Les Vérités Éternelles à travers les Vêtements de la Culture : L'Autorité des écrits du Nouveau Testament

Michael Morrison

Editorialiste du Worldwide News

La plupart des chrétiens acceptent la Bible comme ayant autorité, comme étant un livre qui donne des conseils spirituels crédibles. Si on faisait un sondage auprès des chrétiens en leur demandant, "Croyez-vous dans la Bible ?", la plupart d'entre eux diraient, "Oui" - ou au moins ils essaieraient de dire oui à certaines parties de la Bible, comme le Nouveau Testament, ou les enseignements concernant l'amour de son prochain. En somme, ils veulent dire qu'ils croient en la Bible, qu'ils l'acceptent comme ayant autorité dans leur foi.

Les Protestants en particulier respectent la Bible comme base de la foi Chrétienne - la base de leurs croyances en Dieu, Jésus, le salut et l'église. Même s'ils peuvent ne pas avoir lu la Bible, ils ont tendance à assumer qu'elle est vraie. Leur foi en Christ les amène à accepter le livre qui leur parle de Christ. Un prédicateur peut dire, "la Bible dit..." et avoir l'espérance que l'auditoire aura donné du crédit à cette citation biblique. La tendance générale pour les chrétiens est d'avoir confiance en la Bible.

Certains chrétiens regardent la Bible avec scepticisme, mais c'est plus par défi intellectuel et par conséquent c'est une position qui est peu commune. Il n'est pas évident pour les nouveaux croyants de comprendre comment une personne puisse allier confiance et incrédulité - foi dans le Christianisme et scepticisme à l'égard du livre même qui est la base traditionnelle de cette foi. Ils pourraient voir cela comme quelqu'un qui scie l'échelle sur lequel il se repose.

Les Limites de la croyance

Bien sûr, même des croyants chrétiens ne croient pas automatiquement tout ce que la Bible dit. Par exemple, si le prédicateur dit, "la Bible dit de détruire les maisons qui ont de la moisissure persistante," la plupart des chrétiens ne prendraient pas cela très sérieusement. Bien que la Bible affirme cela (Lévitique 14:43-45), la plupart des chrétiens ne l'accepteraient pas. Leurs motifs seraient tout en nuances : 1) Cela serait stupide. 2) Aucun autre Chrétien ne croit à cela, donc il ne peut pas avoir raison. 3) Jésus n'a jamais rien dit à ce sujet. 4) Cela n'a rien à voir avec le ciel. 5) Les lois de l'Ancien Testament ne s'appliquent pas aux chrétiens.

La plupart des chrétiens rejettent l'enseignement de la moisissure. Ils emploient un filtre sur la Bible- un filtre naturel, auquel ils n'ont, dans la plupart des cas, pas vraiment réfléchi. Ils disent qu'ils acceptent la Bible comme autorité pour leurs croyances et pratiques, cependant ils n'acceptent pas certaines parties de la Bible. Dans ce cas, le bon sens de la plupart des chrétiens fonctionne comme ayant plus d'autorité que la signification originale des Écritures.

Bien sûr, je ne dis pas que les maisons doivent être détruites. Je ne dis pas non plus que nous devons prendre l'habitude d'ignorer la Bible et suivre notre bon sens. Nous n'avons pas à choisir entre de tels extrêmes. Mais les chrétiens doivent penser à la sorte d'autorité inhérente à la Bible. Si nous désobéissons ouvertement à certains de ses enseignements, alors dans quel sens pouvons-nous dire qu'elle fait autorité ? Si nous aimons penser en fonction de la difficulté (difficile ou pas), nous n'irons pas bien loin dans notre lecture de la Bible avant que nous fassions face à de telles questions. Pourquoi acceptons-nous telles parties de la Bible, mais pas les autres ? Pour employer l'analogie de l'échelle à nouveau, nous voulons être sûrs que notre échelle se repose sur la bonne branche, une branche qui ne brisera pas par de nouveaux vents de pensée.

