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Un portrait d'intégrité : La vie de Roy Howell (1915-2001) Par Neil Earle pasteur de la congrégation de Glendora en Californie
Tout jeune môme assez chanceux pour avoir une tante et un oncle vivant à côté de la salle de cinéma locale, dans les années 1950, avait l'assurance d'une enfance heureuse. Particulièrement lorsque cette tante et cet oncle étaient Roy et Blanche Howell. Même aujourd'hui, quand je marche dans le nouveau Cinéplex scintillant, ou lorsque je passe devant le célèbre théâtre chinois Grauman de Los Angeles, c'est le confortable théâtre Bond de Carbonear, à Terre-Neuve, et mon oncle Roy qui me reviennent à l'esprit. Le glorieux espace qu'occupe Roy Howell dans ma mémoire est, bien sûr, à titre beaucoup plus noble que le simple lieu de son domicile. Car Roy Howell était un homme dans un monde d'hommes rudes, un leader dans la communauté, un membre fidèle de l'Église Unie du Canada, un homme dévoué à sa famille et un des meilleurs athlètes et architectes que ma ville natale ait produit. C'était aussi un indépendant, un homme de Dieu calme, un homme à la spiritualité profonde et réservée, qui ne passait pas facilement de jugements sur les autres et sur leurs rapports avec le Tout-Puissant. " J'ai toujours l'image de l'influence de son équilibre basé sur le gros bon sens, " écrivait son ami de longue date, le maire Len Pike, à ma mère. Comme Len l'a aussi noté, Roy était le meilleur homme à avoir de son côté lorsque votre équipe de hockey avait besoin de protéger une avance d'un but vers la fin de la troisième période. La vie comme champ d'honneur Roy Howell venait d'une grande famille très respectée, du côté de ma mère, les Howell de Carbonear, à Terre-Neuve. C'était une famille très consacrée à la communauté avec un " C " majuscule, et elle l'est d'ailleurs toujours. Une preuve évidente était le fait que l'oncle Roy, ses frères et son père (mon grand-père) ont aidé à construire la première patinoire de hockey intérieure dans mon coin du monde. C'était en 1935, pendant les profondeurs glaciales de la Grande Dépres-sion. Pourtant, il y avait une vie à vivre et les jeunes gens devaient avoir un lieu pour se rencontrer et c'est ainsi que la vieille patinoire du Jubilé a été dûment construite. Les années 1930 étaient encore à l'ère des petites villes, à Terre-Neuve, comme dans toute l'Amérique du Nord. Or, le facteur de complication d'une petite ville, comme le savent tous ceux qui en sont issus, c'était que, pour garder et conserver le respect de votre communauté, vous deviez vivre et pratiquer l'intégrité. Vous deviez marcher droit aussi bien que parler droit. Mon oncle Roy était l'intégrité personnifiée. Il était solide et sûr, un homme généreux sans une once de prétention ou de feinte. Je doute que quelqu'un l'ait entendu jurer ou prononcer un blasphème sur le terrain de soccer ou sur la patinoire de hockey où il a excellé. Roy était méthodiste absolu et abstinent. Cependant, il était d'une présence si calme et spirituelle que même les voyous les plus sauvages durent le respecter. " Christianisme musclé, " comme avaient l'habitude de dire les Victoriens. La vie comme champ d'honneur. Ai-je dit respect ? Oui, monsieur, et tiens bien ta langue, comme on dit à Terre-Neuve. Car Roy pouvait vous sortir du jeu grâce à une mise en échec propre et efficace, et patiner comme le vent. Je me le rappelle, lors d'une soirée père/fils des Cadets Aériens - une parmi les quelques organisations communautaires qu'il soutenait - je l'observais dominer la partie de hockey avec vitesse et finesse pendant que je regardais, bouche bée, le long de la bande. C'était dans les années 1960 et je me rappelle avoir réfléchi à tout ce que j'avais entendu les gens dire au sujet de l'habileté et de la dextérité de mon oncle et qui parvenait jusqu'à la maison. Roy était " le Dominateur " bien longtemps avant que les Sabres de Buffalo n'aient inventé l'expression. Le prix commémoratif Roy Howell Au risque que ce souvenir ne soit trop relié à l'athlétisme, rappelons qu'une autre caractéristique des petites villes d'Amérique du Nord était que le sport - et non l'habit - faisait l'homme. Par les sports au sein de la communauté, votre caractère et votre intégrité - ce qui faisait de vous ce que vous étiez - étaient exposés. Un des derniers entretiens que j'ai eus avec mon oncle portait sur le hockey et sur son brillant rôle d'entraîneur de notre équipe de notre ville natale en 1958. Oh, oui, 1958. Comme je me rappelle. Une jeune équipe de Carbonear s'était mesurée aux Tigres de Shearstown, largement favoris. " Après la première partie, " dit Roy, " je savais que nous n'en perdrions pas une autre. J'avais compris leur stratégie. " Quel fut son souvenir le plus remarquable ? C'est lorsque l'entraîneur ne voulait pas le laisser jouer dans une partie virile contre les Mineurs de Buchans. Il croyait que Roy était trop jeune. Dans la dernière période, l'entraîneur a fléchi et Roy a marqué six buts dans une cause perdue. Il aimait raconter cette histoire ! Aujourd'hui, un tout nouveau prix commémoratif Roy Howell a été institué à Carbonear pour honorer " l'ensemble de sa carrière de joueur, d'entraîneur et de bâtisseur. " Pensées profondes indicibles Lors d'une cérémonie empreinte d'émotions, à Carbonear, le 1er avril, le docteur Phil Earle - lui-même athlète au-dessus de la moyenne - lui a rendu un vibrant hommage. " Je suis mortifié par la disparition de ce bel homme, " dit Phil. " Lorsque ma grand-mère est morte, il y a 20 ans, j'étais loin et ma mère était toute seule pour tout organiser. Ma mère m'a dit que la première personne venue frapper à sa porte fut M. Howell. Elle a dit qu'il était là chaque jour pour la voir et pour l'aider dans les arrangements funéraires. " Peu connaissaient le côté doux et soucieux de ce mari et père noble. Par exemple, il écrivait des lignes de poésie pour sa femme bien-aimée, Blanche, à chaque fois qu'il en avait l'occasion, et il en a gardé le secret pendant presque 40 ans. Rares furent ceux qui pouvaient égaler sa dévotion pour son épouse dans les dernières années de sa vie, alors que, frappée par la maladie, elle s'accrochait courageusement jusqu'à la fin. La vie doit être vécue - à chaque minute. Ils savent ça à Terre-Neuve. Ma tante et mon oncle le savaient très bien aussi. Len Pike rappela les œuvres de Roy pour la communauté - " employé estimé et respecté, conseiller municipal fidèle et consciencieux, il était vraiment un exemple à imiter dans chacun de nos efforts. " Il allait parfaitement de soi que deux des porteurs de son cercueil fussent membres de l'équipe victorieuse des Caribous de Carbonear de 1958 - Reg Parsons et Carl Penney. La vie est un champ d'honneur. Celle de Roy Howell pouvait en attester. Mon cousin Phil l'a le mieux résumé : " Pour moi, il a établi le modèle de ce que doit être un homme. "
Lumière du Nord Articles tirés du Northern Light du mois d'août-septembre 2001. Supervision : Roger Labelle Traduction : Pierre Duguay, Jacques et Monique Quintal, Richard Rochette. Montage : Roch Richer Correction : Normand Hamel et Roch Richer. Pour diffusion dans toutes les congrégations du Québec. Publication de l'Église Universelle de Dieu © 2001 |