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Le leadership au sein de l'Église par Joseph Tkach pasteur général de l'Église Universelle de Dieu.
Jean a écrit la lettre parce que les gens en avait besoin. Il avertissait ses lecteurs contre le gnosticisme, contre l'idée que le salut se trouve dans des enseignements secrets. Il disait que les vérités du christianisme étaient déjà connues de l'Église. Les croyants n'avaient aucunement besoin d'une connaissance secrète au-delà de ce que le Saint-Esprit avait déjà donné à l'Église. Il ne disait pas que les chrétiens n'avaient pas besoin de leaders ou d'enseignants. Tous les chrétiens ont une responsabilité personnelle. Toutes personnes doivent croire, prendre des décisions à propos de la manière de vivre et de leurs croyances. Mais le Nouveau Testament est clair : nous ne sommes pas seulement des individus - nous faisons également partie d'un corps. L'Église est facultative au même sens que la responsabilité est facultative : Dieu nous laisse choisir ce que nous voulons faire. Mais cela ne veut pas dire pour autant que tous les choix sont bons ou qu'ils concordent avec la volonté de Dieu. Les chrétiens ont-ils besoins d'enseignants ? L'ensemble du Nouveau Testament nous prouve qu'il en est ainsi. Le leadership de l'église à Antioche comportait des enseignants (Actes 13:1). Les enseignants sont un des dons que le Saint-Esprit donne à l'Église (1 Corinthiens 12:28 ; Éphésiens 4:11). Paul se décrit comme un enseignant (1 Timothée 2:7 ; Tite 1:11). Même après bien des années dans la foi, les croyants ont besoin d'enseignants (Hébreux 5:12). Jacques avertissait les gens à propos de la croyance que tous sont des enseignants (Jacques 3:1). Encore une fois, son commentaire nous montre que d'habitude, les églises avaient des enseignants. Les chrétiens ont grand besoin d'enseignement solide de vérités de la foi. Dieu sait que nous croissons chacun à notre rythme et que nos forces s'expriment dans différents domaines. Il le sait parce qu'il est celui qui nous les donne. Il ne donne pas les mêmes dons à tous (1 Corinthiens 12). À la place, il les distribue de sorte que nous œuvrions ensemble pour le bien commun, afin que nous nous aidions les uns les autres au lieu d'aller chacun son bord (verset 7). Certains chrétiens ont le don de compassion, d'autres de discernement. Encore d'autres ont le don de servir autrui sur le plan physique. D'autres sont équipés pour l'exhortation ou la coordonation ou encore l'enseignement. Les chrétiens sont tous sur un pied d'égalité. Mais être égal ne signifie pas pour autant être identique. Nous avons reçu différentes aptitudes. Bien que tous soient importants, ils ne sont pas tous pareils. En tant qu'enfant de Dieu, en tant qu'héritiers du salut, nous sommes tous égaux. Cependant, nous ne jouons pas tous le même rôle au sein de l'Église. Dieu place les gens où il le veut. Il leur donne les dons comme bon lui semble et non selon les attentes des hommes. Ainsi, Dieu place des enseignants dans l'Église. Il s'agit de gens qui sont en mesure d'aider les autres à apprendre. J'admets, toutefois, qu'en tant qu'organisme humain, nous n'avions pas toujours choisi les gens les plus doués. J'admets également que les enseignants se sont trompés à l'occasion. Mais cela n'invalide pas pour autant le témoignage clair du Nouveau Testament. L'Église de Dieu compte parmi ses membres des enseignants. Nous devrions nous attendre à ce qu'il en ait au sein de la communauté de croyants. Bien qu'au sein de l'Église Universelle de Dieu, nous n'ayons aucun poste d'enseignant en tant que tel, nous nous attendons à ce qu'il y en ait dans l'église, et nous nous attendons à ce que nos pasteurs puissent nous enseigner (1 Timothée 3:2 ; 2 Timothée 2:2). Dans Éphésiens 4:11, Paul regroupe les pasteurs et les enseignants, comme si le rôle comportait une responsabilité double, celui de paître le troupeau et d'enseigner. Une hiérarchie ? Le Nouveau Testament ne prescrit aucune hiérarchie en particulier au sein de l'Église. L'église de Jérusalem avait des apôtres et des anciens. L'église d'Antioche avait des prophètes et des enseignants (Actes 15:1, 13:1). Certains passages du Nouveau Testament désignent leurs leaders par le mot ancien ; d'autres utilisent les expressions surveillant ou évêque ; et d'autres utilisent simplement le mot dirigeant (Actes 14:23 ; Tite 1:6-7 ; Philippiens 1:1 ; 1 Timothée 3:2 ; Hébreux 13:17). Ces mots semblent tous désigner la même fonction. Le Nouveau Testament ne décrit aucunement une hiérarchie complexe de membres laïcs qui relèvent des diacres, de diacres qui relèvent des anciens, d'anciens qui relèvent des pasteurs, de pasteurs qui relèvent des évangélistes, d'évangélistes qui relèvent des prophètes et de prophètes qui relèvent des apôtres. De toute façon, relever de (quelqu'un) n'est peut-être pas la bonne expression ici, car toutes ces fonctions sont des fonctions de service, conçues pour