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Comment interpréter la prophétie? I l y a beaucoup de points difficiles dans l'interprétation de la prophétie, mais si nous prenons la Bible au sérieux, nous devons étudier la prophétie, parce que la prophétie est une grande partie des écrits que Dieu a inspirés et qui font partie du canon chrétien. Puisque la prophétie nous encourage à connaître Dieu et à faire sa volonté, il est important pour nous de l'étudier, même si l'exercice est difficile.La prophétie a un message spirituel et les lecteurs ont besoin de l'aide de l'Esprit Saint pour être capables de le comprendre. Mais même les gens qui ont l'Esprit Saint peuvent faire des erreurs. Ils peuvent même différer tout à fait d'opinion. Toutes sortes de fausses interprétations ont été enseignées par des gens qui ont prétendu avoir l'Esprit de Dieu et qui ont revendiqué avoir la seule et unique interprétation inspirée. Du point de vue pratique, nous ne pouvons pas convaincre les gens de notre interprétation si nous utilisons un aperçu spécial auquel ils n'ont pas accès. Si tel était le cas, ce serait de leur demander d'avoir la foi en nous. Ce que nous devons faire est de baser notre compréhension, nos arguments et notre enseignement sur ce que les Écritures Saintes enseignent et sur ce que les gens peuvent voir par eux-mêmes, dans des traductions qui sont généralement disponibles. Nous devons utiliser une méthode d'interprétation compréhensible, une méthode qui a du sens au point de vue historique, linguistique et théologique. Nous devons examiner les mots, la grammaire, le débit du paragraphe, le type de littérature auquel nous avons affaire et sa relation avec le message complet de la Bible. Nous devons nous souvenir que cette prophétie n'a pas été inspirée pour satisfaire notre curiosité au sujet de l'avenir - que la prophétie a toujours eu un but théologique. Elle nous fait comprendre ce que Dieu accomplit avec l'humanité et elle nous a été donnée pour aider à motiver les gens à agir dans le présent. La prophétie n'est pas une fin en soi - elle sous-tend un but plus important. Le but premier de l'engagement de Dieu envers l'humanité est de nous réconcilier avec lui, nous donner le salut par Christ - et la prophétie sert ce but plus noble. Elle nous dévoile ce que Dieu fait et elle peut aussi nous révéler ce que nous devons faire. La prophétie devrait nous mener vers Dieu, pour que nous le connaissions, pour que nous ayons foi en lui et que nous le cherchions par Jésus Christ. Le langage poétique Il est particulièrement important de comprendre le genre d'écriture auquel nous avons affaire et c'est ici où bien des difficultés font leurs apparitions. La prophétie n'est pas toujours écrite de la façon dont l'histoire est écrite. La prophétie est souvent poétique et d'un style de poésie archaïque. Comme la poésie moderne, elle utilise des mots dans un sens métaphorique ou symbolique plus souvent que la prose le fait. Psaume 23 est un exemple familier de métaphores poétiques, avec des images pastorales. "L'Éternel est mon berger; Il me fait reposer dans de verts pâturages, Et ma coupe déborde." Voici des métaphores tirées d'aspects différents de la vie. Psaume 18 est une autre illustration intéressante, bien qu'il ne s'agisse pas ici de prophétie. En fait, c'est précisément une bonne illustration parce que ce n'est pas une prophétie. Nous savons ce qui est vraiment arrivé. Psaume 18 dit dans le verset 1 que nous étions au temps "lorsque l'Éternel l'eut délivré de la main de tous ses ennemis et de la main de Saül". Saül essayait de tuer David, mais David réussissait toujours à s'échapper. Le psaume commence d'une façon familière : " Éternel, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur! Mon Dieu, mon rocher, où je trouve un abri! Mon bouclier, la force qui me sauve, ma haute retraite! Je m'écrie: Loué soit l'Éternel! Et je suis délivré de mes ennemis." David utilise diverses images pour décrire Dieu comme un lieu de sécurité - un rôle défensif et