Troisième Partie :Entrer dans le Repos de Dieu

Chap.| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 |

Dans la dernière partie, nous avons vu que la Loi donnée sur le mont Sinaï à Israël, comprenant les Dix Commandements, était destinée à ne durer que jusqu'à la venue du Christ.

Nous avons également vu que les chrétiens ne sont pas soumis à cette Loi, mais sont plutôt sous la Loi du Christ et sont conduits par le Saint-Esprit. Dans cette troisième partie, nous allons examiner plus attentivement le jour du sabbat et son accomplissement en Jésus-Christ.

Question naturelle

La question que les Sabbatériens du septième jour ont pris sérieusement en compte est celle-ci : " Puisque la Loi donnée sur le mont Sinaï est la Loi de Dieu, pourquoi ne devrions-nous pas, alors, en tant que chrétiens, l'observer tel qu'écrit ? " En vérité, voilà bien la question posée. Si Dieu commande, son peuple doit obéir.

Mais les Sabbatériens se sont vus enseigner la mauvaise réponse. On leur a enseigné que, puisque la Loi donnée sur le mont Sinaï est vraisemblablement la Loi de Dieu, il est donc évident que les chrétiens doivent l'observer, et, puisque le commandement du sabbat du septième jour fait partie de la Loi de Dieu donnée sur le mont Sinaï, les chrétiens sont alors obligés de le garder aussi.

Ce n'est pourtant pas la réponse biblique.

La réponse biblique est que la Loi donnée sur le mont Sinaï, incluant le commandement du sabbat, était la Loi de Dieu pour Israël (Lév. 26:46; Deut. 4:13), et elle était la Loi de Dieu pour Israël jusqu'à ce que vienne le Christ (Gal. 3:19). Ce n'était pas la Loi de Dieu destinée à tous les peuples, ni la Loi de Dieu pour toutes les époques. Elle était pour Israël, elle était temporaire, elle était en vigueur jusqu'à la venue du Christ, et, lorsqu'il vint, elle fut surpassée et s'effaça ensuite (2 Cor. 3:7-11).

Il n'est donc pas étonnant de constater que Jean, écrivant quelque soixante ans après la résurrection de Jésus, fut inspiré d'utiliser un terme tel que " la Pâque des Juifs " (Jean 2:13; 6:4; 11:55), " la Fête juive des Cabanes - ou des Tabernacles " (Jean 7:2), et " la Fête des Juifs " (Jean 5:1), faisant référence aux fêtes annuelles.

Maintenant que le Christ, Objet et But de la Loi de Moïse, était venu, il apparaissait clair à Jean que les fêtes de la Loi avaient rempli leur but, avaient été surpassées par le Christ et étaient simplement devenues les fêtes des Juifs.

 

Utilisation de la Loi

La loi du Sinaï n'est plus le régisseur du peuple de Dieu (Gal. 3:24-25). Notre instructeur est le Christ qui nous enseigne par le Saint-Esprit (Jean 14:26). Nous ne sommes pas sous la loi du Sinaï (1 Cor. 9:20-21). Nous sommes sous la loi du Christ (1 Jean 3:21-24).

Néanmoins, l'Esprit utilise la Loi de Moïse comme un des moyens de nous instruire. Ceci est important à comprendre. Nous pouvons dire que les chrétiens ne sont pas sous la Loi de Moïse : Paul le rend très clair dans des passages comme Romains 7:6 et 1 Corinthiens 9:20.

Cependant, il est tout aussi correct de dire que les chrétiens ont accompli la Loi de Moïse. Ils ne l'accomplissent pas dans le sens qu'ils doivent l'observer telle que donnée à Israël et à la manière qui fut commandé à Israël. Mais ils l'accomplissent dans le sens de ce que Dieu voulait amener avec la Loi, c'est-à-dire, l'intention réelle et le dessein se cachant derrière les détails de la Loi.

