L'offre du salut à Israël : une étude en Romains 10

de Michael Morrison

Aux chapitres 9 à 11 de l'épître aux Romains, Paul parle du rôle d'Israël dans le plan de Dieu. La nouvelle alliance veut-elle dire que Dieu n'a plus un intérêt spécial dans le peuple juif? Puisque le salut s'obtient par la foi, reste-t-il à Israël un rôle à jouer? Au chapitre 10, Paul développe la question mais n'y répond pas.

L'échec d'Israël

Paul commence par exprimer son espoir que les Juifs accepte l'Évangile: « Frères, je souhaite de tout cœur que les Israélites soient sauvés, et c'est ce que je demande instamment à Dieu dans mes prières » (Romains 10.1). Paul veut que son peuple soit sauvé.

Humainement parlant, nous nous attendrions à ce que les Juifs réussissent assez bien: « Car je leur rends ce témoignage: ils ont un zèle ardent pour Dieu […] (v. 2). Mais le problème est que leur zèle ne repose pas sur la connaissance. De quelle connaissance manquaient-ils? Ils ne connaissaient pas la justice de Dieu. Ils savaient que Dieu est juste, mais ils ignoraient comment il justifierait les êtres humains. Ils cherchaient donc à établir leur propre justice.

Ce verset met en contraste une justice basée sur la loi et une justice divine qui vient par la foi (9.30, 31; 10.5, 6). Les Juifs cherchaient la justice par leur alliance avec Dieu, une relation que les Gentils n'avaient pas. Les Juifs, se concentrant sur la loi, ne pouvaient pas voir un autre moyen d'être justifiés ni voir Dieu agir parmi les autres peuples.

Parce qu'ils regardaient à leurs œuvres, « ils ne se sont pas soumis à Dieu en acceptant le moyen par lequel il [les] déclare justes » (10.3). La justice de Dieu doit venir par la grâce et non par les œuvres et, aussi longtemps que les gens regardent à ce qu'ils font, ils ne peuvent accepter le don de la justice que révèle l'Évangile.

Alors Paul conclut: « Car le Christ a mis fin au régime de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes » (v. 4). Certaines traductions anglaises disent la « fin » de la loi, tandis que d'autres disent le « but » de la loi. Si Christ est la fin de la loi, la loi doit en venir à une fin, et si Christ est le but de la loi, alors la loi montre Christ.

Les deux mots fin et but peuvent être appuyés par d'autres versets, mais sur quel mot Paul mettait-il l'accent dans ce verset? Peut-être qu'il voulait parler des deux significations. Dans une course, par exemple, le but est aussi la fin. Quand nous atteignons le but ou l'objectif après un certain effort, le projet est terminé. Une autre version anglaise utilise un mot différent: culmination ou climax. Christ est l'expression suprême de ce qu'était la loi. Maintenant que nous l'avons, nous n'avons plus besoin du préliminaire, car il est le moyen pour être justifiés.

La conclusion de Paul est claire : la justice ne peut pas être obtenue par la loi. Elle doit plutôt être 1. donnée par Christ, 2. reçue par la foi et non obtenue par les œuvres et 3. offerte aux Gentils autant qu'aux Juifs. Quand il est question du salut, les Juifs n'ont pas de privilèges spéciaux. La loi, qui était unique à Israël, n'est pas le moyen pour être sauvé.

Aux versets 5 à 10, Paul élabore sur la foi, et aux versets 11 à 13, il souligne le fait que la justification est offerte à tous.

Contraste entre la loi et l'Évangile

Dans toute cette section, Paul fait référence à l'Ancien Testament pour appuyer ses dires. Il cite Lévitique 18.5: « Voici, en effet, comment Moïse définit la justice qui procède de la Loi: Celui qui se soumettra aux exigences de la Loi vivra grâce à cela » (v. 5). L'ancienne alliance comprenait la foi, mais elle mettait l'accent sur l'obéissance. Puisque personne ne pouvait faire tout ce que la loi exigeait, elle ne pouvait donc jamais justifier qui que ce soit. La nouvelle alliance, cependant, repose sur la foi; elle réussit donc là où l'ancienne ne le pouvait pas.

