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De la culpablilité à la grâce Une étude dans Romains 3 de Michael Morrison éditeur de la revue World Wide News D ans le deuxième chapitre de sa lettre aux Romains, Paul explique que les Juifs, aussi bien que les païens, ont besoin de l'Évangile ; tous les êtres humains ont besoin d'être secourus de la condamnation qu'ils méritent avec raison. Même si certains Juifs affirmaient être avantagés par rapport au salut, Paul explique que les Juifs ne sont pas immunisés contre le péché ni contre le jugement. Tout le monde est sauvé de la même façon.Et comment les gens peuvent-ils être réconciliés avec Dieu? Paul l'explique au chapitre 3, mais avant il doit répondre à quelques objections. Est-il avantageux d'être Juif? Paul avait prêché dans plusieurs villes, et il savait comment les gens avaient réagi à son message. Le peuple juif objectait souvent l'argument suivant: "Nous sommes le peuple élu de Dieu. Nous devons bien avoir un quelconque avantage, mais tu dis que nous sommes condamnés au même titre que les autres." Alors Paul demande: "Dans ces conditions, quel est l'avantage du Juif? Quelle est l'utilité de la circoncision?" (3.1). À quoi sert alors d'être Juif? Et Paul répond au verset 2: "L'avantage est grand à tous égards. Car c'est aux Juifs tout d'abord qu'ont été confiées les paroles de Dieu." Les Juifs avaient l'avantage de posséder les Écritures, mais il y a un autre aspect à cet avantage: "Mais ceux qui ont péché en connaissant cette Loi seront jugés conformément à la Loi" (2.12). La Loi qui révèle Dieu aux Juifs les condamne aussi au châtiment de Dieu. Quel est donc l'avantage d'être Juif? Paul en dira davantage au chapitre 9, mais ici, au chapitre 3, son but n'est pas d'expliquer à quel point les Juifs sont favorisés, mais d'attester qu'ils ont besoin, autant que tout le monde, d'être sauvés par Jésus-Christ. Il ne veut pas élaborer sur leurs privilèges avant de leur expliquer leur besoin d'être sauvés; ils n'ont pas gardé la Loi au sujet de laquelle ils se vantent. Paul demande ensuite: "Que faut-il dire alors si certains [Juifs] leur ont été infidèles? Leur infidélité anéantira-t-elle la fidélité de Dieu?" (3.3.) Puisque certains Juifs ont péché en étant infidèles, Dieu se dégagera-t-il de ses promesses pour autant? "Loin de là! Il faut que Dieu soit reconnu comme disant la vérité et tout homme qui s'oppose à lui comme menteur" (3.4). Dieu tient toujours sa parole, et il est fidèle même quand nous sommes infidèles. Il ne permettra pas que nos actions fassent de lui un menteur. Il a créé les êtres humains pour une raison, et même si nous ne répondons pas à ses attentes, son plan réussira. Dieu a choisi les Juifs pour être son peuple, mais ils ont désobéi. Toutefois, Dieu a un moyen de résoudre le problème: la bonne nouvelle est que le plan de sauvetage de Dieu s'applique non seulement aux Juifs, mais à tous ceux qui désobéissent. Dieu est plus que fidèle. Puis, Paul cite un verset de l'Écriture au sujet de la fidélité de Dieu: "Car il est écrit: Tu seras toujours reconnu juste dans tes sentences; et tu seras vainqueur lorsque tu juges" (3.4). Ce verset est tiré de Psaumes 51.4, où David explique que, si Dieu le punit, c'est parce qu'il est juste. Quand Dieu nous déclare coupables, c'est parce que nous sommes coupables. Il est juste et fidèle même lorsqu'il punit les gens. Puisque son alliance dit qu'il punira le péché, une menace de punition, le jour du jugement, n'est donc pas une trahison, mais une question de fidélité. Une raison de pécher? Paul soulève une autre objection au verset 5: "Mais si notre injustice contribue à prouver que Dieu est juste, que trouvons-nous à dire? Dieu n'est-il pas injuste quand il nous fait subir sa colère? - Bien entendu, je raisonne ici à la manière des hommes -". Voici son raisonnement: Si nous péchons, nous donnons à Dieu une