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" Et le gagnant est... " par Neil Earle pasteur de la congrégation de Glendora, en Californie I l n'y a pas si longtemps, un réseau américain de télévision diffusait une télésérie animée en deux parties sur les 100 personnes les plus influentes du millénaire. Beaucoup de nationalités, comme les Britanniques, ont fait bonne figure, grâce à Isaac Newton, au deuxième rang, et Charles Darwin, au quatrième. Les présentateurs du réseau prédirent qu'ils provoqueraient l'argument du siècle. Par exemple, le dirigeant turc Suleiman le Magnifique (1520-1566), le bâtisseur des murs actuels qui entourent Jérusalem, a été évalué au 100e rang. Winston Churchill a été voté au 52e rang.Que vous soyez pour ou contre, c'était un projet intrigant. Une question de conscience En scrutant le passé, qui choisiriez-vous comme étant la personnalité la plus influente du dernier millénaire ? J'ai mentionné mon choix à ma femme, Susan. C'était le réformateur allemand et théologien, Martin Luther. Luther est né en 1483 et est mort en 1546. Il a été la principale figure de la Réforme protestante. Il fut un géant à une époque de personnages extrêmement influents. Machiavel, Michel-Ange, Érasme et Sir Thomas More étaient ses contemporains ; Christophe Colomb mettait les voiles alors que Luther allait encore à l'école secondaire. Luther est né à Eisleben, dans l'ancienne Allemagne de l'Est. À une époque où le taux de mortalité infantile était de plus de 60 %, le jeune Luther a eu de la chance simplement de pouvoir naître. Son père, Hans Luder, était un petit entrepreneur possédant six mines et deux fours pour la fonte du cuivre. L'amour de Luther pour la musique compensait la rude éducation de parents qui se souciaient de lui, mais qui pouvaient se montrer durs dans leurs punitions. À l'âge de 16 ans, le jeune Luther était déjà un étudiant compétent en latin et il fut envoyé à l'université d'Erfurt. Là, son esprit vif fut enfin remarqué - Luther a gradué avec une maîtrise en administration, en 1505, à l'âge de 22 ans, et eut comme surnom " le philosophe ". Son père décida que maître Martin ferait un bon avocat et le jeune homme fut d'accord. Un jour, cependant, en marchant de Mansfeld à Erfurt, Martin fut pris dans un violent orage. La foudre le cloua au sol et il s'écria alors, comme n'importe quel bon catholique : " Aide-moi, Sainte-Anne ! Je deviendrai moine! " Il honora sa parole. En 1507, il célébra sa première messe et il devint le membre le plus pieux de l'ordre des Observateurs d'Augustin. Selon James Kittelson, dans son livre intitulé Luther, le Réformateur, ses amis et associés ne pouvaient détecter dans le jeune moine le moindre trait remarquable qui ferait de lui une figure si imposante dans à peine dix ans. Luther dit plus tard : " Si on avait pu gagner le ciel en tant que moine, alors j'aurais été de ceux-là. " Une époque orageuse Luther vivait à une époque de saints, de pèlerins et de mortalité effrénée. C'était la fin du Moyen-Âge et la théologie catholique était en déclin. La population d'Europe oscillait entre se faire dire : " Faites ce qui est en votre pouvoir ! ", ou alors supporter de la part du prêtre une série de pénitences, de confessions et d'oppression. Le jeune et ascétique Luther savait ce que c'était que de se priver d'alimentation et de boisson, de supporter des nuits sans sommeil et de subir les douleurs de la flagellation. Cela nous mène au coeur du récit. Longtemps après qu'il eut défié les puissances déjà établies, Luther écrivit combien sa cause s'identifiait à sa conscience : " Quoique j'aie vécu en moine sans reproche, je me suis senti, à cause de la conscience la plus troublée qu'on puisse imaginer, pécheur devant Dieu. Je n'ai pas aimé, et j'ai en fait détesté, le Dieu juste qui