Pendant des années, j’ai su que notre monde s’écroulait!
de Gary Moore
J’ai passé une bonne partie de ma vie à croire qu’une énorme catastrophe était imminente, que le Canada et les États-Unis, entre autres pays, seraient attaqués et envahis. Nous serions en captivité et perdrions nos terres, notre prospérité et notre liberté. Tout cela arriverait parce que nous n’obéissons pas à Dieu; des vagues punitives déferleraient sur nous. Je croyais que ces tribulations s’étendraient au reste du monde et que la seule raison qui empêcherait l’humanité de se détruire elle-même serait le retour de Jésus-Christ sur terre à la tête d’une armée d’anges. Je crois qu’à l’époque où je faisais ces réflexions, je n’avais pas terminé l’école, je n’étais pas marié et je n’avais pas encore d’enfants. Un sens de la catastrophe persistant influençait ma perception du monde. Il me semblait que cette destruction imminente se produirait au cours des cinq ou dix années suivantes au plus tard.
Je n’ai pas eu ce genre de pressentiment depuis un certain temps maintenant. Néanmoins, de nombreuses années plus tard, une vérité demeure dans mon esprit : un jour Jésus-Christ reviendra sur terre. Il ressuscitera les morts et les conduira dans le royaume éternel de Dieu; l’humanité et notre monde seront pleinement réconciliés avec lui.
Toutefois, je ne prétends pas savoir quel sera le point culminant de l’histoire ni comment il se produira. À mon avis, il est clair que Jésus a parfaitement répondu aux questions « quand et comment ». Lorsque ses disciples lui ont demandé à quel moment la restauration finale aurait lieu, il a répondu : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. » (Actes 1:7). Il a poursuivi en leur enseignant que lorsque le Saint-Esprit descendrait sur eux ils seraient remplis de puissance pour rendre témoignage de lui « à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde » (Actes 1:8).
Les disciples devaient garder les yeux fixés sur leur mandat : être l’Église dans le monde, être des témoins fidèles de Jésus-Christ et laisser les questions d’échéancier à Dieu, qui en est le seul responsable.
Les instructions étaient très claires. Pourquoi donc les chrétiens croient-ils pouvoir déterminer la date et l’heure du retour de Christ?
La société nord-américaine est plongée dans le pessimisme depuis ses origines. Cette perception du monde vient peut-être de l’analogie que les puritains ont faite en comparant les colonies du Nouveau-Monde et l’établissement d’Israël dans la Terre promise. Cette analogie est tirée des bénédictions et des malédictions de l’Ancienne Alliance décrites dans l’Ancien Testament. Si le peuple était fidèle à Dieu, il allait prospérer dans le pays, mais s’il se rebellait, il serait détruit. Ainsi se traçait un parallèle entre l’insécurité et la peur d’un désastre imminent et la puissance et la prospérité grandissantes des colonies nord-américaines. George Friedman exprime la situation ainsi : « La culture américaine est une combinaison bipolaire de prétention démesurée et de morosité profonde » (traduction libre, The Next 100 Years, George Friedman, p. 17).
La dégénérescence morale affaiblit une société entière, alors que la force morale la bâtit. Ce principe est applicable à toutes les nations du monde. Des peuples se lèvent, d’autres tombent. Certains croissent en puissance et en prospérité; tandis que d’autres stagnent ou disparaissent de la scène internationale, et l’Amérique du Nord n’échappe pas à ce principe.
De plus, l’Ancienne Alliance établie par Dieu a été accomplie en Christ et abolie par lui. Par lui, Dieu a réconcilié le monde avec lui, et cette réconciliation s’applique à tous. C’est le message que nous proclamons à l’humanité entière.
Bien que nous n’en connaissions pas la date, nous pouvons espérer le retour de Christ et soupirer après le jour où tous les humains seront pleinement réconciliés avec Dieu. La réconciliation est pour tous, mais bon nombre de personnes l’ignorent toujours ou choisissent de ne pas y prendre part dès maintenant. Vivre loin de Dieu engendre des souffrances, qui sont en elles-mêmes une forme d’enfer. Lorsque nous sommes témoins de la souffrance, nos cœurs aspirent au jour où tous expérimenteront pleinement la vie que Dieu leur offre. Nous sommes invités à goûter la vie de service éternel et d’amour, que le Père, le Fils et l’Esprit entretiennent depuis toute éternité. Autant notre monde est éloigné du mal, autant les fruits de cette vie sont bons.
Ayons donc un désir et un espoir profonds de voir l’âge à venir s’établir, lorsque Christ réconciliera toutes choses avec Dieu. Toutefois, n’oublions pas que dans notre siècle nous devons rendre témoignage d’une réalité, de tout ce qui est nôtre en Christ. Ne nous laissons pas prendre au piège, n’imaginons pas pouvoir découvrir ce qu’aucun humain ne peut savoir : le jour et l’heure où Christ reviendra. Occupons-nous plutôt des affaires de notre Père!