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L'exemple d'Abraham Une étude dans Romains 3 de Michael Morrison éditeur de la revue World Wide News D ans la dernière section de Romains 3, Paul déclare que l'Évangile du salut annonce une justice de Dieu par laquelle il "déclare les hommes justes par leur foi en Jésus-Christ, et cela s'applique à tous ceux qui croient" (3.22). Cette justice est donnée à tous ceux qui croient en Jésus; en d'autres termes, les croyants sont justifiés ou sauvés par la foi en Jésus-Christ, et non en observant la Loi (3.28).Mais certains protesteraient: "Paul, dis-tu que la Loi est mauvaise?" À cela Paul répond: "Loin de là ! Nous confirmons la Loi" (3.31). La Loi ne contredit pas l'Évangile, et l'Évangile ne contredit pas l'Ancien Testament. Paul aborde cette section en disant que la Loi et les prophètes témoignent de ce don de justice (3.21). Il a commencé la lettre entière en affirmant que son Évangile a été promis dans les Écritures (1.2). La Loi a été conçue pour conduire les gens à l'Évangile, et l'Évangile n'annule pas la Loi tout comme le Messie n'annule pas les prophéties qui ont annoncé sa venue, mais plutôt les accomplit. De la même façon, l'Évangile accomplit la Loi, l'achève et réalise ce que la Loi ne pouvait qu'indiquer. La foi d'Abraham Paul ensuite illustre sa pensée par un exemple de l'Ancien Testament. Le patriarche Abraham est un excellent exemple de ce que Paul explique : que le salut vient par la foi et non par la Loi. En Romains 4, Paul élabore à la fois sur la signification de la justification et sur la foi. Il demande au verset 1: "Prenons l'exemple d'Abraham, l'ancêtre de notre peuple, selon la descendance physique. Que pouvons-nous dire à son sujet? Quelle a été son expérience?" Il précise encore plus la question en ajoutant: "S'il a été déclaré juste en raison de ce qu'il a fait, alors certes, il peut se vanter. Mais ce n'est pas ainsi que Dieu voit la chose !" (v. 2) Si Abraham était considéré juste à cause de ses œuvres, il aurait raison de se vanter, même si cela ne lui donnerait aucun mérite auprès de Dieu. Paul a déjà dit qu'il est hors de question de se vanter (3.27). Il fait contraster deux approches par rapport à la justice: une approche basée sur ce que les gens peuvent faire pour ensuite en tirer gloire, et une autre qui dépend de la foi et de laquelle ils ne peuvent se vanter, mais plutôt en être reconnaissants. Quelle sorte de justice avait Abraham? Paul trouve une réponse dans la Loi: "En effet, que dit l'Écriture ? Abraham a eu confiance en Dieu, et Dieu, en portant sa foi à son crédit, l'a déclaré juste" (4.3, tiré de Ge 15.6 ). La foi d'Abraham lui a été imputée à justice. Le patriarche, représentant toute la nation (et même le monde), a été déclaré juste non sur la base de ses œuvres, mais sur la base de sa foi en la promesse de Dieu. Justifier le pécheur Paul ensuite commence à raisonner sur ce que cela veut dire. Il établit un contraste entre les œuvres et la foi: "Si quelqu'un accomplit un travail, on lui compte son salaire non pas comme si on lui faisait une faveur, mais d'après ce qui lui est dû" (v. 4) Abraham a reçu son statut: s'il l'avait gagné par de bonnes œuvres, alors Dieu ne lui aurait pas crédité sa foi pour être justifié. Certains Juifs pensaient qu'Abraham était parfait dans son comportement et que Dieu était obligé de le considérer comme juste, mais Paul dit que, selon les Écritures, Abraham devait être justifié sur la base de la foi. Puis Paul ajoute: "Et si quelqu'un n'accomplit pas d'œuvre mais place sa confiance en Dieu qui déclare justes les pécheurs, Dieu le déclare juste en portant sa foi à son crédit" (v. 5). Paul intensifie le contraste : il ne parle pas de quelqu'un qui fait des œuvres et qui a la foi, mais de quelqu'un qui croit sans faire les œuvres. Bien sûr, les œuvres suivent normalement la foi mais, à ce point dans l'histoire, Abraham n'avait que