occasion de montrer qu'il a raison. Nous lui faisons une faveur, alors il ne devrait pas nous punir. C'est un argument insensé, mais Paul y répond au verset 6. "Dieu injuste? Loin de là! Autrement, comment Dieu pourrait-il juger le monde?" Dieu a promis de juger le monde, ce qui veut dire qu'il est en droit de le faire. Paul paraphrase quelque peu l'argument au verset 7: "Ou, dira-t-on encore, si mon mensonge fait d'autant mieux éclater la vérité de Dieu et contribue ainsi à sa gloire, pourquoi serais-je encore condamné comme pécheur?" Si mon péché montre à quel point Dieu est bon, pourquoi devrait-il me punir? Au verset 8, Paul donne une autre version à l'argument: "Et pourquoi ne pas aller jusqu'à dire: Faisons le mal pour qu'en sorte du bien? Certains, du reste, nous calomnient en prétendant que c'est là ce que nous enseignons?" Paul cesse de parler de l'argument et répète sa conclusion en affirmant: "Ces gens-là méritent bien d'être condamnés" (v. 8). Ils sont condamnés, et avec raison. Le péché, y compris cette diffamation, mérite d'être puni. Tous ont péché Au verset 9, Paul revient à sa discussion: "Que faut-il donc conclure? Nous les Juifs, sommes-nous supérieurs aux autres hommes? Pas du tout. Nous avons, en effet, déjà démontré que tous les hommes, Juifs ou non, sont également coupables." Les Juifs ne sont pas meilleurs que les autres et n'ont aucun avantage, parce que nous sommes tous pécheurs. Devant le jugement de Dieu, nous sommes tous condamnés à juste titre. Dieu n'a pas de favoris, et il n'accorde pas les avantages du salut à qui que ce soit. Dans une conclusion rapide, Paul cite, aux versets 10 à 18, une série de passages des Écritures pour appuyer son affirmation que tout le monde est pécheur. Ces versets font mention de différentes parties du corps: l'intelligence, le gosier, la langue, les lèvres, la bouche, les pieds et les yeux. L'image évoque que les gens sont entièrement mauvais: 1. "Il n'y a pas de juste, pas même un seul (Ec 7.20), pas d'homme capable de comprendre, pas un qui cherche Dieu." 2. "Ils se sont tous égarés, ils se sont corrompus tous ensemble ; il n'y en a pas qui fasse le bien, non, par même un seul" (Ps 14.1-3 ; 53.1-3). 3. "Leur gosier ressemble à une tombe ouverte, leur langue sert à tromper" (Ps 5.9). 4. "Ils ont sur les lèvres un venin de vipère" (Ps 140.3). 5. "Leur bouche est pleine d'aigres malédictions" (Ps 10.7). 6. "Leurs pieds sont agiles quand il s'agit de verser le sang. La destruction et le malheur jalonnent leur parcours. Ils ne connaissent pas le chemin de la paix" (És 57.8, 9). 7. "À leurs yeux, révérer Dieu n'a aucun sens" (Ps 36.1). "Ces passages des Écritures s'appliquent aux païens, pourraient affirmer certains Juifs, mais pas à nous." Alors Paul leur répond au verset 19: "Or, nous le savons, ce que l'Écriture dit dans la Loi, elle l'adresse à ceux qui vivent sous le régime de la Loi." En d'autres termes, tous les passages bibliques précités (la Loi dans un sens plus large) s'appliquent aux gens qui sont sous la Loi - les Juifs. Ces derniers sont mauvais, mais les païens le sont tout autant. Paul n'a pas à le prouver ; ses lecteurs le savent déjà. Pourquoi ces passages des Écritures s'appliquent-ils aux Juifs? Pour "que personne n'ait rien à répliquer et que le monde entier soit reconnu coupable devant Dieu". Tout le monde doit faire face au jugement de Dieu, et le résultat se trouve au verset 20: "Car personne ne sera déclaré juste devant Dieu parce qu'il aura accompli les œuvres demandées par la Loi." Selon la Loi, personne n'atteint les normes de perfection de Dieu. Que fait plutôt la Loi? Paul répond au verset 20: "En effet, la Loi donne seulement la connaissance du péché". Elle établit une norme de justice mais, à cause de nos péchés, elle ne peut jamais nous dire que nous sommes justes; au contraire, elle affirme que nous sommes pécheurs. Selon la Loi, nous