De nombreuses descriptions de l'attitude divine, conséquente avec la loi du Christ, laquelle est la Loi de Dieu pour les chrétiens (1 Cor. 9:20-21), parsèment le Nouveau Testament (par exemple, Gal. 5:13-6:10; Éph. 4:20-6:20; Col. 3:1-4:6). Ces descriptions de la nouvelle vie en Christ vont bien plus loin que les Dix Commandements. Elles sont au centre des intentions du cœur, là où l'Esprit de Dieu est à l'œuvre pour nous façonner à l'image du Christ.

L'accomplissement de la Loi

On demanda à Jésus d'identifier le plus grand commandement de la Loi de Moïse. Il répondit : " Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C'est là le commandement le plus grand et le plus important. Et voici celui qui vient en second rang et qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu'enseignent la Loi et les prophètes est contenu dans ces deux commandements " (Matth. 22:37-40).

À une autre occasion, Jésus a dit : " Faites pour les autres tout ce que vous voudriez qu'ils fassent pour vous, car c'est là tout l'enseignement de la Loi et les prophètes " (Matth. 7:12).

Quand il donna des instructions sur la façon chrétienne de se conduire, Paul écrivit ceci aux Romains : " Ne restez pas redevables de rien à personne, sinon de vous aimer les uns les autres. Car celui qui aime l'autre a rempli toutes les exigences de la Loi. En effet, les commandements comme : Tu ne commettras pas d'adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres, se trouvent récapitulés en cette seule parole : Aime ton prochain comme toi-même. Celui qui aime ne cause aucun mal à son prochain. Aimer son prochain, c'est donc accomplir toute la Loi " (Rom. 13:8-10).

Pas incompatible

Maintenant, nous pouvons examiner ce que Jésus voulait dire quand il mentionnait qu'il n'était pas venu pour détruire la Loi, mais pour l'accomplir (Matth. 5:17). Mettre notre confiance en Jésus et le suivre dans la voie de l'amour divin est le chemin unique conduisant à être le seul véritable peuple de Dieu (Gal. 3:26-27).

Ce n'est que lorsque nous serons un avec le Christ que nous serons en mesure de marcher fidèlement dans l'alliance convenue entre Dieu et son peuple, parce que seul Jésus est fidèle à Dieu. Si nous voulons être justifiés, nous devons compter sur lui.

Alors qui dépose son amour en nous et vient demeurer en nous pour nous enseigner ? Dieu lui-même. Tout ce que Dieu nous enseigne en personne n'est pas incompatible à la Loi qu'il a donnée à Israël. Le même Dieu fait affaire avec tous les humains d'une manière qui est en harmonie avec son plan.

Donc la loi sinaïque est instructive et utile aux chrétiens parce qu'elle reflète le cœur de Dieu tourné vers son peuple Israël en tant que nation. Cependant, comme nous l'avons vu dans des articles précédents, la Loi, telle qu'écrite, était spécifique à l'ancien Israël. Parce qu'elle était spécifique à l'ancien Israël, beaucoup de ses éléments ne sont pas destinés aux chrétiens, comme le sacerdoce, le culte du tabernacle et du temple, les terres en jachère, l'exigence de certains vêtements et les célébrations saisonnières.

Le sabbat du septième jour en est un autre exemple. Ce commandement était une aiguille temporaire pointant vers quelque chose de permanent qui est maintenant disponible par la foi en Christ.

Le sabbat

Mais n'est-ce pas une bonne chose que les gens puissent se reposer une fois la semaine de leur travail séculier et vouer ce jour à Dieu ? Je me doute bien que la plupart des chrétiens n'argumenteront pas à l'effet qu'il y a de la valeur à réserver une journée afin de l'employer à consacrer du temps à Dieu. Mais là n'est pas la question pour les Sabbatériens.

Leur vraie question est " Dieu ne nous commande-t-il pas d'observer le jour du sabbat? " Et la réponse à cette question est " Non. " Dieu a ordonné aux Israélites de garder le sabbat. Mais il ne l'a jamais commandé à d'autres.