la foi et aucune œuvre. Il faisait confiance à Dieu, et sa foi lui a été imputée à justice. Paul pousse encore un peu plus loin le contraste en affirmant que Dieu justifie le pécheur. Il utilise un mot fort "pécheur" mot qui n'est pas habituellement associé à Abraham. Mais les Juifs ne comptaient que deux catégories de gens : les justes et les pécheurs. Et si Dieu dû intervenir pour qu'Abraham soit justifié, alors cela implique qu'il n'était pas justifié auparavant, et qu'il faisait partie de la catégorie des pécheurs. Dieu n'a pas besoin de secourir le juste. Il sauve le pécheur ; on ne peut pas sauver des gens qui ne sont aucunement en danger. Abraham était un pécheur mais, à cause de sa foi, il a été considéré comme juste. Preuves à partir des Psaumes Paul reprendra l'exemple d'Abraham quelques versets plus loin. Mais ici il donne plus de preuves de l'Ancien Testament que Dieu peut imputer le pécheur à justice. Paul se sert du Psaume 32, écrit par David, un autre patriarche hautement respecté du peuple juif: "David exprime aussi de la même manière le bonheur de l'homme que Dieu déclare juste sans qu'il ait produit d'œuvres pour le mériter: Heureux ceux dont les fautes ont été pardonnées et dont les péchés ont été effacés. Heureux l'homme au compte de qui le Seigneur ne porte pas le péché" (4.6-8). David parle de quelqu'un qui a péché, qui aurait été déclaré pécheur s'il avait été jugé selon ses œuvres, mais qui aurait tous ses péchés pardonnés. David n'a pas fait mention de la foi dans ce passage mais il parle d'une personne à qui Dieu a imputé la justice sans les œuvres. Il y a une façon d'être en règle avec Dieu qui ne dépend pas d'un comportement parfait. Les péchés ne nous sont pas imputés, mais la foi nous est imputée en notre faveur. Pour les Juifs seulement? Paul ensuite revient à l'exemple d'Abraham et demande: "Ce bonheur est-il réservé aux seuls circoncis, ou est-il aussi accessible aux incirconcis?" (v. 9) La bénédiction du pardon n'est-elle disponible qu'aux Juifs, ou aussi aux Gentils ? Les Gentils peuvent-ils être comptés parmi les justes ? Paul leur rappelle: " Nous venons de le dire: Abraham a été déclaré juste par Dieu qui a porté sa foi à son crédit. À quel moment cela a-t-il eu lieu ? Quand il était circoncis ou quand il était encore incirconcis? Ce n'est pas quand il était circoncis, mais quand il ne l'était pas encore" (v. 9, 10). Abraham a été circoncis en Genèse 17. Alors en Genèse 15 (soit 14 ans auparavant), lorsque sa foi lui a été imputée à justice, il n'était pas circoncis. Non seulement Abraham a-t-il imputé à justice sans les œuvres en général, mais il a été notamment imputé à justice sans les œuvres des Juifs. Par conséquent, une personne n'a pas besoin d'être juive pour être sauvée. Elle n'a pas à se faire circoncire ou à garder la Loi qui distingue les Juifs des Gentils, parce qu'Abraham était un Gentil au moment où il a été imputé à justice. Abraham montre que Dieu accepte d'appeler justes des pécheurs, et ce, sans exiger la circoncision ou l'observation des lois mosaïques. Abraham a reçu de Dieu "le signe de la circoncision comme sceau de la justice qu'il avait déjà reçue par la foi avant d'être circoncis" (v. 11). Abraham a été circoncis plus tard, mais cela ne prouve pas que nous devons aussi être circoncis après avoir cru. La circoncision était simplement un signe de la justice qu'il avait déjà reçue. Cela n'a rien ajouté à sa justice et ne l'a pas changé de catégorie. Paul conclut ainsi: "Il est devenu ainsi le père de tous ceux qui croient sans être circoncis pour qu'eux aussi soient déclarés justes par Dieu de la même manière" (v. 11). Abraham est le père de tous les Gentils qui croient. Il a établi le précédent pour une personne incirconcise imputée à justice. "Il est aussi devenu le père des circoncis qui ne se contentent pas d'avoir la circoncision, mais qui suivent l'exemple de la foi que notre père Abraham a