Le christianisme dans le Québec francophone

de Bill Hall

Rédacteur du Northern Light

Ayant grandi dans une petite ville minière du nord de l'Ontario, je me suis vite rendu compte du fait qu'il existait tout un monde en dehors des limites de Wawa. Un jour d'été, à l'âge de quatre ans, j'étais en train de jouer dans le parc de notre quartier avec mes amis plus âgés (ils devaient avoir cinq ou six ans) quand un garçon, appelé Serge, s'est joint à nous dans l'aire de jeu. Étant du même âge, nous sommes rapidement devenus de bons copains. Il me rejoignait souvent au parc ou à la colline de sable derrière chez moi où je jouais avec mes camions et mes autos.

La chose intéressante à propos de Serge était qu'il ne pouvait parler que le français, tandis que moi, seulement l'anglais. Mais nous semblions ne pas nous en apercevoir, et nous avons continué à jouer ensemble jusqu'à ce que nous commencions la maternelle. Je n'ai revu Serge que très rarement jusqu'au secondaire, parce qu'au primaire il fréquentait l'école française catholique.

Cependant, à quelques occasions, nous avons joué au hockey de rue ensemble. Tandis que la plupart de mes amis et moi étions des partisans des Maple Leaf, Serge, pour des raisons évidentes, était toujours un partisan des Canadiens de Montréal.

Ces jours où j'ai grandi à Wawa me sont revenus à l'esprit, il y a quelques années, lorsque je suis tombé sur le livre The Hockey Sweater, de Roch Carrier. L'auteur y relate l'histoire de son enfance à Sainte-Justine, au Québec, où les enfants respiraient le hockey et s'en nourrissaient, tout comme ils le faisaient dans ma ville. Ils avaient aussi leur héros, Maurice Richard, le " Rocket ". Tous les enfants portaient l'uniforme rouge, blanc et bleu des Canadiens de Montréal, avec le numéro 9 de Richard sur le dos.

Mais un jour, ayant découvert que son chandail de hockey était devenu trop petit, Rock a supplié sa mère pour en avoir un nouveau. Comme c'était sa coutume, sa mère en a commandé un autre du catalogue Eaton. Toutefois, à sa grande surprise, Rock a reçu par erreur un chandail des Maple Leaf de Toronto. Sa mère a refusé de le retourner et elle a forcé son fils à le porter lorsqu'il jouait au hockey avec tous les garçons à la patinoire locale. À cause de son chandail offensant, on lui a refusé de jouer et, dans sa frustration, il a perdu son sang froid devant cette forme de persécution et d'injustice. Il a donc été envoyé à l'église pour demander pardon à Dieu. La dernière page du livre montre Rock, sur le balcon de l'église, en train de prier que Dieu envoie cent millions de mites pour dévorer son chandail des Maple Leaf de Toronto.

Dans le présent numéro de Northern Light, nous soulignons les difficultés que rencontrent nos frères et sœurs du Québec francophone, alors qu'ils obéissent au commandement de Jésus de prêcher l'Évangile dans leur contexte. En tant que Canadien de langue anglaise, résidant à l'extérieur de Québec, je ne suis pas toujours au courant de ces difficultés. Nous avons tous tendance à être absorbés par notre situation locale. Parfois, nos cultures et arrière-plans différents sont une cause d'irritation et d'incompréhension. Cependant, lire The Hockey Sweater me rappelle que nous avons beaucoup de choses en commun, comme notre amour pour le hockey. L'histoire du livre de Rock Carrier aurait pu très bien se passer à Wawa (bien que ce serait un chandail des Canadiens de Montréal qui aurait causé des protestations similaires de plusieurs de mes amis).

De même, tandis que notre approche réciproque pour prêcher la Bonne Nouvelle de Jésus peut avoir été adaptée pour correspondre à notre contexte culturel individuel, nous avons toujours une grande chose en commun : notre désir de servir et de suivre notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ

Prions tous ensemble pour son aide dans ce grand effort d'évangélisation.