Comme signe entre Dieu et Israël, le sabbat identifie les Israélites en tant que peuple propre à Dieu jusqu'à la venue de Jésus. Lorsque Jésus fut venu, il ouvrit la porte à la chose réelle que le commandement du sabbat ne faisait que présager ou annoncer. Cette chose réelle est destinée à tout le monde, pas seulement à Israël. Elle consiste dans le propre repos de Dieu - le Royaume de Dieu - et Jésus invite maintenant tous les peuples à entrer dans ce repos au moyen de la foi en lui.

Le livre des Hébreux nous dit que les chrétiens sont entrés dans cette réalité de laquelle le commandement du sabbat, aujourd'hui surpassé, n'était que le reflet. Ce qui intéresse Dieu, c'est notre entrée dans son propre repos, et son propre repos n'est pas un jour de la semaine. Le jour de la semaine symbolisait le repos dans lequel Dieu entra avec sa création quand son œuvre créatrice fut achevée, mais le repos de Dieu ne s'arrêta pas là (Héb 4:3), et, paradoxalement, c'était un repos dans lequel il continua de travailler (Jean 5:17).

 

L'entrée dans le repos de Dieu

Ce repos spirituel éternel est le repos que Dieu offre aux croyants, et c'est un repos dans lequel on entre, non en mettant de côté un jour de la semaine, mais par la foi, en croyant en Celui que Dieu a envoyé (Héb. 4:3).

Comme nous l'avons vu dans le troisième article de cette série, bon nombre de chrétiens commettent l'erreur de penser que le jour du sabbat a été changé du septième jour, samedi, au premier, dimanche. En d'autres mots, ils appliquent le commandement du sabbat au dimanche. Mais la Bible ne parle pas d'un tel changement.

Dans la Bible, le sabbat chrétien n'est pas un jour de la semaine. Le sabbat chrétien est la vie du Royaume dans laquelle les croyants entrent par la foi en Christ. Ce n'est pas un jour sur sept - c'est le total de toute une vie de chrétien en Christ et pour toujours. La Bible nous dit que Dieu invite les humains à entrer dans son propre repos qui n'a pas de fin, le sabbat dans lequel l'œuvre du Royaume est le seul genre de travail effectué.

La chose véritable

Bien que le sabbat hebdomadaire avait son importance et sa place vitale à une certaine époque, maintenant que le Christ est venu, Dieu n'entend pas que nous nous contentions d'un simple signe précurseur : il veut que nous jouissions de la chose réelle (Col. 2:16-17).

Le signe précurseur annonçait la chose réelle. C'était une sorte de coup d'œil à l'intérieur du repos éternel que Dieu allait un jour rendre accessible par le Messie. Or, maintenant que la chose véritable est ici et accessible, inutile d'insister sur le fait que nous n'avons plus besoin de l'indice.

Voilà ce sur quoi Paul se montrait intransigeant face aux croyants non juifs dans les églises de Galatie. Certains Juifs leur disaient qu'ils ne pourraient appartenir au peuple de Dieu s'ils n'étaient circoncis et n'observaient la Loi. Paul leur dit : " Pas du tout ! " Être lié au Sinaï n'est pas être lié au Christ.

La Loi ne peut pas sauver. Elle ne peut que déclarer que tous ont péché (Gal. 3:19). Son rôle est terminé (v. 23-25). Les croyants sont liés à Christ, pas à la Loi de Moïse (4:24-31). Les deux ne vont pas ensemble; ils ne sont pas au même niveau (5:2-6). L'une supplante l'autre. L'ancienne doit s'effacer en faveur de la nouvelle (2 Cor. 3:7-11). L'arbre ne peut pas grandir si la graine ne meure et germe.

La gloire de la seconde est tellement plus grande que la gloire de la première que celle-ci, en comparaison, n'en a pas. La Loi du Christ supplante la Loi de Moïse (Jean 1:17).

Le grand dessein de Dieu

Le grand dessein de Dieu, à la lumière de la venue du Christ en ce qui concerne le sabbat, est que le repos de Dieu ne dure pas seulement vingt-quatre heures, mais il s'étend à la vie éternelle - la vie dans la nouvelle création en Christ. On y entre déjà ici et maintenant par la foi dans le Fils de Dieu et, après la mort, nous en jouirons pour toujours dans des corps glorifiés comme celui du Christ (Phil. 3:21) en faisant les œuvres de Dieu dans l'unité et l'harmonie avec lui et ce dans de nouveaux cieux et une nouvelle terre.

