Église Universelle de Dieu, Canada
Mars & Avril 2004

La guerre spirituelle

de Joseph Tkach

pasteur général

Paul a écrit en Éphésiens 6.11 " Revêtez-vous de l'armure de Dieu afin de pouvoir tenir ferme contre toutes les ruses du diable. "

La guerre spirituelle est importante parce que " nous n'avons pas à lutter contre des êtres de chair et de sang, mais contre les Puissances, contre les Autorités, contre les Pouvoirs de ce monde des ténèbres, et contre les esprits du mal dans le monde céleste. " (v. 12).

Puisque la guerre spirituelle est capitale, il importe que nous comprenions ce qu'elle est, et que nous nous éloignions de toutes idées non bibliques qui parfois sont associées à la " guerre spirituelle ".

À cause de divers excès et abus, certains se tiennent à l'écart de toute forme de " guerre spirituelle ". Mais comme l'a dit Paul, nous avons des ennemis spirituels, et il nous serait utile de savoir comment les combattre.

L'armure de Dieu

Paul fait mention de l'" armure de Dieu " : la ceinture de la vérité, la cuirasse de la justice, les chaussures de l'Évangile de la paix, le bouclier de la foi, le casque du salut, l'épée de l'Esprit laquelle est la parole de Dieu, et la prière dans l'Esprit (v. 14-18). Nous pouvons tirer d'intéressantes analogies pour chacune de ces armes, mais je pense que certaines des expositions populaires étirent les analogies au-delà des intentions de Paul. Le point principal est que nous avons besoin des attributs spirituels pour faire face à la guerre spirituelle. Nous avons besoin de la vérité, parce que la vérité nous affranchit, et nous avons besoin de la justice, le don que Dieu nous a accordé par la foi en Christ, et qui nous motive à vivre droitement en lui.

La foi en Dieu nous aide à endurer, avec la paix de Dieu, les accusations de Satan, car nous savons que, peu importe ce dont il nous accuse, nous avons été pardonnés. Nous n'avons donc pas à être écrasés par la culpabilité ni à avoir peur de l'échec. De plus, la foi nous donne l'endurance et la paix devant les tragédies, les injustices, et les épreuves de la vie. Quand nos pieds sont protégés par l'Évangile de paix, nous sommes prêts à aller où nous devons aller dans l'assurance paisible de la fidèle parole de Dieu. Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Quand Jésus a été tenté par Satan, il lui a résisté en citant la parole de Dieu. Nous sommes plus forts spirituellement quand nous connaissons et croyons ce que Dieu a dit.

Paul termine sa liste des armes spirituelles en nous rappelant que la force spirituelle vient de Dieu seul, alors " en toutes circonstances, faites toutes sortes de prières et de requêtes sous la conduite de l'Esprit [...] et intercédez pour tous ceux qui appartiennent à Dieu " (v. 18). La bataille dépend du Seigneur, et puisque nous ne savons jamais d'avance quand l'ennemi attaquera, la prière doit caractériser notre vie. Paul offre une liste complémentaire d'armes spirituelles en 1 Thessaloniciens 5.8 : " Revêtons-nous de la cuirasse de la foi et de l'amour, et mettons le casque de l'espérance du salut. " Dans ce verset, l'apôtre utilise le trio de la foi, de l'espérance et de l'amour. Le point est que nous serons spirituellement fortifiés, et probablement moins enclins à trébucher ou à tomber, si ces qualités sont manifestes dans notre vie.

Lutter sur trois fronts

Notre bataille spirituelle implique trois domaines principaux : la chair, le monde et les esprits méchants. Les péchés de la " chair " comprennent également les péchés de l'esprit, tels que l'orgueil. Paul décrit cette lutte en Galates 5.17 : " Car ses désirs sont diamétralement opposés à ceux de l'Esprit ; et l'Esprit a des désirs qui sont à l'opposé de ceux de l'homme livré à lui-même. Les deux sont opposés l'un à l'autre, c'est pourquoi vous ne pouvez pas être votre propre maître. " Les péchés de la chair comprennent la jalousie, l'égoïsme et la haine, aussi bien que l'immoralité sexuelle et l'ivrognerie (v. 19-21).