sommes tous coupables et condamnés. La justice de Dieu Paul introduit la bonne nouvelle au verset 21 par ces paroles importantes: "Mais maintenant." Il établit un contraste: Nous ne pouvons être déclarés justes par la Loi, mais il y a un moyen par lequel nous pouvons être justifiés. "Dieu a révélé comment il nous déclare justes sans faire intervenir la Loi - comme l'avaient annoncé les livres de la Loi et les écrits des prophètes." Dans ce passage, Paul revient à ce qu'il avait annoncé en Romains 1.17, que l'Évangile révèle la justice de Dieu. Puisque nous sommes pécheurs et que nous ne pouvons être déclarés justes en observant la Loi, nous devons donc l'être par un autre moyen. Dieu nous justifiera par un moyen autre que la Loi. Même si la Loi ne nous justifie pas, elle nous prouve que nous avons besoin d'une autre façon d'être justifiés. Cette justice est donnée à tous ceux qui croient en Jésus-Christ. Il n'y a pas de différence entre les Juifs et les païens (3.22). Nous pouvons être justifiés par la foi en Jésus-Christ. Ce moyen d'être justifiés ne donne aucun avantage aux Juifs; tous ceux qui croient sont considérés justes de la même manière. "Car il n'y a pas de différence entre les hommes. Tous ont péché, en effet, et sont privés de la glorieuse présence de Dieu", affirme Paul (v. 22, 23). Selon la Loi, nous sommes tous privés de la gloire de Dieu, et nous échouons tous à obtenir le salut que Dieu a conçu pour nous. Mais notre faiblesse n'arrêtera pas le plan de Dieu! Tous "sont déclarés justes par sa grâce; c'est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ" (v. 24). À cause de l'œuvre de Jésus, nous pouvons être justifiés par la grâce de Dieu. Nous ne devenons pas sans péché et parfaits mais, devant le trône de Dieu, nous sommes déclarés justes au lieu de coupables. Que nous le sentions ou non, nous sommes pardonnés si nous croyons en Jésus-Christ. Qu'est-ce qui permet à Dieu de changer son verdict? Jésus a payé le prix pour nous délivrer de l'esclavage. Il nous a rachetés; c'est ce que veut dire la rédemption. Elle est considérée ici en termes financiers. Paul parle aussi de la rédemption en se servant de termes juridiques et, au prochain verset, il utilise des mots tirés de l'adoration juive. Dieu a présenté Christ comme un sacrifice expiatoire qui a versé son sang à la croix, sacrifice que nous devons recevoir par la foi. Dieu lui-même a pourvu au paiement, le sacrifice qui efface notre péché. Pour le mot "expiation", Paul se sert du mot grec hilasterion, le mot utilisé également pour désigner le propitiatoire au-dessus de l'arche de l'alliance, où les péchés d'Israël étaient expiés chaque année au jour de l'expiation. Dieu, à cause de son amour et de sa miséricorde, nous a donné Jésus comme moyen pour échapper au châtiment qu'il a jugé approprié pour le péché. Nous pouvons recevoir cette expiation par la foi en croyant que sa mort a accompli ce qui nous permet d'être sauvés. Paul discute de trois aspects du salut: la cause de notre salut est l'œuvre de Jésus, le moyen par lequel il nous est offert est par la grâce, et la façon dont nous le recevons est par la foi. Paul ajoute: "C'est lui [Jésus] que Dieu a offert comme une victime [...]. Ce sacrifice montre la justice de Dieu qui a pu laisser impunis les péchés commis autrefois, au temps de sa patience" (v. 25, 26). Normalement, un juge qui libèrerait des criminels serait appelé injuste (Ex 23.7 ; Deut 25.1). Mais n'est-ce pas ce que fait Dieu? Cependant, Dieu n'est pas injuste quand il justifie le pécheur parce qu'il a donné Jésus en sacrifice. Il est dans son droit, pour utiliser une analogie humaine, de laisser les gens éviter le châtiment parce que leurs péchés ont déjà été punis par la mort de Jésus-Christ. Le paiement était pour ainsi dire accompli, même pour ceux qui ont vécu avant Christ. D'une certaine façon, le paiement s'applique à chaque être