Église Universelle de Dieu, Canada
Juillet & Août 2005

"Que rien ne se perde"

de Joseph Tkach

pasteur général

Jésus a vu une grande foule venir vers lui, et il a demandé à Philippe: "Où achèterons-nous assez de pain pour tous ces gens?"

Jésus savait déjà ce qu'il allait faire, mais il a posé la question parce qu'il voulait que Philippe réfléchisse et apprenne quelque chose (Jean 6.5, 6 paraphrasé). Jean a inclus cette histoire dans son évangile pour que nous aussi nous réfléchissions et apprenions quelque chose de ce récit.

Signification spirituelle

Avançons rapidement dans l'histoire pour voir ce que Jésus savait déjà qu'il arriverait. Il a nourri miraculeusement une grande foule, et ces gens ont plus tard demandé à Jésus de prouver qu'il était le Messie (v. 30). Jésus leur a répondu: "Car le pain qui vient de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde."

"Seigneur, dirent-ils alors, donne-nous toujours de ce pain-là" (v. 34). Leur réponse a été semblable à celle de la femme samaritaine au puits de Jacob. Lorsque Jésus lui a dit qu'il avait de l'eau qui donne la vie éternelle, elle a dit: "Donne-moi de cette eau-là" (Jean 4.15), et plus tard Jésus a expliqué qu'il parlait de lui-même.

Et en Jean 6, Jésus révèle aussi qu'il parlait de lui-même: "C'est moi qui suis le pain qui donne la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim, celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif" (v. 35). Jésus est le pain qui est descendu du ciel pour donner la vie au monde. Tout comme le pain est nutritif pour notre vie physique, Jésus est la source de la vie et de l'énergie spirituelles.

Le miracle de la multiplication des pains enseigne une vérité spirituelle, et c'est pourquoi Jésus l'a fait, c'est pourquoi il voulait que Philippe y réfléchisse, et c'est pourquoi Jean nous le raconte. Jésus a fait beaucoup de miracles que Jean ne mentionne pas dans son livre, mais l'apôtre en a inclus certains pour nous aider à croire en Jésus (20.30, 31), et pour que nous lui fassions confiance avec notre avenir éternel. Les miracles sont des signes qui montrent la signification spirituelle de Jésus.

Examinons cette histoire de plus près.

C'était presque le temps de la Pâque, nous raconte Jean (v. 3). Le pain était un élément important de la célébration de la Pâque, mais Jésus révèle que le salut ne vient pas du pain physique, mais de lui-même. Jésus a demandé à Philippe: "Où pourrions-nous acheter assez de pain pour nourrir tout ce monde?" (v. 5b.) Et Philippe a répondu: "Rien que pour donner à chacun un petit morceau de pain, il faudrait au moins deux cents pièces d'argent" (environ 5000 $) (v. 7).

André n'a pas spéculé sur le prix, mais il devait avoir de la facilité avec les enfants. Il s'était déjà lié d'amitié avec un garçon et a appris qu'il avait un surplus de nourriture. "Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons. Mais qu'est-ce que cela pour tant de monde?" (v. 9) Peut-être espérait-il qu'il y ait dans la foule quelques autres garçons qui avaient pensé à apporter un lunch.

Jésus lui a dit: "C'est suffisant, faites asseoir tout le monde." Alors la foule s'est assise. Jésus a remercié Dieu pour la nourriture et il en a donné aux gens autant qu'ils en voulaient (v. 11). C'était une foule immense, plus nombreuse que la population de plusieurs villes actuelles, et les gens ont commencé à se dire entre eux: "Sûrement qu'il est le prophète " (v. 14).

Ils pensaient que Jésus était le prophète dont Moïse avait parlé (Deutéronome 18.14-19), et pourtant, ironiquement, ils n'étaient pas intéressés à l'écouter. Ils voulaient faire de Jésus un roi par la force, l'obligeant à satisfaire leur idée de ce qu'un Messie devrait être, au lieu de le laisser faire ce que Dieu l'avait envoyé faire.

Lorsque chacun a eu suffisamment mangé, Jésus a dit aux disciples: "Ramassez les morceaux qui restent pour que rien ne soit gaspillé" (Jean 6.12). Cela ne vous frappe-t-il pas un peu? Pourquoi Jésus voudrait-il ramasser tous les restes? Pourquoi ne pas laisser les gens garder le surplus? Ou l'offrir en aubaine aux oiseaux et aux tamias?

