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Janvier & Février 2005
Les femmes dans la direction - de l'Église: partie 4 de Joseph Tkach pasteur général B on nombre des pratiques, événements et lois contenus dans l'Ancien Testament peuvent nous sembler étranges. Cependant, l'Ancien Testament fait partie de la Bible et, dans notre étude pour connaître ce que la Bible révèle sur les relations entre les hommes, les femmes et Dieu, nous devons examiner ce que contient cette partie de l'Écriture. Nous ne voulons pas rendre plus attrayant ce qu'elle dit ni non plus ne pas en tenir compte.Nous y découvrirons beaucoup de choses que nous ne voudrions pas imiter, mais nous y verrons aussi des exemples positifs. Nous observerons également que certaines lois bibliques sont intentionnellement établies dans des cultures spécifiques pour parler de questions culturelles précises et, comme telles, ces lois n'ont pas pour but d'être suivies aveuglément. Cette étude en deux parties de l'Ancien Testament fournira également une toile de fond contrastante pour notre prochaine étude qui parlera de Jésus et des femmes. Les hommes et les femmes dans les livres de Moïse Dans notre étude précédente, nous avons examiné l'enseignement contenu dans les trois premiers chapitres du livre de la Genèse. Dans la présente étude, nous examinerons les autres livres de Moïse. À cause de la grande quantité de matériel que renferment ces livres, nous traiterons brièvement de plusieurs questions. Il existe de nombreuses difficultés d'interprétation dans ce matériel. La plupart se trouve sous forme narrative : on y raconte l'histoire de ce qui est arrivé sans toutefois commenter les faits pour dire s'ils sont bons ou mauvais. D'autres parties donnent des lois pour les hommes et les femmes, mais même ces lois (telles que celles sur le divorce) peuvent être une accommodation à la culture plutôt qu'un principe intemporel. Par ailleurs, un grand nombre de lois de l'Ancien Testament sont désuètes. Pourquoi alors devrions-nous même examiner ces passages sur une société ancienne, quand notre question s'applique à une situation différente: les rôles dans l'Église? Bien des érudits croient que les rôles dans l'Église sont assignés par Dieu conformément aux rôles assignés par Dieu dans la société. Nous désirons donc voir ce que la Bible dit sur les rôles des hommes et des femmes en général, même si certaines de ces instructions sont périmées. Nous apprendrons d'abord que les commandements bibliques sont souvent donnés dans une situation culturelle particulière. Cette étude fournira aussi un cadre pour les versets du Nouveau Testament, dont certains font référence à des passages de l'Ancien Testament. Tout au long de notre étude, nous ne pouvons conclure que, simplement parce qu'une chose est arrivée, elle représente automatiquement un exemple que nous devrions suivre de nos jours. Nous ne prétendons pas, par exemple, qu'Abraham est le mari idéal ni que Rébecca est la femme idéale. Nous évaluons les comportements basés sur les principes du Nouveau Testament, enracinés dans le commandement de Jésus d'aimer notre prochain comme nous-mêmes. Ce commandement existe également dans l'Ancien Testament, même si certaines lois de Moïse exigeaient que les hommes ne traitent pas les femmes comme ils se traitaient les uns les autres. Genèse Les premiers chapitres de la Genèse nous révèlent peu de choses sur les femmes. Ils nous disent qu'Adam a couché avec Ève et qu'ils ont eu des fils (4.1,2 ,25). Caïn a couché avec sa femme et elle a donné naissance à Hénoc (4.17). Lémek a marié deux femmes, Ada et Tsilla (v. 19). Dans l'un des versets les plus débattus de la Bible, nous lisons que les "fils de Dieu" se sont "unis aux filles des hommes et qu'elles eurent donné des enfants" (6.4). La femme de Noé et ses belles-filles ont été sauvées du déluge grâce à l'arche (7.13). Les généalogies font rarement mention des femmes, bien qu'il soit mentionné que divers hommes ont eu des fils et des filles (11.11, etc.) Abram a marié sa