C'est pourquoi il apparaît si vide de sens d'insister pour que le commandement du sabbat hebdomadaire soit encore en vigueur. Agir ainsi équivaut à dire que nous ne croyons pas que le réel repos est accessible maintenant.

Cela revient à la même chose qu'insister pour que les commandements sur les sacrifices soient toujours en force, ou que les lois sur les aliments purs et impurs et autres lois de purification soient encore en vigueur.

Affirmer cela, c'est comme dire que le sacrifice réel n'a pas été fait, ou que la purification véritable n'est pas survenue.

C'est un peu comme de dire au chauffeur d'autobus qu'on a encore besoin du ticket d'autobus pour nous rappeler qu'il y a vraiment un autobus et que nous sommes vraiment dedans.

" Mais je ne peux vous laisser entrer dans l'autobus si vous ne me donnez pas le ticket, " dirait le chauffeur. " Si je vous redonne le ticket, vous devrez descendre de l'autobus. Ce ticket n'a d'autre fonction que de vous permettre de monter dans l'autobus. Maintenant que vous y êtes, le ticket s'annule. "

Les Sabbatériens comprennent pleinement ce point en ce qui a trait aux sacrifices. Ils savent que les commandements sur les sacrifices sont obsolètes depuis le sacrifice de l'Agneau de Dieu donné une fois pour toutes.

Mais le concept selon lequel le repos réel est maintenant accessible par Jésus à tous ceux qui croient est quelque chose qu'ils ne sont pas prêts à accepter.

Une des raisons à cela, c'est que beaucoup d'enseignants sabbatériens ont manqué le but du livre aux Hébreux, spécialement dans sa discussion du repos sabbatique qui demeure pour le peuple de Dieu.

Le repos qui demeure

La lecture d'Hébreux 3 et 4 nous montre que les Israélites qui sont morts dans le désert n'entrèrent pas dans le repos de Dieu créé à leur intention dans la Terre Promise. La raison pour laquelle ils n'entrèrent pas dans ce repos là, c'est qu'ils ne croyaient pas à la promesse de Dieu (Héb. 3:19).

L'histoire nous montre, dans Nombres 13 et 14, ainsi que dans le Psaume 95, qu'ils ne croyaient pas que Dieu ferait et voudrait faire ce qu'il avait dit qu'il ferait pour eux. Ils ne croyaient pas que Dieu mettrait les Cananéens en déroute devant eux et leur donnerait le pays. Ils n'avaient pas confiance en lui.

Prenant l'histoire de l'incrédulité des Israélites comme illustration, Hébreux 3:12 avertit les chrétiens : " Prenez donc bien garde, mes frères, que personne parmi vous n'ait le cœur mauvais et incrédule au point de se détourner du Dieu vivant. "

Il est donc pleinement établi que la confiance en Dieu est nécessaire pour entrer dans le repos que Dieu a promis, et que la désobéissance spécifique contre laquelle on met le peuple de Dieu en garde ici est une désobéissance marquée par l'incrédulité ou le manque de foi.

De plus, la foi spécifique dont on fait appel dans le livre aux Hébreux est la foi en Jésus-Christ pour le salut (Héb. 2:1-4; 3:1, 14; 10:19-23).

Et il y a quelque chose d'autre à noter. La Terre Promise des Israélites est appelée le repos de Dieu (Héb. 3:11, 18). Nous commençons à réaliser que le jour du sabbat préfigurait et s'orientait vers un repos futur beaucoup plus large qu'une seule journée de la semaine - même pour l'ancien Israël. Il pointait vers un " repos" consistant à entrer, à posséder et à demeurer dans la Terre Promise.

