Le salut passé, présent et futur

Une étude dans Romains 5

de Michael Morrison

éditeur de la revue WorldWide News

Dans les quatre premiers chapitres de son épître aux Romains, l'apôtre Paul explique que l'Évangile est un message sur la justice de Dieu qui a été donnée au monde par Jésus-Christ. Paul décrit d'abord le problème de l'homme: nous méritons tous la mort parce que nous sommes tous coupables devant Dieu.

Ensuite, il décrit la solution: le don de Dieu est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. C'est un don et non le résultat de notre obéissance à garder des lois. Au chapitre 4, Paul le démontre à l'aide de l'exemple d'Abraham qui a été déclaré juste par Dieu sur la base de la foi avant que la Loi ne soit donnée. Le salut s'obtient par la grâce et par la foi, et non par la Loi ou par les œuvres.

La foi, l'espérance et l'amour

Au chapitre 5, Paul élabore un peu plus sur le salut et, ce faisant, il adresse quelques points qui ont soulevé des questions pendant des siècles. Nous en discuterons dans les paragraphes suivants, mais remarquez bien le point principal dont Paul fait mention au verset 1: "Puisque nous avons été déclarés justes en raison de notre foi (c'est le point central des chapitres 3 et 4), nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ." Le problème entre nous et Dieu a été résolu.

Avant que Jésus-Christ n'apporte une solution au problème, nous étions pécheurs, ennemis de Dieu et, à moins que quelque chose ne soit fait, il devait nous punir. Mais étant donné que nous sommes impuissants à faire quoi que ce soit pour y remédier, Dieu a pris l'initiative: il a envoyé son Fils pour nous apporter la paix. Sur le plan légal, nous avons été justifiés et, sur le plan des relations, nous recevons la paix au lieu de l'hostilité.

Paul écrit au verset 2: "Par [Jésus], nous avons eu accès, au moyen de la foi, à ce don gratuit de Dieu dans lequel nous nous trouvons désormais établis; et notre fierté se fonde sur l'espérance d'avoir part à la gloire de Dieu. " Nous entrons dans la grâce, ou le pardon, par la foi en l'œuvre de Christ. Et lorsque Paul déclare que nous sommes établis dans la grâce, il veut dire que c'est une condition dans laquelle nous pouvons demeurer. À cause de la grâce de Dieu, qui est fondée sur ce que Christ a fait par le passé, nous nous réjouissons dans l'espérance qu'elle nous donne pour le futur - l'espérance de prendre part à la gloire de Dieu. Elle n'est pas simplement un souhait, mais une confiance qui repose sur l'œuvre que Dieu a faite pour nous.

Cette espérance produit des résultats pratiques dans notre vie: "Mieux encore. Nous tirons fierté même de nos détresses, car nous savons que la détresse produit la persévérance, la persévérance conduit à la victoire dans l'épreuve, et la victoire dans l'épreuve nourrit l'espérance " (v. 3, 4). Nous nous réjouissons non seulement dans l'espérance d'un futur glorieux, mais nous nous réjouissons maintenant, même lorsque les choses vont mal pour nous.

Nous pouvons ne pas nous réjouir à cause de nos souffrances, mais nous pouvons nous réjouir dans nos souffrances. Les épreuves et les difficultés contribuent à faire croître notre détermination à endurer, ainsi qu'à développer notre caractère et notre persévérance à faire ce qui est bien, même dans des circonstances difficiles. Et si nous demeurons sur le bon chemin, nous pouvons être certains que nous atteindrons le but. Notre espérance n'est pas en nous-mêmes, mais dans ce que Jésus fait en nous.

Paul continue à parler d'espérance au verset 5: "Or, notre espérance ne risque pas d'être déçue, car Dieu a versé son amour dans nos cœurs par l'Esprit Saint qu'il nous a donné." Nous n'espérons pas en vain parce que, même dans cette vie-ci, nous obtenons des avantages en Christ, tels que l'amour que Dieu met en nous. Notre capacité d'aimer augmente à mesure que Dieu imprime ses propres caractéristiques dans notre cœur, dont l'une d'elles est l'amour.

