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" PLUS QU'UNE SIMPLE INQUIÉTUDE " par Owen Willis Pasteur des congrégations d'Halifax, de Digby, de Sydney, de Dartmouth et de Charlottetown. L a poussière retombait encore sur les événements apocalyptiques de New-York que les discussions allaient bon train sur les réseaux télévisés. En ce qui me concerne, un commentaire émis durant cette période me toucha profondément. Durant son émission matinale sur le réseau CBC, Shelagh Rogers était en entrevue avec de jeunes et talentueux canadiens de milieu universitaire pour connaître leurs réactions aux attaques terroristes. Un jeune homme rapportait les statistiques en vigueur la fin de semaine précédente à l'effet que 48% des américains se considéraient des " chrétiens nés de nouveau " À partir de là, il n'y avait pas de problème mais son commentaire suivant me renversa lorsqu'il affirma qu'il trouvait cette statistique un peu plus qu'inquiétante !Son opinion sur les " chrétiens nés de nouveau " n'a sûrement pas évoluée pour le mieux suite aux déclarations largement répandues de Jerry Falwell et de Pat Robertson, deux des dirigeants de la " droite religieuse " en Amérique, accusant à bras raccourci, païens, avorteurs, féministes, gais, lesbiennes et libertins aux mœurs légères pour ces atrocités, suggérant que le peuple américain pécheur avait attiré cette malédiction sur lui-même. Ce jeune homme était en train d'établir un rapport entre les Fondamentalistes islamiques et les chrétiens nés de nouveau. Et ceci était plus qu'inquiétant pour moi ! Comme nous essayons de comprendre les événements de ce terrible Mardi et ses conséquences, nous réalisons que, quelque part, tôt ou tard, nous formulerions la conclusion que la religion s'est terriblement fourvoyée, qu'elle s'est affichée sous des dehors belliqueux, qu'elle a dérangé, qu'elle a été abusée et a été mal utilisée. La discussion tournait autour du Fondamentaliste islamique, mais le monde chrétien, avec ses croisades et ses inquisitions avait un passé affreux aussi. Une citation de W.B. Yeats ne vint à l'esprit " Les meilleurs manquent tout à fait de conviction alors que les pires sont remplis d'intenses passions! " Les chrétiens étaient " un peu plus qu'inquiétants " pour ce jeune homme ? Comment cela se fait-il ? Ou bien c'est plus un problème de perception qu'une réalité, soulignant simplement quel défi et quelle responsabilité nous avons à relever en tant que chrétien !! Les chrétiens sont disciples de cet homme qui a demandé " d'aimer nos ennemis ", disciple du plus gentilhomme ayant vécu sur terre, disciple de cette personne hautement innocente, assassinée par les terroristes de son époque. Après son séjour à Bethléem, nous retrouvons Jésus à 12 ans, croissant en grâce aux yeux de Dieu et des hommes, démontrant une maturité se situant bien au-dessus de son âge lorsqu'il mettait au défi les dirigeants religieux de son époque. Il a commencé son ministère en changeant l'eau des outres en bon vin - beaucoup de vin. Pour les observateurs religieux du temps, habitués à l'ascétisme de Jean, ce n'était pas, en particulier, un départ de bon augure. Voici un homme qui déclarait qu'il n'était pas venu pour juger le monde mais pour le sauver, qui a renvoyé la femme adultère avec ces paroles " moi non plus je ne te condamne pas " encore résonnantes à ses oreilles et dont la mission consistait en ceci " Je suis venu dans le monde pour que vous ayez la vie et qu'elle soit abondante ". Jésus était, de son temps, la personne la plus vibrante et la moins portée à juger. Est-ce que Jésus était religieux ? Non, si on en juge par son milieu social ou si on se fie aux disciples qu'Il a choisis, des hommes ordinaires et non des théologiens, des pêcheurs et non des docteurs en philosophie. Des hommes du monde. De vrais hommes. Voici un ami des percepteurs d'impôt et des pécheurs notoires. Voici un homme qui était de bonne compagnie, qui pouvait discuter des vrais sujets qui préoccupaient le vrai monde dans la vraie vie. Critiqué pour les relations qu'Il entretenait, Jésus a suggéré à ses accusateurs de se référer au livre de Michée qui affirmait que la religion est sans valeur si ses actions ne sont pas basées sur la justice, la miséricorde et l'humilité. Il a affirmé qu'Il n'était pas venu appeler ceux qui se considéraient justes ou religieux mais pécheurs. Inévitablement, Jésus a dû affronter de plus en plus le pouvoir religieux de son temps. Ses paroles les plus sévères furent dirigées à l'endroit du pouvoir religieux de l'époque. Il leur a rappelé à maintes occasions qu'ils rataient la cible en ce qui concerne les principes de la vraie religion. Craig Blomberg, un érudit du Nouveau Testament, a décrit les Pharisiens comme des " pasteurs conservateurs évangéliques traditionnels " de l'époque, fortement convaincus que les Écritures étaient infaillibles et suffisantes pour guider chaque aspect de notre vie à condition qu'elles soient interprétées de la bonne manière. Jésus lui-même interprétait et ré-interprétait la religion sur le fondement de l'amour et de la compassion. Sur la croix, Il pria en disant " Père, pardonne leur car ils ne savent ce qu'ils font ". Mais la mort ne pouvait pas Le neutraliser. Selon le rédacteur de sa biographie, l'apôtre Jean, ce qui avait débuté à Cana par un festin, se finissait par un déjeuner copieux sur les bords de la mer de Galilée. Comme le jour pointait ses premiers rayons, la voix de Jésus portait haut et fort au-dessus des eaux : " Venez déjeuner ! " Quelle belle occasion de ratée de prononcer un sermon ou offrir un témoignage. Mais c'étaient les paroles d'une vraie personne dans un monde réel ! Il voulait toucher le vrai monde là où il était !. Ses disciples avaient passé toute la nuit dehors. Ils étaient affamés. Emplissons leurs ventres, leurs âmes pouvaient bien attendre !! Nulle part, n'ais-je lu que Jésus était un religieux fondamentaliste; mais j'ai lu que ce qui était fondamental à Sa religion se trouvait dans l'assurance que Dieu est Amour. Pourquoi quelqu'un serait-il troublé par un disciple de cet homme?
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