Église Universelle de Dieu, Canada
Mars & Avril 2005

La vraie adoration

de Joseph Tkach

pasteur général

Les Juifs et les Samaritains ne s'entendaient pas du tout. Le problème remontait, il y a environ cinq siècles, au temps du chef juif Zorobabel. Quelques Samaritains avaient offert aux Juifs de les aider à rebâtir leur temple, mais Zorobabel les avait repoussés. Les Samaritains ont réagi en se plaignant au roi de Perse et ils ont interrompu leurs travaux (Esdras 4).

Plus tard, lorsque les Juifs rebâtissaient les murs de Jérusalem, le gouverneur de la Samarie a menacé d'employer la force militaire contre les Juifs. Les Samaritains ont finalement bâti leur propre temple sur le mont Garizim et, en l'an 128 av. J.-C., les Juifs l'ont détruit. Même si leur religion respective reposait sur les lois de Moïse, ils étaient des ennemis irréconciliables.

Jésus entre dans la Samarie

Mais Jésus ne se laissait pas ébranler par les querelles du passé. Même si la plupart des Juifs évitaient la Samarie, Jésus l'a traversée en emmenant avec lui ses disciples. Fatigué, il s'est assis au bord du puits près de la ville Sychar, et il a envoyé ses disciples au marché pour acheter de quoi manger (Jean 4.3-8). Une femme samaritaine est venue pour puiser de l'eau, et Jésus lui a parlé. Elle était étonnée qu'il parle à une Samaritaine, et ses disciples étaient étonnés qu'il parle à une femme (v. 9, 27).

Jésus nous montre comment nous comporter avec les gens qui ont des croyances religieuses différentes, ceux qui viennent d'autres groupes ethniques ou qui sont des ennemis traditionnels: les traiter comme des êtres humains normaux, sans les ignorer, les éviter ou les insulter. Mais Jésus avait quelque chose de beaucoup plus profond à nous communiquer que cela.

Il a commencé de la manière la plus simple possible: il a demandé à boire à la Samaritaine. Assoiffé, il n'avait rien pour puiser l'eau, mais la femme avait ce qu'il fallait. Il avait un besoin, et voyant qu'elle était en mesure d'y répondre, il lui a demandé son aide. Elle était étonnée qu'un Juif boive en effet du vase d'une Samaritaine, puisque la plupart des Juifs considéraient un tel récipient rituellement impur. Et puis Jésus lui a dit qu'il avait quelque chose de bien meilleur que de l'eau, si elle en voulait. Il était prêt à lui demander de l'eau à boire, mais était-elle prête à lui demander quelque chose de meilleur ? (v. 7-10.)

Jésus a utilisé un jeu de mots: l'expression "eau vive" veut généralement dire une eau qui bouge ou qui coule. La femme savait très bien que la seule eau, à Sychar, se trouvait dans ce puits et qu'il n'y avait aucune eau courante dans les environs. Alors, elle a demandé à Jésus de s'expliquer. Il a répondu qu'il s'agissait d'une eau qui la mènerait à la vie éternelle (v. 11-14). Il parlait d'idées religieuses, mais la femme serait-elle prête à écouter la vérité spirituelle d'un ennemi religieux? Boirait-elle des eaux juives ?

La femme a demandé de l'eau vive, et Jésus l'a invitée à aller chercher son mari. Il savait déjà qu'elle n'en avait pas, mais il le lui a quand même demandé, peut-être pour montrer qu'il avait une autorité spirituelle. Il était le vase duquel elle pouvait recevoir l'eau vive. La femme avait compris le message: "Maître, répondit la femme, je le vois, tu es un prophète" (v. 19). Si Jésus connaissait les faits sur son état matrimonial inhabituel, alors il connaissait probablement des vérités spirituelles aussi.

La vraie adoration

Après avoir reconnu que Jésus était un prophète, la femme a ramené l'ancienne controverse entre les Samaritains et les Juifs au sujet du lieu où ils devaient adorer: "Dis-moi; qui a raison? Nos ancêtres ont adoré Dieu sur cette montagne-ci. Vous autres, vous affirmez que l'endroit où l'on doit adorer, c'est Jérusalem" (v. 20). Jésus a répondu: "Crois-moi, lui dit Jésus, l'heure vient où il ne sera plus question de cette montagne ni de Jérusalem pour adorer le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient du peuple juif. Mais l'heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l'Esprit et en vérité; car le Père recherche des hommes qui l'adorent ainsi. Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent par l'Esprit et en vérité" (v. 21-24).