Employons un exemple du Nouveau Testament. Paul dit à quatre reprises, "Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser" (Romains 16:16 ; 1 Corinthiens 16:20 ; 2 Corinthiens 13:12 ; 1 Thessaloniciens 5:26) et Pierre le dit également (1 Pierre 5:14. Néanmoins, la vaste majorité des chrétiens qui prétendent accepter la Bible comme ayant autorité n'accepte pas ce commandement comme une exigence pour les chrétiens d'aujourd'hui. Ils se saluent l'un l'autre, mais pas avec un saint baiser. Pourquoi ? Rien dans les Écritures ne dit que nous pouvons ignorer ce que Pierre et Paul ont écrit. Il n'y a aucun "Troisième Testament" pour nous dire que cette partie du Nouveau Testament est désuète. Ainsi la question demeure : Comment pouvons-nous dire que la Bible fait autorité et d'un autre côté en considérer des parties comme ne faisant pas autorité ? De quelle manière l'autorité de la Bible est-elle limitée ?

Les accidents de l'histoire

Les chrétiens appellent souvent la Bible la Parole de Dieu. Ils la voient comme la révélation de Dieu à l'humanité. Les auteurs "ont parlé de Dieu" comme s'ils avaient été "poussés par l'Esprit Saint" (2 Pierre 1:21. Les Écritures ont été "inspirées par Dieu" (2 Timothée 3:16). On croit que le Nouveau Testament est inspiré de la même façon que l'a été l'Ancien.

Mais la Bible n'est pas la révélation suprême de Dieu - Jésus-Christ l'est. La lettre aux Hébreux commence en notant cette différence : "Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils ; il l'a établi héritier de toutes choses ; par lui il a aussi créé l'univers." (Hébreux 1:1-2). Et Jésus, le Fils, révèle Dieu parfaitement : "Le Fils est le reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne ..." (verset 3). "Car tout ce qui est en Dieu a pris corps dans le Christ et habite pleinement en lui ; Jésus révèle Dieu si bien que quiconque l'a vu, a vu le Père (Jean 14:9).

Mais cette révélation suprême de Dieu est venue d'une manière très spécifique. Ses cheveux étaient d'une certaine couleur, sa peau était d'une certaine couleur, il a porté un certain style de vêtements et a parlé des langues humaines spécifiques. Il était un Juif mâle vivant en Galilée et en Judée dans une époque particulière de l'histoire. Alors est-ce à cela que ressemble le Père ? Devons-nous, nous identifier à un style particulier de vêtements et à une langue comme étant plus Divine que d'autres ? Non, ces choses ne nous révèlent pas Dieu - ce sont les accidents de l'histoire. Que ce soit dans le langage, l'habillement et l'apparence personnelle, Jésus a probablement ressemblé en bien des manières à Judas Iscariote - et dans de telles choses, Jésus ne nous en révèle pas plus au sujet de Dieu que Judas l'a fait.

Jésus, la révélation suprême de Dieu, nous est venu sous une forme culturelle spécifique et quand nous discutons de la manière par laquelle Jésus révèle le Père, nous devons distinguer entre la forme et la substance, entre la culture et le principe. Parfois il est facile de distinguer Jésus de sa culture. Mais dans d'autres cas, Jésus a participé à sa culture - il est allé à Jérusalem pour les fêtes juives, il a dit à quelqu'un d'observer un rituel juif, il a dit à Pierre de payer un impôt, il a parlé d'histoires de rois et de vignobles, il a mangé du poisson et a bu du vin et Il a appelé Dieu Abba (Jean 7:14 ; 10:22 ; Matthieu 8:4 ; 17:27 ; Luc 24:43 ; Marc 14:36). A-t-il fait ces choses par conviction ou par tradition ? Les chrétiens doivent-ils aujourd'hui suivre son exemple dans ces choses ou les laisser passer comme des accidents culturels ?