humain, au monde entier, mais il s'applique dans un sens plus complet à ceux qui croient en Christ. Si nous sommes unis avec lui dans la foi, nous sommes alors morts avec lui, et l'homme que nous étions autrefois a été crucifié avec Christ pour le châtiment que méritaient nos péchés (Ro 6.5, 6). Dieu ne se contredit pas lorsqu'il donne une définition de la justice aux êtres humains, et en applique une différente. Lorsqu'il dit que le péché mérite un châtiment, et qu'ensuite il ne punit pas, il n'est pas inconstant. Il peut faire cela sans se contredire, parce qu'il a puni le péché en Jésus-Christ. Il ne condamne pas le péché - il le punit - et, dans sa miséricorde, il paie le châtiment pour nous. Jésus nous montre à la fois la justice et la grâce de Dieu. Romains 3.26 déclare que Dieu a agi ainsi pour montrer sa justice dans le temps présent, pour être juste et celui qui justifie ceux qui croient en Jésus. Dans le sacrifice de Jésus-Christ, Dieu montre qu'il est juste même lorsqu'il déclare non coupables les pécheurs. Tous sont égaux "Reste-t-il encore une raison de se vanter?" demande Paul au verset 27. Le Juif peut-il se vanter des avantages qu'il a sur le païen? Quand il est question du salut, il n'y a aucune raison de se vanter. Nous ne pouvons même pas nous vanter de notre foi. La foi ne nous rend pas meilleurs que les autres ; nous ne faisons que recevoir ce que Dieu donne. Nous ne pouvons nous attribuer le mérite pour cela ni même nous en vanter. Se vanter est exclu. "Pourquoi? Parce que, ce qui compte, ce n'est plus le principe du mérite, mais celui de la foi" (v. 27). En ce qui concerne le salut, il est hors de question se vanter. Si les gens étaient sauvés en gardant la Loi, alors ils pourraient se vanter de l'avoir bien gardée. Mais quand le salut est donné par grâce et reçu par la foi, personne ne peut se vanter. Paul souligne deux points qui se renforcent l'un l'autre: que personne ne peut se vanter, et que la justice vient par la foi plutôt que par la Loi ou les œuvres. Au verset 28, il dit encore: "Voici donc ce que nous affirmons: l'homme est déclaré juste par la foi sans qu'il ait à accomplir les œuvres qu'exige la Loi." Être considéré juste devant Dieu au jour du jugement ne peut jamais dépendre de la Loi. Elle ne peut rien faire d'autre que de nous condamner. Si nous devons être acceptés par Dieu, ce ne sera pas sur la base de la Loi, mais sur la base de la foi. Paul demande: "Dieu serait-il seulement le Dieu des Juifs? N'est-il pas aussi le Dieu des non-Juifs? Bien sûr, il est aussi le Dieu des non-Juifs. Car il n'y a qu'un seul Dieu qui justifie les Juifs" (v. 29,30). Dieu n'est pas la possession exclusive des Juifs. Et selon l'Évangile, Dieu justifiera le circoncis par la foi et l'incirconcis par la même foi. Il justifie les Juifs comme il justifie les païens: par la foi et non par la Loi. "Mais alors, est-ce que nous annulons la Loi au moyen de la foi? Loin de là! Nous confirmons la Loi", affirme Paul au verset 31. La Loi établit une norme et le châtiment qui en découle. L'Évangile en fait tout autant. L'Évangile ne contredit pas la Loi, mais il en établit les paramètres. La Loi n'a jamais été conçue comme un moyen de salut, mais le salut qu'elle indiquait est maintenant offert à tous par Jésus-Christ. Questions pour stimuler la discussion 1. Puisque les Juifs avaient les Écritures, était-ils avantagés par rapport au salut? (v. 2) 2. Notre péché donne-t-il à Dieu une occasion d'être plus miséricordieux? (v. 7) 3. Les gens sont-ils réellement sans valeur, bons à rien? (v. 10-12) 4. Si la Loi ne peut nous justifier, à quoi sert-elle? (v. 20) 5. Aux versets 22, 24 et 28, Paul explique comment nous sommes justifiés ou déclarés justes. Que veut-il souligner en se répétant? 6. Comment le sacrifice de Jésus montre-t-il la justice de Dieu? (v. 25) 7. Comment Paul veut-il que nous répondions à ce chapitre? |