|
Novembre & Décembre 2004
Les femmes dans la direction - de l'Église : partie 3 de Joseph Tkach pasteur général L a Bible demande-t-elle que les hommes et les femmes exercent des rôles différents dans l'Église ? Bien que l'Ancien Testament ne fournisse pas de réponse finale à la question, les partisans et les opposants à la nomination des femmes comme anciennes dans l'Église cherchent souvent des preuves dans l'Ancien Testament.Quand Jésus a analysé la question du divorce pour son auditoire juif du premier siècle, il a cité le récit de la création dans la Genèse pour montrer comment c'était "au commencement" (Mt 19.4,5). Puisque la Genèse nous parle de la création de l'homme et de la femme, le récit pourrait bien mentionner quelque chose sur le but original de Dieu en ce qui concerne les rôles des hommes et des femmes. Nous pouvons constater que l'idéal existait avant que le péché déforme la relation entre les deux sexes. Toutefois, la Genèse n'en dit pas autant que nous l'aimerions, et peut-être que les partisans et les opposants à l'ordination des femmes ont revendiqué plus que ce que révèle le récit. Je vous demande de prêter une attention toute particulière au rapport ci-dessous qui a été préparé par l'équipe chargée de la révision doctrinale et de réfléchir à la question avec nous. Joseph Tkach Les hommes et les femmes dans Genèse 1 à 3 "Au commencement, le Créateur a créé l'être humain homme et femme", a dit Jésus en Matthieu 19.4. Cette création a établi un modèle pour le mariage, et elle peut aussi avoir établi un modèle pour les relations entre hommes et femmes. 1 Nous examinerons verset par verset ce que dit la Genèse. Genèse 1 Le modèle initial nous est donné en Genèse 1.26,27: "Et Dieu dit : Faisons les hommes pour qu'ils soient notre image, ceux qui nous ressemblent. Qu'ils dominent sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les bestiaux sur toute la terre et sur tous les reptiles et les insectes. Dieu créa les hommes pour qu'ils soient son image, oui, il les créa pour qu'ils soient l'image de Dieu. Il les créa homme et femme." Dans ces versets, nous notons l'usage du pluriel pour désigner le mot "homme". La langue hébraïque explique que le mot "homme" s'applique à la fois à l'homme et à la femme. Le mot "humanité" est une meilleure traduction, car dans ce verset le mot hébreu 'adam comprendrait de toute évidence tous les êtres humains, les hommes aussi bien que les femmes. Genèse 5.2 montre également que le mot 'adam comprend les hommes et les femmes. Certains érudits pensent qu'il est révélateur que Dieu ait nommé la race humaine par un seul sexe, celui de l'homme. 2 En réponse, nous faisons remarquer que le mot 'adam ne veut pas dire "homme" ; comme nous l'avons mentionné auparavant, ce mot peut aussi être utilisé pour désigner les femmes. Peut-être que la meilleure traduction est "être humain", et il est raisonnable pour Dieu de désigner la première personne "être humain" sans impliquer que tous les hommes subséquents représentent plus la race humaine que ne le font les femmes. Le fait que le même mot hébreu 'adam était utilisé pour désigner le premier homme, autant que pour désigner toute l'humanité, pourrait être conséquent avec l'autorité de l'homme sur la femme, mais si l'autorité de l'homme sur la femme est vraiment la volonté de Dieu, cela devrait être prouvé par plus qu'une simple implication du choix de termes. Les hommes ainsi que les femmes sont faits à l'image de Dieu. Genèse 9.6 dit: "Dieu a fait l'homme (ha'adam) pour être son image: c'est pourquoi si quelqu'un répand le sang d'un homme (ha'adam), son sang à lui doit être répandu par l'homme." La signification du mot "homme" ici ne s'applique pas seulement à l'homme mais à l'être humain, homme et femme. Bien que les gens puissent débattre sur la signification de l'image de Dieu 3, il est généralement accepté parmi les érudits conservateurs et libéraux que les hommes, aussi bien que les femmes, sont faits à l'image de Dieu. Les plus conservateurs sont d'accord pour dire avec Ortland: "L'homme autant que la femme manifestent la gloire de l'image de Dieu avec le même éclat." 