punissait les pécheurs et j'étais secrètement fâché contre Dieu, et j'ai dit : "En effet, n'est-il pas suffisant que de malheureux pécheurs, perdus pour toujours à cause du péché éternel, soient écrasés par toutes sortes de calamités, selon la loi des Dix Commandements, sans avoir, en plus, un Dieu qui ajoute douleur sur douleur par la menace évangélique de sa justice et de sa colère ?" " Une sincérité et une honnêteté si vraies marquèrent la vie de Martin Luther. Et, quoique le monde connaisse bien le reste de son histoire - sa croisade contre une religion d'indulgences, d'aumônes et de justice par des œuvres excessives - peu apprécient le sérieux et la ferveur avec lesquels Luther a poursuivi le débat. Pour lui, c'était toujours une question de conscience - comment un homme ou une femme pouvait-il être juste devant Dieu ? Contre des barrières élevées par les hommes, la vraie foi de Luther a ranimé ce que bon nombre dans le christianisme avaient oublié : le message simple de la justification par la foi. Ou, comme il l'a exprimé : " La plus grande justice (...) ni politique ni cérémonielle. " C'était le jeu d'appel du simple clairon de Luther contre l'incertitude de l'assoupissement de la conscience de l'époque. Il avait la simplicité d'un génie. C'est pourquoi nous pouvons mieux nous rappeler Luther comme le candidat au rang d'homme du Millénaire. Nous devons le voir comme ses contemporains l'ont vu : un fervent pasteur, souvent du côté du pécheur troublé, un évangéliste suprême pour qui ce qui importait le plus était la paix avec Dieu (Romains 5:1), un sauveteur de la conscience agitée par les questions concernant Dieu. C'est bien connu, Luther pouvait être aussi brutal que n'importe quel paysan, et sa colère contre ceux qui s'opposaient à son évangile pouvait être épouvantable. Il a été accusé d'antisémitisme et cette charge est bien-fondé. Mais, face aux nombreux défauts de Luther, nous devons nous rappeler ceci : le message crucial du salut par la foi était en danger d'extinction dans le christianisme européen. Dieu a envoyé un homme qui pouvait rectifier la foi face aux mille et une distractions et la rendre de nouveau attrayante. Le réformateur hollandais, Érasme, a dit de lui : " Dieu a suscité un médecin compétent, en ces derniers temps, à cause de leur grande maladie. " La paix avec Dieu Le début de la carrière de Luther rappelle remarquablement celle de l'apôtre Paul, autre fervent chercheur, presque distrait de la voie par la vaine tentative de trouver la justice par le moyen d'un code extérieur (Romains 7:14-20). Après de grandes convulsions spirituelles et beaucoup de bouleversements personnels et douloureux, Luther trouvera finalement la justice divine, la justice qui vient de Dieu grâce à la foi (Philippiens 3:9). C'est pourquoi sa parole s'élève avec espoir, gaieté et optimisme à la pensée du Dieu Tout-puissant, omniscient, qui est encore du côté des pécheurs repentants par l'œuvre de Jésus-Christ. " Bien que je sois un pécheur selon la loi, par la connaissance de la justice de la loi, " a écrit Luther, " je ne désespère pourtant pas, je ne meurs pas, parce que Christ vit, il est ma justice ainsi que ma vie éternelle et céleste. Dans cette justice et cette vie, je n'ai aucun péché, aucun remord de conscience, aucune inquiétude face à la mort. " Considérez son appel à l'Évangile adressé aux pécheurs pour embrasser la vraie foi en échappant au piège " de la grâce facile " : " La foi est quelque chose que Dieu effectue en nous. Elle nous change et nous sommes nés de Dieu... Ô, lorsqu'il s'agit de la foi, quelle vie créatrice, active et puissante elle est ! Elle ne peut pas faire autre chose que du bien à tout moment. Elle n'attend jamais pour demander s'il y a quelque bonne œuvre à faire; avant que la question ne soit plutôt