demi-sœur Saraï, et le frère d'Abram, Nahor, a marié leur nièce, Milka (11.29). Abram, Saraï et Lot ont déménagé à Canaan, puis en Égypte (12.5, 10). En Égypte, Abram et Saraï ont présumé que le pharaon prendrait Saraï à cause de sa beauté ; la seule question était de savoir si Abram allait ou non survivre. Alors Abram a dit que Saraï était sa sœur, et le pharaon l'a en effet fait enlever pour faire partie de son harem (v. 15.19). Après que Dieu eut puni le pharaon pour son action, le pharaon a rendu Saraï à son mari et les a renvoyés. Plus tard, Abraham a agi de façon similaire avec Abimélek, le roi de Guérar: il a dit que Sara était sa sœur et Sara a dit qu'Abraham était son frère (20.2, 5). Dieu a averti Abimélek, et ce dernier ne s'est pas uni avec Sara (v. 3, 4) ; Abraham a expliqué que Sara était sa demi-sœur (v. 12). Abimélek a reconnu avoir offensé Sara, et il a donné de l'argent à Abraham pour couvrir l'offense (v. 16). Abraham avait dit une demi-vérité et le pharaon et Abimélek avaient raison de protester contre les tentatives d'Abraham de les tromper. Sara a dit à Abraham de coucher avec Agar, sa servante (16.1, 2). Selon une coutume ancienne, tous les enfants nés de servantes seraient alors traités comme s'ils étaient nés de la maîtresse. Sara s'est dit: Peut-être que je peux fonder une famille par ma servante. Plus tard, Rachel a fait une chose semblable et a dit: "[...] voici ma servante Bilha, unis-toi à elle pour qu'elle ait un enfant: elle accouchera sur mes genoux, et j'aurai, moi aussi, un enfant par son intermédiaire" (30.3). "Abram a suivi le conseil de sa femme", et Agar est devenue enceinte (16.2-4). Puis, il s'est développé une tension entre Saraï et Agar, et Saraï a injustement blâmé Abram pour le problème (v. 5). Sara a dit à Abraham de coucher avec Agar, sa servante (v. 6). Un ange a commandé à Agar de retourner auprès de sa maîtresse après sa fuite et d'appeler son fils Ismaël. Et Agar a donné un nom à Dieu: "Et elle appela l'Éternel qui lui avait parlé du nom de Atta-El-Roï (C'est toi le nom qui me voit)" (v. 13).1 Lorsque Dieu a dit à Abraham que Sara aurait un fils, Abraham a ri (apparemment manquant de foi en la promesse) et a suggéré qu'Ismaël soit béni à sa place (17.17, 18). Mais non, la promesse de Dieu était pour Sara tout autant qu'elle l'était pour Abraham (17.16, 19). Plus tard, Dieu a de nouveau dit que Sara aurait un fils, et Sara a ri (18.12). "Saisie de crainte, Sara mentit: Je n'ai pas ri, dit-elle" (v. 15). Au chapitre 19, Lot est un terrible exemple. Quand les hommes de Sodome ont voulu avoir des relations avec les visiteurs de Lot, celui-ci a offert aux hommes ses filles vierges (même si elles étaient désignées pour quelqu'un d'autre) pour leur faire ce qui leur plairait. Lot s'est senti plus obligé de protéger ses visiteurs plus que ses propres filles! Mais les anges sont venus au secours de Lot et de ses filles. Lot a trouvé refuge dans le village de Tsoar, et Dieu a détruit Sodome. La femme de Lot a regardé derrière elle et a été changée en une statue de sel. Lot et ses filles sont partis vers les montagnes, et là ses filles l'ont enivré et sont devenues enceinte de leur père. C'est une histoire tragique. Sara a donné naissance à Isaac et, lorsqu'il a été sevré, elle a dit à Abraham de chasser Agar et Ismaël (21.10). Abraham se préoccupait d'Ismaël, mais Dieu lui a ordonné de faire ce que Sara lui avait dit (v. 12). Alors Agar et Ismaël sont partis en direction du désert, où ils seraient morts sans l'intervention de Dieu. Sara est morte à l'âge de 127 ans et a été ensevelie près d'Hébron. Abraham a aussi eu des fils (aucune fille n'est mentionnée) de Qetoura et de quelques concubines (25.1-6). Isaac a marié Rébecca, la fille de son cousin Betouel. Elle était une femme qui parlait volontiers aux étrangers, travailleuse au point de se porter volontaire pour abreuver dix chameaux, disposée à offrir l'hospitalité au nom de sa famille, assez aventureuse pour voyager toute une journée à Canaan, et prête à parler pour elle-même (24.15-61). Abraham a spécifié depuis le début qu'elle devait consentir à suivre le serviteur d'Abraham (v. 8). Rébecca était stérile au début (la femme était généralement blâmée pour la stérilité), mais Isaac a prié pour elle, et elle est devenue enceinte (25.21). Puisque dans son ventre les jumeaux se heurtaient, elle en a demandé la raison à l'Éternel qui lui a dit que l'aîné servirait le cadet (Apparemment, elle n'a pas eu à passer par son mari pour demander quoi que ce soit à l'Éternel ni pour recevoir une réponse). Rébecca savait que le Seigneur bénirait Jacob et elle le favorisait, mais Isaac préférait Ésaü (25.28). Lorsque Rébecca a appris qu'Isaac voulait bénir Ésaü (contrairement à l'intention de Dieu), elle a conspiré avec Jacob pour tromper Isaac (27.5-10). Elle a préparé la viande, et Jacob a prétendu être Ésaü et a obtenu la bénédiction. Quand Ésaü a voulu tuer Jacob, Rébecca a dit à Jacob de fuir à Harân. Elle a réussi à faire en sorte qu'Isaac le bénisse et malgré cela elle a envoyé Jacob au nord de la Mésopotanie pour trouver une femme (27.42-28.5). Ésaü a marié deux femmes hittites, Judith et Basmath (26, 34). Puisque ses parents n'aimaient pas ses femmes hittites, il a marié une cousine, Mahalath, fille d'Ismaël et d'autres femmes (28.9; 36.2, 3). Isaac est parti pour Guérar à cause d'une famine et, tout comme son père avait fait, il a dit à Abimélek que sa femme était sa sœur (26.7), et Abimélek a rétorqué (v. 10). Jacob a été trompé par Laban, et a fini par marier ses deux filles. Léa a eu quatre enfants et Rachel a demandé à son mari, Jacob, qu'il couche avec sa servante pour qu'elle ait une famille substitut. Léa a fait de même et, à un moment donné, elle a payé Rachel pour pouvoir coucher avec Jacob (30.16). Il y a amplement de mauvais exemples dans cette histoire. De plus, Rachel a dérobé les idoles de son père et lui a menti (31.35). Dans la ville de Sichem, il y avait un prince du nom de Sichem qui a couché avec Dina, la fille de Léa, ce qui lui a causé d'être souillée et couverte de honte aux yeux de ses frères. Sichem a offert de payer autant qu'il serait requis, mais "les fils de Jacob usèrent de ruse" et pillèrent la ville, s'emparant de leurs enfants et de leurs femmes pour en faire des esclaves" (34.13, 29). Jacob s'en est plaint, mais Siméon et Lévi ont répondu: "Pouvions-nous laisser traiter notre sœur comme une prostituée?" (v. 31). Pourtant, c'était leur mère qui avait acheté une nuit avec leur père. Rachel avait dit: "Donne-moi des enfants, sinon j'en mourrai" (30.1), et lorsqu'elle a eu son deuxième fils, elle est morte. Elle l'a appelé Fils de ma douleur, mais Jacob le renomma Benjamin, Fils de bon augure (probablement une référence à Rachel). Elle a été enterrée près de Bethléhem (35.19). Ruben, le fils aîné de Léa, a couché avec Bilha, la servante de Rachel qui était alors décédée (v. 22). En tant qu'aîné, il aurait tôt ou tard hérité des concubines de son père, mais à cause de son action prématurée, il a perdu son droit d'aînesse (1 Ch 5.1). Genèse 38 raconte l'histoire de Tamar. Juda avait marié Choua, et ils ont eu des fils appelés Er, Onân et Chéla. Juda a pris une femme pour Er qui s'appelait Tamar. Dieu a fait mourir Er et, selon l'ancienne coutume, le prochain frère devait coucher avec la veuve pour donner une descendance à son frère (v. 8; Deut. 25.5). Mais Onân ne voulait pas donner une descendance à son frère Er (parce qu'Onân aurait reçu un plus petit héritage), et Dieu l'a fait mourir également. Mais même après que Chéla fut devenu adulte, il n'a pas été envoyé vers Tamar pour lui donner des enfants. Alors Tamar a fait semblant d'être une prostituée et elle est devenue enceinte de son beau-père, Juda. Lorsqu'on a su qu'elle était enceinte, Juda a menacé de la brûler vive, mais lorsqu'elle a prouvé que Juda était le père, il s'est écrié: "Elle est plus juste que moi ; elle a fait cela parce que je ne l'ai pas donnée pour femme à mon fils Chéla" (v. 26). Elle avait accompli son devoir envers la famille mais pas