manifestée alors qu'il était encore incirconcis" (v. 12). Comme Paul l'a déjà mentionné, quelqu'un n'est pas un Juif en ne portant que la marque extérieure (2.28). Pour vraiment appartenir au peuple de Dieu, une personne doit avoir le cœur transformé, et non nécessairement la chair. Si les Juifs veulent faire partie du peuple de Dieu, ils doivent avoir la foi - la même sorte de foi qu'avait Abraham avant d'être circoncis. La base du salut est la foi et non la chair. Les Gentils n'ont pas besoin d'imiter les Juifs pour être sauvés. Les Juifs doivent plutôt imiter un Gentil, c'est-à-dire Abraham avant sa circoncision. Nous devons tous imiter le Gentil appelé Abraham. La foi et non la Loi Puis Paul ramène le mot Loi dans la discussion. "Car la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham et à sa descendance non parce qu'il avait obéi à la Loi, mais parce que Dieu l'a déclaré juste à cause de sa foi" (v. 13). La Loi de Moïse n'existait même pas à l'époque d'Abraham, et Paul déclare que la promesse n'a pas du tout été donnée par la Loi. Dieu n'a pas dit: "Si tu fais ceci ou cela, je te bénirai." Non, il a simplement dit qu'il le bénirait. C'était une promesse inconditionnelle: "Abraham, tu auras suffisamment de descendants pour remplir la terre, et le monde entier sera béni par toi." Abraham a cru cette promesse, et c'est pourquoi il a été imputé à justice. Ce n'était pas sur la base d'une loi. Paul poursuit son raisonnement ainsi: "En effet, s'il faut être sous le régime de la Loi pour avoir droit à cet héritage, alors la foi est sans objet" (v. 14). C'est soit la foi soit la Loi: ce ne peut être les deux en même temps. Si nous croyons être sauvés par nos œuvres, c'est que nous regardons à nos œuvres sans faire confiance à Dieu. Si Abraham avait gagné cette bénédiction en gardant la Loi, alors il serait inutile de faire mention de sa foi. Mais encore plus sérieusement, Paul précise que si le salut s'obtient par la foi, alors "la promesse est annulée. Car la Loi produit la colère de Dieu" (v. 14,15). La promesse serait inutile parce que nous ne pouvons accomplir ce qu'exige la Loi. Nous sommes pécheurs, et tout ce que la Loi peut faire pour nous, c'est d'apporter la colère et le châtiment. Elle ne peut pas livrer les promesses parce que nous sommes incapables d'en atteindre les critères. Si le salut s'obtient par la Loi, alors nous n'avons aucun espoir. La bonne nouvelle est que "là où il n'y a pas de Loi, il n'y a pas non plus de transgression" (v. 15). Si le salut ne s'obtient pas sur la base de la Loi, alors nous ne pouvons nous disqualifier à cause de nos transgressions. Étant donné que la Loi ne fait pas partie de la méthode par laquelle nous sommes sauvés, nos péchés ne sont pas non plus considérés. Ils n'enlèvent pas ce que Dieu nous a donné par une promesse (voir 8.1). Par la foi Paul ajoute en Romains 4.16: "Voilà pourquoi l'héritage est promis à la foi: c'est pour qu'il soit un don de la grâce. Ainsi, la promesse se trouve confirmée à toute la descendance d'Abraham, c'est-à-dire non seulement à celle qui est sous le régime de la Loi, mais aussi à celle qui partage la foi d'Abraham" (v. 16). La promesse donnée à Abraham était pour d'innombrables descendants, et nous pouvons prendre part à la promesse d'Abraham en étant un de ses descendants, par une union spirituelle avec Jésus, qui descend d'Abraham. La promesse du salut vient à nous par la foi, par grâce, et non par les œuvres, et elle est en conséquence garantie. Nous n'avons pas à craindre de perdre notre salut par quelque péché dont nous avons de la difficulté à nous défaire. La grâce ne tient pas compte de nos œuvres, bonnes ou mauvaises. Ainsi, la promesse n'est pas seulement destinée aux Juifs mais à tout le monde. Abraham "est notre père à tous" ajoute Paul, et il conclut par un verset de la torah qui le confirme: "comme le dit l'Écriture: Je t'ai établi pour être le père d'une multitude