Jésus a-t-il soudainement passé à un autre sujet? Peut-être que non; l'évangile selon Jean nous donne quelques indices de ce qu'il voulait dire: "Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie " (Jean 6.63). "Le chemin, répondit Jésus, c'est moi, parce que je suis la vérité et la vie " (Jean 14.6). La vraie adoration consiste à écouter les paroles de Jésus et à passer par lui pour venir à Dieu. L'adoration ne dépend pas d'un endroit, d'un moment ou d'un groupe ethnique, mais elle dépend de notre attitude envers Dieu et, par ce fait, envers Jésus-Christ, son Fils. La vraie adoration vient avec l'eau vive.

Jésus révélait une vérité spirituelle profonde à cette étrangère - une vérité tout aussi profonde que celle dont il avait discuté avec un des chefs religieux d'Israël (Jean 3). Mais la femme ne savait pas tout à fait de ce qu'elle devait faire avec cette vérité, et elle a dit: "Je sais qu'un jour le Messie doit venir - celui qu'on appelle le Christ. Quand il sera venu, il nous expliquera tout" (Jean 4.25).

Jésus lui a répondu - ce fut probablement sa déclaration la plus directe - qu'il était le Messie et que ce qu'il disait était la vérité. La femme a laissé son vase derrière elle et est retournée à la ville pour raconter à tout le monde à propos de Jésus. Elle les a convaincus d'aller s'en rendre compte par eux-mêmes et plusieurs d'entre eux ont cru, non seulement à cause de son témoignage, mais aussi parce qu'ils ont eux-mêmes écouté Jésus parler (v. 39-41).

L'adoration aujourd'hui

De nos jours, certaines personnes ont parfois tendance à avoir des opinions arrêtées sur l'adoration: ils disent que la vraie adoration doit se faire un certain jour de la semaine, selon un certain genre de chant, une certaine posture ou quelque autre détail. Mais je pense que la réponse de Jésus à la Samaritaine explique bien la question de l'adoration: Le temps viendra où vous n'adorerez plus Dieu d'une manière ou d'une autre, parce que Dieu ne se trouve pas dans des lieux terrestres, dans des événements dans le monde, dans des musiques culturelles ou dans des gestes humains.

Dieu est Esprit, et notre relation avec lui est une relation spirituelle. Nous vivons dans le temps et l'espace, et nous utilisons le temps et l'espace pour adorer, mais ces détails ne définissent pas l'adoration. Elle doit plutôt être centrée sur Jésus et sur notre relation avec lui. Il est la source d'eau vive dont nous avons besoin pour avoir la vie éternelle. Nous devons admettre notre soif et lui demander à boire ou, pour utiliser une métaphore empruntée du livre d'Apocalypse, avouer à Jésus que nous sommes pauvres, aveugles et nus, et lui demander la richesse, la vue et le vêtement spirituels. Nous adorons en Esprit et en vérité lorsque nous regardons à lui pour obtenir ce dont nous avons besoin.

Dans le mariage, diverses personnes expriment leur amour de manières différentes, et certaines formes d'expressions sont appropriées en public tandis que d'autres ne le sont pas. C'est également vrai pour l'adoration. Nous exprimons notre adoration de manières différentes, et certaines d'entre elles sont plus appropriées en privé qu'en public. Certaines actions, bien qu'elles semblent des formes d'adoration pour une personne, paraissent irrespectueuses ou dérangeantes pour une autre personne. Lorsque nous adorons ensemble, nous ne voulons pas que nos actions éloignent les autres. En même temps, les croyants qui sont plus formalistes doivent être tolérants face à un peu de diversité. La vraie adoration n'est pas définie par des facteurs extérieurs, mais par notre attitude envers Jésus-Christ.

Lorsqu'il est question d'adoration, bien qu'il y ait toujours de la place pour de l'amélioration et de la maturité, puissions-nous continuer à apprendre de Jésus non seulement sur ce qu'est la vraie adoration, mais aussi sur la façon d'interagir avec les gens qui pensent différemment de nous sur l'adoration.