plus de chance de se mettre au niveau du soleil).

Prédestination ?

Il y a donc de l'espoir pour tout le monde ?

Parce que le Christ vit, il y a de l'espoir pour tout le monde

Mais Dieu n'a-t-il pas déjà décidé au préalable qui sera sauvé et qui ne le sera pas ?

D'une certaine façon, oui, mais, d'une autre manière, rien n'est joué tant qu'il ne jouera pas avec nous en temps et lieu en Christ. Oui, parce que Dieu entend que tout le monde soit sauvé; l'humanité elle-même est élue ou choisie pour le salut en Christ, l'Élu pour l'humanité et Celui en qui toute l'humanité est élue. Mais, non, parce que Dieu n'a pas seulement eu le dessein d'un salut humain en Christ, il a également accompli ce dessein en Christ, et cet accomplissement prend concrètement place en temps et lieu dans l'histoire, une histoire qui a été rachetée en Christ.

Toute l'humanité est choisie, ou prédestinée par Dieu pour être élue en Christ, et Dieu développe son dessein en Christ dans toute l'humanité à travers l'histoire. Donc, dans un sens, Dieu sait, mais, dans un autre sens, Dieu exécute, en temps et lieu, dans le Christ, ce qu'il sait être sa volonté pour l'humanité, et il le sait parce qu'il la développe selon son propre dessein qu'il veut en Christ, qui est l'Élu pour nous.

Est-ce ça, la prédestination ?

Oui et non. Oui, dans ce sens que Dieu prédestine toute l'humanité au salut, et qu'il exécute ce salut avec nous en Christ, librement et concrètement, en temps et lieu. Non, dans ce sens que Dieu n'a pas prédéterminé, avant le temps et la création, qui serait damné et qui serait sauvé. Il développe plutôt son dessein à notre égard dans la véritable liberté créée du temps, de l'espace et de l'histoire.

Donc, nos choix comptent ?

Oui, nos choix comptent. Ils comptent parce que ce sont des choix faits en Christ, en qui nous vivons, bougeons et possédons l'existence. En d'autres mots, nous comptons, et nos choix et décisions comptent parce que Dieu, dans sa liberté non créée d'être ce qu'il est avec nous, nous a gracieusement réconciliés à lui en Christ qui est devenu humain pour nous.

Par la grâce de Dieu, nos bons choix sont les choix de Christ, et nos mauvais choix sont rachetés en Christ et deviennent ses choix si nous nous renions nous-mêmes et lui faisons confiance pour qu'il soit notre Sauveur et notre Dieu - c'est-à-dire, si nous nous repentons et que nous croyons l'évangile.

Et de plus, notre repentir (quand nous nous tournons vers Dieu en tant que pécheurs ayant besoin de miséricorde) et notre foi (quand nous avons confiance que Dieu est ce qu'il est et qu'il fait ce qu'il a promis pour notre salut) ont leur origine, sont inspirés et amenés en Christ par le Saint-Esprit selon la volonté du Père envers nous. Cela signifie que nous pouvons nous fier en ce que le Christ 1) plaidera notre piteuse cause et 2) qu'il aura pour nous la foi dont nous avons besoin pour être sauvés.

L'espoir des chrétiens

Bon, nous avons dû en passer par là pour en venir à ceci : nos choix corrompus produisent des résultats corrompus, et l'humanité en souffre. Mais Jésus-Christ, l'Humain parfait en qui Dieu a établi notre humanité, a aussi souffert avec nous et pour nous, donc même si la vie sur cette terre empeste à cause du péché, elle est rachetée en Christ, et ainsi la vie que nous espérons se réalisera quand nous nous joindrons à lui dans sa résurrection, et ce n'est pas seulement vrai pour nous, mais pour tous les êtres humains souffrants partout et dans toute l'histoire, et dont les cris d'agonie et de torture se joignent au gémissement cosmique de toute la création (Romains 8:18-25; Apocalypse 21:3-4).

Nous ne savons pas pourquoi Dieu permet à des bébés de souffrir. Ou pourquoi certaines personnes doivent endurer des handicaps mentaux et physiques. Ou pourquoi certaines gens meurent de faim, subissent de hideuses maladies ou doivent passer par une des innombrables et indescriptibles souffrances que certaines gens ont subies et continuent à subir.

Mais nous savons ceci : Dieu lui-même a souffert en Christ pour chaque être humain souffrant, et il l'a fait pour mettre fin à toute souffrance, et quand le monde entier s'assoira pour manger à la table des noces éternelles de l'Agneau, les cris de joie qui s'élèveront éclipseront les gémissements de misère d'où ils ont émergé.

C'est pour cette espérance que nous sommes chrétiens. La souffrance humaine, aussi méchante soit-elle, n'est pas en vain, mais elle a une signification éternelle dans la souffrance de notre Créateur qui nous aime tellement, malgré nous-mêmes, qu'il est prêt à souffrir volontiers avec nous et pour nous afin qu'en lui toute larme puisse être enfin essuyée à jamais.

Le dernier chapitre de l'histoire de la vie tragique de la masse abondante de l'humanité a été écrit précisément dans la mort et la résurrection du Fils de Dieu, dans la joie éternelle vers laquelle est continuellement attirée toute l'humanité par l'infatigable pouvoir de son amour (Jean 12:32).


 

Traduction du Worldwide News de février 2001, pour circulation dans les églises francophones d'Amérique du Nord.

Supervision : Roger Labelle, traduction : Roch Richer, correction : Jean-Marc Richer.

Publication de l'Église Universelle de Dieu