Église Universelle de Dieu, Canada

Juin 2001

Être un enfant de Dieu
par Joseph Tkach
pasteur général de l'Église Universelle de Dieu.

Parfois, les disciples de Jésus se faisaient des illusions à propos de leur propre suffisance. À un moment donné, ils ont même demandé à Jésus : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux? " (Matthieu 18:1). En d'autres termes, quelles étaient les caractéristiques des meilleurs exemples de ce que Dieu entend trouver chez son peuple ? La question était valable, et Jésus en a profité pour faire une leçon importante : " Si vous ne changez pas d'attitude et ne devenez pas comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux " (verset 3).

Cela devait surprendre les disciples, voire même les confondre. Peut-être pensaient-ils à des gens de la trempe d'Élie qui a appelé le feu à tomber du ciel pour dévorer des ennemis. Ou encore, peut-être songeaient-ils à quelqu'un de zélé comme Phinéas qui a tué ceux qui ont accepté un compromis (Nombres 25:7-8). Étaient-ils les personnages les plus grands de l'histoire du peuple de Dieu ?

Cependant, ils avaient une idée faussée de ce que signifiait être grand. Selon Jésus, Dieu ne désirait ni bravade ni œuvres spectaculaires. Il désirait surtout qu'on ressemble à des petits enfants. Au fait, si nous ne devenons pas comme eux, nous ne pourrons jamais entrer dans le royaume !

Dans quel sens devons-nous être comme des enfants ? Devons-nous manquer de maturité ? Devons-nous être enfantins et ignorants ? Non. Au fait, nous devons nous défaire de ce qui est propre à l'enfant (1 Corinthiens 13:11). Nous devons rejeter certaines caractéristiques des enfants tout en conservant d'autres.

Parmi ces caractéristiques, mentionnons l'humilité. Jésus en parle au verset 4 : " C'est pourquoi le plus grand dans le Royaume des cieux est celui qui s'abaisse lui-même comme cet enfant. " Selon Dieu, une personne humble est le plus grand, le meilleur exemple de ce que Dieu veut trouver dans son peuple, parce qu'il est humble lui-même. Dieu était disposé à abandonner sa condition divine pour notre salut. Ce que Jésus a fait lorsqu'il s'était fait chair ne constituait pas une anomalie de la nature divine ; cela révélait la nature constante de Dieu. Il veut que nous ressemblions à Christ, disposés à abandonner nos privilèges dans le but de servir autrui.

Certains enfants sont humbles, d'autres ne le sont pas. Jésus a pris en exemple un enfant en particulier pour expliquer où il voulait en venir : à certains égards, nous devons nous percevoir comme des enfants, surtout en ce qui concerne notre relation avec Dieu.

Jésus a également fait remarquer qu'en tant qu'enfant de Dieu, nous devrions accueillir d'autres enfants (versets 5). Probablement il l'entendait tant au pied de la lettre qu'au figuré. Les adultes devraient être attentifs et respectueux envers les jeunes gens. Nous devrions également accueillir et respecter les gens qui sont jeunes dans la foi, ceux qui manquent de maturité dans leur relation avec Dieu et au niveau de la compréhension des doctrines chrétiennes. Notre humilité touche non seulement notre relation avec Dieu, mais aussi notre relation avec autrui.

Abba, Père

Jésus savait que sa relation avec Dieu était unique. Au fait, il était le seul à connaître le Père assez bien pour le révéler aux autres (Matthieu 11:27). Jésus appelait le Père Abba, un mot araméen d'affection dont les enfants et les adultes se servaient pour s'adresser à leur père. Probablement l'équivalent moderne français serait papa.

Quand il priait, Jésus parlait à son père. Il lui demandait de l'aide et le remerciait pour tout ce qu'il avait. Selon Jésus, nous n'avons pas à user de la flatterie pour comparaître devant le Roi. Il est notre papa ; nous pouvons lui parler parce qu'il est notre papa. Dieu nous a donné ce droit. Nous pouvons donc avoir confiance qu'il nous entend.

Bien que nous ne soyons pas les enfants de Dieu exactement comme Jésus est son Fils, Jésus a enseigné à ses disciples de s'adresser à Dieu comme à leur papa, Abba. Plus tard, Paul pouvait bien supposer que l'église romaine se servait du mot araméen Abba pour s'adresser à Dieu, même si elle était située à plus de mille milles des pays où l'on parlait l'araméen (Romains 8:15).

De nos jours, il n'est pas nécessaire d'utiliser le mot Abba. Cependant, l'usage largement répandu de ce mot dans l'Église primitive nous montre qu'il a eu un impact sur les disciples. Ils avaient reçu une relation intime toute spéciale avec Dieu, une relation qui leur garantissait l'accès à Dieu par Jésus-Christ. Le mot Abba comportait une signification distinctive. Les Juifs ne l'utilisaient pas dans leurs prières, mais les disciples de Jésus s'en servaient dans les leurs. Ils savaient que Dieu était leur papa. Ils étaient les enfants du Roi et non seulement les membres d'une nation choisie.

Une nouvelle naissance et adoption

Les apôtres ont employé un certain nombre de métaphores pour communiquer la nouvelle amitié entre les croyants et Dieu. Les expressions rédemption ou rachat évoquaient l'idée que nous sommes devenus la propriété de Dieu. Nous avons été rachetés de l'esclavage du péché à un prix exorbitant : la mort de Jésus-Christ. Le prix n'a pas été versé à une personne en particulier. Cependant, il évoquait l'idée que notre salut avait un prix.