lui. Les femmes jouent un plus petit rôle dans l'histoire de Joseph. Joseph a eu un rêve dans lequel le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant lui. La lune représente sa mère (37.10), même si elle était morte. La femme de Potiphar a voulu coucher avec Joseph, mais lorsque ce dernier a refusé, elle l'a accusé de tentative de viol (39.14). Ensuite, elle ne joue plus aucun rôle dans l'histoire. Le pharaon a donné à Joseph une femme : Asnath, la fille d'un prêtre d'On, en Égypte, et ils ont eu deux fils, Manassé et Éphraïm (41.45-52). Exode et Deutéronome: récits Le livre d'Exode commence par l'initiative de quelques femmes. Les sages-femmes des Hébreux, Chiphra et Poua, ont refusé de tuer les nouveau-nés mâles. Elles ont menti au pharaon et Dieu les a bénies (Ex 1.19, 20). Une mère lévite a caché son fils pendant trois mois et l'a ensuite mis dans un panier sur le Nil; la sœur de l'enfant s'est postée à quelque distance pour voir ce qui arriverait et a vu la fille du pharaon secourir le garçon. Elle lui a offert de trouver une nourrice, et la mère a ainsi été payée pour allaiter son propre enfant (2.1-9). Après sa fuite à Madian, Moïse est venu à la défense de sept femmes et a donné à boire au petit bétail de leur père; il a marié l'une d'elles, Zéphora, et ils ont eu un fils appelé Guerchôm (2.15-22). Lorsque Dieu a attaqué Moïse, cherchant à le faire mourir, Zéphora lui a sauvé la vie en circoncisant Guerchôm et en touchant les pieds de Moïse avec le prépuce de son fils (4.25). Dieu a dit à Moïse de conduire les Israélites hors d'Égypte, et il a promis de disposer favorablement les Égyptiens envers eux. "Chaque femme demandera à sa voisine et à celle qui habite chez elle des ustensiles d'argent et d'or ainsi que des vêtements" (3.22). Plus tard, il a dit à Moïse que les hommes et les femmes devaient demander à leurs voisins des objets d'or et d'argent (11.2). Miryam, la prophétesse, a conduit les femmes dans la danse et dans un chant d'adoration (Ex 15.20). Plus tard, elle et Aaron ont murmuré contre Moïse à cause de sa femme kouchite, et Miryam a été punie durant une semaine (Nombres 12.1-15), probablement parce qu'elle était la chef instigatrice, mais il n'en est pas fait mention. Les hommes autant que les femmes ont participé à l'adoration du veau d'or (Ex 32.2, 3), tout comme les hommes et les femmes ont participé à la construction du tabernacle (35.22-29). En Nombres 27, les filles de Tselophhad ont demandé à Moïse d'effectuer un changement dans les lois sur l'héritage qui permettrait aux filles d'hériter si elles n'avaient pas de fils. Moïse a porté la requête devant Dieu qui a répondu: "Les filles de Tselophhad ont raison. Tu leur donneras une propriété en patrimoine comme aux frères de leur père et tu leur transmettras le patrimoine foncier de leur père" (v. 1-11). Ces femmes ont laissé une marque permanente dans les lois de l'ancienne alliance. Exode et Deutéronome: lois Tout comme dans les autres cultures environnantes, les lois étaient normalement écrites au masculin, comme si seulement les hommes commettaient des crimes. Par exemple: "Si un homme ('iysh) confie à la garde d'autrui de l'argent [...] (Ex 22.6). "Si quelqu'un emprunte une bête [...]" (v. 13). (La version Louis Second utilise le mot "homme" tandis que la version Le Semeur alterne entre le mot "homme" et le mot neutre "quelqu'un".) De nombreux autres exemples de lois qui présument que la personne est un homme pourraient être donnés; seulement quelques lois font aussi mention des femmes. Toutes les lois sur l'inceste sont données du point de vue de l'homme (Lé 18.) 