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Je n'ai pas honte de l'Évangile Une étude dans Romains 1.1-17 de Michael Morrison éditeur de la revue World Wide News En l'an 57, au cours de son troisième voyage missionnaire, Paul se préparait à retourner à Jérusalem apportant avec lui une offrande de la part des églises de la Grèce. Même s'il savait qu'il avait des ennemis à Jérusalem, il pensait déjà à son quatrième voyage missionnaire. Paul voulait se rendre en Espagne, et la meilleure route pour y aller était en passant par Rome. Paul croyait que c'était une bonne idée, puisqu'il y avait déjà des chrétiens à Rome et que ces derniers pourraient être disposés à appuyer financièrement son voyage en Espagne, tout comme l'église d'Antioche avait financé ses voyages missionnaires précédents et que les églises de la Macédoine l'avaient fait lors de son séjour dans le sud de la Grèce. Paul a donc décidé d'écrire aux chrétiens de Rome pour les informer qu'il planifiait se rendre à Rome puis en Espagne et qu'il apprécierait leur soutien. Toutefois, l'apôtre avait un problème : les chrétiens romains auraient pu entendre certaines rumeurs erronées au sujet de son message. Pour prévenir tout malentendu, Paul explique l'Évangile pour qu'ils sachent ce qu'on leur demande d'appuyer. Mais cette question de l'Évangile ne fait l'objet que de la première moitié de la lettre aux Romains. Dans la seconde moitié, Paul traite de certains problèmes qui existaient dans les églises romaines, surtout en ce qui a trait à la tension entre les chrétiens juifs et les chrétiens non juifs. Paul se sert d'une partie de sa lettre pour discuter des relations entres Juifs et Gentils dans le plan de Dieu, de la conduite chrétienne et de l'amour pour les autres. Il essaie de donner à ces chrétiens un fondement doctrinal pour préserver l'unité. Nous ignorons si Paul s'est rendu ou non en Espagne, mais sa lettre a été une réussite incroyable sur d'autres plans. Elle a été considérée dans toute l'histoire de l'église comme la lettre doctrinale la plus complète que Paul ait écrite. C'est la lettre qui a suscité la Réforme, celle qui a influencé Martin Luther et John Wesley et de nombreux autres. Elle fournit le point de référence de toutes les études de la théologie de Paul et, conséquemment, elle est la pierre de fondement pour comprendre les doctrines de l'Église primitive. Introduction à l'Évangile Paul commence, à l'instar des lettres grecques de l'époque, en s'identifiant : " Paul, serviteur de Jésus-Christ, appelé à être apôtre et choisi pour proclamer la Bonne Nouvelle de la part de Dieu " (v. 1). Paul s'identifie comme un serviteur qui a reçu la mission de consacrer tout son temps à l'Évangile. Il est envoyé par le maître avec le message de Dieu. Les lettres grecques commençaient normalement en citant l'auteur, et ensuite le ou les destinataires. Mais Paul est tellement concentré sur l'Évangile qu'avant de nommer les destinataires, il commence par une digression de cinq versets sur l'Évangile. En effet, il a donné la priorité à son message avant même de commencer à écrire Cher Untel, chère Unetelle. Cette manière de procédé souligne que sa lettre concerne l'Évangile : l'Évangile que Dieu a promis il y a bien longtemps par ses prophètes dans les saintes Écritures (v. 2). Paul commence en créant un lien entre l'Évangile et les promesses de l'Ancien Testament (comme il le fait aussi en 1 Corinthiens 15.3,4). Cette approche offre un point de stabilité aux lecteurs gentils et rassure les lecteurs juifs. Le message de Dieu parle de son Fils. Les promesses trouvées dans l'Ancien Testament sont accomplies en Jésus-Christ, qui, dans son humanité, est un descendant de David (Romains 1.3). L'Évangile est lié encore une fois au passé de l'Ancien Testament. Le Fils est un descendant du roi David. Toutefois, en disant " dans son humanité ", Paul implique quelque chose de plus que la vie humaine. Cette personne au centre de l'Évangile n'est pas seulement un être humain ; il est aussi le Fils de Dieu, ce que les autres humains ne sont pas. Le verset 4 dit de Jésus-Christ notre Seigneur qu'" il a été déclaré Fils de Dieu avec puissance lorsque le Saint-Esprit l'a ressuscité des morts ". Par le Saint-Esprit, Jésus a démontré puissamment qu'il était le Fils de Dieu en ressuscitant des morts. Jésus, bien qu'il ait été un descendant de David, a démontré qu'il était plus qu'un être humain par sa résurrection en gloire. Mais l'Évangile ne s'arrête pas avec Jésus ; il nous inclut également. À travers lui, nous avons reçu la grâce et l'apostolat d'appeler tous les gentils à la foi et à l'obéissance pour l'amour de son