Les disciples ont ramassé douze paniers pleins des restes, raconte Jean, mais ensuite il ne mentionne rien de ce qu'ils ont fait de ces pains à demi mangés. Je pense que quelque chose se passe dans les coulisses. Que se passe-t-il dans le domaine spirituel pour que Jésus ne veuille pas qu'il y ait du gaspillage? Je pense que Jean nous en donne un aperçu plus loin dans le chapitre.

Marcher sur l'eau

Les disciples sont revenus chez eux à bord d'un bateau, mais ils avaient laissé Jésus en plan, sans un autre bateau pour le ramener (v. 17, 22). Jean n'indique pas qu'il y avait quoi que ce soit d'inhabituel dans cela, alors j'en conclus que les disciples laissaient parfois Jésus seul, probablement parce qu'il en manifestait le désir. Il avait sans doute besoin de temps à l'écart des autres pour prier. (J'aimerais souligner que c'est aussi vrai pour les pasteurs aujourd'hui; ils ont besoin de passer du temps seuls, même s'il y aura toujours des gens qui voudront plus de leur temps.)

Autant que je sache, Jésus n'était pas pressé. Il aurait pu revenir à pied à la ville empruntant les routes qui longent le lac. Ou il aurait pu attendre un bateau, comme les autres gens l'ont fait (v. 23). Mais il a marché sur l'eau, apparemment pour apporter une leçon spirituelle.

En Matthieu, la leçon spirituelle est la foi, mais Jean ne dit rien à propos de Pierre qui marche sur l'eau ou qui s'enfonce dans l'eau pour ensuite être sauvé par Jésus. Ce que Jean dit est que, lorsque les disciples ont fait monter Jésus dans leur bateau, "au même moment, ils touchèrent terre à l'endroit où ils voulaient aller" (v. 21). C'est l'élément de l'histoire que Jean veut que nous remarquions.

Si Jésus pouvait se transporter immédiatement là où il le voulait, pourquoi avait-il besoin de marcher sur l'eau? Pourquoi ne s'est-il pas transporté directement à sa destination? À quoi bon? Vous pourriez avoir une meilleure idée, mais voici la mienne. L'histoire nous raconte que Jésus n'est pas limité par les circonstances physiques, et aussitôt que nous acceptons Jésus, nous arrivons spirituellement à notre destination. Il peut ne pas en avoir l'air ainsi, mais Jésus n'est pas limité par les apparences physiques. Spirituellement, la réalité est établie; elle a été réalisée.

Le pain de vie

Les gens cherchaient de nouveau Jésus, désireux d'avoir un autre repas gratuit, et Jésus les a encouragés à chercher plutôt la nourriture spirituelle. "Travaillez, non pour la nourriture périssable, mais pour celle qui dure pour la vie éternelle. Cette nourriture, c'est le Fils de l'homme qui vous la donnera" (v. 24-27), a déclaré Jésus, mais plutôt que de demander ce cadeau, ils lui ont demandé ce qu'ils devraient faire (v. 28). Ils demandaient des œuvres plutôt que la grâce.

"Et que devons-nous faire pour accomplir les œuvres que Dieu attend de nous?" ont-ils demandé, désirant satisfaire les exigences de l'âge messianique. Jésus leur a répondu : "L'œuvre de Dieu [...] c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé" (v. 29). L'âge messianique a déjà commencé, alors n'essayez pas d'entrer dans le royaume par vos propres forces; faites simplement confiance à Jésus, et vous y entrerez. Vous n'avez qu'à faire ce pas et vous y serez!

Serait-ce vraiment si facile? se sont demandé les gens. Ils voulaient une preuve, comme si nourrir 5000 personnes n'était pas assez! "Quel signe miraculeux nous feras-tu voir pour que nous puissions croire en toi? Que vas-tu faire?" (v. 30) Comme exemple d'un miracle qu'ils accepteraient de croire, en cette période de la fête de Pâque, ils ont fait mention d'un miracle de pain comme celui dont il est question dans le livre d'Exode. Moïse avait donné aux Israélites la manne (le pain du ciel) à manger. Certains Juifs pensaient que Dieu leur donnerait aussi la manne à l'âge messianique.

Mais Jésus a dit que le vrai pain du ciel ne nourrit pas seulement les Israélites, mais qu'il donne la vie au monde (v. 33). "Seigneur, dirent-ils alors, donne-nous toujours de ce pain-là" (v. 34). Probablement qu'ils voulaient l'examiner pour voir s'il répondait à leurs critères. Jésus a répondu qu'il était le pain du ciel, la source de la vie éternelle pour le monde.