Mais voici une surprise encore plus grande. Ce repos consistant à demeurer en toute sécurité dans la Terre Promise, le repos dans lequel seuls ceux qui croient en Dieu peuvent entrer, n'était même pas le repos final. " En effet, si Josué avait assuré le repos aux Israélites, Dieu ne parlerait pas, après cela, d'un autre jour. " (Héb. 4:8). Il y avait encore un autre repos pour le peuple de Dieu, un repos final vers lequel ne pouvaient que pointer tous les autres repos.

" Ainsi donc, pendant que la promesse d'entrer dans le repos de Dieu est toujours en vigueur, craignons que l'un d'entre vous ne se trouve coupable d'être resté en arrière " (Héb. 4:1). Qui entre dans ce repos final, qui est aussi le plus grand ? " Nous entrons en effet dans ce repos, nous qui croyons... " (v. 3). Comment notre entrée dans ce repos peut-elle être remise en question ? En suivant l'exemple de désobéissance et d'incrédulité des Israélites (v. 11).

Dieu a établi un certain jour à l'intention de l'ancien Israël sous la gouverne de Josué, jour appelé " Aujourd'hui ", quand ils pouvaient, par la foi, entrer dans le repos qu'il leur avait préparé dans la Terre Promise (Héb. 3:7-11). La génération précédente ne fut pas admise à y entrer à cause de son incrédulité.

Plus tard, au travers des paroles de David, Dieu établit un autre jour, l'appelant aussi " Aujourd'hui ", quand le peuple de Dieu qui croirait en lui pourrait entrer dans le repos préparé pour lui (4:7).

Le repos du sabbat qui demeure pour le peuple de Dieu (4:9) est un repos dans lequel l'on entre par la foi en Christ, et il consiste en un salut éternel. C'est le repos de Dieu. C'est le Royaume des cieux, le règne du Christ. Nous n'y entrons pas par nos propres œuvres (4:10), mais par la foi (4:3).

En venir à la question centrale

De quoi est-il question, alors, dans ce passage d'Hébreux concernant l'entrée dans le repos de Dieu ? À toutes les fois que nous lisons le mot " ainsi ", dans les Écritures, nous devons soigneusement lire ce qui précède, parce que " ainsi " amène la question centrale de ce qui a été discuté auparavant.

On lit dans Hébreux 4:14 : " Ainsi, puisque nous avons en Jésus, le Fils de Dieu, un grand prêtre éminent qui, après avoir traversé les cieux, est auprès de Dieu, demeurons fermement attachés à la foi que nous reconnaissons comme vraie. " Voilà de quoi il est question.

C'est la question centrale de toute la Bible : croire en Jésus. Il n'est pas question de ce que le commandement du sabbat hebdomadaire donné à l'ancien Israël lie les chrétiens, comme les enseignants sabbatériens essaient de dire. De tels concepts vont à l'encontre du message entier de la Bible. Le Messie est venu. Les ombres indécises se sont évanouies sous la clarté éclatante du soleil du midi.

Perte de repos

Quand Dieu a terminé son œuvre de création, il se reposa des bonnes choses qu'il avait faites (Gen. 2:2; 3:8), et il fit reposer Adam et Ève avec lui dans le Jardin (Gen. 2:8-9). Il ne fallait pas un dur labeur pour faire produire le jardin. Ils n'avaient qu'à jouir de ses fruits alors qu'ils prenaient soin de cet Éden surabondant, et se reposaient dans la joie de leur communion libre et sans restriction avec Dieu.

Mais c'est alors que le péché fit son apparition et, avec lui, l'aliénation d'avec Dieu (Gen. 3:1-10). Adam et Ève ne se reposèrent plus avec Dieu. Ils furent chassés du Jardin d'Éden et durent travailler à la sueur de leur front (Gen. 3:17-19).

En temps et lieu, Dieu appela Abraham et lui promit que sa descendance hériterait un jour du pays qu'il lui montra (Gen. 15:12-21).

Quelques 430 ans plus tard, Dieu envoya Moïse conduire ces descendants hors d'Égypte, où ils étaient devenus esclaves, et les mener à la Terre Promise. Par l'intermédiaire de Moïse, Dieu fit alliance avec eux dans le désert du Sinaï (Deut. 4:13; 9:11).