aider l'Église. Par contre, le Nouveau Testament exhorte les gens à obéir aux leaders de l'église, à coopérer avec le leadership (Hébreux 13:17). Il ne faut pas obéir à l'aveuglette, ou encore être sceptique ou en opposition à l'extrême. Quand Paul dit à Timothée de nommer des anciens dans les églises, il a décrit une hiérarchie toute simple. En tant qu'apôtre, implanteur d'églises et mentor, Paul exerce une autorité sur Timothée, tandis que Timothée a l'autorité de nommer les anciens et les diacres. Cependant, cela vaut pour l'église à Éphèse. Ce n'est pas une ordonnance à l'égard de l'organisation future de l'Église. Nous ne trouvons aucune tentative de rattacher les églises à Jérusalem, Antioche ou à Rome. D'ailleurs, ce n'aurait été aucunement pratique à l'époque du premier siècle. Donc, que pouvons nous dire à propos de l'Église aujourd'hui ? Nous pouvons dire que Dieu s'attend à ce que l'Église ait des leaders, mais il ne précise pas comment il faut les désigner ni de quelle façon ils devraient être structurés. Ces détails devaient être réglés selon les circonstances changeantes de l'Église. Il faut des leaders dans les églises locales, mais leur titre est sans importance : pasteur Picard, ancien Edmond, ministre Matthieu ou serviteur Samuel seraient tous acceptables. L'Église Universelle de Dieu est structurée selon le modèle dit épiscopal (le mot épiscopal provient du mot grec episkopos qui se traduit par surveillant ; parfois, on traduit ce mot par le mot évêque) à cause des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons. Nous croyons que c'est le meilleur modèle pour notre église pour assurer l'orthodoxie de ses doctrines et sa stabilité. Notre modèle épiscopal présente des problèmes, mais il en est de même pour les autres églises parce que les êtres humains ne sont pas infaillibles. Nous croyons qu'en raison de nos circonstances historiques et géographiques, notre type d'organisation épiscopale peut mieux servir nos membres que les modèles congrégationaliste ou presbytérien. (Il faut garder à l'esprit que tous les modèles de gouvernement d'église, qu'il s'agisse d'un gouvernement congrégationaliste, presbytérien ou épiscopal, peut se présenter de diverses manières. Ainsi, nous utilisons un modèle épiscopal radicalement différent des églises orthodoxes occidentales, anglicanes, épiscopales, catholiques romaines ou luthériennes. Par exemple, nous n'avons pas de prêtres, ni de vêtements sacerdotaux, et nos assemblées n'ont pas une liturgie normalisée.) Jésus-Christ est le chef de l'Église. Tous les leaders au sein de l'Église devraient chercher sa volonté en toutes choses, dans leur vie et dans le fonctionnement de leur congrégation. Les leaders doivent ressembler à Christ en acquittant leur ministère, c'est-à-dire 'ils doivent chercher à aider les autres et non travailler à leur profit. L'église locale n'est pas une équipe ouvrière destinée à aider le pasteur à effectuer son travail. Le pasteur doit être à la disposition des membres pour qu'ils acquittent leur travail, c'est-à-dire l'oeuvre de l'Évangile, l'oeuvre que Jésus-Christ leur a destinée. Les anciens locaux et les leaders dans le ministère Paul compare l'église à un corps constitué de bien des parties. L'unité du corps ne provient pas de l'uniformité, mais du fait que les membres œuvrent ensemble pour un même Seigneur et un but commun. Les membres ont diverses forces qui doivent servir au bien commun (1 Corinthiens 12:7). Vu la diversité dans l'église, nous ordonnons des anciens locaux, des diacres et des diaconesses. Nous nommons également les leaders de ministères. Nous n'avons pas de définition particulière à l'égard de tous les rôles. Certains s'adressent à la congrégation, d'autres non. Certains anciens locaux ont le don d'organiser les gens, d'autres non. On peut voir le travail des uns, tandis que d'autres travaillent dans les coulisses. Cela s'applique aux diaconesses également. Chacun sert selon ses aptitudes, tous sous la surveillance du pasteur (le surveillant ou episkopos de la congrégation). Les leaders de ministères sont encore plus variés, chacun servant selon les besoins de la congrégation - du moins, nous l'espérons. Le pasteur peut en nommer pour accomplir des tâches temporaires ou encore pour une période indéfinie. Quelle est la différence entre une ordination et une nomination ? En général, l'ordination se fait en public et elle est permanente. La nomination peut se faire soit en public soit en privée. De plus, la nomination peut être révoquée facilement. Les ordinations sont approuvées par les leaders de l'église et sont valables dans toutes les congrégations. Ainsi, une femme qu'on a ordonnée diaconesse dans une congrégation sera considérée en tant que telle même si elle déménage et devient membre d'une autre congrégation. Mais les nominations au niveau des ministères ne sont pas transmises automatiquement. Il faudra que la personne soit nommée de nouveau si elle