4 Même si les hommes et les femmes sont faits à l'image de Dieu, Paul écrit: "L'homme (aner, ce qui signifie homme) ne doit pas avoir la tête couverte, puisqu'il est l'image de Dieu et reflète sa gloire" (1 Co. 11.7). Nous discuterons plus en détail de ce passage dans un article ultérieur, mais remarquons pour l'instant comment raisonne l'apôtre Paul. Il dit qu'une femme devrait se couvrir la tête lorsqu'elle prophétise (v. 6), mais qu'un homme ne le devrait pas, puisque l'homme est l'image et la gloire de Dieu. La logique pourrait impliquer que les femmes ne sont pas l'image et la gloire de Dieu, mais presque tous les érudits rejettent la conclusion que les femmes ne sont pas faites à l'image de Dieu. Thomas R. Schreiner, un conservateur, dit ceci: "Paul ne nie pas que les femmes ont été créées à l'image de Dieu, car il fait ici référence aux récits de la création, sachant très bien que la Genèse enseigne que les hommes autant que les femmes sont créés à l'image de Dieu." 5 Schreiner met l'accent sur le mot "gloire", mais n'explique pas pourquoi Paul mentionne également le mot "image". Gordon D. Fee conclut de façon similaire que "l'intérêt de Paul, toutefois, n'est pas, en fin de compte, dans le fait que l'homme soit l'image de Dieu, mais la gloire de Dieu. C'est la propre réflexion de Paul sur la création de l'homme, et c'est le mot qui sert finalement de moyen pour établir un contraste entre les hommes et les femmes." 6 C. K. Barrett affirme ceci : "Paul n'accorde une quelconque importance au terme image que dans la mesure où il conduit au terme gloire". 7 Le large consensus admet que la Genèse enseigne que les femmes sont faites à l'image de Dieu, et c'est une erreur d'affirmer que Paul contredit cette conclusion. Ce verset montre qu'il est fautif d'utiliser les arguments de Paul (conçus pour une situation différente) pour interpréter la Genèse. Lorsque Paul se sert de la Genèse pour appuyer son raisonnement, il pourrait bien ne donner qu'un aperçu de la situation pour servir seulement d'application à son idée immédiate, plutôt que d'élaborer un énoncé complet sur les enseignements de la Genèse. Il est donc risqué pour nous d'en venir à des conclusions, à partir de son argument, pour interpréter la Genèse. En lisant entre les lignes, nous pouvons faire dire au texte de Paul plus que ce qu'il en avait l'intention. Nous verrons une autre illustration de cela un peu plus loin dans ce rapport. Comme dernier commentaire sur Genèse 1.26, nous remarquons que Dieu a assigné à l'homme ainsi que la femme de régner sur la terre et les animaux; bien que Dieu ait créé l'homme et la femme distincts et différents l'un de l'autre, ce chapitre ne mentionne rien à propos des rôles différents qu'exercent les hommes et les femmes. Les versets 28 et 29 disent: "Dieu les bénit en disant: Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, rendez-vous en maîtres, et dominez les poissons des mers, les oiseaux du ciel et tous les reptiles et les insectes. Et Dieu dit: Voici, je vous donne, pour vous en nourrir, toute plante portant sa semence partout sur la terre, et tous les arbres fruitiers portant leur semence." Et il en fut ainsi. Les instructions sont données autant à l'homme qu'à la femme; les deux ont reçu le commandement de se reproduire et de dominer. Les deux pouvaient manger de tous les arbres fruitiers portant sa semence. Genèse 2 Le deuxième chapitre de la Genèse met l'accent sur la création des êtres humains; elle commence par une terre vide, sans pluie, plantes ou êtres humains (v. 5). Alors "Dieu façonna l'homme [ha'adam, l'être humain) avec de la poussière du sol [ha'adamah, un mot féminin] (v. 7). Dieu a planté un jardin, a fait pousser des arbres, et y a placé l'homme pour qu'il en prenne soin (v. 8, 9,15). Ensuite, Dieu a averti l'homme de ne pas manger d'un arbre en particulier (v. 16). Et Dieu dit: "Il n'est pas bon que l'homme soit seul, je lui ferai une aide qui soit son vis-à-vis" (v. 18). Contrairement au reste de la création où tout était "bon", l'Écriture souligne qu'il n'était pas bon pour l'être humain d'être seul. Dieu veut que les humains soient des êtres sociaux. Les mots "aide qui soit son vis-à-vis" impliquent-t-ils que la femme a été faite pour servir l'homme? Non, le mot hébreu "aide" est plus communément utilisé pour désigner Dieu comme l'aide des êtres humains (voir Ex 18.4) - le mot n'implique pas une autorité moindre. La femme pouvait aider l'homme en travaillant comme son égal, autant qu'en lui étant subordonnée. Le mot "aide" n'implique nullement une idée d'infériorité ou de hiérarchie. La Genèse dit simplement que la femme est le vis-à-vis de l'homme, c'est-à-dire qu'elle est le même genre d'être que lui. Gordon J. Wenham a écrit: "L'expression "son vis-à-vis", [kenegdo] littéralement, "comme son opposé", ne se trouve qu'ici. Elle semble exprimer la notion de complémentarité plutôt que d'identité. Comme Delitsch (1.140) l'observe, s'il s'agissait d'identité, l'expression la plus naturelle aurait été "comme lui". 