passif. Il ajoute d'autres images quand il écrit "Les liens de la mort m'avaient environné, Et les torrents de la destruction m'avaient épouvanté; les liens du sépulcre m'avaient entouré, Les filets de la mort m'avaient surpris. Dans ma détresse, j'ai invoqué l'Éternel, J'ai crié à mon Dieu. De son palais, il a entendu ma voix. Et mon cri est parvenu devant lui à ses oreilles. (versets 4-6). Des images des abîmes, David se tourne maintenant vers des images des cieux et il utilise une terminologie cosmique : "La terre fut ébranlée et trembla, Les fondements des montagnes frémirent, Et ils furent ébranlés, parce qu'il était irrité. Il s'élevait de la fumée dans ses narines, Et un feu dévorant sortait de sa bouche: Il en jaillissait des charbons embrasés. Il abaissa les cieux, et il descendit: Il y avait une épaisse nuée sous ses pieds. Il était monté sur un chérubin, et il volait, Il planait sur les ailes du vent. Il faisait des ténèbres sa retraite, sa tente autour de lui, Il était enveloppé des eaux obscures et de sombres nuages." (versets 7-11). David utilise un peu le même langage que celui des mythologies cananéennes. Il parle de tremblements de terre et d'orages. Est-ce bien la façon que Dieu a sauvé David de Saül? Non, ce n'est pas ce que dit l'histoire - David utilise ici l'imaginaire, en utilisant des termes poétiques. Plus loin, nous voyons : "De la splendeur qui le précédait s'échappaient les nuées, Lançant de la grêle et des charbons de feu. L'Éternel tonna dans les cieux, Le Très Haut fit retentir sa voix, Avec la grêle et les charbons de feu. Il lança ses flèches et dispersa mes ennemis, Il multiplia les coups de la foudre et les mit en déroute." (Versets 12-14). Jusqu'ici, nous avons surtout des images d'orages. Mais David poursuit en ajoutant quelque chose qui n'a sûrement pas eu lieu lors des évasions de Saül : "Le lit des eaux apparut, Les fondements du monde furent découverts, Par ta menace, ô Éternel! Par le bruit du souffle de tes narines. Il étendit sa main d'en haut, il me saisit, Il me retira des grandes eaux; Il me délivra de mon adversaire puissant, De mes ennemis qui étaient plus forts que moi. Ils m'avaient surpris au jour de ma détresse; Mais l'Éternel fut mon appui. Il m'a mis au large, Il m'a sauvé, parce qu'il m'aime." (versets 15-18). Dans ce psaume, nous pouvons voir comment le langage poétique peut être appliqué à un événement historique. Ce serait une erreur pour nous de prendre ces versets d'une façon littérale - et nous devons être également prudents de la façon dont nous interprétons le langage prophétique. Quelques figures de styles spectaculaires peuvent être utilisées. Le langage poétique au sujet des vallées de la mer ne doit pas être pris littéralement, les montagnes ne peuvent avoir ici un sens littéral, les signes célestes ne peuvent pas être pris littéralement. Osée 12:10 dit que certaines des prophéties ont été conçus comme des paraboles, c'est-à-dire en un langage figuratif: "J'ai parlé aux prophètes, J'ai multiplié les visions, Et par les prophètes j'ai proposé des paraboles." Littéralement ? Il y a une école d'interprétation qui prône l'interprétation littérale de prophéties. Il y a des prophéties qui doivent être prises littéralement, mais le fait d'avoir un parti pris au sujet des prophéties est contraire aux autres indications bibliques. Nous ne pouvons pas supposer d'avance que c'est littéral; nous ne pouvons pas non plus supposer d'avance que ce ne l'est pas. L'approche littérale a été la cause de fausses prophéties et de beaucoup de déceptions. D'autres écoles d'interprétation ont aussi leurs difficultés. Il est donc important de souligner le besoin d'être prudent dans notre approche. La prophétie d'Amos sur les bénédictions (Amos 9:13) illustre quelques problèmes d'interprétation littérale : "Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, Où le laboureur suivra de près le moissonneur, Et celui qui foule le raisin celui qui répand la semence, Où le moût ruissellera des montagnes Et coulera de toutes