Église Universelle de Dieu, Canada
Juillet & Août 2004

Les femmes dans la direction - de l'Église : introduction

de Joseph Tkach

pasteur général

En 2003, nous avons annoncé dans le Northern Light que l'Église universelle de Dieu considérerait officiellement le rôle qu'occupent les femmes dans l'Église. Nous avions alors invité les membres et les pasteurs à nous faire parvenir le fruit de leur recherche. Comme nous nous y attendions, nous avons reçu diverses réponses sur cette question controversée. Certaines étaient bien réfléchies, tandis que d'autres consistaient en des opinions sans appui particulier.

Les membres de notre équipe doctrinale ont lu les exposés et discuté de la question pendant plusieurs mois ; d'autres mois de discussion sont à prévoir. Dans le présent numéro du Northern Light, nous publions un article introductif sur le sujet. Cet article est un produit du comité et, bien que les membres de l'équipe doctrinale ne voient pas exactement cette question du même œil, nous présentons ici certains points d'introduction sur lesquels nous sommes d'accord.

Le sujet est parfois abordé comme " les femmes dans le ministère ", mais il faut constater qu'il y a toujours eu des femmes dans le ministère, c'est-à-dire des femmes qui ont servi dans l'église dans diverses fonctions, de même que des femmes qui ont été des respon-sables de groupes dans l'église (bien que leur rôle comme responsable n'était pas toujours reconnu par un titre spécifique).

La question qui se pose devant nous est de savoir si les femmes peuvent ou non être ordonnées comme anciennes. Une question qui y est reliée serait de savoir si les femmes peuvent servir ou non dans des postes de direction qui sont généralement réservés aux anciens, tels que pasteur principal, surintendant de district, etc.

Ce n'est pas simplement une question théorique. Dans certaines de nos plus petites congrégations, les femmes occupent déjà des fonctions de responsabilité spirituelle. À mesure que l'Église universelle de Dieu en apprenait davantage sur les dons spirituels et les ministères laïcs, nous avons observé que les dons dans des domaines du service spirituel, tels que la direction des louanges, les études bibliques, la prédication et le soin pastoral, ne sont pas limités aux hommes.

Dans certains cas, les femmes servent présentement au sein d'équipes de responsables dans la congrégation, non à cause d'une pression quelconque pour obtenir une représentation féminine, mais parce que la congrégation a cru, avec l'assentiment du surintendant de district, que ces femmes en particulier possédaient la maturité spirituelle et appartenaient à l'équipe de direction pastorale.

Avant d'aborder le sujet, soulignons que certains membres de notre équipe doctrinale estiment que ces femmes peuvent être ordonnées comme anciennes, tandis que d'autres croient que les Écritures défendent l'ordination des femmes comme anciennes, et que certains autres sont indécis. Notre but est de comprendre ce que dit la Bible à ce sujet. Nous sommes d'accord sur les points fondamentaux, tels que présentés dans l'article ci-dessous.

Nous prévoyons publier d'autres articles au fur et à mesure que nous poursuivons systématiquement l'étude de la question. Notre prochain numéro traitera de l'ordination : que veut dire au juste ordonner une personne pour occuper une fonction dans l'église ? Dans d'autres articles, nous examinerons les principales Écritures pertinentes pour voir ce qu'elles enseignent et n'enseignent pas.

Nous estimons qu'il est tout aussi important pour les membres de considérer une décision, comme il l'est de lire la décision finale. C'est ma prière que nous apprenions tous de ce processus et que, comme Paul l'a écrit, vous pourrez " connaître pleinement sa volonté, en vous donnant, par le Saint-Esprit, une entière sagesse et un parfait discernement. Ainsi vous pourrez avoir une conduite digne du Seigneur et qui lui plaise à tous égards. Car vous porterez comme fruit toutes sortes d'œuvres bonnes et vous ferez des progrès dans la connaissance de Dieu " (Colossiens 1.9,10).