Souvent, nos difficultés spirituelles viennent de l'intérieur, de faiblesses génétiques, des péchés qui ont été commis contre nous quand nous étions enfants, ou de mauvaises habitudes que nous avons acquises. Paul nous exhorte à nous considérer morts au péché, à faire mourir les œuvres de la chair, et à ne pas laisser régner le péché en nous (Romains 6.11,12 ; 8.13 ; Colossiens 3.5). C'est ça la guerre spirituelle. L'avarice (par exemple) est un sujet spirituel, même quand des mauvais esprits ne sont pas concernés. Le péché est une puissance spirituelle, et la seule façon efficace de lutter contre lui est avec l'aide de l'Esprit de Dieu en nous.

Notre environnement et notre culture peuvent aussi s'opposer à notre santé spirituelle. La culture occidentale fait la promotion du matérialisme et de l'individualisme, par exemple. Elle influence nos attitudes envers la sexualité, l'argent, la puissance, le succès, les autres groupes ethniques et les diverses religions. Parfois, ces influences sont positives, mais bien souvent elles ne le sont pas. Nous devons utiliser la parole de Dieu pour évaluer si les coutumes culturelles sont bonnes, mauvaises, ou neutres.

L'apôtre Jean parle de notre attitude envers la culture : " N'aimez pas le monde ni rien de ce qui fait partie de ce monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour pour le Père n'est pas en lui. En effet, tout ce qui fait partie du monde : les mauvais désirs qui animent l'homme livré à lui-même, la soif de posséder ce qui attire les regards, et l'orgueil qu'inspirent les biens matériels, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Or le monde passe avec tous ses attraits, mais celui qui accomplit la volonté de Dieu demeure éternellement " (1 Jean 2.15-17). Nous ne devrions jamais aimer les choses du monde, car tout ce que ce monde offre disparaîtra un jour. Notre priorité doit être axée sur les choses de Dieu.

Remarquez dans ce passage que le monde plaît aux désirs de la chair ; ces deux ennemis spirituels travaillent de concert et sont parfois indissociables. Les gens du monde éprouvent également des désirs charnels, mais ils sont moins enclins à y résister ; c'est pourquoi, la société fait souvent la promotion de la satisfaction et de l'indépendance. Nous devons être au courant de ces choses, non pas pour détester les gens, mais pour que nous soyons adéquatement méfiants des valeurs que bon nombre de personnes tiennent pour acquises.

Les esprits méchants

Notre troisième ennemi spirituel est le monde surnaturel méchant : les esprits méchants à qui certaines personnes veulent donner trop d'importance et que d'autres veulent ignorer. Paul dit clairement que nous luttons contre des puissances sataniques dans les lieux célestes, non pas dans le ciel comme tel, mais dans le monde spirituel en général. Nous étions un jour influencés par " le chef des puissances spirituelles mauvaises, et cet esprit qui agit maintenant dans les hommes rebelles à Dieu. Nous aussi, nous faisions autrefois tous partie de ces hommes. Nous vivions selon nos désirs d'hommes livrés à eux-mêmes [...] " (Éphésiens 2.2,3). Ce monde spirituel méchant travaille de concert avec la culture et notre nature pécheresse, et il est rarement nécessaire de distinguer la source exacte des esprits méchants qui nous tentent. Tous ces trois domaines font partie de la guerre spirituelle.

Mais nous ne devons pas craindre Satan, car Dieu " nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé " (Colossiens 1.13). Par sa mort, Jésus a détruit la puissance que Satan exerçait sur nous (Hébreux 2.14). À cause de notre alliance avec Christ, nous pouvons avoir confiance, comme Paul, que " le Seigneur continuera à me délivrer de toute entreprise mauvaise et me sauvera pour son royaume céleste " (2 Timothée 4.18).