Les gens avaient vu Jésus opérer des miracles, et ils ne croyaient toujours pas en lui (v. 33-36), parce qu'il ne satisfait pas leurs qualifications d'un Messie. Pourquoi certains ont-ils cru et d'autres, non? Jésus l'a expliqué comme l'œuvre du Père: "Tous ceux que mon Père me donne viendront à moi." Il répète cette idée aux versets 44 et 65: "Personne ne peut venir à moi à moins que le Père l'attire [...] à moins que cela ne lui soit accordé par le Père."

Une fois que le Père nous a attirés, que fait Jésus? Il définit son rôle lorsqu'il dit: "Je ne repousserai pas celui qui vient à moi" (v. 37). Peut-être que les gens partiront d'eux-mêmes, mais Jésus ne les repoussera jamais. Jésus veut faire la volonté du Père, et la volonté du Père est que Jésus ne perde aucun de ceux que le Père lui a donnés (v. 39). Il ne veut que personne ne se perde.

Étant donné que Jésus ne perd aucun de ses enfants, il promet de les ressusciter le dernier jour (v. 39). Cette promesse est répétée aux versets 40, 44 et 54. Jésus souligne que celui qui croit en lui a la vie éternelle (v. 40, 47).

Manger sa chair?

Jésus a aussi dit que les gens qui mangent sa chair et qui boivent son sang ont la vie éternelle (v. 51, 53-56). Tout comme il ne fait pas référence à ce qui provient du blé lorsqu'il affirme qu'il est le pain véritable, de même il ne fait pas référence aux tissus des muscles lorsqu'il parle de manger sa chair.

Certains des Juifs se sont demandé: "Comment cet homme pourrait-il nous donner son corps à manger?" (v. 52). Mais dans l'Évangile selon Jean, c'est souvent une erreur que de prendre les paroles de Jésus au sens littéral. Par exemple, Nicodème a demandé à Jésus comment les gens pouvaient entrer dans le ventre de leur mère et naître de nouveau. (v. 3, 4). De même, la femme samaritaine a demandé à Jésus de lui donner de l'eau vive pour qu'elle n'ait plus besoin de retourner au puits (4.15).

Ils insistaient sur le sens littéral, mais l'histoire montre que Jésus parlait de quelque chose de spirituel. Dans le chapitre 6, Jésus a déclaré: "C'est l'Esprit qui donne la vie; l'homme n'aboutit à rien par lui-même. Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie" (v. 63). Jésus ne parlait pas de son corps physique, mais de ses enseignements.

Et ses disciples ont semblé saisir la leçon. Lorsque Jésus leur a demandé s'ils voulaient s'en aller, Pierre a répondu: "Seigneur, vers qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle" (v. 68). Pierre ne pensait pas à avoir accès à la chair de Jésus; il se concentrait sur les paroles de Jésus. Le message constant du Nouveau Testament est que le salut vient par la foi, et non par une nourriture ou un breuvage spécial.

Du ciel

Jésus répète une autre chose à maintes reprises dans ce chapitre: qu'il vient du ciel (v. 33, 38, 41, 42, 50, 51, 58, 62). Les gens devraient croire en Jésus parce qu'il est venu du ciel. Il est absolument digne de confiance non seulement parce qu'il a un message du ciel, mais parce que lui-même vient du ciel.

Les chefs religieux n'aimaient pas son enseignement (v. 41), et certains des disciples de Jésus ne pouvaient pas non plus l'accepter (v. 66), même après que Jésus eut clairement expliqué qu'il ne parlait pas de sa chair comme telle, mais que ses paroles étaient la source de la vie éternelle. Ils étaient troublés par le fait que Jésus déclarait qu'il venait du ciel, et donc qu'il était plus qu'un être humain.

Mais Pierre savait qu'il ne pouvait aller nulle part ailleurs, car seul Jésus avait les paroles de la vie éternelle (v. 68). Pourquoi savait-il que seul Jésus avait ces paroles? Parce que seul Jésus est "le saint, envoyé de Dieu" (v. 69). C'est pourquoi ses paroles sont dignes de foi, et qu'elles sont esprit et vie. Nous croyons en Jésus non seulement à cause de ses paroles, mais à cause de qui il est. Nous ne l'acceptons pas à cause de ses paroles, mais nous acceptons ses paroles à cause de qui il est.

Étant donné que Jésus est le saint, envoyé de Dieu, nous pouvons avoir confiance qu'il fera ce qu'il a dit: il ne repoussera personne, mais il nous ressuscitera au dernier jour (v. 39). Même les miettes seront ramassées pour que rien ne se perde. C'est la volonté du Père, et c'est quelque chose qui vaut la peine qu'on y réfléchisse.