Au service de Jésus,

Joseph Tkach

Les femmes dans la direction de l'église

Introduction à la question

L'Énoncé des croyances de l'Église universelle de Dieu ne mentionne rien au sujet des femmes dans la direction de l'église. Cependant, il spécifie que la Bible fait " totalement autorité en ce qui concerne toutes les questions relatives à la foi et à la pratique ". Notre désir alors est de savoir ce que la Bible déclare sur le rôle des femmes dans l'église. L'Écriture est notre point de départ et l'autorité finale.

Notre Énoncé des croyances souligne également que nous acceptons de croître en connaissance et d'obéir à la direction de Dieu. Nous reconnaissons que nous ne comprenons pas toujours parfaitement l'Écriture. Certaines parties sont difficiles à saisir, tandis que d'autres sont faciles à comprendre mais difficiles à mettre en pratique.

L'Écriture nous invite souvent à résister aux orientations de la société mais, à d'autres occasions, elle nous encourage à suivre les coutumes culturelles. Par exemple, l'Écriture rapporte le commandement suivant : " Saluez-vous les uns les autres en vous donnant le baiser fraternel " (Romains 16.16 ; 1 Pierre 5.14). Bien que les chrétiens dans certaines cultures n'éprouvent aucun problème avec ce commandement, les gens en Amérique en ont généralement et, dans l'Église universelle de Dieu, nous avons longtemps considéré ce commandement comme étant fondé sur la culture et non sur une vérité intemporelle. Nous encourageons les membres à appliquer le principe du commandement sans y obéir littéralement, même si Paul n'a jamais pensé que le jour viendrait où un baiser serait offensant plutôt qu'amical.

Quand Pierre et Paul ont écrit à propos de ce commandement sur le baiser fraternel, ils étaient influencés par leur culture. Quand Paul a dit aux esclaves d'obéir à leurs maîtres (Éphésiens 6.1), il tenait compte de la culture ; il ne prônait nullement l'esclavage. Il ne fait aucun doute que certains de ses commandements ne s'appliquent qu'à sa culture. D'autres de toute évidence sont intemporels, et il y en a d'autres qui se situent à mi-chemin et sont discutables.

Or, le point est le suivant : Comment pouvons-nous savoir quand un commandement biblique est fondé sur la culture et doit être modifié pour répondre aux différentes cultures dans lesquelles nous vivons aujourd'hui ? Comment pouvons-nous savoir quand un commandement est intemporel ? Quand Paul écrit qu'il n'est pas permis pour une femme d'enseigner ou de prendre autorité sur les hommes (1 Timothée 2.12), exprime-t-il simplement son opinion (après tout, il l'émet comme quelque chose qu'il fait et non comme un commandement), ou devrions-nous traiter sa directive comme une règle permanente pour l'Église ?

Comment décidons-nous quelle est la volonté de Dieu ? C'est une question non seulement sur ce que dit l'Écriture, mais sur ce qu'elle signifie pour nous aujourd'hui. Devrions-nous l'appliquer littéralement ? Ou devrions-nous analyser (comme pour Romains 16.16) quel principe se dégage des paroles de Paul et suivre cet exemple ? Examinons ensemble un exemple d'un conflit entre l'Écriture et la culture. Bien que cet exemple ne soit pas un prototype exact pour le sujet des femmes dans l'Église , il sert à illustrer la question.

Comparaison avec l'esclavage

En 1 Timothée 6.1,2, Paul dit aux esclaves chrétiens de respecter leurs maîtres chrétiens mais ne commande jamais aux maîtres de libérer leurs esclaves. Paul appuie-t-il l'esclavage comme l'ont prétendu beaucoup d'Américains du 19e siècle ? Ou se conformait-il simplement à la culture pour que l'Évangile ne soit pas considéré comme un ennemi de la société, et éviter que " le nom de Dieu soit blasphémé et notre enseignement dénigré " ?