Satan est un ennemi vaincu, mais il est toujours un ennemi qui nous harcèle par une guérilla. Ses attaques sont en général imprévues et déguisées. " Satan lui-même ne se déguise-t-il pas en ange de lumière ? Il n'est donc pas surprenant que ses agents aussi se déguisent en serviteurs de ce qui est juste " (2 Corinthiens 11.14,15).

Paul décrit le diable comme un lion rugissant à la recherche d'une proie. " Votre adversaire, le diable, rôde autour de vous comme un lion rugissant, qui cherche quelqu'un à dévorer " (1 Pierre 5.8). Alors que devons-nous faire ? " Résistez-lui en demeurant fermes dans votre foi, car vous savez que vos frères dispersés à travers le monde connaissent les mêmes souffrances. Mais quand vous aurez souffert un peu de temps, Dieu, l'auteur de toute grâce, qui vous a appelés à connaître sa gloire éternelle dans l'union à Jésus-Christ, vous rétablira lui-même ; il vous affermira, vous fortifiera et vous rendra inébranlables " (v. 9.10).

La stratégie est simple : résister. Comment ? Par la foi !

La Bible ne prescrit aucune parole spécifique ni aucun rituel quelconque, aucune onction d'huile ni prière particulières. Nous n'avons pas à apprendre des noms spécifiques ni à participer à des marches spéciales. Ni Jésus ni les apôtres ne sont allés à la recherche de démons à écraser pour trouver la clé de la croissance spirituelle ou de l'évangélisation efficace. Ils chassaient des démons quand le problème était inévitable, mais ils ne cherchaient pas des démons cachés ou des esprits territoriaux. Jésus a vaincu Satan non par l'agression, mais en lui résistant au moyen de la parole de Dieu, et ensuite en mourant sur la croix.

" Soumettez-vous donc à Dieu, résistez au diable, et il fuira loin de vous ", nous dit Jacques 4.7. Résistez, et le diable (ou démon) s'enfuira à la recherche d'une cible plus facile. Quand nous faisons confiance à Dieu, le diable n'a pas de point d'ancrage. Ses fléchettes enflammées ne peuvent pénétrer ce bouclier.

Personne ne pourra nous arracher de la main de Jésus, dit Jean 10.28 ; Christ nous garde en sécurité. Quand nous lui faisons confiance, les esprits mauvais ne peuvent nous faire de mal (1 Jean 5.18 ; 1 Thessaloniciens 3.3).

Par conséquent, nous devons tenir ferme dans la foi et résister aux tentations du diable, ces tentations qui plaisent à nos désirs charnels, à notre orgueil, à notre égoïsme ou aux influences malsaines de notre culture. Comment y résistons-nous ? En revêtant la foi et la justice, la vérité et l'Évangile, et en priant sans cesse.

Des concepts erronés

Voici quelques méconnaissances qui sont parfois associées à la guerre spirituelle. La Bible n'appuie aucunement les concepts suivants :

    1. Identifier un territoire géographique à des puissances démoniaques
    2. Réclamer des régions géographiques ou " lier " des démons à répétition
    3. Chercher les noms de démons pour en faire une source de puissance sur eux
    4. Tenter d'obtenir de l'information des démons
    5. Utiliser des cristaux ou des amulettes qui donnent en principe une puissance aux démons
    6. Répéter des prières sur des objets inanimés, tels que des pierres
    7. Chercher des malédictions transmises à travers les générations, comme si les paroles possédaient un pouvoir inhérent.

Certaines de ces techniques accordent aux esprits méchants beaucoup plus d'attention qu'ils ne le méritent. Elles les traitent comme des puissances légitimes au lieu d'usurpateurs. Ces idées sont des superstitions, empruntées de la magie, et cherchent la puissance non pas tant en Christ qu'en des techniques. Si de telles techniques réussissaient, ce serait un cas d'exorcisme de démons par l'usage des techniques de Béelzébul. Nous ne pouvons remporter la victoire que par Christ. Jésus n'a pas préconisé de telles stratégies, et nous ne pouvons pas apporter des améliorations à ce qu'il a lui-même fait.