Dieu nous fait ainsi savoir qu'il nous aime, et il nous aide à aimer les autres par le Saint-Esprit qui vit en nous. Dieu nous donne quelque chose de lui-même pour que nous soyons de plus en plus transformés à sa ressemblance. Par la foi, Dieu nous donne espérance et amour. Il change notre perception de la vie et notre manière de vivre.

Sauvés par son amour

Paul explique ensuite ce qu'il entend par amour de Dieu: "En effet, au moment fixé par Dieu, alors que nous étions encore sans force, le Christ est mort pour des pécheurs." Qui sont donc les "pécheurs" ? C'est nous! Peu importe à quel point nous avons péché, Christ peut nous sauver. Il n'a pas attendu que nous nous repentions ou que nous le méritions. Non, il est mort pour nous lorsque nous étions impuissants; il nous a aidés lorsque nous étions faibles.

"À peine accepterait-on de mourir pour un juste; peut-être quelqu'un aurait-il le courage de mourir pour le bien" (v. 7). Il est peu probable que nous mourrions pour quelqu'un, bien que certaines personnes risquent leur vie pour en sauver d'autres. Cette rare situation fournit un contraste avec Christ: "Mais voici comment Dieu nous montre l'amour qu'il a pour nous: alors que nous étions encore des pécheurs, le Christ est mort pour nous" (v. 8). Il devait mourir lorsque nous étions pécheurs, parce que c'est le péché qui nous condamnait. Dieu a donc pris l'initiative en envoyant Christ mourir pour nous, et c'est ce qui a prouvé son amour. Il est bon envers nous même lorsque nous sommes rebelles; il donne généreusement même lorsque nous ne méritons rien.

L'œuvre de Christ montre l'amour de Dieu, parce que Christ est Dieu. Ils ont le même amour parce qu'ils sont un. Lorsque nous sommes éprouvés, nous pouvons regarder à Jésus comme preuve que Dieu nous aime. Son acceptation à mourir pour nous devrait nous rassurer que Dieu veut nous aider, même à un grand prix.

Paul tire une conclusion au verset 9: "Donc, puisque nous sommes maintenant déclarés justes grâce à son sacrifice pour nous, nous serons, à plus forte raison encore, sauvés par lui de la colère à venir." Grâce à ce que Jésus a fait par le passé, nous sommes maintenant pardonnés et, au jour du jugement, nous échapperons à la condamnation.

Paul explique son raisonnement au verset 10: "Alors que nous étions ses ennemis, Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils; à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie." Si Dieu a fait tout cela pour nous lorsque nous étions ennemis, nous pouvons être certains qu'il nous acceptera maintenant que Jésus nous a réconciliés avec lui, et qu'il vit pour nous.

"Mieux encore: nous plaçons désormais notre fierté en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a obtenu la réconciliation" (v. 11). Nous nous réjouissons dans l'espérance de la gloire de Dieu, ainsi que dans nos souffrances, mais nous nous réjouissons surtout d'être réconciliés avec Dieu, parce que cela vaut plus que toutes ses bénédictions rassemblées.

Christ et Adam

Dans la section suivante du chapitre cinq, Paul établit un contraste entre Adam et Christ. Il pose la question: "Comment une seule personne peut-elle sauver le monde entier?" Paul montre que, selon la manière de Dieu de faire les choses, une seule personne peut à ce point réellement affecter les autres. Il commence au verset 12 et poursuit au moyen d'une comparaison, puis il ne termine sa pensée qu'au verset 18. Il doit d'abord nous expliquer comment il en est venu à sa conclusion.

Le verset 12 nous présente ainsi son raisonnement: "Par un seul homme, le péché est entré dans le monde et par le péché, la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché." Il explique que, tout comme le péché est entré dans le monde par une seule personne, le salut est aussi entré dans le monde par une seule personne, et tout comme Adam a apporté la mort à tous les hommes qui l'ont suivi, Christ a apporté la vie à tous ceux qui le suivent. La mort est une conséquence du péché (Ge 2.17). Paul pense peut-être à la mort physique ou à la mort spirituelle ; d'une façon ou d'une autre, Christ apporte la vie après la mort, une vie qui inverse les résultats du péché.