L'entrée dans le repos

Le signe de l'alliance était le jour du sabbat hebdomadaire (Ex. 31:13). À chaque septième jour, le peuple de l'ancien Israël devait se reposer de son labeur physique (Ex. 20:8-10). Ils devaient se rappeler que Dieu créa tout ce qui existe et qu'il y eut un temps où les humains se reposaient avec Dieu dans sa création (Ex. 20:11-12). Ils devaient se rappeler que les humains avaient rejeté le règne de Dieu d'au-dessus d'eux et qu'ils en furent séparés.

Ils devaient également se remémorer leur esclavage en Égypte, pleurant sous les travaux forcés, sans aucun repos (Deut. 5:15). En se reposant de leur ouvrage le septième jour, les Israélites eurent un avant-goût du repos divin - ce que serait la vie si les humains croyaient en Dieu et lui faisaient confiance en toutes choses, s'ils se reposaient encore avec leur Créateur.

Le sabbat hebdomadaire était le signe de l'alliance de Dieu avec l'ancien Israël. Le corps et le sang de Jésus-Christ est le signe de l'alliance entre Dieu et tous ceux qui croient en l'évangile (Jean 6:53-57; Luc 22:19-20; Héb. 10:19-20). Le sabbat hebdomadaire était un avant-goût du repos divin en Christ (Col. 2:16-17). Par notre foi en lui, nous entrons dans le repos divin (Héb. 4:3).

Jésus est plus grand

Afin que l'ancien Israël puisse demeurer dans la Terre Promise, il devait continuer à honorer le jour du sabbat (És. 58:13-14). Donc, raisonnera-t-on, n'est-il pas sensé que, afin de demeurer en possession de la vie éternelle dans l'actuel Royaume de Dieu, nous devions aussi continuer à garder le jour du sabbat ? Non Ça ne l'est pas.

C'est précisément la question traitée dans Hébreux. En Christ, Dieu a fait une nouvelle alliance avec les êtres humains. Elle est tellement plus grande que l'ancienne que tout ce qui a précédé est enlevé et complètement transcendé par elle, à un point tel que l'ancienne alliance, et tout son contenu, est rendue obsolète (Héb. 8:6-13).

Le livre aux Hébreux est une déclaration de l'entière supériorité de Jésus-Christ sur tout ce que quiconque a pu jamais penser comme matériel religieux ou mettre en valeur, et une exhortation à mettre notre confiance et notre foi en lui.

Le message aux Hébreux

Considérez ce que nous dit le livre aux Hébreux : Jésus est supérieur à toutes formes précédentes de communication divine (1:1). Jésus est la représentation exacte de Dieu en tant qu'être divin. Il est l'agent créateur de Dieu, le soutien et le souverain de l'univers, ainsi que le rédempteur des péchés (1:2-3). Jésus est supérieur aux anges (1:4-14).

Seul Jésus sauve son peuple, avec qui il s'identifie et pour qui il souffre (2:1-18). Faites confiance en Jésus qui est supérieur à Moïse (3:1-6). Les chrétiens entrent dans le repos promis par Dieu seulement en faisant confiance à Jésus (3:7-4:13). Jésus est supérieur au sacerdoce israélite (4:14-5:10).

Hériter les promesses de Dieu par la foi en Christ et la patience dans la souffrance (5:11-6:12). Notre espérance est sûre et certaine à cause de Jésus (6:13-20). Jésus est supérieur aux grands prêtres de l'ancien temps et l'alliance dont il est le médiateur est supérieure à la leur et contient de meilleures promesses (7:1-10:18).

Parce que tout cela est vrai, mettons notre confiance et notre foi en Jésus seulement, en endurant toutes les épreuves et les difficultés, les yeux fixés sur lui (10:19-12:12).

Deux montagnes

En résumé, nous trouvons que, comme chrétiens, nous ne nous sommes pas approchés " d'une montagne qu'on pouvait toucher et qui était embrasée par le feu ",c'est-à-dire le Mont Sinaï (12:14-18, version Louis Segond).