8 L'idée soulignée dans la Genèse est que l'homme était incomplet sans la femme. Ce verset ne dit rien au sujet de l'autorité. Paul de la même manière souligne que la femme a été faite pour l'homme (1 Co 11.9), mais il conclut ensuite que les hommes et les femmes sont mutuellement dépendants (v. 11). La Genèse explique que Dieu a créé les animaux et qu'"il les fit venir vers l'homme pour voir comment il les nommerait, afin que tout être vivant porte le nom que l'homme lui donnerait" (v. 19). Alors, le premier homme a nommé les animaux (v. 20), mais l'homme solitaire n'avait aucune "aide qui soit son vis-à-vis". Aucun des animaux ne représentait un partenaire approprié. Bien sûr, Dieu, dans sa prescience, le savait déjà, mais l'exercice de nommer les animaux a aider le premier être humain à prendre conscience qu'il ne ressemblait a aucun autre animal et que, contrairement aux animaux créés, il n'avait pas de partenaire. Après qu'Adam eut pris conscience de son besoin, "Dieu plongea l'homme dans un profond sommeil. Pendant que celui-ci dormait, il prit une de ses côtes 9 et referma la chair à la place" (v. 21, 22). Bien que le premier homme ait été fait de la poussière (tout comme les autres animaux l'ont été: v. 19), la femme avait une origine humaine, apparemment pour mettre l'accent sur son unité organique avec l'homme. Dieu a amené la femme à l'homme, et l'homme a dit: "Voici bien cette fois celle qui est os de mes os, chair de ma chair. Elle sera appelée femme ['ishshad] car elle a été prise de l'homme ['iysh]" (v. 23). Cette expression poétique - les premières paroles rapportées par l'être humain - en est une de joie devant la découverte d'une partenaire qui soit son vis-à-vis, et dont l'homme avait besoin. Les deux personnes, bien que différentes, avaient la même chair. Ces paroles du verset 23 sont une expression de similarité et non de hiérarchie. Cependant, il est souvent souligné que l'homme a nommé la femme, tout comme il avait nommé précédemment les animaux, et que le simple fait de donner un nom est apparemment un indicateur d'autorité. 10 Mais ce n'est pas nécessairement vrai. 11 Hagar a donné un nom à Dieu: "Atta-El-Roï (C'est toi le Dieu qui me voit)" - un nom que Dieu a apparemment accepté, car il se trouve dans l'Écriture (Ge 16.13). Nommer quelqu'un n'est pas toujours un indicateur d'autorité. 12 Dans le récit où Adam nomme les animaux, le contexte littéraire n'a rien à voir avec une quelconque autorité sur les animaux; il est question de la création de la femme et de l'appréciation d'Adam à l'endroit de la femme. Quand Adam a nommé la femme, l'accent dans le texte est mis sur la grande ressemblance de la femme à Adam. La Bible conclut ensuite à partir de la similarité essentielle de l'homme et de la femme : "C'est pourquoi un homme se séparera de son père et de sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux ne feront plus qu'un" (Ge 2.24). Curieusement, c'est à l'homme qu'il est dit de quitter ses parents, et non à la femme, bien que cela soit probablement présumé. 13 Le couple devient une nouvelle famille qui n'est pas sous l'autorité du père et de la mère de l'homme. Cela indique que, peu importe où vit le couple, la principale responsabilité de l'homme est envers sa femme, et non ses parents, et, similairement, la principale responsabilité de la femme est envers son mari, et non ses parents. Mais le verset ne dit rien au sujet d'une personne ayant autorité sur une autre. Genèse 2 (contrairement à Genèse 1) fait des distinctions entre l'homme et la femme. L'homme a été créé premièrement, a reçu la responsabilité de prendre soin du jardin, a été averti de ne pas manger du fruit défendu, a nommé les animaux, et a réagi avec joie devant la compagne que Dieu lui a donnée. La femme ne fait rien dans ce chapitre, et on ne dit rien non plus pour expliquer pourquoi l'un a été créé avant l'autre. Richard Davidson a écrit: "Le mouvement en Genèse 2 [...] n'est pas du supérieur à l'inférieur, mais de l'incomplétude à la complétude." 14 Cependant, le chapitre suivant montre que la femme était au courant du fruit défendu; le silence du chapitre deux à ce sujet ne signifie pas qu'on ne le lui a pas dit. 15 La Genèse ne nous révèle pas qui le lui a dit, si c'était Dieu ou Adam ; apparemment, cela ne semble pas important. De même, nous ne pouvons pas attribuer beaucoup d'importance au silence du chapitre deux sur d'autres sujets. L'homme a été créé le premier et, à partir de cela, on suppose souvent que Dieu lui a, de ce fait, donné autorité sur la femme. 16 Toutefois, on ne peut présumer une telle chose. Par exemple, les plantes n'ont pas autorité sur les animaux, et les animaux ne dominent pas sur les êtres humains. Dans toute la Genèse, nous constatons que le premier-né ne règne pas toujours sur ses plus jeunes frères. Beck et Blomberg ont écrit: "On se demande si un lecteur hypothétique, en lisant Genèse 1 à 3 pour la première fois, même dans le monde juif antique, aurait relevé n'importe laquelle des six indications de la subordination de la femme (tel que la priorité de la création de l'homme) dont discute Schreiner". 