Cette section de Romains 5.12-18 a été importante dans la théologie chrétienne, parce qu'elle enseigne que tout le monde est pécheur à cause du péché d'Adam : c'est la doctrine du péché originel. Ces versets disent que le péché d'Adam a affecté toute l'humanité (pour un résumé, voir le tableau 1), mais le point principal de Paul est d'établir un contraste entre Adam et Christ (tableau 2). Au verset 12, Paul affirme que tout le monde a péché - c'est au passé composé. Nous avons tous péché au moment où Adam a péché, parce que son péché comptait pour tous ses descendants. Et étant donné que le péché d'Adam a affecté tous les êtres humains, il ne devrait pas être étonnant que l'œuvre de Christ ait aussi affecté tous les hommes.

Au verset 13, Paul explique comment il en est arrivé à sa conclusion: "En effet, avant que Dieu ait donné la Loi de Moïse, le péché existait bien dans le monde; or le péché n'est pas pris en compte quand la Loi n'existe pas. Et pourtant, la mort a régné depuis Adam jusqu'à Moïse, même sur les hommes qui n'avaient pas commis une faute semblable à celle d'Adam - qui est comparable à celui qui devait venir" (v. 13,14).

Avant que Moïse ne pèche, les gens brisaient la Loi avant même qu'elle ait été écrite. Mais Paul relie leur péché à Adam. Les gens étaient considérés comme pécheurs non seulement à cause de leurs propres péchés, mais aussi à cause du péché d'Adam. Adam était une figure d'un homme qui devait venir: Jésus. Paul présente plus de contrastes que de similitudes, tel que le montre le tableau 2.

"Mais il y a une différence entre la faute d'Adam et le don gratuit de Dieu. En effet, si la faute d'un seul a eu pour conséquence la mort de beaucoup, à bien plus forte raison la grâce de Dieu accordé gratuitement par un seul homme, Jésus-Christ, a surabondé pour beaucoup" (v. 15). La grâce de Christ est un renversement total du péché d'Adam. Tout le monde est mort à cause de la transgression d'Adam, mais à cause de Christ tout le monde peut vivre. Chaque être humain était déclaré coupable à cause du péché d'Adam, mais chacun peut être déclaré juste par la foi en Christ.

"Quelle différence aussi entre les conséquences du péché d'un seul et le don de Dieu ! En effet, le jugement intervenant à cause d'un seul homme a entraîné la condamnation, mais le don de grâce, intervenant à la suite de nombreuses fautes, a conduit à l'acquittement." Le contraste se trouve dans le nombre : un seul péché a entraîné la condamnation pour tous les hommes, mais même après de nombreux péchés un seul homme a apporté la justification. La justice disait que nous méritions la mort, mais la grâce a dit que nous étions justifiés.

En étant unis à Christ, nous pouvons être déclarés justes. Adam a entraîné notre condamnation, mais le même principe (une personne en représentant d'autres) dit que Jésus nous apporte le salut - non par nos propres œuvres, mais à cause de l'œuvre de Jésus.

Paul donne une autre illustration au verset 17: "Car si, par la faute commise par un seul homme, la mort a régné à cause de ce seul homme, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification régneront-ils dans la vie par Jésus-Christ, lui seul."

À cause du péché d'Adam, la mort a régné sur toute l'humanité. Il est encore plus certain, dit Paul, que toute l'humanité peut être sauvée par Christ, parce qu'il apporte la grâce surabondante. Le péché d'Adam nous a rendus esclaves, dominés par le péché et la mort. La grâce de Christ inverse cela, en ce qu'elle nous transfert de notre condition d'esclave à celle de roi : nous régnons dans la vie par Jésus-Christ. En étant unis avec Christ, nous avons été transférés du royaume de la mort au royaume de la vie. Au lieu d'être dominés par les résultats du péché d'Adam, nous sommes dominés par les résultats de la justice de Christ.