de peuples" (v. 17 tiré de Ge 17.5 et se servant du mot courant pour désigner les Gentils). Abraham est le père non seulement de la nation juive, mais de nombreuses autres nations. Les Gentils sont aussi ses descendants, et ils n'ont pas besoin de devenir Juifs pour en faire partie. "Placé en présence de Dieu, [Abraham] mit sa confiance en celui qui donne la vie aux morts et appelle à l'existence ce qui n'existe pas" (v. 17). Pourquoi Paul parle-t-il de cela ? Peut-être qu'il pensait aux morts spirituellement: les Gentils et les Juifs non croyants. Dieu peut les secourir et il peut prendre des gens qui sont égarés et en faire son peuple, prendre des gens qui sont pécheurs et les appeler justes. La foi d'Abraham Paul termine son exposé par un résumé de l'histoire d'Abraham. Son auditoire connaissait bien l'histoire, mais Paul souligne certains points pour renforcer ce qu'il a dit: "Alors que tout lui interdisait d'espérer, il a espéré et il a cru. Ainsi il est devenu le père d'une multitude de peuples conformément à ce que Dieu lui avait dit: Ta descendance sera nombreuse. Il considéra son corps, qui était comme mort - il avait presque cent ans - et celui de Sara, qui ne pouvait plus donner la vie, et sa foi ne faiblit pas. Au contraire: loin de mettre en doute la promesse et de refuser de croire, il trouva sa force dans la foi, en reconnaissant la grandeur de Dieu et en étant absolument persuadé que Dieu est capable d'accomplir ce qu'il a promis" (v. 18-21). Selon la chair, Abraham n'avait aucune raison d'espérer, mais il avait la foi en ce que Dieu avait promis, et sa foi était un témoignage de la grandeur de Dieu. Abraham savait que la promesse était physiquement impossible, mais il croyait en la puissance et en la fidélité de Dieu plutôt qu'en ses propres capacités. En ce qui concerne notre salut également, nous n'avons aucun espoir selon la chair, aucun espoir selon nos œuvres, mais nous pouvons faire confiance à la promesse de Dieu, donnée à Abraham et offerte à tous ceux qui croient en lui par Jésus-Christ. Nous ne devrions pas être découragés par notre incapacité humaine à être justifiés, mais nous devons croire à la promesse de Dieu pour nous rendre justes sur la base de la foi. Paul nous rappelle qu'"Abram fit confiance à l'Éternel et, à cause de cela, l'Éternel le déclara juste" (Ge 15.5). Comme argument final, Paul explique que les mots "Dieu l'a déclaré juste " n'ont pas été écrits pour lui seulement, mais aussi pour nous" (v. 22, 23). En fait, ces mots n'ont pas du tout été écrits pour Abraham, parce qu'ils l'ont été longtemps après sa mort. Ils ont été écrits principalement pour nous, pour que nous ayons aussi la foi. "Car la foi sera aussi portée à notre crédit, à nous qui plaçons notre confiance en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur" (v. 24). Que nous soyons Gentils ou Juifs, nous ferons partie des justes; nous serons considérés comme le peuple de Dieu si nous croyons en Dieu. Ce qu'il a fait pour Jésus, il le fera pour nous: il nous ressuscitera des morts. Il l'a fait par le passé et il le fera encore. Paul clôt le chapitre en réaffirmant brièvement le message de l'Évangile: "[Jésus-Christ] a été livré pour nos fautes, et Dieu l'a ressuscité pour que nous soyons déclarés justes" (v. 25). L'œuvre a été accomplie ; la promesse a été donnée. Nous devons accepter son don - le don de la justice - offert à ceux qui croient en Jésus-Christ. Si Dieu peut ressusciter les morts, il peut sauver n'importe qui! Questions pour susciter la discussion 1. Si Dieu sauve le pécheur (v. 5), cela me permet-il de pécher? 2. Quel est le sceau ou quelle est la preuve de ma justification? (v. 11) 3. La Loi joue-t-elle un rôle quelconque dans mon salut? (v. 14) 4. Si le salut est garanti (v. 16), puis-je le refuser ou le perdre? 5. Suis-je découragé par mes propres faiblesses? (v. 19) 6. Qu'est-ce qui me prouve que Dieu me sauvera? (v. 24). |