Bien au contraire, nous nous sommes approchés " de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste. "

Nous nous sommes approchés " des milliers d'anges en fête ... de l'assemblée des fils premiers-nés de Dieu dont les noms sont inscrits dans les cieux. "

Nous nous sommes approchés " de Dieu, le Juge de tous les hommes, et des esprits des justes qui sont parvenus à la perfection ... de Jésus, le médiateur d'une alliance nouvelle et de son sang répandu qui parle mieux encore que celui d'Abel " (12:22-24).

Voilà le repos de Dieu, le repos qui demeure pour le peuple de Dieu, l'héritage des saints - et nous y sommes déjà entrés.

" Prenez donc garde : ne refusez pas d'écouter celui qui vous parle " à partir de cette montagne, la Montagne de Sion, nous exhorte-t-on. Notre cœur est affermi par la grâce, pas par des aliments rituels.

Nous mangeons à un autre autel, un autel auquel l'ancienne alliance ne donne pas droit de manger. Nous jetons les regards vers la Jérusalem à venir; l'ancienne cité n'a pas de place pour nous. Nos sacrifices sont constitués de louanges et ils sont offerts à travers Jésus par des lèvres qui confessent son nom. Le fruit de notre vie est le fruit de l'amour parce que Dieu accomplit en nous ce qui plaît à son cœur par Jésus-Christ (12:25-13:21).

Ce dont il est question dans Hébreux n'est décidément pas de commander aux chrétiens de garder le commandement du sabbat du septième jour. Il y est question d'exhorter les chrétiens à maintenir leur foi en Jésus-Christ, malgré toutes les oppositions et de ne plier l'échine, même sous les menaces de mort et en aucune circonstance, devant les pressions des synagogues d'abandonner leur foi en Jésus pour quelque chose qui est aujourd'hui faible et inférieur et que Dieu a transcendé par son propre Fils.

Discipline spirituelle

Certains chrétiens s'astreignent à une journée par semaine sans travail séculier comme une discipline spirituelle personnelle pour les aider à réserver un temps spécial pour leur dévotion spirituelle. Fort bien, mais ce n'est pas la même chose que de croire que le sabbat hebdomadaire est obligatoire pour les chrétiens.

Ce n'est pas non plus la même chose que de lancer l'idée aux autres qu'ils seront plus obéissants ou plus fidèles à Dieu s'ils mettent de côté un jour du sabbat. Ce que nous choisissons de faire en tant qu'exercice spirituel personnel est une affaire complètement différente que ce qui constitue une loi pour tous les chrétiens.

La loi du mont Sinaï ne définit plus le peuple de Dieu. Maintenant, ni la circoncision, ni les sabbats, ni les restrictions alimentaires ne sont plus des signes décidant qui appartient au Royaume céleste du Père. Au lieu de cela, Dieu fait des Juifs et des non-Juifs son propre peuple au travers d'un moyen nouveau : Jésus-Christ.

Paul a écrit : " Car nous lui devons notre paix. Il a, en effet, instauré l'unité entre les Juifs et les non-Juifs et abattu le mur qui les séparait : en livrant son corps à la mort, il a annulé les effets de ce qui faisait d'eux des ennemis, c'est-à-dire la Loi de Moïse, dans ses commandements et ses règles."

Il voulait ainsi créer une seule et nouvelle humanité à partir des Juifs et des non-Juifs qu'il a unis à lui-même, en établissant la paix. Il voulait aussi les réconcilier les uns les autres avec Dieu et les unir en un seul corps, en supprimant, par sa mort sur la croix, ce qui faisait d'eux des ennemis."

Ainsi, il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin [les non-Juifs] et la paix à ceux qui étaient proches [les Juifs]. Car, grâce à lui, nous avons accès, les uns comme les autres, auprès du Père, par le même Esprit " (Éph. 2:14-18).

"Jésus a observé le sabbat. Ne devrions-nous pas suivre son exemple ? "

Jésus était un Juif, né sous la loi (Gal. 4:4). Il a observé les coutumes Juives et il a observé la loi de Moïse.