« Mais voici comment l'exprime la justice reçue par la foi: Ne dis pas en toi-même: Qui montera au ciel? Le Christ n'en est-il pas descendu? Ou bien: Qui descendra dans l'abîme? Le Christ n'est-il pas ressuscité des morts? (v. 6, 7, citant des parties de Deutéronome 30.4, 12, 13). Puisque Moïse a dit aux Israélites que Dieu ne les avait pas choisis parce qu'ils étaient justes, ils auraient dû savoir que Dieu pouvait se révéler aux pécheurs, y compris aux Gentils. Moïse a dit aux Israélites que les commandements sont révélés plutôt que cachés. La parole de Dieu pour eux était tout à fait accessible. Paul a appliqué ce principe à Christ et à l'Évangile: la parole de Dieu dans l'Évangile est facile d'accès.

« Que dit-elle donc? », Paul demande au verset 8, et il cite alors Deutéronome 30.14: « La Parole de Dieu est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur ». Et ce verset continue pour dire: « pour que vous l'appliquiez », mais Paul ne cite pas cette partie, parce qu'il applique le principe à l'Évangile et non à la loi. Il dit plutôt: « Cette Parole est celle de la foi, et c'est celle que nous annonçons ». Le message sur la justice par la foi n'est pas difficile d'accès.

Paul montre comment la vraie justice est accessible: « En effet, si de ta bouche, tu déclares que Jésus est Seigneur et si dans ton cœur, tu crois que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (v. 9). Paul n'est pas en train de donner une nouvelle formule qui exige des paroles audibles pour être sauvé, mais il montre comment les mots bouche et cœur s'appliquent à l'Évangile. C'est Christ (et non la loi) qui devrait être dans le cœur et dans la pensée.

« Car celui qui croit dans son cœur, Dieu le déclare juste; celui qui affirme de sa bouche, Dieu le sauve » (v. 10). Dans ce verset, Paul établit la foi et la confession comme des idées parallèles et non distinctes, et il considère la justification et le salut comme des termes presque équi-valents. La loi exige l'obéissance, mais l'Évangile exige l'acceptation.

Tout le monde est invité

Paul dit au verset 11: « En effet, l'Écriture dit: Celui qui met en lui sa confiance ne connaîtra jamais le déshonneur. » Ce verset est une citation d'Ésaïe 28.16, qui dit que Dieu établira une pierre servant de fondation en Sion, et que « celui qui la prend pour appui ne sera pas réduit à fuir au jour du jugement ». Paul a cité tout le verset en Romains 9.33; il reprend seulement la partie qui parle de croire en Christ comme la clé du salut.

Paul reprend ensuite un thème favori: « Ainsi, il n'y a pas de différence entre Juifs et non-Juifs. Car tous ont le même Seigneur qui donne généreusement à tous ceux qui font appel à lui. En effet, il est écrit: Tous ceux qui feront appel au Seigneur seront sauvés » (v. 12, 13, citant Joël 2.32). Le salut vient en faisant appel au Seigneur, en regardant vers lui pour être sauvés. En Joël, le Seigneur était appelé Yahweh, mais Paul se sert du verset pour l'appliquer à Christ, montrant qu'il avait accepté Jésus-Christ comme Dieu.

Le salut vient en acceptant Jésus-Christ comme Seigneur. Le problème est que le propre peuple de Paul rejette le message. Il souligne ce fait au verset 14: « Mais comment feront-ils appel à lui s'il n'ont pas cru en lui? » Ils doivent faire appel au Seigneur pour être sauvés, mais si les gens croient avoir crucifié un criminel au lieu du Messie, ils ne feront pas appel à lui.

« Et comment croiront-ils en lui s'ils ne l'ont pas entendu? Et comment entendront-ils s'il n'y a personne pour le leur annoncer? Et comment y aura-t-il des gens pour l'annoncer s'ils ne sont pas envoyés? » (v. 14, 15.) C'est un ordre naturel de la prédication et du salut. Mais le problème ne peut être résolu simplement en envoyant plus de prédicateurs, puisque des prédicateurs avaient déjà été envoyés et que la plupart des Juifs n'avaient toujours pas cru. Alors où est le problème pour les Juifs dans l'ordre naturel?

