Je n'étais pas prêt

Par Gary King

Pasteur associé de la congrégation de Windsor.

Je n'étais pas prêt. Je n'étais pas d'humeur pour cela du tout. J'avais pensé pendant des semaines comment je passerais ces 24 heures - le premier anniversaire de la mort de ma femme. Peut-être en passant quelque temps avec des amis qui me comprennent. Peut-être en priant en solitaire à la chapelle. Peut-être en allumant une bougie à la minute où elle a pris sa dernière respiration. Peut-être en prenant une longue marche le long de la plage désolée où ses cendres ont été dispersées. Peut-être en prenant le temps de verser quelques larmes, afin de remercier Dieu pour sa place dans l'éternité, pour exprimer mon appréciation à son égard pour m'avoir conduit dans des eaux calmes. Sans cet espoir sûr de la vie éternelle en sa présence, le vide pourrait avoir été insupportable en cette première année épouvantable de veuvage.

Mon sommeil agité a été interrompu par les rayons du soleil du matin caressant ma joue. Alors, le téléphone a sonné. Je n'étais pas prêt. Je n'étais pas d'humeur pour cela du tout. Le pasteur régional était sur la ligne demandant mon aide. Il y avait eu une mort tragique. Les obsèques devaient être tenues le matin suivant, à plus de 200 km de distance. Le ministre de ce secteur était hors du pays. Je me suis senti déséquilibré et confus lorsque j'ai accepté la nomination. Ce n'était pas comme c'était supposé être. Est-ce que Dieu n'a pas compris mes besoins profonds en ce jour de tous les jours ? Je ne connaissais pas le défunt. Je ne connaissais pas la famille. Comment me serait-il possible de pouvoir aider ?

C'est devenu encore pire. J'ai appelé et j'ai offert mes condoléances. On m'a conseillé de m'en tenir à un message très terre-à-terre, peut-être un Psaume, une lecture. Il y avait un besoin de ne pas offenser un parent en peine en particulier. Elle était fâchée envers Dieu, ma dénomination et avec les croyances du défunt. J'ai raccroché le téléphone et j'ai regardé fixement l'écran blanc de mon ordinateur. J'avais fait tant d'obsèques. Aujourd'hui les mots ne viendraient pas. Mes propres besoins étaient si grands. J'ai prié : "Éternel, je ne sais simplement pas que faire ou comment le faire. Aide-moi s'il te plaît." J'ai commencé à taper.

Je n'étais pas prêt. Je n'étais pas d'humeur pour cela du tout. Le jour des obsèques est venu, chaud et humide. Je me battais avec un mal de gorge et la toux. Et je ne me sentais pas encore en paix avec le message que j'avais préparé. Tout le long de la route, la grande-route, j'ai prié. J'ai prié pour la volonté de Dieu. J'ai prié pour son aide miséricordieuse pour moi. Et j'ai commencé à prier sur la façon dont cette famille en affliction devait se sentir - tout comme moi, il y a un an.

Je n'ai pas prêché à l'aide d'un Psaume ou fait de lecture. Lorsque j'ai vu les visages fatigués et les yeux rougis par les pleurs, j'ai changé mon discours pour parler de chagrin avec toutes ses manifestations et ses émotions. J'ai dit que je comprenais comment cela pouvait être à cause de ma propre perte. J'ai parlé de la souffrance du défunt et de sa foi ferme. Il avait accepté Jésus comme son Sauveur personnel. Il savait dans son coeur que Dieu aimait le monde et qu'il a donné son seul Fils et que quiconque croirait en lui aurait la vie éternelle.

J'ai continué sur ces pensées plus tard au cimetière, lorsque j'ai parlé d'un temps où il n'y aura plus de peine, ni de douleur, ni mort, ni cri. Le parent qui était irrité, était soutenu par sa famille, son chagrin était si grand. Quand c'était fini, je me déplaçai vers l'arrière de la voiture de l'entrepreneur de pompes funèbres et me suis effondré dans le siège. La chaleur, ma gorge et l'anniversaire de ma propre perte avaient pris son dû. Je voulais seulement retourner à la maison.

Je n'étais pas prêt. Je n'étais pas d'humeur pour cela du tout. J'ai demandé à retourner au salon funéraire pour passer du temps à la réception. Plus tard, tandis que je me versais un café, j'ai regardé à travers la pièce. Il y avait la mère du défunt, assise toute seule, les épaules tremblant des soubresauts de la peine. Celle qui est en colère. Indécis, j'ai prié. J'ai senti de la compassion... se déplacant vers elle. J'ai placé mon bras autour de ses épaules et je lui ai dit tranquillement, "Cela fait vraiment mal, n'est-ce pas ?"

Elle a sangloté et s'est écriée, "Gary, pourquoi Dieu est si en colère après moi ? Qu'ai-je fait pour mériter cela ?" Je me suis assis à côté d'elle et j'ai écouté son histoire. Dans les 24 derniers mois elle avait perdu son mari, son fils, sa fille et un petit-fils en bas âge. Plus d'une fois elle avait été debout au lotissement funéraire de la famille. Mon coeur a gémi pour elle. Elle a dit qu'elle savait que je comprenais, en ce premier anniversaire de la mort de ma femme.

Je pouvais seulement dire ce qui me venait à l'esprit : "Tout cela semble si injuste." Nous avons parlé pendant quelque temps des incertitudes de la vie et de la mort. Elle déversa le flot de ses sentiments tandis que je priais silencieusement pour les conseils de Dieu, pour les mots justes pour aider cette femme dans le besoin. Les mots sont venus. Ils sont venus de Dieu, arrivant avec tendresse pour elle : "Vous savez, je crois que Dieu vous aime beaucoup." Ses yeux ont cherché les miens lorsqu'elle a dit, "Pensez-vous vraiment ainsi ?"

J'ai repris haleine et j'ai brièvement expliqué l'amour de Dieu qui est tellement plus grand que la piqûre de la mort. J'expliquai pourquoi son fils avait une foi pleine d'assurance, même lorsque la fin de sa vie physique approchait. J'ai dit: "Si Dieu aime tellement le monde, cela doit vous inclure aussi." De ses deux mains, elle saisit la mienne et m'a profusément remercié. Il y avait toujours des larmes dans ses yeux. Mais la colère était disparue.

Pendant le long retour à la maison, j'ai prié et j'ai considéré ce que Dieu m'avait montré dans ces 24 heures. Le Livre dit que nous devons toujours être prêts à donner une réponse de l'espérance qui vit en nous (1 Pierre 3:15). Cet espoir m'avait supporté pendant les longs mois de souffrances de ma femme et de la mort. Cet espoir m'avait également soutenu dans les jours de deuil. Maintenant, un an plus tard, Dieu me demandait de le partager avec quelqu'un qui avait désespérément besoin d'un rapport d'amour avec lui. Comme Il moissonne les âmes, Il peut me demander de partir pour le travail dans les champs malgré mes propres maux et douleurs. Et cela peut être quand et où je m'en attends le moins, quand je ne pense pas être prêt du tout.

Mais, c'est très bien ainsi. Vous voyez, je n'étais pas prêt ... mais Lui l'était.

 

Lumière du Nord

Articles tirés du Northern Light du mois d'octobre 2001. Supervision : Roger Labelle

Traduction : Pierre Duguay, Jeanne Messier, Jacques et Monique Quintal, Richard Rochette & Marie-Line Tremblay

Montage : Jacques Quintal

Correction : Normand Hamel. Pour diffusion dans toutes les congrégations du Québec.

Publication de l'Église Universelle de Dieu © 2001