déménage, ce qui sera fait selon les besoins de la nouvelle congrégation et selon la décision du pasteur. On peut révoquer l'ordination, mais les cas sont exceptionnels. Le pasteur est l'enseignant principal. Il conduit la congrégation à Christ. Il a l'autorité en ce qui concerne le programme des orateurs, le calendrier de l'église, la structure d'organisation de l'église locale, de même que des ministères locaux. Toute congrégation devrait avoir un conseil d'administration et un comité budgétaire pour conseiller le pasteur et lui transmettre les réactions des gens pour qu'il puisse arriver à un consensus lorsqu'il y a des décisions à prendre. Par contre, nous ne pouvons pas donner une forme officielle à la manière dont les membres du conseil seront choisis, ni comment le conseil devra fonctionner. Par contre, il y aurait lieu que les congrégations soient informées au moins à tous les trois mois à propos de des finances de leur église, à savoir les revenus, les dépenses et les bilans. Depuis que nous avons encouragé de plus en plus les membres de s'impliquer au niveau du ministère, il y a beaucoup plus de postes de leadership au niveau local qu'auparavant. Nous avons des moniteurs de groupes cellulaires, des directeurs de musique, des leaders pour les services au sein de la communauté, et bien d'autres encore. Beaucoup d'entre eux font énormément de travail avec beaucoup d'enthousiasme. Un bon nombre d'entre eux font preuve de dévouement et de maturité spirituelle équivalant à ceux d'un diacre et d'un ancien local. Mais nous ne choisissons pas toujours de les ordonner. Au fait, il y a beaucoup d'irrégularités d'une congrégation à l'autre quant à savoir quel service mène à une nomination quelconque. Ces irrégularités confondent certains membres. Malheureusement, je ne vois pas comment nous pouvons les éviter. Nous voulons honorer les gens qui le méritent. Par ailleurs, j'espère que personne n'accomplit un service dans le but d'être honoré. Ainsi que le disait quelqu'un de bien reconnu, votre récompense est au ciel. Bref, la structure de l'église locale est flexible ; nous n'imposons aucune structure particulière aux congrégations, peu importe son importance et où elle se trouve. Certes, nous nommons le pasteur ou l'équipe pastorale qui aura la congrégation à leur charge, mais les détails concernant la structure sont flexibles. Il existe de rares occasions que la personne qui occupe la fonction de pasteur ne soit pas ordonnée. Certaines églises n'ont pas d'anciens locaux, tandis que d'autres en ont un surplus. Certaines congrégations ont des diacres, d'autres, non. Certaines ont plus de diaconesses que de diacres, et d'autres non. La variété découle du fait que nos congrégations existent selon diverses circonstances et de la diversité de dons. Le rôle des pasteurs est quelque peu semblable à celui d'un chef d'orchestre. Il ne peut forcer personne à jouer au moment indiqué, mais il peut guider et coordonner l'orchestre. L'orchestre, dans son ensemble, fonctionnera mieux quand tous les membres se mettent à jouer au moment indiqué. Au sein de l'Église Universelle de Dieu, les membres ne peuvent pas congédier leur pasteur. À la place, les pasteurs sont choisis et congédiés au niveau régional. Aux États-Unis, la décision est prise par l'ensemble du département d'administration et des directeurs régionaux. Admettons qu'un membre croit que le pasteur est incompétent, ou encore qu'il est en train de les induire en erreur. Que faire ? C'est la raison d'être de la structure épiscopale. Évidemment, on devrait discuter des problèmes de doctrines ou de style de leadership d'abord avec le pasteur, ensuite avec le pasteur régional (le surveillant ou episkopos ou les autres pasteurs du district). En passant, ne m'envoyez pas des plaintes de ce genre, car je ne peux surveiller les 900 congrégations de l'Église. Je ne peux que les soumettre au conseil de l'Église qui, à son tour, les soumettra au surveillant approprié. Le siège social d'une confession tient lieu de surveillant des surveillants. Tout comme les congrégations ont besoin de leaders, d'enseignants locaux, les pasteurs ont également besoin de leaders et d'enseignants. Voilà pourquoi nous croyons que le siège social de l'ÉUD joue un rôle important au service des congrégations. Nous cherchons à être une source de formation, d'idées, d'encouragement, de surveillance, de coopération. De toute évidence, nous ne sommes pas parfaits. Mais c'est là notre appel, et nous chercherons à nous en acquitter. Mes frères et sœurs, merci de vos efforts au nom du Seigneur. Les dernières dix années étaient plutôt houleuses, et je vous suis reconnaissant d'avoir tenu le coup jusqu'ici. Bien qu'il reste encore quelques heurts à venir, nos yeux sont fermement fixés sur Jésus. Il a du travail à nous confier, et une bonne partie de ce travail a déjà été entreprise. Louez le pour sa patience, pour ses dons et pour son oeuvre qui nous aide à croître. |