2 Les lois d'Israël s'appliquent parfois aux hommes et aux femmes de façon égalitaire, et parfois de façon non égalitaire. Nous présentons quelques-unes d'entre elles pour illustrer des points d'égalité et des aspects d'inégalité. Dieu a dit qu'il punirait les péchés des pères jusqu'à la troisième et la quatrième génération (Ex 20.5), mais rien n'est dit sur les péchés des mères. Les femmes étaient spécifiquement comprises dans le commandement relatif au sabbat (v. 10) et dans le commandement qui dit d'honorer les parents (v. 12). Quiconque maudissait ou attaquait un de ses deux parents devait être tué (21.15, 17). Dans le dixième commandement, le "prochain" laisse présumer qu'il s'agit d'un homme, mais rien n'est dit sur la possibilité que le prochain soit une veuve qui possède une propriété (20.17). Si un homme hébreu devenait un esclave, il devait être libéré après six ans, et sa femme serait libre aussi ; mais si le maître lui avait donné une femme, elle et ses enfants ne devaient pas être libérés (21.2-4). L'homme pouvait rester avec sa famille seulement s'il devenait un esclave pour la vie (v. 5, 6). Les esclaves, femmes ou hommes, devaient être libérés s'ils étaient blessés. Un bœuf qui avait tué soit un homme ou une femme devait être abattu (v. 26-28). Si une femme était vendue comme esclave, 3 elle ne devait pas être libérée. (Dans cette société, une telle "liberté" pouvait la pousser à la prostitution.) Elle pouvait être vendue à des Hébreux, mais pas à des étrangers. Si elle était achetée comme épouse pour un fils, elle devait être traitée comme une fille. Si le fils mariait une autre femme, il ne devait pas priver sa première femme des droits conjugaux, ou autrement il devait la libérer (21.7-11). Le dernier verset peut impliquer que des relations sexuelles étaient comprises dans les situations précédentes aussi; il était courant pour les esclaves d'être des concubines. Si des hommes, en se battant, heurtaient une femme enceinte et causaient un accouchement prématuré à cause d'un comportement négligent, 4 ils devaient "payer une indemnité dont le montant sera fixé par le mari de la femme et approuvé par arbitrage" (21.22). Aucune mention n'est faite sur ce que voulait la femme. Si un homme couchait avec une vierge, il devait payer en argent la dot habituelle des jeunes filles vierges, même si le père refusait absolument de la lui accorder (22.16, 17). 5 Les femmes étaient impures pour une période de temps plus longue après avoir donné naissance à une fille (Lé 12.1-5). Après un épanchement séminal, les hommes étaient impurs jusqu'au soir, mais les femmes demeuraient impures durant sept jours pendant les menstruations, et son impureté était plus transférable (Lé 15.16-24). Pour la rédemption des vœux, l'estimation des femmes était moindre que celle des hommes (Lé 27.2-7). Les deux sexes pouvaient faire des vœux de consécration au service divin (No 6.1). 6 Les femmes avaient le droit de faire des vœux religieux, mais ils n'étaient valides que si le père ou le mari les approuvaient (No 30.3.14). Un vœu fait par une veuve ou une femme divorcée était automatiquement valide (v. 9). Apparemment, les femmes ne pouvaient pas être prêtres, bien qu'aucune loi ne spécifie rien à ce propos (mais la plupart des hommes ne pouvaient pas être des prêtres non plus). Un prêtre pouvait faire des sacrifices de nourriture à ses filles, même à celles qui étaient retournées à leur famille après qu'elles fussent devenues veuves ou divorcées (No 18.11 ; Lé 22.13). Les hommes devaient aller aux festivals et donner une offrande trois fois par année (De 16.16), mais il était entendu que les femmes, les enfants et les veuves y allaient également (26.12 ; 31.12). Lorsque les Israélites capturaient des femmes lors d'une guerre, ils pouvaient en prendre une comme la sienne. 7 Elle pouvait être libérée, mais non vendue ou traitée comme une esclave (De 21.10-14). Si un homme mariait deux femmes, "le jour où il partagera ses biens entres ses fils, il ne pourra pas conférer le droit de l'aîné au fils de la femme préférée, au détriment de celui de la femme moins aimée" (v. 15-17). Si une femme fiancée couchait volontairement avec un autre homme, elle était coupable d'adultère et les deux personnes devaient être tuées (22.23, 24). "Mais si c'est en pleine campagne que l'homme trouve la jeune fille fiancée et qu'il la viole, lui seul sera mis à mort" (De 22.23-27). Si la fille n'était pas fiancée, l'homme était forcé de payer 50 pièces d'argent et devait la marier, sans avoir le droit de la renvoyer (v. 28, 29). La loi ne donnait aucun droit de parole à la fille dans tout cela. Si un homme soupçonnait que sa nouvelle épouse n'était pas une vierge, il pouvait exiger des preuves. Si la preuve de la virginité ne pouvait être fournie, la femme devait être lapidée à l'entrée de la maison de son père, parce qu'elle a commis une chose infâme en Israël en se déshonorant lorsqu'elle vivait encore dans la maison de son père (22.13-21). 