17 Ce commentaire suggère qu'une réponse définitive doit venir du Nouveau Testament; la discussion sur la Genèse n'est qu'une étude préliminaire. Pour conclure, nous avons besoin d'autres preuves bibliques, et les écrits de Paul sont pertinents sur ce point. Les commentaires de Paul sur la création Dans 1 Corinthiens 11, Paul dit qu'une femme devrait se couvrir la tête lorsqu'elle prophétise, mais qu'un homme ne le devrait pas, car "la femme est la gloire de l'homme. En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme de l'homme, et l'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais la femme à cause de l'homme" (v. 7-9). Il existe de nombreuses questions sur la façon dont Paul raisonne dans ce chapitre, et je discuterai plus en détail de ce sujet dans un article ultérieur. Mais nous pouvons remarquer pour l'instant que Paul utilise la priorité de la création de l'homme pour appuyer la coutume culturelle des femmes qui se couvraient la tête. Paul peut se servir du récit de la création pour expliquer une coutume temporaire. Paul dit que les hommes et les femmes dans la société corinthienne de ce temps pouvaient prophétiser, mais qu'ils devaient le faire de façon légèrement différente. Il ne parle pas d'une autorité relative des hommes et des femmes, 18 ni de l'autorité de ce qu'ils disent, mais seulement de l'apparence de la personne qui prophétise. Il amoindrit également l'importance de la priorité de la création de l'homme en indiquant que les relations entre hommes et femmes sont transformées dans le Seigneur: "Toutefois, dans l'ordre établi par le Seigneur, la femme n'existe pas sans l'homme, et l'homme n'existe pas sans la femme, car si la femme a été tirée de l'homme, celui-ci, à son tour, naît de la femme" (v. 11, 12). 19 Ces versets soulignent un point d'égalité dans le Seigneur et nous rappellent que, même si la femme a été tirée du premier homme, tous les hommes subséquents sont nés de femmes, et que l'argument de la priorité de la création de l'homme n'est pas conclusif. Alors, que ce passage en Corinthiens 11 nous dit-il sur la signification de Genèse 2 ? Il nous montre que Genèse 2 peut être utilisé pour expliquer une coutume culturelle, mais également qu'un argument pour une autorité basée sur la priorité de la création de l'homme comporte une faiblesse logique. Le passage ne prouve pas que les hommes ont reçu l'autorité sur les femmes, car ce n'est pas le but de Paul ici. Il permet plutôt aux femmes de faire les mêmes choses que les hommes, en adressant un conseil approprié conformément aux normes culturelles. Comme illustration, nous pourrions paraphraser la logique de 1 Corinthiens 11 ainsi: "Les femmes devraient se couvrir la tête lorsqu'elles prophétisent parce que les hommes ont été créés les premiers." La Genèse comme telle ne dit pas cela, bien sûr, et il n'est pas évident de savoir comment Paul est parti de cette prémisse pour en arriver à cette conclusion. Cela peut indiquer qu'il raisonnait d'après une pratique tirée de sa propre culture. L'argument de la priorité de la création de l'homme apparaît aussi en 1 Timothée 2.13 et, encore une fois, une discussion complète vous sera donnée dans un article ultérieur. Le verset 12 dit: "Je ne permets pas à la femme d'enseigner en prenant autorité sur l'homme. Qu'elle garde plutôt une attitude paisible." Ensuite, le verset 13 donne ce raisonnement: "En effet, Adam fut créé le premier, Ève ensuite." Mais comme nous l'avons vu antérieurement, la priorité de la création d'Adam pourrait être utilisée pour indiquer une coutume culturelle, et, par conséquent, le fait que ce passage plaide pour la subordination des femmes ne nous dit pas comme tel si ce rôle était culturel ou normatif et intemporel. Dans le même ordre d'idée, 1 Timothée 2 dit que les femmes ne devraient pas enseigner ou prendre autorité sur les hommes parce que l'homme a été créé en premier. Encore une fois, Genèse 1 à 3 ne dit pas cela, et il est possible que Paul soit allé de cette prémisse à sa conclusion à cause d'une supposition culturelle. Les deux passages utilisent le récit de la création, mais aucun ne tente d'expliquer ce que veut dire la Genèse. Les deux passages du Nouveau Testament sont souvent lus en supposant que la priorité de la création de l'homme donne aux hommes une sorte d'autorité sur les femmes. Cependant, ils peuvent aussi être lus en supposant une égalité; nous parlerons plus en détail de ces deux passages dans un article ultérieur. La preuve de Genèse 1 penche vers des rôles égaux, et la preuve de Genèse 2 permettrait des rôles différents. Toutefois, aucun des deux chapitres ne parle directement de la question de l'autorité que nous pourrions leur attribuer; c'est pourquoi nous devons prendre garde aux conclusions que nous en tirons. La preuve de Genèse 2 est tempérée par les observations suivantes : 1. Notre but dans l'Église n'est pas toujours d'imiter la création originale d'avant la chute. Nous ne suggérons pas que les gens enlèvent leurs vêtements, par exemple! 