On doit voir Jésus dans sa culture. Nous ne devons pas aller à l'extrême en imitant tout ce que Jésus a fait, non plus aller à l'autre extrême en ignorant tout ce qu'il a fait. Nous appelons Jésus notre Seigneur et nous estimons que nous devons obéir à ses enseignements, mais nous faisons aussi diverses exceptions. Nous ne "vendons pas tout ce que nous avons pour le distribuer aux pauvres" (Luc 18:22). Certains des enseignements de Jésus étaient limités à un temps et un endroit en particulier. Bien que Jésus soit l'autorité suprême, nous filtrons ses enseignements. Nous voulons nous assurer que nous répondons correctement aux enseignements, pas à un commandement destiné à quelqu'un d'autre. Nous voulons nous assurer que notre échelle repose sur la bonne branche de l'arbre.

Les Écritures sont elles-mêmes limitées

C'est en faisant la part des choses des détails de sa culture que Jésus, la révélation suprême de Dieu, doit être compris. À plus forte raison pour la Bible qui est une révélation moins directe ! Chaque écriture a été donnée dans un temps et un endroit particulier, dans une langue particulière avec des mots d'une nuance particulière. Parfois le texte ne s'adresse qu'à une situation spécifique. Nous ne devons pas obéir à tous les commandements que Dieu a donnés à Noé, ou à Abraham, ou à Moïse, ou même aux disciples de Jésus ou aux fidèles à Corinthe. Le commandement, d'apporter son manteau et les parchemins (2 Timothée 4:13), a été donné à une personne spécifique. Il en va de même avec le commandement, d'utiliser un peu de vin à cause de ton estomac (1 Timothée 5:23). La même lettre dit, " Pour être inscrite sur la liste des veuves, il faut qu'une femme soit âgée d'au moins soixante ans. En outre, il faut qu'elle n'ait été mariée qu'une fois" (verset 9). On obéit rarement à de tels commandements maintenant, même par ceux qui disent accepter la Bible comme autorité.

En des termes plus clairs, les Écritures ne sont pas un amalgame de vérités éternelles. Bien que certaines de ses vérités soient éternelles, d'autres parties de la Bible sont conçues pour une situation spécifique dans une culture spécifique et il serait incorrect pour nous de les prendre hors de ce contexte et de les imposer à des situations d'aujourd'hui. On a conseillé aux hommes des premiers siècles de prier les mains étendues (1 Timothée 2:8). On a même conseillé aux esclaves de se soumettre aux maîtres qui sont durs (1 Pierre 2:18). On a conseillé aux vierges de rester vierges (1 Corinthiens 7:26). On a dit aux femmes comment s'habiller quand elles prient (1 Corinthiens 11:5) et on a donné des conseils aux hommes quant à la longueur des cheveux (verset 14). De la même façon on dit aux gens de se saluer d'un saint baiser.

Ces comportements étaient appropriés dans la culture méditerranéenne du premier siècle, mais ils ne sont plus nécessaires dans la culture occidentale d'aujourd'hui. De plus le Nouveau Testament a été écrit avec des mots grecs, mais nous ne devons pas répéter ces mots grecs dans notre adoration. Le style du Nouveau Testament a été également écrit dans une culture particulière, mais nous ne devons pas répéter tous ces détails culturels. De même que nous reconnaissons qu'on a donné le commandement de détruire des maisons moisies à des gens spécifiques dans un temps spécifique et que cela ne s'applique pas à nous aujourd'hui, nous pouvons aussi reconnaître que l'on a aussi donné le commandement de s'embrasser à des gens spécifiques dans un temps spécifique et nous ne sommes pas ces gens. Malgré le fait que ce commandement est répété à cinq reprises dans le Nouveau Testament, ce n'est pas un commandement pour nous aujourd'hui.