En accord avec les coutumes, Jésus allait dans les synagogues (Luc 4:16) et il a observé la Hannukah (La dédicace) (Jean 10:22). Il a dit aux gens d'obéir aux lois rituelles (Mat. 8:4). Il est allé à Jérusalem pour les fêtes (Luc 2:41) et a donné de l'argent pour soutenir le temple (Mat. 17:27).

En accord avec la loi, Jésus a été circoncis le huitième jour. Chaque année il avait une tente, un abri temporaire sukkah (Lévitique 23:39-41). À tous les ans il a tué un agneau Pascal (Exode 12:3, 14) et il a porté des phylactères (Deutéronomes 6:8-9), avaient des glands sur ses vêtements (Nombres 15:28) et a observé le sabbat.

Jésus veut-il que nous le copiions dans chacun de ces détails ? Non il a dit à ses disciples ce qu'ils devaient enseigner "apprenez-leur à obéir tout ce que je vous ai prescrit." (Matthieu 28:20). Nous n'imitons pas Jésus dans chaque détail. Prétendre devoir observer le sabbat en partant du seul principe que Jésus l'a observé est une façon bien fragile d'approcher les Écritures, parce que cela ne tient pas compte de l'ensemble du message des Écritures.

Le commandement du sabbat a été à Israël (Exode 20:2; 2 Chroniques 5:10), en aucun cas aux chrétiens. Le sabbat pointait à la nouvelle vie en Christ, en qui les croyants trouvent le vrai repos. Nous devons suivre Jésus dans son attitude d'obéissance et sa soumission à la volonté du Père (Jean 15:10). Nous devons obéir à Dieu dans tout ce qu'Il nous a commandé, non pas à des règles qu'Il a données à quelqu'un d'autre et qui, depuis, ont été déclarées révolues (Hébreux 8:13; 2 Corinthiens 3:7-16)

Michel Morrison

 

Nous avons vu que les chrétiens ne sont pas sous la loi du Sinaï, mais qu'ils sont sous la loi de Christ en étant guidés par l'Esprit Saint. Nous avons vu également que le sabbat chrétien n'est pas un jour de la semaine, mais notre repos éternel en Jésus- Christ. Au chapitre quatre, nous jetterons un regard au but et au contenu de l'adoration.

" Le sabbat a été fait pour l'homme "

Après que les Pharisiens aient critiqué Jésus pour avoir laissé ses disciples ramasser du grain le jour du sabbat, Jésus dit : " Le sabbat a été fait pour l'homme et non pas l'homme pour le sabbat " (Marc 2:27).

Entendait-il par là que Dieu avait fait le sabbat pour toute l'humanité - à la fois les Juifs et les non-Juifs ?

Nous pouvons voir ce que Jésus a voulu dire en examinant l'expression qui suit : "et non pas l'homme pour le sabbat." Son point de vue était que le sabbat a été fait pour servir les gens, au lieu que ce soit les gens qui aient été créés pour servir le sabbat. Le sabbat était un serviteur, non pas un maître. Il a montré l'importance relative du sabbat, non pas à quels gens en particulier auxquels le sabbat avait été donné.

Pour en saisir toute la portée, supposez que Jésus ait dit, "la circoncision a été faite pour l'homme et non pas l'homme pour la circoncision." Cette déclaration signifierait-elle que la circoncision ait été commandée pour tous ? Bien sûr non. Cela a été commandé pour tous les gens à qui cela s'appliquait, non pas à tous les gens. Le sabbat tout comme la circoncision a été donné à Israël, non pas à tout le reste de l'humanité.

Si Jésus avait dit que le sabbat avait était fait pour les païens, il en aurait créé un nouveau, même plus grand, pour éliminer la controverse, parce que les Pharisiens croyaient que le sabbat avait été donné uniquement à Israël. Les Pharisiens défiaient le comportement des disciples, et non le comportement des païens. Ils surestimaient l'importance des restrictions du sabbat. La réponse de Jésus n'a pas été d'étendre l'ordonnance du sabbat à toute l'humanité, mais de réduire son importance relative aux gens pour qui cela avait été conçus, destiné à servir.

Michael Morrison