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Chapitre 2 La controverse au sujet de Genèse 1 L es chrétiens qui acceptent la Bible comme divinement inspirée ont toujours été profondément troublés au sujet des développements scientifiques impliquant Genèse 1. L'évidence rencontrée dans les manuels scolaires au sujet des millions d'années proposés pour expliquer la préhistoire humaine peut paraître vraiment irrésistible donc potentiellement destructrice pour la foi en la Parole de Dieu. De 1910 à 1915, un groupe de protestants américains fermèrent les rangs autour d'un ensemble de formules doctrinales qui devinrent connues comme "les essentielles" ou "les fondamentales." Les principes essentiels étaient une série de 12 volumes développés pour défendre le christianisme biblique face aux défis théologiques des protestants libéraux ou avant-gardistes.L'une des menaces contre la Bible, dans l'esprit de plusieurs fondamentalistes, était la montée de la pensée évolutionniste par la publication "The Origin of Species" de Charles Darwin en 1859. Ils avaient raison d'avoir peur de l'effet potentiellement destructeur du Darwinisme. Un grand nombre de fondamentalistes avait appris que l'infaillibilité biblique exigeait une adhésion à la notion d'une Terre âgée de 6,000 ans et une compréhension littérale des six jours et nuits de Genèse 1. Dans quelques cercles religieux, cette vision est devenue l'épreuve du papier tournesol de l'orthodoxie biblique. La Théorie de l'Intervalle En 1909, la "Scofield Reference Bible", inspirée par des visions fondamentalistes, fit certaines concessions au Darwinisme en popularisant la Théorie de l'Intervalle ("Gap Theory"). La théorie de l'intervalle postulait que Dieu, à l'origine, fit la création parfaite et que celle-ci fut détruite par la rébellion pré-Adamique de Satan le diable, qui était, dans sa forme originale, le chérubin Lucifer. Scofield et d'autres pressentaient que les écritures telles que Révélation 12:7-9, Ésaïe 14:12-15, Ézéchiel 28:11-19 et Job 38:1-7 pouvaient s'harmoniser et supporter un récit de conflit cosmique qui aurait laissé la terre "sans forme, et vide" (Genèse 1:2). Ainsi la théorie de l'intervalle cherchait à frapper les flans du Darwinisme. Elle avançait la rébellion de Satan comme explication pour la destruction des dinosaures et des autres découvertes géologiques. Quelques-uns de la communauté de ceux qui adhèrent à la bible embrassèrent la position de Scofield. D'autres pas. Quelques-uns des récalcitrants à la Théorie de l'Intervalle tinrent en haute estime la version de l'inspiration divine telle que Scofield l'avait formulée, et reconnurent la faiblesse de la théorie. Le concept de l'existence d'un rival satanique qui pourrait ravager la création de Dieu, ont-ils souligné, laissait miroiter une remise en question de la toute connaissance du Créateur, et de son souverain contrôle. Ils avançaient de plus que le texte hébreu ne supportait pas l'opinion de Scofield à l'effet que la traduction du mot "était" dans Genèse 1:2 devait se lire devint. La controverse au sujet de Genèse 1 prit de l'ampleur avec l'accumulation dramatique des connaissances scientifiques dans les années 1960. Quelques chrétiens inquiets parmi ceux qui voulaient s'en tenir à l'autorité des Écritures commencèrent à tendre l'oreille aux créationnistes scientifiques. Toutefois, plusieurs de ces créationnistes focalisaient davantage à valider le déluge de Noé comme un mécanisme pour expliquer le dossier géologique qu'ils ne l'ont été au sujet de Genèse 1. Ce point était et est souvent perdu de vue dans le débat. Une Approche toute Fraîche La plupart des étudiants consciencieux des textes hébreux ont refusé d'entrer dans cette controverse. Ils se sentaient inconfortables avec un système théologique qui semblait être en conflit avec la science moderne. Une position mitoyenne a émergé parmi les érudits conservateurs. Ces théologiens et enseignants de la Bible se souvenaient de l'époque où eut lieu un clivage entre le scientifique Galiléo Galilei (1564-1642) et l'église. Au début des années 1600, les défenseurs bien intentionnés de la Bible ont pressenti que quelques-unes des nouvelles découvertes en astronomie minaient quelques-uns des passages des écritures comme le Psaume 19:4-6, dans lequel le soleil est poétiquement décrit comme un athlète faisant une course dans le ciel lorsqu'il " s'élève d'un côté et qu'il finit son circuit de l'autre côté. " Cela, plaide le théologien Richard Muller, est "une description simpliste du monde tel qu'il apparaît aux yeux et tel qu'il est raconté à un individu" (International Standard Bible Encyclopedia, Vol. 4, page 1113). Même aujourd'hui, par habitude nous faisons référence au lever du soleil et au coucher du soleil mais non scientifiquement. Plusieurs descriptions bibliques du monde qui nous entoure sont du style homocentrique - centrée sur le point de vue de l'homme, comme nous le voyons dans des passages comme Psaume 104 et Job, chapitres 38 à 41.
