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Cabriole de reins : L'Église s'interpose dans l'embrayage. Par David Bacon Membre de la congrégation de Vancouver
" Merci pour m'avoir tiré d'affaire, " ai-je dit à Dieu. Mes pensées vagabondaient. Plus tôt, au travail, j'avais reçu un coup de téléphone de la Société de Transplantation de la Colombie Britannique pour me dire qu'on avait fixé une date précoce en vue de l'opération de greffe du rein qui avait été projetée pour le meilleur moment possible de l'année. Je ne m'attendais pas que ce soit si tôt. Mais il n'y avait pas de doute dans mon esprit que cela était ce que je voulais faire. J'étais excité et un peu inquiet en même temps. " Concentre-toi sur la route ! " me suis-je commandé. L'histoire a commencé au bureau de l'Église, sur la Boundary Road, à Vancouver, pour lequel j'ai eu le privilège de travailler quelques années depuis 1994. Après le travail, je tournais souvent en rond et je regardais le hockey à la télé. C'est là que j'ai rencontré Zulfigar Subedar, alors engagé pour faire le travail d'entretien au bureau. Nous sommes devenus finalement de très bons amis. À maintes occasions il m'a invité à dîner et nous allions occasionnellement voir une partie de hockey, particulièrement quand les Leafs étaient en ville. Au printemps de 1999, les reins de Zulf ont lâché. Ceci a été un dur coup pour lui et sa famille - sa femme Moreen et ses jeunes enfants Nabil et Sanah, aussi bien que ses parents. Les Subedar sont une famille musulmane tricotée serrée, originaire de Fiji. Ils sont très hospitaliers. Au fil des années, ils m'ont reçu à dîner à maintes occasions. Or, maintenant, la santé de Zulf n'était plus ce qu'elle était (il était dès lors souvent malade, fatigué et pâle) et il devait également endurer un régime hebdomadaire de dialyse. Je ne peux qu'imaginer ce que ç'a dû être. Un des membres de leur parenté a été évalué pour établir sa compatibilité de donneur, et j'ai décidé - sous le coup d'une lubie - que je voulais aussi être évalué. J'ai pensé honnêtement que rien n'aboutirait de cela, que cela ferait long feu, mais ça s'est passé autrement; j'ai un sang du type 0 positif, type du " donateur universel " qui, comme je l'ai compris, me permet de faire un don de sang ou d'organes à n'importe qui. Dans les semaines et les mois qui ont suivi, une batterie interminable de tests physiques ont confirmé que j'étais compatible et, de ce fait, j'ai été considéré comme candidat pour la transplantation. Mais vint avant cela la sélection psychologique. J'ai eu une entrevue avec un chic type du nom de Dr Soos, de la Société de Transplantation de la Colombie Britannique. " Hé, Dr Seuss ! " lui ai-je dit, " Comment va le Chat dans le Chapeau ? Ha-Ha ! " Comme s'il n'avait jamais déjà entendu cela un million de fois ! Le Dr Soos et moi nous sommes très bien entendus. Mais, chose certaine, ses questions étaient éprouvantes : Jusqu'à quel point connaissez-vous Zulf ? Quelle motivation vous pousse à faire cela ? Subissez-vous la pression de ses parents ? (Non pas du tout ; je suis volontaire.) Avez-vous, disons, eu une relation amoureuse avec sa femme, et voilà votre façon de faire amende honorable ? (Non !) Si l'opération échoue, comment allez-vous vous sentir ? (Désappointé, mais, au moins, j'aurai tenté le coup.) Si le rein est rejeté parce que Zulf ne prend pas sa médication, comment alors allez-vous vous sentir ? (Fâché !) Quelle tournure croyez-vous que votre relation prendra après l'opération ? Et cetera. J'ai été sur le gril un bon moment encore. Mais j'ai plutôt aimé l'expérience ; je me suis senti comme un invité à un talk show radiophonique. Donc jusque-là, j'avais fait ma part et ce n'était plus maintenant qu'une question d'attendre le feu vert de la Société de Transplantation de la Colombie Britannique, lequel feu vert elle donna évidemment en ce jour mémorable où mes pensées vagabondaient. " Concentre-toi sur la route ! " Le 17 mai 2000. Nous sommes environ à 12 heures de l'opération, et je m'assieds dans le salon d'un des membres de l'église. Ce soir, il y a réunion de petit groupe. C'est pourquoi j'ai décidé que c'était maintenant une bonne occasion de dire aux autres que je subissais une opération demain. Bruce Edmunds m'a regardé comme si j'étais timbré. " Est-ce que tu es sérieux ? " a-t-il semblé me dire. En termes plus claires, la question était pourquoi est-ce que j'avais attendu jusqu'à ce moment-là pour faire connaître toute cette affaire aux gens ? J'ai senti, comme nous le ressentons tous parfois, que j'avais besoin d'un peu d'espace. Mais, si près de la fin, le bon sens a finalement surpassé mon désir d'intimité. S'il y a une chose que l'église fait bien, c'est de prier, et j'avais maintenant besoin de ses prières, pour moi et pour Zulf. Il est maintenant près de 22h00 et je suis fatigué. Nous avons mis fin à la réunion par un cantique, une version a capella de " It Is Well With My Soul. " Même dans le meilleur des cas, je ne me soucie pas beaucoup de la musique de l'église, donc, comme à l'habitude, je peux à peine attendre la fin du cantique. " Je dois me lever à 4h30 du matin, " pensai-je en moi-même. " Laissez-moi