Même si l'esclavage avait quelques fonctions positives dans la société ancienne, Paul aurait pu s'élever contre l'esclavage le décriant comme avilissant et contraire à l'amour qui devait caractériser le peuple de Dieu, et comme une violation à l'ordre de la création. Mais il s'en est abstenu ; il ne s'est pas non plus opposé au système politique de Rome , à la brutalité fréquente de l'armée, ou aux méthodes injustes employées pour collecter les impôts.

Néanmoins, l'Évangile met la culture au défi. Il nous met au défi de traiter les pauvres avec respect et de ne pas favoriser le riche (Jacques 2.1-7). L'Évangile a mis les Juifs au défi de traiter les Gentils comme leurs égaux ; il a mis Philémon au défi de traiter son esclave Onésime " comme un frère très cher " (Philémon 16). Si les maîtres avaient traité leurs esclaves comme des membres de la famille, alors l'esclavage aurait vite disparu ; l'Évangile mettait ainsi au défi les attitudes qui permettaient l'existence de l'esclavage. L'Évangile a semé l'idée qui a remis en question l'injustice de l'esclavage, mais la Bible n'attaque pas directement l'esclavage.

Aujourd'hui, certains disent que l'Évangile sème également l'idée qui remet en question les restrictions hommes-femmes. Galates 3.28 dit: " Il n'y a donc plus de différence entre les Juifs et les non-Juifs, entre les esclaves et les hommes libres, entre les hommes et les femmes. Unis à Jésus-Christ, vous êtes tous un. " Ce verset parle d'égalité en ce qui concerne le salut, mais sème-t-il aussi l'idée d'une égalité dans les positions de direction dans l'église? Est-ce possible pour des gens d'avoir la même importance dans l'église sans pouvoir tenir les mêmes rôles ? Par ailleurs, l'église ne traite plus les Juifs et les Gentils de façon différente; si nous dénonçons comme injuste l'existence de l'esclavage, ne devrions-nous pas aussi cesser de faire des distinctions entre les hommes et les femmes lorsqu'il s'agit de positions de direction dans l'église?

En d'autres mots, lorsque Paul a dit que les femmes devaient garder le silence dans les églises, se conformait-il simplement à sa culture, tout comme il le faisait pour l'esclavage, sachant que l'Évangile corrigerait un jour le problème? S'attendait-il à ce que ses commentaires en Galates 3.28 contrebalancent un jour ses commentaires en 1 Timothée 2.12 ? Ou était-il si près de sa culture qu'il n'a jamais réellement songé à cela, tout comme il a probablement présumé qu'un baiser fraternel serait toujours convenable et approprié ?

Histoire

L'Église n'a pas toujours été du bon côté en ce qui concerne les questions culturelles. Au sujet de l'esclavage, certaines églises chrétiennes ont été au premier rang du mouvement pour l'émancipation. Mais au 20e siècle, beaucoup d'églises ont résisté au mouvement culturel pour l'égalité sociale des descendants de ces esclaves. Parfois la culture a raison, d'autres fois elle a tort.

La culture pose parfois des questions éthiques mais, pour les chrétiens, la culture ne peut y répondre. Nous regardons plutôt à l'Écriture comme le fondement pour ce que nous faisons. Même si certaines cultures dans les années 1930 ont dit qu'il fallait traiter les Juifs comme une nuisance moins qu'humaine, l'Évangile dit que les chrétiens auraient dû résister à la tendance culturelle, même si certaines églises y ont adhéré. Mais lorsqu'il s'agit de l'autorité des femmes dans l'église, il semble que l'église réagisse à la culture au lieu d'être une force initiatrice.

Néanmoins, nous croyons que le registre biblique, en ce qui a trait aux femmes dans des rôles de direction, exige une étude minutieuse ainsi qu'une réponse détaillée à la question de l'ordination des femmes comme anciennes.