Israël entend mais ne croit pas

Au verset 15, Paul montre que des messagers ont été envoyés: « Qu'ils sont beaux les pas de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles! » Ce verset est une citation de la version grecque d'Ésaïe 52.7, qui utilise le verbe usuel du Nouveau Testament employé pour parler de la prédication de l'Évangile. À l'époque d'Ésaïe, la bonne nouvelle était la prophétie du peuple qui allait revenir dans son pays.

Paul dit au verset 16: « Mais, malheureusement, tous n'ont pas obéi à cette Bonne Nouvelle. Ésaïe [53.1] déjà demandait: « Seigneur, qui a cru à notre message? » Les gens n'ont pas reçu le message en ce temps-là non plus; c'est un vieux problème. Ésaïe dit que le message doit être cru ; c'est donc une question de foi, un des sujets préférés de Paul. Il écrit alors au verset 17: « Donc, la foi naît du message que l'on entend, et ce message c'est celui qui s'appuie sur la parole du Christ. » Paul semble ici compléter l'ordre évangélique du verset 15. Les gens ont besoin d'entendre le message avant de pouvoir y croire; mais seulement entendre le message ne conduit pas toujours à la foi.

Au verset 18, Paul demande: « Maintenant donc je dis: Ne l'ont-ils pas entendu? Mais si! N'est-il pas écrit: Leur voix a retenti par toute la terre. Leurs paroles sont parvenues jusqu'aux confins du monde? » C'est une citation de Psaumes 19.5, qui dit que les cieux déclarent la gloire de Dieu. Alors si le monde entier a entendu le message, les Juifs l'ont également entendu.

Paul repose encore la même question au verset 19: « Je demande alors: Le peuple d'Israël ne l'a-t-il pas su ? Moïse a été le premier à le leur dire [en Deutéronome 32.21]: Je vous rendrai jaloux de ceux qui ne sont pas un peuple. Je vous irriterai par une nation dépourvue d'intelligence. » Oui, Israël a compris, mais il a échoué, et Dieu lui a dit d'avance qu'il travaillerait avec d'autres peuples. Et ce verset clé a révélé à Paul ce que Dieu était en train de faire dans son ministère: il voulait par le salut des Gentils suscité la jalousie d'Israël, pour que les Juifs acceptent alors l'Évangile.

« Ésaïe pousse même la hardiesse jusqu'à dire: J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas, je me suis révélé à ceux qui ne se souciaient pas de moi » (v. 20, citant Ésaïe 65.1). Ésaïe parle des Israélites rétifs, mais Paul l'applique aux Gentils. Si Dieu peut se révéler à des Juifs déshérités, alors il peut le faire pour n'importe qui. Dieu s'est alors détourné des zélés et a béni le peuple qui ne savait même pas demander.

Paul conclut le chapitre en disant: « Mais parlant d'Israël, il dit: À longueur de journée, j'ai tendu les mains vers un peuple désobéissant et rebelle » (v. 21, citant Ésaïe 65.2). Dieu ne voulait pas que le peuple juif s'éloigne de lui, mais il n'écoutait pas. Israël a eu l'occasion d'être sauvé, mais la plupart des gens ont refusé.

Toutefois, cela veut-il dire que Dieu les a abandonnés? Certainement pas, répond Paul. Mais c'est le sujet du chapitre 11, et nous verrons sa conclusion dans la prochaine étude.


Questions pour discuter

  • Ai-je déjà été zélé pour Dieu et sa loi, tout en étant dans l'erreur? (v. 2) Cette expérience a-t-elle refroidi mon zèle? Le devrait-elle?
  • Le message de l'Évangile est-il dans ma bouche, ainsi que dans mon cœur? (v. 8)
  • Qui Dieu a-t-il envoyé pour que j'entende la bonne nouvelle? (v. 15)
  • Suis-je jaloux d'une bénédiction que quelqu'un d'autre a reçue? (v. 19) Cette jalousie produit-elle du bon ou du mauvais fruit?