2. Les Écritures du Nouveau Testament peuvent annuler les conclusions que nous tirons de la Genèse. Les chapitres 1 et 2 de la Genèse ne parlent pas de la question de l'autorité, et nous ne devons pas essayer de déduire de ces chapitres quelque chose qui dépasse de ce qu'ils disent directement. 3. Des versets bibliques pertinents à l'autorité d'un sexe sur l'autre ne fournissent pas un parallèle complet aux questions relatives à la direction dans l'Église. Par exemple, l'autorité d'un sexe dans la structure familiale ne se transposerait pas nécessairement dans la structure de l'Église. 4. Le Nouveau Testament peut nous donner des indices supplémentaires, étant donné que des versets du Nouveau Testament parlent plus directement de la question de l'autorité dans l'Église. Genèse 3 Le péché entre dans l'histoire du chapitre 3, en commençant par le serpent rusé. Le serpent s'est adressé à la femme, même si l'homme se trouvait auprès d'elle (v. 6). Pourquoi le serpent s'est-il adressé à la femme plutôt qu'à l'homme? Le texte reste muet à ce sujet. Ce que le texte dit, par contre, est que les deux ont mangé du fruit défendu. Ève a été séduite par le serpent, et Adam était d'accord avec elle. Le serpent a carrément contredit les paroles de Dieu, et la femme, désirant ce que le serpent lui offrait, en a mangé. Voulant apparemment que l'homme acquière de l'intelligence aussi, elle lui a offert du fruit, et il en a mangé. Pour une raison inconnue, ils ont eu honte de leur nudité et se sont cachés de Dieu, même s'ils avaient confectionné quelque chose pour couvrir leur nudité (v. 7, 8). Ils ont répondu pareillement au péché: "Aussitôt, les yeux de tous deux s'ouvrirent et ils se rendirent compte qu'ils étaient nus. Alors ils se firent des pagnes en cousant ensemble des feuilles de figuier. [...] Alors l'homme et sa femme se cachèrent de l'Éternel Dieu parmi les arbres du jardin." La Genèse n'attribue aucune importance au fait qu'une personne a péché avant l'autre; théologiquement, cela n'a pas d'importance, car la question est qu'ils ont tous les deux péché. Dieu a appelé l'homme (v. 9). Pourquoi l'homme plutôt que la femme? Le texte n'en dit rien. Adam a dit qu'il s'est caché parce qu'il était nu, et Dieu lui a demandé s'il avait mangé de l'arbre défendu. 20 L'homme a blâmé la femme, et la femme a blâmé le serpent; alors Dieu a maudit le serpent (v. 14, 15). Le mot "maudit" n'est pas utilisé pour les humains, mais Dieu a décrit certaines conséquences déplaisantes pour eux. Il a annoncé à la femme: "Je rendrai tes grossesses très pénibles ['itstsabon], et tu mettras tes enfants au monde dans la souffrance. Ton désir se portera vers ton mari, mais lui te dominera" (v. 16). Pourquoi Dieu a-t-il prononcé le châtiment de la femme en premier ? Le texte ne le dit pas; ce peut être pour le style littéraire. La séquence est inconstante: 1. le serpent, la femme, l'homme; 2. l'homme, la femme, le serpent; 3. le serpent, la femme, l'homme. La malédiction la plus importante - la mort - semble être réservée pour la fin, dans le châtiment prononcé envers l'homme. Au serpent, Dieu a prédit une hostilité entre lui et la femme, ainsi qu'une hostilité entre lui et un descendant mâle; à la femme, Dieu a prédit une hostilité entre elle et son mari; et à l'homme, Dieu a prédit une hostilité entre lui et le sol - et le sol triompherait. Le péché a affecté les relations entre les sexes. Dieu a dit à la femme: "Ton désir se portera vers ton mari, mais lui te dominera." La signification précise du mot "désir" fait l'objet de discussions, mais elle n'est pas essentielle à notre étude. 21 En Genèse 3, Dieu apporte des distinctions entre les sexes et déclare que le mari dominerait sur sa femme. À ce point dans l'histoire, Adam représente les hommes subséquents, et Ève représente les femmes subséquentes. Quand Dieu a expliqué les conséquences du péché, certaines choses sont demeurées les mêmes, et d'autres ont changé. Lorsque Dieu a dit que la douleur de la femme augmenterait en mettant des enfants au monde, il ne créait pas un nouveau rôle pour la femme, mais prédisait un changement dans le rôle qu'il avait déjà conçu pour elle. Quand Dieu a dit à l'homme qu'il dominerait sur la femme, prédisait-il un changement? Le mot "dominer" en Genèse 3.16 vient du mot hébreu mashal, qui peut être utilisé pour une domination oppressive, mais la domination comme telle n'implique pas une oppression. 