L'apôtre Paul a employé un style de message à la synagogue et un style différent à l'Aréopage. S'il avait pu parler dans notre culture, il aurait changé son style à nouveau (1 Corinthiens 9:19-23). Il pourrait citer les Écritures de l'Ancien Testament d'une façon différente ou des Écritures différentes, ou donner à tout le moins une plus longue explication sur comment un verset s'applique à son argument. Les paraboles pourraient se référer à la vie urbaine beaucoup plus souvent qu'à la vie agricole. Les conseils au sujet de l'esclavage ne seraient plus inclus ; des situations modernes seraient invoquées. La Bible a été écrite dans une culture différente et pour une culture différente. On a donné ses vérités avec des mots et des styles formés par la culture dans laquelle on l'a donné.

Maintenant, nous devons aussi reconnaître que les Écritures en elles-mêmes ne nous avertissent pas lorsqu'on fait face à un commandement qui est spécifique à la culture. Quand nous lisons, nous ne savons pas d'avance quel sont les versets qui sont conditionnés par la culture, donc nous ne pouvons pas en exclure la possibilité d'avance. Nous devons en considérer la possibilité pour tous les versets. Cela peut compliquer notre approche des Écritures, mais c'est inévitable, car c'est la voie par laquelle les Écritures ont été inspirées. Cela vient avec certains détails externes, de même Jésus utilisait certains détails qui lui étaient personnels mais qui n'étaient pas essentiels pour que Dieu se révèle à nous.

Bien sûr, tout ce qu'il y a dans les Écritures a son contexte original, mais nous ne concluons pas que la Bible n'a de valeur que dans son seul contexte original. Cela continue malgré tout à avoir de la valeur. Même le Nouveau Testament, qui déclare à maints endroits que l'Ancien Testament est désuet (Hébreux 8:13), dit néanmoins que l'Ancien Testament continue d'être utile pour la doctrine chrétienne et pour former une juste manière de vivre (2 Timothée 3:16). Le NT cite souvent l'AT, pas seulement comme autorité historique, mais aussi pour des principes qui continuent d'être importants pour les chrétiens. Le NT ne préconise pas de solder à rabais les lois de l'ancienne alliance qui peuvent s'appliquer, mais indique que l'AT a une importance moins spécifique, mais une utilité non pas moins importante, une utilité qui s'est enracinée plus dans les principes et les concepts que dans des lois spécifiques ou des mots spécifiques.

Pourquoi dépenserais-je tant de temps sur le sujet de l'Ancien Testament ? Parce que, quand le NT parle de l'inspiration et de l'autorité des Écritures, il a l'Ancien Testament en vue. Notre compréhension de l'inspiration des deux, de l'Ancien et du Nouveau Testament est construite sur les Écritures saintes qui sont de l'AT. Le Nouveau Testament est inspiré de la même manière que l'est l'Ancien Testament. De la même façon que l'Ancien Testament, l'autorité du Nouveau Testament ne se trouve pas dans les situations culturelles spécifiques qu'il lui arrive de mentionner, mais dans les principes et les concepts qui se retrouvent derrière les écritures.

C'est au-delà de la portée de cet article que d'expliquer comment on fait pour distinguer les détails culturels des vérités éternelles. Dans certains cas la différence sera évidente. Dans d'autres cas, cela prendra plus de travail afin de déterminer si un enseignement s'applique à d'autres cultures et dans d'autres cas encore, ce sera discutable.

L'objectif de cet article c'est de simplement démontrer qu'une discrimination est nécessaire. Il y a des instructions désuètes dans le Nouveau Testament. L'autorité du Nouveau Testament doit être cherchée non pas dans une application littérale de chaque mot (par exemple, le baiser), mais dans le niveau des principes (par exemple, saluer avec affection).