sortir ! " Le 18 mai 2000. Il est 6h00 à l'Hôpital Général de Vancouver et, à ce moment-là, je suis frappé d'une pensée maladive en attendant en ligne. Je suis en retard dans mes primes d'assurance-santé. Et si l'opération finissait par être remise ou quoi que ce soit d'autre à cause de cela ? Oh la la ! Ce serait embarrassant. À cet instant, ça me causait plus de souci que l'opération elle-même. Mais je suis arrivé au bout de la file d'attente sans qu'aucune question me fusse posée. Ouf, ce fut juste. C'est ensuite le temps de me rendre à l'admission pour enfiler une de ces rebutantes robes d'hôpital. Environ une douzaine de malades sont assis dans la salle d'attente, regardant la télévision, chuchotant avec les membres de leur famille. Avec moi, il y a Mohammed, le père de Zulf, et Moreen, la femme de Zulf. (Zulf avait déjà été examiné à l'hôpital la nuit d'avant.) À 7h30, je reçois finalement mon appel. Une infirmière prend mes verres et je monte alors sur le lit d'hôpital. Moreen me donne un baiser sur la joue, et on me roule ensuite vers la salle d'opération où je rencontre l'anesthésiste. Elle se présente sous le nom de Loretta et me dit qu'elle est de Yorkton, Saskatchewan. " Oh ! Est-ce-que vous connaissez les Minkes? " ai-je demandé. Elle dit qu'elle ne les connaît pas, et ajoute alors : " Et je ne connais pas Jimmy ou Sally ou Suzie de Yorkton, mais je suis sûr qu'ils sont vraiment, vraiment charmants. " (OK, elle n'a pas vraiment dit cela, mais quand j'ai fait un compte rendu à l'église, c'est ce que j'ai mentionné à beaucoup de gens qui ont semblé saisir la plaisanterie - Bob Bell riait de façon incontrôlable - donc, je devine que je ne suis pas le seul dans l'église qui ai vu le commercial de bière " Je suis Joe Canadien ".) Je pensais que Loretta allait me demander de compter à rebours à partir de 100, mais elle ne l'a pas fait. Elle a juste mis le masque sur ma bouche. J'ai pensé que cela serait amusant de savoir combien de temps je pouvais rester éveillé, mais ce gaz était un bon produit. Mes yeux se troublèrent immédiatement et je rejoignis Morphée en deux secondes à peine. Et puis là, il n'y a plus rien. *********************** Je me réveille au son des cliquetis de métal et des voix murmurantes du personnel médical. Une infirmière pousse mon lit jusqu'à ma chambre. Je suis fatigué, aussi je m'endors à nouveau. C'est ici que l'église brille vraiment, et c'est le point central de mon histoire, en autant que je suis concerné. Notre pasteur, Roy Page, est le premier à me visiter, quelques cinq heures après l'opération. Nous avons eu une agréable conversation et il m'a oint. Ma langue est épaisse comme une râpe. Roy (je veux dire M. Page, mais notre pasteur insiste pour que nous l'appelions par son prénom !), va me chercher un peu d'eau, mais une infirmière lui dit que je ne peux pas avoir d'eau tout de suite. Dans les heures qui suivent, et pour les quelques autres jours de mon hospitalisation, plusieurs membres de l'église - aussi bien que des amis et parents de Zulf - viennent me visiter. Plusieurs membres de l'église visitent aussi Zulf, qui est dans une chambre de l'autre côté du corridor et qui éprouve des complications suite à l'opération. Le rein ne s'ajuste pas encore à son nouvel environnement. Mohammed et deux de ses amis musulmans me visitent. Ils me font penser aux trois Rois Mages. Ils portent des capes de prière et ils se mettent à prier pour moi. Je n'ai pas compris un mot de ce qu'ils ont dit, mais je les remercie pour leurs pensées et leurs actions, avant d'aller faire à nouveau un petit somme. Hé ! J'ai vraiment aimé la grande carte que l'église a signée pour moi ! L'église en a fait une également pour Zulf. Après cinq jours j'ai quitté l'hôpital, mais Zulf a passé de durs moments et lui n'a pu sortir qu'après treize jours. Finalement, après deux ou trois semaines, la greffe " a pris " chez Zulf. Après cela, nous avons tous poussé un soupir de soulagement. Un an plus tard, il est en bonne santé. Je suis retourné à mon travail d'entrepôt après cinq glorieuses semaines de convalescence à la maison, ne consistant qu'à dormir, manger, lire, et regarder les parties de la Ligue Nationale de Hockey et les émissions de comédie. Je crois de tout mon coeur que les prières d'intercession démontrées par l'église ont fait une différence positive. Je veux remercier l'église pour son support et son encouragement, particulièrement, et sans ordre particulier : Bruce et Ina Edmunds, Dan Holiove, Fred Whitehead, Roy Page, Charleen Wiebe, Louis Van Doom, Alegria Lagman et Louise de Vancouver; Jim et Lorraine Welsh et leur petit groupe de Calgary ; Nino Boezio, Theresa Thaler et Ella Neale de Toronto ; et Neil Earle de Californie. Qui a besoin de l'église ? Moi, si !
Lumière du Nord Articles tirés du Northern Light du mois de mai 2001. Supervision : Roger Labelle Chronique : Jeanne Messier, Traduction : Andrée Arsenault, Brigitte Moore, Pierre Duguay, Jacques et Monique Quintal, Richard Rochette. Montage : Roch Richer Correction : Normand Hamel et Roch Richer. Pour diffusion dans toutes les congrégations du Québec. Publication de l'Église Universelle de Dieu © 2001 |