L'expression réconciliation met l'accent sur le fait qu'autrefois, nous étions ennemis de Dieu. Maintenant, nous sommes restaurés à l'amitié avec lui par Jésus-Christ. Grâce à sa mort, les péchés qui nous séparaient de Dieu sont effacés. Dieu a agi ainsi parce que nous étions tout à fait impuissants à le faire nous-même.

Les analogies contenues dans les Écritures ne sont que ça : des analogies. Le fait qu'on se serve de plusieurs nous montre qu'aucune d'elles ne contient l'image complète. C'est surtout vrai lorsque nous nous trouvons en face de deux analogies qui semblent contradictoires. Par exemple, nous sommes nés d'en haut en tant qu'enfant de Dieu, et nous sommes adoptés.

Les deux analogies nous donnent des informations importantes à propos de notre salut. Le fait d'être nés de nouveau nous dit qu'en tant qu'être humains, notre identité a subi un changement radical. C'est un petit changement qui croît au cours de notre vie. Nous sommes de nouvelles créatures, un peuple nouveau, vivant dans un âge nouveau. Le fait d'être adoptés nous dit qu'autrefois, nous étions étrangers au royaume, et maintenant, grâce à une décision de Dieu attestée par le Saint-Esprit, nous avons été déclarés des enfants de Dieu, avec tous les droits d'héritage et d'identité que cela implique. Autrefois, nous étions loin de Dieu. Aujourd'hui, nous nous sommes rapprochés de lui grâce à l'œuvre salvatrice de Jésus-Christ. Nous mourons en lui. Cependant, à cause de lui, il n'est pas nécessaire pour nous de mourir. En lui, nous vivons. Cependant, ce n'est pas nous qui vivons, mais de nouvelles créatures créées par l'Esprit de Dieu.

Toute métaphore comporte une certaine valeur et un point faible. Rien dans le monde physique ou social ne peut pleinement nous communiquer ce que Dieu fait dans notre vie. Cependant, il s'agit d'analogies que Dieu nous a données. L'une des images les plus constantes que nous trouvons dans les Écritures, c'est que nous sommes des enfants de Dieu.

Devenez des enfants

Dieu est le Créateur, le Soutien et le Roi. Mais plus important encore, il est notre papa. C'est un lien intime exprimé à travers la relation la plus importante de la culture du premier siècle. À l'époque, dans la société, l'identité des gens reposait en leur père. Par exemple, une personne aurait porté le nom de Joseph fils d'Élie. Le rang social était déterminé par le père. Il en était de même pour le statut économique de la personne, son occupation, sa future épouse. Si une personne héritait quoi que ce soit, cela lui venait de son père.

Dans la société moderne, la mère est plus en vue. Au fait, bien des gens ont une meilleure relation avec leur mère qu'avec leur père. Si la Bible était écrite à notre époque, il est probable qu'elle aurait contenu un aussi grand nombre de métaphores à propos de la mère. Mais à l'époque biblique, les métaphores concernant les pères primaient.

Dieu se révèle parfois avec des caractéristiques maternelles. Cependant, il s'est toujours appelé Père. Si notre relation avec notre père est bonne, alors, il n'y a pas de problème avec l'analogie. Mais si notre relation avec notre père était mauvaise, alors il nous faudra réfléchir un peu plus longuement pour voir ce que Dieu veut nous communiquer.

Nous n'avons pas à juger Dieu comme n'étant pas mieux que notre père physique. Il faut avoir l'esprit plus créatif et idéaliser la relation parentale, de voir une relation qu'aucun être humain ne peut atteindre. Dieu est mieux que le meilleur des pères.

En tant qu'enfant de Dieu, comment nous tournons-nous vers Dieu en tant que papa ?

  • Dieu nous aime profondément et fait des sacrifices pour nous préparer à la réussite. Il nous a faits à son image et il veut que nous réussissions. Souvent, c'est seulement quand nous sommes parents que nous pouvons apprécier tout ce que nos parents ont fait pour nous. Dans notre relation avec Dieu, nous ne pouvons qu'entrevoir tout ce que Dieu fait et endure pour notre bien.
  • Nous nous tournons vers Dieu avec foi, comme étant entièrement dépendant de lui. Nous ne sommes pas autosuffisants. Nous avons confiance qu'il pourvoira à nos besoins et qu'il nous guidera dans la vie.
  • Nous sommes en sécurité tous les jours, sachant qu'un Dieu tout-puissant veille sur nous. Il connaît nos besoins, que ce soit une question de nourriture quotidienne ou de secours. Nous n'avons pas à nous faire du souci parce que papa s'occupe de nous.
  • En tant qu'enfant de Dieu, notre avenir est assuré dans le royaume de Dieu. Si l'on peut utiliser une autre analogie, nous serons très, très riches : nous vivrons dans une cité où l'or abonde comme la poussière, où nous aurons une richesse spirituelle dont la valeur dépassera tout ce que nous connaissons.
  • Nous avons confiance et le courage. Nous pouvons prêcher avec hardiesse, sans craindre les persécutions. Même si nous sommes tués, nous n'avons aucune crainte parce que nous avons un père que personne ne peut nous enlever.
  • Nous pouvons faire face à nos épreuves avec optimisme. Notre papa permet que nous ayons des difficultés pour nous discipliner, afin qu'à la longue, nous nous améliorions (Hébreux 12:5-11). Nous sommes confiants qu'il œuvre dans notre vie et qu'il ne nous reniera pas.

Voilà d'énormes avantages. Il est possible que vous en trouviez d'autres. Mais je suis certain qu'il n'y a rien au monde de meilleur que d'être un enfant de Dieu. C'est la plus grande bénédiction du royaume de Dieu. Quand nous devenons comme de tout petits enfants, nous devenons des héritiers de toute la joie et de toutes les bénédictions du royaume éternel, et rien ne peut nous l'enlever.