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Novembre & Décembre 2005 La Parole faite chair de Joseph Tkach pasteur général L' apôtre Jean ne commence pas l'histoire de Jésus de façon habituelle. Il ne dit rien sur la naissance de Jésus, mais il nous ramène plutôt dans le temps, au commencement.Il écrit qu'au commencement était " la Parole ". Les lecteurs modernes ignorent peut-être au début ce qu'est cette " Parole ", mais cela devient clair au verset 14: " Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous ". La Parole est devenue un être humain, un Juif appelé Jésus. Quand Jean mentionne le mot " Parole ", il parle d'une personne qui existait au commencement avec Dieu, et qui était Dieu (v. 1). Il n'était pas un être créé, mais c'est plutôt par lui que toutes choses ont été créées (v. 3). Le point que j'aimerais soulever ici est le suivant: Pourquoi Jean nous parle-t-il de ces choses? Pourquoi devons-nous savoir que Jésus était à l'origine une personne qui, non seulement était avec Dieu, mais qui était aussi Dieu? Une idée formidable En utilisant le mot " Parole ", Jean se sert d'un terme qui était riche de sens pour les philosophes grecs et hébreux. Ils croyaient aussi que Dieu avait tout créé par sa parole ou sa sagesse. Puisque Dieu était un être rationnel, il avait toujours une parole avec lui. La " parole " constituait sa puissance pour penser - sa rationalité, sa créativité. Jean emprunte cette idée et lui donne une tournure radicale: la Parole s'est faite chair. Quelque chose dans le domaine de la perfection et de l'éternité est venu faire partie d'un monde imparfait et déchu. Certains auraient pu dire que cette idée était ridicule, qu'elle ne correspondait pas au concept qu'ils avaient de Dieu. Jean aurait pu être d'accord avec eux, car l'idée était assez inattendue. Dieu n'a pas agi comme nous le pensions. En réalité, à mesure que nous lisons l'évangile de Jean, nous constatons que Jésus a souvent fait la chose inattendue. Jésus n'a pas agi comme les gens s'attendaient à ce qu'un homme de Dieu agisse; et c'est en partie la raison pour laquelle il est venu, et en partie pourquoi Jean raconte l'histoire. Nous avions des idées erronées sur Dieu, et Jésus est venu rétablir la vérité. Jésus n'est pas venu seulement pour livrer un message sur Dieu; il était lui-même le message. Il nous a montré dans la chair à quoi Dieu ressemblait. Peu de temps avant que Jésus soit tué, Philippe lui a demandé: " Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffira " (14.8). Et Jésus lui a répondu: " Eh quoi [...], après tout le temps que j'ai passé avec vous, tu ne me connais pas encore, Philippe ! Comment peux-tu dire: Montre-nous le Père? " (v. 9) Si vous voulez savoir à quoi ressemble Dieu, alors étudiez Jésus. Jésus nous montre l'amour que Dieu a pour nous; il a volontairement donné sa vie pour en sauver d'autres. Quand la " Parole " s'est humiliée pour devenir un être humain en chair et en os, c'était un changement - quelque chose que Dieu n'avait jamais fait auparavant -, mais ce n'était pas un changement dans la nature de Dieu. C'était plutôt une démonstration de sa nature inchangeable - sa fidélité inchangeable envers nous. Cela nous a montré l'amour que Dieu a pour nous en tout temps. Les philosophes grecs imaginaient que Dieu était tellement parfait qu'il ne s'associerait jamais avec des êtres humains perturbés. Beaucoup de Juifs pensaient de cette façon; ils mettaient tellement l'accent sur la sainteté de Dieu qu'ils pensaient que le peuple de Dieu ne devait pas s'associer avec des gens qui ne se souciaient pas de garder les saintes lois de Dieu. Ils avaient raison de dire que Dieu était saint, mais ils avaient oublié que l'amour et la miséricorde faisaient partie de sa sainteté et que la tendresse faisait partie de sa puissance. La vie et la vérité Au départ, Jean, en tant que disciple, ignorait que son maître était éternellement préexistent. Cette connaissance lui est venue progressivement et peut se refléter dans les paroles des disciples. Pierre a dit: " tu es le saint, envoyé de Dieu " (6.69); Marthe a dit: " tu es le Christ, le Fils de Dieu " (11.27) ; et, après la résurrection, Thomas a dit: " Mon Seigneur et mon Dieu! " (20.28) Jean développe ce thème à travers l'Évangile, mais il veut que nous, comme lecteurs, sachions, même depuis le début, qui est Jésus, afin que nous observions l'histoire se dérouter avec un peu plus de compréhension. Jésus est " Dieu, le Fils unique qui vit dans l'intimité du Père " et il " nous l'a révélé " (1.18). Ce Dieu en chair et en os avait la vie, " et cette vie était la lumière des hommes " (v. 4). Il apportait la vie éternelle, et sa " lumière " nous révèle le chemin vers la vie éternelle. Nous pouvons lire l'histoire de Jésus en sachant que cette personne est en réalité Dieu en chair, qui nous montre à quoi ressemble Dieu. Jean-Baptiste a parlé aux gens à propos de Jésus, mais la plupart d'entre eux ne pouvaient pas accepter ce qu'il disait: " [...] Voici l'Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde " (v. 29). Mais les ténèbres ne pouvaient pas comprendre la lumière du monde. " [...] le monde ne l'a pas reconnu [...] et les siens ne l'ont pas accueilli " (v. 10,11). Mais pour ceux qui ont cru, Jean dit qu'ils sont devenus enfants de Dieu, non par une naissance naturelle, " mais c'est de Dieu qu'ils sont nés " (v. 13). Jean a écrit que " nous avons vu sa gloire ", et elle ne consiste pas en un feu éclatant et en une voix de tonnerre. La gloire de Dieu que nous voyons en Jésus est plutôt " grâce et vérité ". Dans ses paroles et dans ses œuvres, Jésus nous montre que la vérité est pleine de grâce. Certaines personnes veulent que la " vérité " soit une épée qui rabat les autres, mais Jésus nous montre qu'elle les relève. " La loi a été donnée par Moïse ", mais la loi ne pouvait pas nous donner la vie éternelle. Voici ce dont nous avions vraiment besoin: " [...] la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ " (v. 17). Certes, Dieu a donné la loi, mais la loi ne pouvait pas révéler la vraie nature de Dieu. Dieu ne peut être défini par une liste de règlements. Il est révélé comme une personne qui a marché sur cette terre comme l'un d'entre nous, qui a manifesté de la miséricorde aux pécheurs et qui est mort pour les autres. Dieu n'était pas obligé d'accomplir ces choses, mais le fait qu'il les a accomplies montre à quel point il nous aime: " L'Éternel, l'Éternel, un Dieu plein de compassion et de grâce, lent à se mettre en colère, et riche en amour et en fidélité! Je conserve mon amour jusqu'à la millième génération: je pardonne le crime, la faute et le péché [...] (Ex 34.6,7). Ces choses ont été révélées à Moïse, mais il semble que les Israélites les avaient oubliées; c'est pourquoi Jésus est venu les révéler dans la chair. Même aujourd'hui, après environ 2000 ans d'enseignement chrétien, bien des gens - et même beaucoup de chrétiens - pensent que Dieu est un juge sévère, mais Jésus est intervenu et a contrecarré le plan de Dieu de nous punir. La vérité est que l'amour et la miséricorde que nous voyons en Jésus représente exactement comment Dieu a toujours été. |