les collines." Le laboureur rattrapera-t-il vraiment le moissonneur? Pourquoi le laboureur ne s'arrêterait-il pas tout simplement et n'aiderait-il pas le moissonneur? Comment ce peut-il que celui qui foule le raisin, qui travaille dans une presse de vin, rattrape le semeur, qui travaille dans les champs? Si le moût ruisselle des montagnes (d'autres versets pourraient nous porter à se demander s'il y aura même des montagnes), pourquoi aurait-on besoin de quelqu'un pour fouler le raisin? Évidemment, tout ne doit pas être pris au pied de la lettre. Mais qu'est ce qui est figuratif dans tout ça? Y aura-t-il même des laboureurs ou même des gens pour fouler le raisin? Le verset lui-même ne peut pas répondre à cette question. Quand nous lisons que "Les montagnes et les collines éclateront d'allégresse devant vous, Et tous les arbres de la campagne battront des mains." (Ésaïe 55:12), nous l'interprétons d'habitude symboliquement, parce que c'est impossible que ça s'accomplisse de façon littérale - c'est-à-dire impossible sans un miracle. Mais quand nous lisons que "le lion mangera la paille comme le bœuf" (Esaïe 11:7), nous trouvons quelque chose également d'impossible sans un miracle. Peut-être l'intention est que le lecteur ne prenne pas ce verset littéralement non plus. Quand nous lisons que chacun sera assis sous sa vigne et son figuier (Michée 4:4), nul n'est besoin d'insister que l'on aura tous un figuier et une vigne. Nous devons regarder la vue d'ensemble de l'image avant de regarder les détails. Les détails sont tout simplement des figures de styles pour dessiner l'image de la paix, qui est le contexte des versets 3-4. Les détails sont comme ceux dans une photo de gens heureux. La photo peut être représentative du bonheur, mais nous ne nous attendons pas à ce que chaque détail soit représentatif. Le fait d'être à la maison peut illustrer la paix et l'abondance, mais ces détails ne sont pas exigés pour qu'il y ait paix et abondance. Comme autre exemple, Ésaïe 40:3-4 dit que les montagnes seront aplanies et les coteaux changés en plaines. Littéralement, cela signifierait qu'il n'y aura aucune colline. Cependant, Luc 3:4-6 déclare que cette prophétie a été accomplie par Jean Baptiste. Luc a compris cette prophétie métaphoriquement, d'une façon très non littérale. Il ne parlait pas de montagnes et des routes du tout. En raison de la façon dont les auteurs du Nouveau Testament présentent les prophéties messianiques, quelques lecteurs peuvent penser qu'il y a eu un accomplissement "littéral". Mais une comparaison du contexte de l'Ancien Testament et de l'accomplissement dans le Nouveau Testament révèle parfois un changement radical dans la signification. En fait, il se peut que le verset original dans l'Ancien Testament n'ait pas été une prophétie du tout mais qu'il ait été accompli, ou greffé d'une signification plus grande, dans la vie et le ministère de Christ. Dans Joël 2:28-29 on prédit que l'Esprit de Dieu serait "sur toute chair; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos vieillards auront des songes, Et vos jeunes gens des visions", mais Pierre a dit que cet événement a été accompli durant la Pentecôte, et n'y avait pas eu de rêves et visions (Actes 2:16-17). Néanmoins, Pierre a dit que la Pentecôte était un accomplissement de la prophétie. Il ne s'est pas arrêté aux détails et nous ne le devrions pas non plus. Leur compréhension de l'accomplissement diffère du concept de l'accomplissement de beaucoup de gens d'aujourd'hui. Voyons un exemple dans le livre de l'Apocalypse: Christ a-t-il littéralement une épée dans sa bouche (Apocalypse 19:15), ou est ce que, métaphoriquement, ça signifie des paroles de guerre? De la même façon dans l'Ancien Testament, quand nous lisons que les hommes "transformerons leurs épées en charrues," limitons-nous la signification aux épées et aux charrues, ou l'appliquons-nous à tous les instruments de guerre et de productivité de nos jours? Dans ce cas, l'article spécifique (une épée) semble se référer à un sujet général (la violence); la même chose peut être vraie pour d'autres détails de la prophétie. Un mot peut avoir plus d'une signification. Et que penser des personnages? Malachie 4:5-6 a prédit un Élie. Mais ce n'était Élie lui-même; Jésus a dit que Jean le Baptiste a accompli ce rôle. Et quand Élie reviendra, sera-ce Élie ressuscité, ou quelqu'un d'autre dans son rôle? Et que penser des prophéties d'un deuxième David? Dans de nombreux cas, "David" peut faire référence à Christ son fils et successeur. Et si Christ accomplit la prédiction, il n'est pas nécessaire que David lui-même l'accomplisse aussi. Quand nous lisons que Christ sera assis sur le trône de David, devons-nous nous attendre au même trône physique, ou est-ce que c'est une figure de style dépeignant le règne sur Israël? Serons-nous tous assis sur un trône de Dieu (Apocalypse 3:21) tandis que les apôtres seront assis sur d'autres trônes (Matthieu 19:28)? Besoin d'humilité Notre façon d'interpréter la Bible devrait être de se poser la question: Qu'est ce que l'auteur a-t-il voulu dire? Il est possible qu'il ait donné une signification figurative. Bien sûr, pour comprendre la figure de style ou la métaphore, nous devons d'abord comprendre ce que les mots signifient littéralement. Mais nous ne pouvons pas arbitrairement rejeter toutes les autres possibilités. Malheureusement, il n'y a aucune formule simple pour nous dire que les mots doivent être pris littéralement et lesquels sont symboliques. Même si nous savons que le terme est symbolique, il n'y a aucune formule pour nous dire ce que le symbole signifie. C'est pourquoi la prophétie biblique est interprétée de beaucoup de façons différentes. Bien que nous voulions avoir une réponse pour chaque question de la Bible, nous devrions plus souvent dire "Nous ne le savons pas". "Certains d'entre nous ont cette opinion et certains d'entre nous ont une autre opinion. Je comprends comment vous avez acquis votre point de vue et il se pourrait que nous ne soyons pas d'accord, mais je ne peux pas prouver que mon point de vue est le seul point de vue valable." Voici l'approche que notre déclaration des croyances prend au sujet de plusieurs questions. À cause des ambiguïtés qui sont inhérentes à la prophétie (probablement selon la volonté de Dieu), les différences d'opinions existeront, même parmi des chrétiens convertis. Sur de telles questions, nous ne devrions pas être dogmatiques et aucun d'entre nous ne doit insister pour que l'église enseigne notre point de vue particulier. Sur bien des questions discutables, l'église n'a pas à enseigner une opinion plus qu'une autre; ce n'est pas essentiel à l'éducation chrétienne ou à notre commission. Il y a des portions de la Bible que nous ne comprenons pas (même Paul ne connaissait pas tout) et nous devons l'admettre. Nous ne pouvons pas être dogmatiques au sujet de certaines interprétations spécifiques - et nous ne pouvons pas rejeter catégoriquement celles de tous les autres. Quelques mots sur les dates, peut-être un des aspects de la prophétie le plus souvent mal utilisé. Les prophéties bibliques sont souvent ambiguës du point de vu chronologique et ce, à dessein. Ce n'est pas pour nous pousser à étudier plus fort et faire des tas de suppositions - c'est parce que la chronologie a relativement peu d'importance. La chose la plus importante est notre réponse spirituelle et cette réponse spirituelle est encore plus importante même si nous connaissons la chronologie. La prophétie a été donnée moins pour nous connaissions l'avenir, que pour que nous sachions que Dieu est en contrôle de l'avenir et c'est beaucoup plus important pour nous de connaître Dieu, que c'est pour nous de connaître l'avenir. Toute révélation de l'avenir a été donnée principalement pour que nous fassions quelque chose maintenant pour être complices de Celui qui sera vainqueur à la fin, celui qui dicte l'issue depuis les temps anciens, celui qui fera en sorte que tout se passera comme il en avait l'intention. Droit d'auteur © 2001 Église Universelle de Dieu |