Un écrivain canadien, James Houston, un ancien chancelier du Regent College de Vancouver, écrivit au sujet de Genèse 1: "Ce n'est pas un compte rendu primitif des origines de l'univers, mais plutôt celui au sujet de Qui a amené toutes choses à l'existence" ("I Believe in the Creator", page 46). Genèse I enseigne aux Israélites, qui sont tentés de faire des compromis avec les attraits séduisants du paganisme (Exode 20:4-6; Jérémie 10:1-5), qu'il n'y a seulement qu'un Dieu. L'Être qu'ils adoraient comme Yahweh était le grand Créateur lui-même! "S'Il avait choisi d'inspirer un traité scientifique," insiste David E O'Brien, "je n'ai pas de doute qu'Il nous en aurait donné tout un, qu'une armée d'Einstein aurait besoin de plusieurs millénaires pour nous en révéler la substance... Il a choisi avec soin de ne pas affubler Sa révélation d'un langage scientifique qui lui-même deviendrait désuet avec les années. (Today's Handbook for Solving Bible Difficulties, pages 168,169). Plusieurs auteurs sont d'opinion que le point culminant du compte rendu hébreu de la création est l'appel à l'adoration du Dieu unique (Genèse 2:1-3). Cependant, peu de gens ont interprété le repos du septième jour de Dieu dont le verset 2 fait référence "il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu'il avait faite."- comme une indication que Dieu a eu besoin d'un temps littéral de repos.
Dieu, bien sûr, n'a pas besoin de se reposer. L'interprétation logique de Genèse 1 est qu'il était important aux Israélites de savoir que la création en elle-même était une raison de louer et d'adorer Dieu. Donc, le but de Dieu dans Genèse 1 n'était pas de fournir un manuel scientifique. Le but du chapitre est 1) la création de l'homme et de la femme, et 2) le besoin pour le genre humain et Dieu le Créateur d'être un comme on le voit dans la création du septième jour. "La narration met l'emphase sur deux points importants, la création du genre humain et le sabbat. On pourrait mieux l'exprimer en affirmant que la création de l'espèce humaine est le couronnement, mais le sabbat est son objectif suprême " (Henri Blocher, In the Beginning, page 57). Pour résumer simplement, Genèse 1 confirme que le Dieu d'Israël est le Créateur de toutes choses et que, parce qu'Il a existé, il y a un but et une signification à la vie humaine. Un "Hymne à la Joie" hébreu Ceux qui ont lu Genèse 1 en hébreu apprécient la beauté du langage et ses structures littéraires. Pour Ronald F. Youngblood, le compte rendu de la création "est écrit dans le format d'une prose bien dosée et majestueuse... Son enseignement a pour but de nous inciter à nous interroger au sujet de qui nous sommes et d'où nous venons et son emphase est mise sur la vie plutôt que la mort " (The Book of Genesis : An Introductory Commentary, pages 21, 23) Ce sont des thèmes magnifiques. Dans Genèse 1, Dieu a inspiré un compte rendu qui met en place la doctrine qui donne le ton au reste des Écritures. Les étudiants de la langue hébraïque remarquent au sujet du rythme, une marche au pas, simple mais un mouvement énergique de la langue, l'expression d'un contrôle aisé de la part de Dieu aussi bien que de sa joie dans l'exécution de son œuvre. Dans ce contexte, alors, Genèse 1 s'élève comme un "Hymne à la Joie" hébraïque, l'ouverture majestueuse des grands thèmes et des messages de la Bible. La langue hébraïque est cadencée et pleine de force. Elle est établie avec des expressions animées. Genèse 1 n'y fait pas exception. Le verset 2 contient l'expression musicale tohu wabohu ("informe et vide"), approximativement