Composer avec les différences

Étant donné qu'aucun groupe ne possède une compréhension parfaite de toutes les questions, il existe certaines différences d'opinion sur l'interprétation biblique, même lorsqu'il y a accord sur les doctrines les plus fondamentales de la foi. Certains chrétiens pensent que la Bible commande aux femmes de demeurer complètement silencieuses dans l'église, tandis que d'autres pensent le contraire, même lorsque les deux groupes qui affichent des points de vue différents croient en l'autorité et en l'exactitude de la Bible.

Certains chrétiens estiment que les femmes doivent se couvrir la tête lorsqu'elles sont dans l'église, d'autres non. La question n'est pas de savoir si nous croyons ou non à la Bible mais de comprendre ce qu'elle enseigne. Les restrictions bibliques sur les femmes sont-elles culturelles, comme le baiser fraternel, ou permanentes comme la prohibition de l'adultère?

Puisque les chrétiens conservateurs sont divisés sur la question, nous serions naïfs de penser que nous en viendrons à un consensus. Peu importe à quelle conclusion nous parviendrons, certains membres estimeront que nous n'avons pas considéré justement l'évidence. Que devraient-ils faire alors? Ce différend est-il suffisamment important pour quitter l'église? Nous ne le pensons pas (et il est possible que même l'équipe doctrinale ne soit pas unanime). Notre unité dépend de Christ et non d'un accord complet sur chaque point de doctrine.

Bon nombre de doctrines sont essentielles à la foi chrétienne; par exemple, l'église doit enseigner qu'il n'y a qu'un seul Dieu et que nous sommes sauvés par grâce en croyant à Jésus-Christ. Cependant, il existe beaucoup d'autres doctrines qui ne sont pas essentielles à notre foi mais qui sont des directives ou des règles de conduite pratiques pour notre vie présente, et celles-ci peuvent différer d'une culture à une autre ou d'une époque de l'histoire à une autre.

Nous désirons bien comprendre ces règles de conduite, mais nous devons aussi reconnaître qu'elles ne sont pas essentielles à la vie chrétienne. Nous croyons que la fonction des femmes comme anciennes est l'une de ces doctrines. C'est une règle de conduite qui ne fait pas partie de notre Énoncé de croyances. Les gens ne doivent pas quitter l'église s'ils pensent que nous avons tort à propos du millénium, non plus doivent-ils partir s'ils estiment que nous avons tort sur le rôle des femmes dans l'église.

Peu importe qui sont les anciens dans la congrégation; ils ne sont pas parfaits et dans tous les cas nous devons tous les respecter. Qu'un ancien soit une femme ou non, nous devons peser nos paroles, accepter la vérité et ne pas tenir compte des erreurs mineures. Nous aimerions faire partie d'une église qui possède et garantisse toutes les bonnes réponses, mais une telle église n'existe pas. Notre croissance spirituelle ne dépend pas de notre adhérence à une église parfaite. Nous devons plutôt apprendre à faire de notre mieux dans les circonstances actuelles, mettant notre confiance en Christ pour nous couvrir de sa justice.

Bien sûr, certains membres seront déçus si nous permettons aux femmes de devenir anciennes, et d'autres seront également déçus si nous ne le faisons pas. Nous ignorons la proportion des membres qui sont en faveur ou contre; de toute façon, pour effectuer notre tâche cela importe peu. Notre travail consiste à discerner ce que Dieu veut que nous fassions, et nous nous concentrerons conséquemment sur une étude faite dans la prière. Nous consulterons fréquemment les pasteurs et leurs superviseurs à mesure que nous partagerons les résultats préliminaires de notre recherche, et nous vous en informerons au moyen de notre magazine Northern Light et de notre site Web.

Nous vous demandons de prier et d'étudier avec nous la question soulevée. Nous apprendrons tous et, en partageant les forces et les faiblesses des divers arguments, nous espérons que la grande majorité d'entre vous sera d'accord avec les résultats.