8 Si un homme marié depuis un certain temps suspectait sa femme d'infidélité, il pouvait apporter une offrande au prêtre et exiger que sa femme soit éprouvée (No 5.12-28) ; la loi présumait son innocence et laissait la punition entre les mains de Dieu. Si on pouvait prouver qu'une femme avait couché avec un autre homme, elle ainsi que l'autre homme devaient être tués (De 22.22), mais la punition ne s'appliquait pas dans le cas contraire. Un mari qui couchait avec une prostituée, par exemple, n'était pas considéré coupable d'adultère. De la même façon, les lois n'exigeaient pas que les hommes soient vierges lorsqu'ils se mariaient. Les hommes pouvaient avoir plusieurs femmes, mais les femmes ne pouvaient avoir plusieurs maris. Les lois régissaient le comportement sexuel des jeunes filles et des femmes, mais ne régissaient pas le comportement sexuel des veuves ni ne défendaient la prostitution. 9 Si un homme divorçait sa femme, il devait lui procurer une lettre qui lui permettait de marier quelqu'un d'autre (De 24.1-4). La femme n'avait pas le droit de demander le divorce à son mari. Les femmes étaient légalement sous l'autorité de leurs maris et parfois traitées comme une propriété, mais elles n'avaient pas le même statut légal qu'une "propriété" - elles ne faisaient pas partie de l'héritage, bien que les concubines l'étaient. 10 Conclusion Les femmes étaient habituellement mieux traitées sous la Loi de Moïse qu'elles l'auraient été dans toute autre nation. 11 Néanmoins, plusieurs des lois précitées nous frappent en ce qu'elles favorisent les hommes au détriment des femmes. Comment devrions-nous réagir devant ces lois? D'abord, nous devons reconnaître que les lois, comme faisant partie de l'ancienne alliance, sont caduques. Les chrétiens d'aujourd'hui n'ont aucune obligation de vivre sous ces lois. Ensuite, nous devons reconnaître que, même lorsque l'ancienne alliance était en vigueur, ces lois ne décrivaient pas la société idéale. Jésus souligne que la loi du divorce était une concession que Dieu a permise à cause de la dureté de cœur des gens (Mt 19.8). Une coutume déjà existante a été légalisée pour prévenir les abus flagrants, mais la Loi n'impliquait pas qu'elle approuvait la coutume comme telle. La même chose est vraie pour bon nombre des autres lois, telles que celles qui impliquent une plus grande liberté sexuelle pour les hommes que pour les femmes. Le manque de punition envers les hommes ne devrait pas être pris pour un endossement divin de leur liberté d'aller vers les prostituées, par exemple. C'était une coutume patriarcale, et Dieu a permis à certaines iniquités de continuer pendant un certain temps. Nous croyons que personne ne devrait être acheté ou vendu comme esclave. Nous croyons que l'engagement du mariage pour la vie ne devrait pas être arrangé sans le consentement de la fiancée et du fiancé. Nous croyons que la fornication et l'adultère ne méritent pas la sentence de mort. Nous croyons que les hommes aussi bien que les femmes devraient être vierges lorsqu'ils se marient, et nous croyons que les hommes autant que les femmes devraient s'abstenir d'activités sexuelles en dehors du mariage. Cependant, nous reconnaissons également que nous ne pouvons pas toujours insister sur ces idéaux. Dans plusieurs pays, les mariages sont arrangés, et les couples doivent vivre avec le résultat. Ne nombreux jeunes ne sont pas vierges, et l'adultère se produit. Même à l'intérieur de la communauté des croyants, il y a parfois une "dureté du cœur": une