Au verset 18, Paul termine le raisonnement qu'il a commencé au verset 12: "Ainsi donc, comme une seule faute a entraîné la condamnation de tous les hommes, un seul acte satisfaisant à la justice a obtenu pour tous les hommes l'acquittement qui leur donne la vie." Tout comme Adam a apporté la culpabilité et la mort sur tous les hommes, Christ a apporté la justification et la vie à tous les hommes.

Le verset 19 est similaire: "Comme, par la désobéissance d'un seul, beaucoup d'hommes sont devenus pécheurs devant Dieu, de même, par l'obéissance d'un seul, beaucoup sont déclarés justes devant Dieu." Par le péché d'Adam, tous les hommes sont devenus pécheurs. De même, mais avec des résultats opposés, tous ceux qui croient en Christ sont justifiés par Jésus-Christ.

Tout comme nous avons reçu la condamnation d'Adam, de même Jésus peut recevoir notre condamnation, et sa mort peut devenir la nôtre. Nous sommes représentés par Jésus sur la croix, tout comme nous étions représentés par Adam lorsqu'il a péché. La mauvaise nouvelle est totalement inversée en Jésus-Christ : il a apporté la justification à tous ceux qui croient.

Le règne de la grâce

Paul a aussi parlé de la période entre Adam et Moïse. Il apporte un bref commentaire sur la loi de Moïse: " Quant à la Loi, elle est intervenue pour que le péché prolifère" (v. 20). La Loi ne pouvait pas réduire ou pardonner le péché - elle ne pouvait que l'augmenter. Plus il y a de lois, plus il y a de transgressions. La Loi nous a montré que les êtres humains sont pécheurs, fatalement imparfaits.

"Mais là où le péché a proliféré, la grâce a surabondé [...]" La grâce de Dieu est plus que suffisante pour s'occuper de la prolifération du péché. "[...] pour que, comme le péché a régné par la mort, de même la grâce règne par la justice, pour nous conduire à la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur" (v. 21). Christ est la solution au problème du péché et de la mort. Avant Christ, tous étaient en Adam, sous la domination du péché et de la mort. Maintenant, la grâce a la victoire sur le péché, en apportant le don de la justice, en plus du don de la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur.

Adam et toute l'humanité

Le péché est entré dans le monde par Adam (v. 12)

Ainsi, la mort a atteint tous les hommes (v. 12)

Beaucoup sont morts à cause du péché d'Adam (v. 15)

Le jugement pour un seul péché a apporté la condamnation (sur tous) (v. 16)

À cause du péché d'Adam, la mort a régné sur tous les hommes (v. 17)

La conséquence d'un seul péché a été la condamnation de tous les hommes (v. 18)

Par le péché d'Adam, tous les hommes sont devenus pécheurs (v. 19)

Résumé :

À cause d'Adam, tous les hommes sont condamnés comme pécheurs et voués à la mort et, à cause d'Adam, tous les hommes ont péché.

12 Adam a apporté le péché et la mort à toute l'humanité

15 Son péché a entraîné la mort sur tous ses descendants

À cause de Christ, la grâce déborde sur tous

16 Le jugement sur le péché d'Adam a été la condamnation sur tout le monde

La grâce a apporté l'acquittement de tous, même après de nombreux péchés

17 La mort a régné sur tous à cause du péché d'Adam

À cause de la grâce, les gens règnent dans la vie par Jésus-Christ

18 Son péché a condamné tout le monde à la mort

Un seul acte d'obéissance a apporté la vie à tous les hommes

19 Un seul péché a fait de nombreux pécheurs

L'obéissance de Christ déclarera de nombreux justes

Questions pour susciter la réflexion

• Est-ce réaliste de tirer fierté de nos détresses ? (v. 3)

• Comment l'amour de Dieu a-t-il changé mon cœur ? (v. 5)

• Y a-t-il eu un moment dans ma vie où j'ai été un pécheur, un ennemi de Dieu ? (v. 6-10)

• Est-ce que je crois que tout le monde est coupable à cause du péché d'Adam ? (v. 12-19)

Est-ce que crois que je peux être justifié à c