22 Puisque mashal n'est pas nécessairement une forme négative de domination, il semble que nous soyons devant deux possibilités 1. le fait qu'un homme domine n'est pas nouveau, mais maintenant que le péché était entré dans le monde, l'image de la domination de l'homme serait teintée par le péché et 2. le fait que l'homme domine était nouveau; c'était une des conséquences du péché. Cependant, étant donné que la Genèse n'avait rien dit antérieurement à propos d'un sexe dominant sur un autre, un changement semble être impliqué. 23 À l'homme, Dieu a dit: "Puisque tu as écouté ta femme et que tu as mangé du fruit de l'arbre dont je t'avais défendu de manger, le sol est maudit à cause de toi. C'est avec beaucoup de peine que tu en tireras ta nourriture tout au long de ta vie. Il te produira des épines et des chardons. Et tu mangeras des produits du sol. Oui, tu en tireras ton pain à la sueur de ton front jusqu'à ce que tu retournes au sol dont tu as été tiré, car tu es poussière et tu retourneras à la poussière" (v. 17-19). L'homme souffrirait parce qu'il a écouté sa femme. Cela veut-il dire qu'il n'était pas censé l'écouter auparavant? Non, le problème n'est pas qui il a écouté, mais qu'il lui a obéi quand elle lui a effectivement suggéré de pécher. Il n'y a rien de mal pour un homme d'écouter sa femme si elle lui suggère de goûter une fraise. Écouter ne devient un problème que si un péché est suggéré; ce verset n'implique rien au sujet du plan original de Dieu pour les rôles des hommes et des femmes. À cause du péché, le sol a été maudit, et le travail de l'homme serait beaucoup plus pénible. La nourriture serait difficile à obtenir, et l'homme mourrait un jour et retournerait à la poussière. 24 Au moins, la dernière partie de la prédiction s'applique aux femmes autant qu'aux hommes, et, dans beaucoup de cultures, les femmes doivent peiner autant que les hommes, sinon plus, pour se nourrir. Les conséquences négatives sur la vie familiale - bien que données à la femme - affecteraient également l'homme. Les malédictions d'Adam et celles d'Ève contiennent toutes deux des éléments applicables l'un à l'autre. Quand Dieu a révélé à la femme les conséquences conjugales du péché, ce n'était pas parce qu'elle représentait plus la vie familiale que l'homme; dans le même ordre d'idée, lorsque Dieu a révélé à l'homme la conséquence de la mort, ce n'était pas parce qu'il représentait plus l'humanité que la femme. La Genèse souligne que l'homme autant que la femme ont péché, et que les deux en ont souffert les conséquences. La Genèse ne dit pas qu'il a est significatif que ce soit l'homme ou la femme qui a péché en premier. Les commentaires de Paul sur le premier péché Romains 5.12-19 révèle que toute l'humanité a été condamnée à la mort à cause du péché d'Adam ; on dit parfois que ce verset montre qu'Adam représentait l'humanité, non seulement parce qu'il a été créé le premier, mais parce qu'il était un homme, impliquant l'autorité de l'homme sur la femme. Toutefois, cela contredit ce qui a été énoncé plus tôt : lorsque Paul se sert de la Genèse pour appuyer son raisonnement, il est risqué pour nous d'essayer d'utiliser son argument pour interpréter ce que la Genèse veut dire d'autre, parce que Paul n'est pas en train d'expliquer la Genèse. Il utilise plutôt des petites portions de la Genèse pour expliquer son raisonnement précis, et nous faisons un mauvais usage de ses paroles si nous tentons de les transformer en quelque chose que Paul n'avait pas l'intention de dire, à savoir un commentaire sur la Genèse. Au verset 12, Paul dit que le péché est entré dans le monde par un anthropos, c'est-à-dire un être humain, homme ou femme. Paul aurait pu se servir du mot aner, qui veut dire homme, mais il ne l'a pas fait, montrant qu'il n'est pas préoccupé par le sexe du premier pécheur. Le sexe n'est pas pertinent pour le but que Paul veut atteindre. Dans la dernière partie du verset 12, Paul se sert du pluriel de anthropos pour expliquer son raisonnement: "[...] la mort a atteint tous les hommes parce que tous [les humains] ont péché", y compris Adam et Ève qui ont, dans le fond, péché en même temps. Paul dit ensuite que "la mort a régné depuis Adam jusqu'à Moïse" (v. 14). Il ne dit pas qu'Adam a été la première personne à mourir. Il peut faire allusion au fait qu'Adam a été la première personne à qui la sentence de la mort sur l'humanité a été donnée, mais il est fort probable qu'il faisait référence à Adam comme étant le premier être humain. Il désigne une période de temps, de la création à Moïse, et il le fait en citant la première personne créée, Adam. Paul met l'accent sur Adam parce qu'il l'utilise comme un antétype ou une analogie pour Christ. Le premier être humain, Adam, laisse présager le premier être de la nouvelle humanité de Dieu, Christ. L'analogie aurait été compliquée sans raison si Paul avait utilisé à la fois Adam et Ève. Aux versets 15 à 18, Paul dit que beaucoup (c'est-à-dire toute l'humanité) sont morts à cause de la faute d'un seul, faisant apparemment référence à la transgression d'Adam mentionnée au verset 14. En Genèse 3, la sentence de mort sur l'humanité a été donnée à Adam, même si elle s'appliquait aussi à Ève, et Ève a été sujette au châtiment de la mort à partir du moment où elle a péché. Pendant toute cette argumentation, Paul ne dit rien pour indiquer qu'Adam représentait l'humanité parce qu'il était un homme. Son argumentation théologique est différente : Adam contraste avec Christ, son péché contraste avec la justice de Christ, et la sentence de mort donnée à l'humanité par Adam contraste avec le don gratuit de la justice accordée par Christ. Adam est le sujet d'opposition que Paul utilise pour prêcher Christ comme la solution à la sentence de mort qui s'applique à toute l'humanité, sans égard au sexe. Résumé Qu'est-ce que Genèse 3 nous dit sur les relations entre hommes et femmes ? Très peu, de façon directe. Le chapitre se concentre sur la manière dont le péché est entré parmi la race humaine. Voici ce qu'il dit: 1. La femme a été séduite d'une façon quelconque et a péché en mangeant du fruit défendu. L'homme, au lieu de résister au péché, a fait fi de l'avertissement de Dieu, a mangé du fruit et a blâmé sa femme. 2. Le texte montre aussi que Dieu fait certaines distinctions entre les genres, bien que leur pleine signification ne soit pas claire dans la Genèse. 3. Le péché a affecté les rôles des hommes et des femmes, et le verset 16 nous dit que l'homme dominerait sur la femme. Genèse 1 accorde autant à l'homme qu'à la femme le pouvoir de dominer sur la création. Genèse 2 décrit ce qu'Adam a fait avant qu'Ève soit créée, et ensuite décrit la femme comme étant semblable à l'homme; le chapitre ne dit rien directement à propos d'une personne ayant autorité sur une autre. Genèse 3, cependant, dit que l'homme dominerait sur la femme. Le chapitre conclut en précisant qu'Adam a nommé sa femme Ève, et que Dieu leur a donné des peaux d'animaux comme vêtements et les a chassés du jardin d'Éden. Dans notre prochain article, nous examinerons ce que le reste du Pentateuque révèle sur les rôles des hommes et des femmes. Notes de fin de texte 1. La relation entre l'homme et la femme dans le mariage n'est pas automatiquement déterminante pour les rôles dans l'Église. Ces sphères sont reliées mais non identiques. Bien que l'objectif de notre étude soit les rôles dans l'Église, nous examinerons des passages de l'Ancien Testament pour fournir un arrière-plan aux passages du Nouveau Testament, en tenant compte que la société et l'adoration de l'Ancien Testament ne sont pas nécessairement un modèle pour ce que devrait être l'Église d'aujourd'hui. De plus, nos conclusions sur les relations entre hommes et femmes dans l'Église peuvent ou non s'appliquer aux relations dans le mariage. 2. Raymond C. Ortland, Male-Female Equality and Male Headship: Genesis 1-3, pages 95 à 112 dans Recovering Biblical Manhood and Womanhood: A Response to Evangelical Feminism (édité par John Piper et Wayne Grudem ; Wheaton: Crossway, 1991), pages 97 et 480. Ce livre est le plaidoyer le plus complet de la position conservatrice. 3. Cet article ne spécifie pas ce qu'est "l'image". Un article (en anglais) sur notre site Web affirme que Jésus nous révèle ce qu'est la vraie image; et la référence, la caractéristique de Dieu, dont nous avons le plus besoin pour lui être conformes, est l'amour et non la puissance ou l'apparence. Voir http://www.wcg.org/lit/gospel/imagegod.htm 4. Ortland, 97. À la page 98, Ortland parle du consensus conservateur lorsqu'il écrit: "Qui, je me demande, enseigne que seuls les hommes portent l'image de Dieu ? Vous ne trouverez aucun contributeur à ce volume qui ait dit cela." 5. Thomas R. Schreiner, Head Coverings, Prophecies and the Trinity: 1 Corinthians 11:2-16, pages 124 à 139 dans le livre de Piper and Grudem; ici pages 132 et 133. 6. Gordon D. Fee, The First Epistle to the Corinthians (New International Commentary on the New Testament) 7. C.K. Barrett, The First Epistle to the Corinthians (Black's New Testament Commentary; London: A&C Black, 1971), 252. 8. Gordon J. Wenham, Genesis 1-15 (Word Biblical Commentary 1; Waco: Word, 1987), 68. 9. Plusieurs interprètes ont offert des suggestions pour expliquer le symbo-lisme impliqué dans la côte d'Adam. Par exemple, Matthew Henry a écrit: "La femme n'a pas été faite de la tête de l'homme pour monter au-dessus de lui, elle n'a pas été faite de ses pieds pour qu'on lui marche dessus, mais elle a été faite de la côte d'Adam pour être à ses côtés comme une égale, sous son bras pour être protégée et près de son cœur pour être aimée." Peu importe combien ce symbolisme peut sembler émouvant, il ne peut pas prouver qu'il représente l'intention originale de Dieu. 10. "Bien qu'ils soient égaux dans la nature, le fait que l'homme a nommé la femme (3.20) indique qu'on s'attend à ce qu'elle lui soit subordonnée, une présupposition importante dans la narration consécutive." (Wenham, 70). Voir aussi Schreiner, 207. 