l'équivalent de nos expressions colorées anglaises ("helter-skelter") ou françaises: pêle-mêle, (willy-nilly), bon gré mal gré ou (mishmash) méli-mélo. Un grand nombre d'érudits bibliques opinent que le verset 2 transmet par un mot une image éclatante qui a encouragé l'auditoire original de Moïse. Victor P. Hamilton, dans son étude stimulante The Book Of Genesis : Les chapitres 1-17, explique que l'Esprit de Dieu "effectue un survol " sur la surface des eaux. Un parallèle étonnant se retrouve dans Deutéronome 32:11, où Moïse décrit Dieu comme un aigle qui "plane au-dessus de son petit." Everett Fox dans In the Beginning confirme le tout ainsi : "L'image suggérée par le mot ('planer ' ou ' voltiger ') est celle d'un aigle protégeant son petit" (page 5). La description simple et magnifique du soleil et de la lune comme le grand luminaire et le petit luminaire destinés "à gouverner le jour" et "à gouverner la nuit" (Genèse 1:16) est un autre exemple du langage artistique utilisé. Dieu a inspiré le compte rendu de la création pour offrir aux Israélites et à tous les peuples une description de la création telle qu'observée de notre point de vue sur la terre. Nous ne savons pas comment Dieu a fait tout cela, tout comme nous ne savons comment Jésus a transformé l'eau en vin ou comment il a ressuscité Lazare de la mort. Le point principal est que nous savons que cela s'est produit. Le mécanisme exact n'est pas révélé et n'a pas besoin de l'être. Dieu n'a qu'à penser et ses desseins s'accomplissent. Dans Genèse 1, Dieu a inspiré un splendide chef-d'œuvre théologique pour exprimer sa joie dans la création physique. La réalité physique est la scène où se déroule le grand scénario de la rédemption. Genèse 1 rassure les premiers Israélites - submergés par les idolâtres polythéistes - que leur Dieu est supérieur à n'importe quoi et à tout ce qui a été adoré. L'image très forte dégagée par les mots évoquant le survol du Dieu d'Israël au-dessus des eaux comme un aigle protecteur surveillant son petit est réconfortante et chaleureuse. Cela montre un Dieu qui est souverain, un Dieu qui a sa position au-dessus et à l'extérieur de l'ordre créé, un Dieu qui n'est pas assujetti à notre monde limité en espace et au temps mais qui est le Créateur majestueux de tout. Un appel à l'adoration pour l'esprit dévot des hébreux, le Dieu de la création est un protecteur aimant. Il était personnellement et intimement impliqué avec son peuple. Pour l'ancien Israël, la création elle-même a proclamé les abondants soins prodigués à ses créatures par le Créateur. Le Dieu qui a plané comme un aigle protecteur dans Genèse 1:2 est le même qui, plus tard, a conduit son peuple hors d'Égypte à travers la Mer Rouge (Exode 19:34) et qui a paru comme une source perpétuelle d'aide au peuple d'Israël. Cette image d'un aigle réapparaît donc dans la "chanson de l'aigle" du Mont Sinaï et la Chanson de Moïse (Deutéronome 32:1-43). Et c'est pourquoi cette chanson hébraïque de joie ouvre superbement bien la Bible. Aux dires du penseur évangélique Francis Schaeffer, le point de mire du chapitre est spirituel : "L'univers avait un commencement personnel... Avant le "au commencement", l'aspect personnel était déjà là. L'amour, la pensée et la communication ont existé‚ avant la création des cieux et de la terre" (Genesis in Space and Time, page 21.). Genèse 1 est un appel à l'adoration. Il a été destiné à produire une profonde réaction émotive d'action de grâces à l'égard de Dieu - non pas à servir comme un ballon de football théologique entre la science et la religion. |