dureté qui exige une repentance mais qui nécessite aussi un arrangement pratique en fonction de ce que les gens ont fait. Nous n'exposerons pas ici en détail les fondements moraux appropriés à diverses situations auxquelles les gens font face; nous désirons seulement souligner que ces lois, bien que bibliques, ont été données dans un contexte culturel particulier, et que nous ne devrions pas les considérer comme des directives intemporelles de Dieu. Même dans le Nouveau Testament, il y a des directives qui ont été façonnées par la culture - la tête couverte pour les femmes, la salutation par un baiser, la liste de service pour les veuves, etc. Nous en discuterons dans une prochaine étude, mais pour l'instant il est suffisant de noter que l'Ancien Testament est limité culturellement dans une plus grande mesure que l'est le Nouveau Testament. Dans notre prochaine étude, nous brosserons un tableau des femmes dans l'histoire d'Israël, à partir de Rahab jusqu'à Esther. Encore une fois, à cause du grand volume de matériel, nous devrons résumer, mais cette étude donnera quelque contexte historique au ministère de Jésus et aux écrits de Paul. Notes de fin de texte 1. "Nulle part ailleurs dans la littérature du Proche-Orient, trouvons-nous qu'une déité a appelé une femme par son nom ; cependant, l'ange de l'Éternel l'a fait à deux reprises dans le cas d'Agar (Ge 16.8 ; 21.17). La conversation entre l'ange de l'Éternel et Agar est tout aussi surprenante dans son milieu culturel que la conversation de Jésus avec la femme samaritaine de son temps. Dans les deux cas, Dieu confère à une femme une pleine dignité en prenant soin d'elle avec grande sollicitude et en lui donnant des révélations, et cela même si les deux femmes venaient d'en dehors de la race pure et étaient des pécheresses" (Bruce Waltke, The Relationship of the Sexes in the Bible, Crux, septembre 1983, p. 11, 12). 2. La Loi défendait à un homme de coucher avec sa tante (v. 12-14), mais rien n'est dit au sujet d'une femme qui couche avec son oncle. 3. Les pères pouvaient aussi vendre leurs fils comme esclaves ; les hommes et les femmes pouvaient se vendre eux-mêmes (Lé 25.39 ; De 15.12). 4. Mais s'ils occasionnaient une fausse couche ou une blessure grave, le verset 23 ne s'appliquerait pas. Christopher Wright affirme que dans ce contexte, "vie pour vie" ne veut pas dire une punition de mort, mais un enfant vivant pour compenser celui qui a été tué avant la naissance. La sentence de mort pas appropriée pour un homicide accidentel (v. 13). (God's People in God's Land : Family, Land and Property in the Old Testament [Paternoster, 1997], 212). 5. Deutéronome 22.28, 29 est similaire, mais ne permet aucun refus et spécifie que les femmes ne peuvent jamais être divorcées. 6. Cependant, le reste du chapitre est écrit comme si le naziréen était un homme, selon l'usage que les lois sont écrites comme si elles l'étaient pour les hommes même lorsqu'elles s'appliquent aux femmes. 7. Aucune restriction n'est mentionnée sur la race. 8. Mais s'il l'accusait faussement, il ne pouvait jamais la divorcer. La "preuve de la virginité" pouvait être un vêtement souillé par une récente menstruation, montrant que la femme n'était pas enceinte au moment du mariage. 9. Cependant, la prostitution était réglementée et découragée. La prostitution sacrée n'était pas permise, et le salaire d'une prostituée ne pouvait pas être apporté au tabernacle (De 23.17, 18). Les filles des prêtres ne pouvaient pas devenir des prostituées, et les prêtres ne pouvaient pas marier des prostituées (Lé 21.9, 14). Les pères ne pouvaient pas forcer leurs filles à la prostitution (Lé 19.29). Mais il n'y avait aucune punition pour la prostitution comme telle. 10. Linda Belleville, Women Leaders and the Church: Three Crucial Questions (Baker, 1999), 77. 11. Pour des exemples, voir William Webb, Slaves, Women & Homosexuals, pages 76-80, et les articles sur les femmes dans le Anchor Bible Dictionary et dans le InterVarsity's Dictionary of the Old Testament: Pentateuch. |