11. Linda Belleville a écrit: "Nommer quelqu'un dans l'antiquité était une façon de commémorer un événement ou de souligner un attribut distinctif. Ce n'est pas un acte de contrôle ni de puissance" (chapitre 2 dans le livre de Beck and Blomberg, p. 143). 12. Léa et Rachel ont nommé les fils de Jacob; seul Benjamin a été nommé par Jacob (Ge 29,30 ; 35.18). Moïse et Samuel ont aussi été nommés par des femmes (Ex 2.10 ; 1 Sam 1.20). 13. "Les mariages israélites étaient habituellement patrilocaux, c'est-à-dire que l'homme continuait à vivre dans ou près de la maison de ses parents." (Wenham, 70). Psaumes 45.10 conseille à la femme de quitter ses parents. 14. Richard M. Davidson, Headship, Submission, and Equality in Scripture, p. 259 à 295 dans Women in Ministry: Biblical and Historical Perspectives (édité par Nancy Vyhmeister; Berrien Springs : Andrews University Press), 261. 15. Thomas R. Schreiner n'a aucune preuve pour suggérer que "Dieu a pro-bablement dit à Adam de transmettre le commandement à Ève" (chapitre 4 de Two Views on Women in Ministry (édité par James R. Beck et Craig L. Blomberg [Counterpoints; Grand Rapids: Zondervan], 203). 16. Schreiner préconise que les lecteurs hébreux présumeraient les lois de primogéniture (ibid.). 17. Beck et Blomberg, Reflections on Complementarian Essays, dans Two Views on Women in Ministry, 312. 18. Lorsque Paul dit que "la tête de la femme est l'homme" (v. 3), il pouvait faire référence à l'autorité (c'est une question soulevée dans un article ultérieur), mais le reste du passage parle du fondement de l'honneur et du déshonneur, et non d'autorité. Les hommes et les femmes ont un droit égal de prophétiser, et leurs prophéties ont une égale autorité; la seule chose dont il est question dans ce passage est la manière de prophétiser. C'est pourquoi nous disons que Paul ne parle pas de l'autorité des hommes et des femmes. Tout au plus, c'est un commentaire tangentiel et non le sujet principal. 19. Beck et Blomberg font remarquer que "les versets 11 et 12 pourraient suggérer que la nouvelle création en Christ va au-delà de la création originale de Dieu. De toute évidence, elle le sera dans le monde à venir" (312). 20. Lorsque Dieu a prononcé un châtiment sur Adam, il n'a pas tenu Adam responsable de ce qu'Ève avait fait; Ève devait rendre compte pour elle-même. (Mary Seltzer, Women Elders ... Sinners or Saints?, 59; article non publié disponible à http://churchwomen.tripod.com/Women 0seltzer.doc). 21. Le mot hébreu est aussi utilisé en Genèse 4.7 et en Cantique des cantiques 7.10. Susan Foh, une conservatrice, défend que Dieu prédit que, même si les femmes désiraient dominer leur mari, les hommes continueraient à dominer leurs femmes. (Women and the Word of God: A Response to Biblical Feminism [Philadelphia: Presbyterian & Reformed, 1979] pages 68 et 69). Ortland accepte également ce point de vue (pages 108 et 109). L'interprétation la plus traditionnelle est que les femmes désireront la compagnie et la protection des hommes malgré la douleur impliquée dans l'enfantement. 22. Le mot mashal est utilisé pour désigner le soleil et la lune qui dominent sur le jour et la nuit (Ge 1.18), Joseph qui règne sur l'Égypte (45.8), et Israël qui règne sur les autres nations (Deut 15.6). Les Israélites ont demandé à Gédéon de régner (mashal) sur eux, et il a répondu que Dieu régneraient (mashal) sur eux. "La nature précise de la domination est aussi variée que les situations réelles où l'action ou la chose ainsi désignée se passe" (Theological Wordbook of the Old Testament, 1.534). 23. William Webb souligne que les malédictions bibliques comprennent souvent un changement de statut vis-à-vis l'autre personne, créant une hiérarchie où il n'y en avait aucune auparavant (Slaves, Women and Homosexuals: Exploring the Hermeneutics of Cultural Analysis [Downers Grove: InterVarsity], 117, 119). Le mot malédiction n'est pas toujours utilisé dans ces cas, tout comme il ne l'est pas pour Ève et Adam. 24. Puisque la sentence de mort s'applique à la fois aux hommes et aux femmes, pourquoi alors a-t-elle été donnée à l'homme seulement? Linda Belleville suggère une raison littéraire plausible: "L'impact sur l'homme est lié au sol duquel il a été tiré [...] L'impact sur la femme est lié à l'homme de la côte duquel elle a été formée" (Women Leaders and the Church: Three Crucial Questions [Baker, 1999], 104); plusieurs mots hébreux ont été effacés de la citation sans indiquer les omissions par des ellipses. |