Laissez-moi employer l'analogie de l'échelle à nouveau. De nombreux nouveaux chrétiens voient que l'arbre est solide et bien enraciné. Ils supposent que toutes ses branches sont également solides même les brindilles les plus petites - et ils placent leur échelle contre l'arbre sans se rendre compte que ces brindilles n'ont jamais été conçues pour porter un tel poids. De petites branches peuvent soutenir l'échelle pour peu de temps, mais quand un vent ou un poids supplémentaire survient, l'échelle devient instable et probablement dangereuse. Laissez-moi maintenant suggérer une approche plus sécuritaire : les nouveaux chrétiens doivent commencer au tronc de l'arbre et se déplacer vers les branches seulement après avoir vérifié leur solidité. Quelques parties de la Bible (la moisissure, les baisers, les styles de vêtements) sont bonnes pour la décoration, en effet, mais pas pour l'appui. Elles sont utiles, mais pas toujours dans la voie que nous assumons. Elles ont été inspirées pour un but et nous sommes dans l'erreur si nous essayons de les utiliser dans un but différent. Nous devons nous concentrer sur le but.

L'Autorité des Écritures

Jusqu'ici, j'ai montré que l'Écriture sainte a des limitations, en particulier par le fait qu'elle a été écrite dans et pour d'autres cultures. Certaines personnes emploient ce fait pour écarter de grandes parties de la Bible, peut-être les Écritures elles-mêmes. Il est facile de montrer que l'autorité biblique doit être discriminée d'une certaine manière, mais nous ne devons pas sauter de là vers le fossé opposé et dire qu'elle n'a aucune autorité du tout. Nous ne sommes pas forcés de choisir entre tout l'un ou tout l'autre.

Laissez-moi mentionner quelques preuves qui soutiennent l'autorité biblique. D'abord, l'Écriture sainte prétend elle-même être inspirée de Dieu. Des auteurs comme Paul ont prétendu écrire avec l'autorité qui leur venait de Dieu. Dieu est l'autorité suprême ; l'Écriture sainte est une autorité dérivée, mais une autorité néanmoins parce qu'elle vient de Dieu et porte témoignage de Christ. C'est une revendication de foi, pas une preuve. Il n'y a aucune façon de prouver l'autorité de la Bible au-delà de tout doute ; non, même Jésus n'a pu convaincre tout le monde.

La tradition soutient l'autorité biblique. Les chrétiens à travers les siècles ont constaté que ces écritures sont utiles et crédibles, pour la foi et la pratique. Ces livres nous disent en quel sorte de Dieu nous croyons, ce qu'il a fait pour nous et comment nous devons lui répondre. Le Jésus biblique est le seul que nous avons ; d'autres reconstructions sont basées plus sur des suppositions que sur de nouvelles preuves. La tradition nous dit aussi quels livres sont dans la Bible ; nous croyons que Dieu s'est assuré que les bons livres seraient inclus. Puisque Dieu est allé à l'extrême en se révélant lui-même dans la chair, nous croyons qu'il s'est également assuré que la révélation sera fidèlement préservée. Cela ne peut pas être prouvé, mais cela se base sur notre compréhension de ce que Dieu fait avec nous.

L'histoire aussi montre que l'Écriture sainte a été utile pour corriger les abus dans l'église (par exemple, au Moyen âge) et dans la société (par exemple, l'esclavage, le Nazisme). Bien sûr, le fait qu'une autorité morale soit nécessaire ne prouve pas que la Bible est cette autorité, mais l'histoire montre au moins que la Bible était utile pour corriger les problèmes et son utilité est venue parce que les gens l'ont accepté comme une autorité.

L'expérience personnelle nous aide aussi à comprendre que la Bible a de l'autorité. C'est le livre qui a le courage et l'honnêteté de nous parler de notre propre dépravation et la grâce de nous offrir une conscience nettoyée. Elle nous donne la force morale non pas par des règles et des commandements, mais d'une façon inattendue - par la grâce et la mort honteuse de notre Sauveur. La Bible porte témoignage à l'amour, la joie et la paix que nous pouvons avoir par les sentiments de foi qui sont, tout comme la Bible le décrit, au-delà de notre capacité de les transmettre dans des mots. Ce livre nous donne un sens et un but dans la vie en nous disant ce qu'il en est de la création divine et de la rédemption. Ces aspects de l'autorité biblique ne peuvent pas être une preuve pour les sceptiques, mais ceux-ci nous aident à authentifier les écritures qui nous disent les choses que nous considérons vraies.