nom (v. 5). Paul discutera davantage de la grâce et de l'obéissance plus loin dans sa lettre. Mais il dit ici que " nous " avons reçu non seulement la grâce mais aussi l'apostolat. Paul fait référence à sa commission d'annoncer l'Évangile aux Gentils, et par le mot " nous ", il parle du petit nombre de personnes qui travaillaient avec lui à cette mission spéciale, comme Timothée. Ils ont reçu la grâce d'annoncer l'Évangile. Au verset 6, il associe l'Évangile à ses lecteurs : " Vous êtes aussi de ceux-là, vous qui, ayant reçu l'appel de Dieu, appartenez à Jésus-Christ. " L'Évangile dit que les croyants appartiennent à Christ. Après cette description introductrice de l'Évangile, Paul revient au format normal d'une lettre en annonçant à qui elle est destinée : " À vous tous qui êtes à Rome, les biens aimés de Dieu, appelés à appartenir à Dieu. La grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ " (v. 7). Paul ne salue pas " l'église de Dieu qui est à Rome " ; il n'en parle pas comme d'une unité. (Le chapitre 16 suggère qu'il y avait plusieurs églises de maison.) Non plus écrit-il à des responsables d'église en particulier. Au lieu, peut-être parce qu'il n'était pas certain comment sa lettre serait livrée, il s'adresse à tous les croyants. Une prière d'actions de grâces Les lettres grecques comprenaient souvent une prière d'actions de grâces à un dieu en particulier, et Paul adapte cette coutume, en remerciant le vrai Dieu ainsi : " Tout d'abord, je remercie mon Dieu par Jésus-Christ au sujet de vous tous parce qu'on parle de votre foi dans le monde entier " (v. 8). Cela nous dit que Paul priait au nom de Jésus-Christ, et que " dans le monde entier " ne veut pas toujours dire partout dans le monde. Dans ce cas-ci, il désigne l'empire romain oriental. C'est une figure rhétorique et non un fait géographique. Paul donne à Dieu le mérite pour la foi des gens. Il n'a pas remercié les gens d'avoir cru, mais a remercié Dieu parce que c'est lui qui rend les gens capables de croire. Par nous-mêmes, nous nous détournerions de lui. Quel que soit le degré de notre foi, nous devons remercier Dieu comme étant celui qui nous donne cette foi. Au verset 9, Paul prend Dieu à témoin pour appuyer qu'il dit la vérité : " Dans toutes mes prières, je ne cesse de faire mention de vous à toute occasion et Dieu m'en est témoin, lui que je sers de tout mon être en proclamant la Bonne Nouvelle qui concerne son Fils. " De nos jours, les gens pourraient dire : " Dieu sait que je prie pour vous tous les jours. " Paul ajoute quelques mots de plus, précisant qu'il sert Dieu " de tout son être en proclamant la Bonne Nouvelle qui concerne son Fils ". Il garde l'Évangile comme point central de sa discussion, jouant son rôle en tant que serviteur de Dieu dans le contexte. Ce sont ses lettres de créances, sa raison de vivre. L'autorité de Paul ne repose pas sur lui-même mais sur son rôle en tant que serviteur de Dieu. Il ne fait que ce que Dieu lui a demandé, et si c'est vrai, alors les gens doivent écouter ce qu'il a à dire. Le plan de Paul de visiter Rome Au verset 10, il ajoute autre chose : " Je lui demande de me donner enfin l'occasion de vous rendre visite si telle est sa volonté. " En leur disant qu'il espère leur rendre visite, Paul crée une relation entre lui-même et les lecteurs. " J'ai le vif désir d'aller vous voir pour vous apporter quelque bienfait spirituel en vue d'affermir votre foi ", écrit-il au verset 11. Il voulait les fortifier, mais il ajoute rapidement au verset suivant : " ou mieux : pour que nous nous encouragions mutuellement, vous et moi, par la foi qui nous est commune. " Paul serait également encouragé par eux, du moins, il l'espère ! Si j'étais chez vous en personne, semble-t-il dire, nous en bénéficierions tous les deux. Mais étant donné que ce n'est qu'une lettre, la communication ne peut aller que dans un sens, et cette lettre est une tentative de Paul de leur offrir un don spirituel pour les fortifier. Le plan de Paul n'est pas une idée sous l'impulsion du moment : " Je tiens à ce que vous le sachiez, frères : j'ai souvent formé le projet de me rendre chez vous, mais j'en ai été empêché jusqu'à présent. En effet, je souhaite pouvoir récolter quelques fruits parmi vous comme parmi bien d'autres peuples " (v. 13). Paul avait souvent eu l'intention de se rendre à Rome. Quand il vivait à Jérusalem, il aurait rencontré des gens de Rome et aurait entendu des histoires de ses monuments célèbres. Paul était déjà allé aussi loin qu'en Grèce, et pourquoi n'irait-il pas plus loin, dans la capitale de l'empire, où beaucoup de juifs étaient déjà allés ? Mais jusqu'ici, les circonstances