soulevée, elle la fait et continue à la faire. " Notez la confiance sereine et suprême de Luther en la puissance du pardon de Dieu : " Le christianisme n'est rien d'autre qu'une expérience continue du sentiment que vous n'avez aucun péché, bien que vous péchiez, mais que vos péchés sont jetés sur les épaules de Christ. " Cela dit tout. C'est grâce à cette confiance quotidienne que Luther a affronté l'institution la plus puissante de son époque, la Papauté, et lui a montré à écouter. Luther était un homme médiéval dans ses confessions ouvertes de conflits continuels avec le diable. Comme Heiko Obermann a dit, dans Luther : Un homme entre Dieu et le diable : " Une analyse psychiatrique aurait privé Luther de toute chance d'enseigner dans une université actuelle. " Le grand évangéliste Oui, maître Martin était un homme de son époque. Mais il était un homme très moderne en ce qu'il s'est grandement confié au monde en général sur ses luttes intérieures. Il n'hésitait aucunement à discuter publiquement de sa propre maladie, de même que d'en proclamer le remède avec puissance. Ses efforts d'attentive introspection, faits parfois de manière peu flatteuse dans ses écrits, donnèrent à ceux-ci un piquant que l'on peut toujours ressentir plusieurs siècles après. Pour ceux qui étudient attentivement ses ouvrages, le grand évangéliste était vraiment le grand journaliste de la presse à scandales de l'époque. " Quel est l'homme dont le cœur, en entendant ces choses, ne se réjouira pas de leur profondeur et, en recevant un tel réconfort, ne s'attendrira pas au point qu'il aimera Christ comme il ne pourrait jamais l'aimer à l'aide d'une loi ou des œuvres, " a dit Luther. " C'est parce qu'il croit que la justice de Christ est sienne et que son péché n'est pas le sien, mais celui de Christ et, donc, que tout péché est avalé par la justice de Christ. " Et qu'en est-il de l'héritage de Luther, paroles que nous rejetons trop facilement aujourd'hui ? Dans le processus de confrontation du christianisme avec le salut par la grâce, Luther a apporté trois contributions principales au monde en général. Elles étaient monumentales.
Le grand bûcheron Cependant, Luther n'était qu'humain, et même très humain. Il mit dans l'embarras jusqu'à ses défenseurs les plus loyaux. Ses diatribes contre les Juifs, les paysans, les Turcs et les radicaux en rendent la lecture douloureuse même aujourd'hui. " Je suis né pour aller à la guerre et livrer un combat (...) Je dois déraciner les souches et élaguer les buissons, " a-t-il déjà dit, lors d'une modeste tentative pour s'excuser. " Je suis le grand bûcheron qui doit purifier la terre et la niveler. " La Réforme fut un des grands tournants de l'histoire ; pour les protestants dévoués, le tournant clé après les événements du premier siècle. S'il en est ainsi, si nous devons juger les personnes selon leur époque et leur influence après leur mort, alors les chrétiens doivent reconnaître que Martin Luther se classe peut-être comme la personnalité la plus décisive du dernier millénaire. Oh, à propos, le programme du réseau a placé Luther au troisième rang de sa liste, derrière Isaac Newton. Numéro un ? Gutenberg, l'imprimeur et l'inventeur du caractère mobile. Luther aurait pu être d'accord avec ce choix. Sans Gutenberg, aucun Nouveau Testament n'aurait été imprimé et peut-être que la Réforme de l'église n'aurait pas réussi. Cela semble juste. Qu'en pensez-vous ? Lumière du Nord Articles tirés du Northern Light du mois d'août-septembre 2001. Supervision : Roger Labelle Traduction : Andrée Arsenault, Pierre Duguay, Jacques et Monique Quintal, Richard Rochette, Jeanne Messier. Montage : Roch Richer Correction : Normand Hamel et Roch Richer. Pour diffusion dans toutes les congrégations du Québec. Publication de l'Église Universelle de Dieu © 2001 |