La Bible ne couvre pas de manteau de sucre ses héros et cela nous aide aussi à l'accepter comme honnête. Elle nous parle des échecs d'Abraham, de Moïse, de David, de la nation d'Israël et des disciples empotés. La Bible est un message de grâce et la grâce résiste à la manipulation. Bien que quelques-uns utilisent les Écritures comme un club, la Bible elle-même donne un message qui met un frein à un tel mauvais usage de son autorité. La Bible est une parole qui témoigne de l'autorité plus grande de la Parole, la Parole faite chair et des bonnes nouvelles de la grâce de Dieu.

La complexité de la Bible est impressionnante. Ce n'est pas simpliste ; ce n'est pas la voie de sortie facile. Le Nouveau Testament revendique à la fois la continuité et une discontinuité radicale avec l'ancienne alliance. Il serait plus simple d'éliminer l'un ou l'autre, mais c'est plus stimulant de les avoir tous les deux. De même, Jésus est présenté à la fois humain et divin, une combinaison qui ne va pas bien avec la pensée hébraïque, grecque ou moderne. Cette complexité n'a pas été créée par la naïveté des problèmes philosophiques, mais malgré eux. La Bible est un livre stimulant ou il ne serait pas possible que ce soit le résultat d'un péquenot essayant de faire une fraude ou essayant de donner un sens à quelques hallucinations.

Il est évident que les disciples ont fermement cru que Jésus a été ressuscité et l'explication la plus probable de leur croyance est que Jésus a été réellement ressuscité des morts. (La fraude, les hallucinations et l'erreur sont d'autres options, mais toutes sont invraisemblables.) La résurrection de Jésus donne alors un poids accru au livre qui annonce un événement si phénoménal. Il donne un poids supplémentaire au témoignage des disciples à la fois pour ce que Jésus était et pour la logique inattendue de la mort vaincue par la mort.

À plusieurs reprises, la Bible défie notre pensée à l'égard de Dieu, nous-mêmes, la vie, le bien et le mal. Elle commande le respect non tant par son commandement franc, mais en nous transmettant des vérités que nous n'obtenons pas ailleurs. Le témoignage des Écritures, de la tradition, de l'expérience personnelle et de la raison supportent tous l'autorité de la Bible - encore là, c'est une autorité donnée dans un contexte historique particulier. Le fait qu'elle soit capable de parler à travers les cultures, s'adresser à des situations qui n'ont jamais existées quand elle a été écrite, est aussi un témoignage de sa constante autorité. Elle nous donne ses vérités éternelles à travers les vêtements de la culture.

Bibliographie

La littérature sur l'autorité biblique est énorme, souvent technique et souvent contradictoire. Je recommande ici quelques livres d'introduction. Peut-être qu'un de ces titres piquera votre intérêt, et que vous désirerez explorer ce sujet un peu plus :

Achtemeier, Paul. Inspiration and Autority. Hendrickson, 1999.

Marshall, I. Howard. Biblical Inspiration. Eerdmans, 1982.

McKnight, Scot, ed. Introducing New Testament Interpretation. Baker, 1989.

McQuilken, Robertson. Understanding and Applying the Bible. Moody, 1992.

Mickelsen, A.B. and A.M. Mickelsen. Understanding Scripture. Hendrickson, 1992.

Stott, John. Understanding the Bible. Zondervan, 1984, 1999.

Thompson, Alden. Inspiration. Review & Herald, 1991.

 


Lumière du Nord

Articles tirés du Northern Light du mois de décembre 2001. Supervision : Roger Labelle
Traduction : Pierre Duguay, Jeanne Messier, Jacques & Monique Quintal, Richard & Marie-Line Rochette, Claude & Monique Rochon
Montage : Jacques Quintal
Correction : Normand Hamel. Pour diffusion dans toutes les congrégations du Québec.
Publication de l'Église Universelle de Dieu © 2001