l'en avaient empêché. Pourquoi Paul voulait-il y aller ? Il voulait une moisson ; il voulait que plus de personnes acceptent l'Évangile de Christ. Même si beaucoup de Juifs vivaient à Rome, Paul ciblait les Gentils. (Il implique ici que la plupart des chrétiens romains étaient des Gentils.) Ils constituaient son champ de mission principal, même s'il se rendait d'abord dans les synagogues. Paul pouvait y trouver des Gentils qui étaient prêts à recevoir l'Évangile. Une obligation de prêcher " Je me dois à tous les hommes, civilisés ou non, instruits ou ignorants. Voilà pourquoi je désire aussi vous annoncer l'Évangile, à vous qui êtes à Rome " (v. 14,15). Paul voulait prêcher à tout le monde, et c'est la raison pour laquelle il désirait aussi prêcher à Rome. " Car je suis fier de l'Évangile ", dit-il au verset 16. Il avait déjà utilisé le mot Évangile à deux reprises et en avait donné quelques explications. Il avait souligné que c'était son appel dans la vie, son devoir devant Dieu. Il n'avait pas honte de l'Évangile et il ne veut pas que les Romains non plus en aient honte. Il le décrit encore au verset 16 : " C'est la puissance de Dieu par laquelle il sauve tous ceux qui croient, les Juifs d'abord et aussi les non-Juifs. " L'Évangile est le moyen par lequel Dieu sauve les gens. En principe, nous sommes sauvés par la grâce, par ce que Christ a accompli pour nous. Mais l'Évangile est le moyen par lequel nous apprenons à propos de ce salut et le moyen par lequel nous le recevons. L'Évangile est la puissance du salut parce qu'il nous parle du salut. Dieu se sert de l'Évangile pour apporter le salut à tous ceux qui en acceptent le message, qui mettent leur confiance en Christ (étant donné que Christ est le centre du message, accepter l'Évangile signifie accepter Christ aussi). Paul n'a pas honte de l'Évangile parce c'est le message de la vie éternelle. Nous ne devrions pas en avoir honte, c'est quelque chose à partager avec tout le monde, aussi bien les Juifs que les Gentils. Pourquoi l'Évangile est-il un message de salut ? Parce que c'est dans l'Évangile que la justice de Dieu est révélée, une justice qui vient par la foi du début jusqu'à la fin, comme il est écrit : " Le juste vivra grâce à sa foi " (v. 17). L'Évangile révèle la justice de Dieu. La justice veut dire plus que la stricte justice ; elle implique que la miséricorde est beaucoup plus importante que la justice. La justice dit que le péché doit être puni, mais la miséricorde de Dieu offre une façon de nous en sortir. L'Évangile montre que Dieu est juste tout en étant miséricordieux. Que Paul veut-il dire quand il écrit que cette justice vient grâce à la foi ? Il ne parle pas de la façon dont Dieu lui-même est juste, comme si c'était en croyant en lui-même. Non, il parle de la justice qui vient de Dieu et qui est offerte à ceux qui ont la foi (voir Philippiens 3.9). C'est son don pour eux afin qu'ils entrent en relation avec lui. Paul cite Habaquq 2.4, qui parle des gens qui ont la foi. L'Évangile révèle un moyen par lequel la justice de Dieu vient dans la vie des gens qui ont la foi, et cette justice vient par la foi du début jusqu'à la fin, ou littéralement, de foi en foi. Autrement dit, c'est le seul moyen par lequel vient la justice. C'est le moyen d'être sauvé révélé par l'Évangile, et c'est pourquoi Paul n'en a pas honte et veut le partager. La bonne nouvelle est que lorsque nous acceptons l'Évangile, que nous acceptons Christ et ce qu'il a fait pour nous, nous recevons, par la grâce de Dieu, une justice de Dieu. Nous avons besoin de cette justice, et l'Évangile la révèle : une justice que nous recevons par la foi, tout comme Habaquq l'a dit : " Je juste vivra grâce à sa foi. " La grâce est bien supérieure à ce qu'exige la justice, et même supérieure à ce qu'exige la miséricorde. Elle est un don que nous ne méritions pas, et c'est une bonne nouvelle. L'Évangile révèle la justice entre Dieu et nous, et avec cette justice viennent beaucoup de bénéfices, de la miséricorde à la gloire. Paul aura autre chose à ajouter à ce sujet dans les chapitres suivants. Questions pour une application pratique Que veut dire " appartenir " à Jésus-Christ ? (v. 6) Dans cette relation, quelles sont mes obligations et quelles sont les siennes ? Combien souvent est-ce que je remercie Dieu de la foi qu'ont les autres ? (v. 8) Suis-je prêt à demander à Dieu de m'être témoin que je dis la vérité ? (v. 9) Quand je visite une église, est-ce que je recherche l'encouragement mutuel ? (v. 12) Ai-je une obligation de partager l'Évangile avec les autres ? (v. 14) Au jour du jugement, aurais-je honte de ce que j'ai fait de l'Évangile ? |