Les malédictions et les envoûtements n'ont en eux-mêmes réellement aucune puissance. Si quelqu'un invoquait une malédiction sur quelque chose, et qu'un démon le réalise, la réalisation dépendrait du démon, et non de la puissance inhérente à des paroles prononcées. Il est inutile d'explorer le monde démoniaque pour essayer de trouver des malédictions cachées, et il est tout aussi inutile de prononcer des paroles particulières pour neutraliser les premières paroles de malédiction. Tout ce dont nous avons besoin est de Christ.

La possession démoniaque

Certains voient un démon derrière chaque mauvaise habitude, et à l'origine de chaque anormalité de personnalité. Bon nombre de maladies mentales, pour lesquelles nous avions l'habitude de blâmer les démons, se sont maintenant révélées être des anomalies physiologiques. Bien qu'elles aient des répercussions spirituelles, elles ne sont pas causées par des esprits méchants.

Alors nous devons être très diligents pour diagnostiquer un cas de possession démoniaque sur qui que ce soit.

Les assertions de possession démoniaque sont souvent fausses, mais pas toujours. En général, les symptômes comprennent:

    1. une réaction hostile au nom de Jésus,
    2. la présence d'un pressentiment surnaturel de méchanceté,
    3. une participation dans l'occultisme et la sorcellerie,
    4. des sentiments dominants de manque de pardon, d'amertume et de colère,
    5. une force surnaturelle, et
    6. un comportement d'auto violence. Aucun de ces symptômes ne sont toutefois des garanties d'une possession démoniaque, et un diagnostic devrait être fait qu'avec grande précaution.

Quand une situation de possession se présente, un ministre peut simplement prendre autorité au nom de Christ, et commander au démon de partir. Aucun cri n'est nécessaire, aucune conversation n'est requise. Il n'est pas essentiel non plus de chercher le nom du démon ou quoi que soit d'autre sur le monde démoniaque (ce que le démon dit est probablement faux, de toute façon). Si le démon cherche à gagner du temps ou à diriger l'attention sur quelque chose d'autre, il faut alors être ferme en commandant au démon de partir, par l'autorité de Christ.

Par la suite, nous devons enseigner à la personne de résister à la réinfection, en lui expliquant la vérité du salut, l'Évangile d'espérance, la foi en Christ, et en l'encourageant à mener une vie de justice, de prière, et d'étude de la Bible, et à s'entourer de gens qui l'aident. Nous ne devons pas craindre le monde démoniaque ; sa puissance est limitée. La principale stratégie de Satan n'est pas la possession proprement dite, mais la tromperie en se faufilant par la porte latérale. Les démons travaillent par le moyen de la société qui nous entoure, attirant notre propre nature pécheresse, et tentant de nous tromper par des façons erronées de penser et de nous comporter. Ils se servent de la crainte, de la culpabilité, et de l'ignorance, mais l'antidote à tout cela est la foi, le pardon et la vérité de l'Évangile.

Lectures suggérées

Power Encounters: Reclaiming Spiritual Warfare, de David Powlison, Baker, 1995.

Demon Possession, de John W. Montgomery, Canadian Institute for Law, 1976.

Counseling and the Demonic, de Rodger Bufford, Word, 2000.

Three Crucial Questions About Spiritual Warfare, de Clinton Arnold, Baker, 1997.

Overrun by Demons: The Church's New Preoccupation With the Demonic, de Thomas Ice and Robert Dead Jr., Harvest House, 1993 ; épuisé.

Seeing God: Twelve Reliable Signs of True Spirituality, de Gerald McDermott, InterVarsity, 1995 ; épuisé.

Money, Sex and Power, de Richard Foster, HarperCollins, 1985 ; épuisé.