Faites le pas

J. Michel Feazell

Jésus fit un jour cette allégorie (d'accord, une parabole) au sujet de deux sortes de gens qui étaient allés au temple pour prier. L'un d'entre eux était un pharisien et l'autre était un collecteur d'impôts (Luc 18:9-14). De nos jours, 2000 ans après que Jésus a raconté cette histoire, nous pourrions être tentés de hocher la tête sciemment et dire : " Oui, bien sûr, les Pharisiens étaient des hypocrites pharisaïques, n'est-ce pas ? " Possible, mais laissons cette affirmation de côté un moment et voyons ce que les auditeurs de Jésus ont pu penser.

En premier lieu, les pharisiens n'étaient pas perçus comme étant des personnes mauvaises ou hypocrites comme nous, -les chrétiens ayant 2000ans d'histoire, avons tendance à le penser d'eux. Les pharisiens étaient en fait une fidèle minorité religieuse dévouée, prudente, de Juifs qui se tenaient debout avec cœur en brèche contre la marée croissante de libéralisme, de compromis et de syncrétisme (fusion de croyances différentes) du monde romain et de sa culture païenne grecque. Ils appelaient le peuple à retourner à la loi pour laquelle ils se sont engagés eux-mêmes avec fidélité et obéissance.

Lorsque le pharisien du récit a prié, " Dieu, je te remercie de ne pas être avare, malhonnête et adultère comme les autres hommes, et en particulier comme ce collecteur d'impôts là-bas. " (Luc 18 : 10), ce n'était pas que des paroles en l'air. C'était vrai. Son respect de la loi était impeccable et lui, ainsi que d'autres pharisiens minoritaires, l'observaient scrupuleusement dans un monde où son importance s'était sérieusement érodée. Il n'était pas comme d'autres hommes et ne prenait pas même le crédit " de ce qu'il " était, remerciant plutôt Dieu qu'il en soit ainsi.

Les collecteurs d'impôts, d'autre part, étaient des escrocs notoires, des juifs travaillant pour les forces d'occupation romaine, relevant des revenus fiscaux de leur propre peuple. Pire encore, c'étaient des hommes peu scrupuleux, ayant pour habitude de gonfler les factures pour leur propre bénéfice (voyez Matthieu 5:46). Ceux ayant entendu l'histoire de Jésus auraient immédiatement considéré le pharisien comme un homme de Dieu, " le chapeau blanc ", et le collecteur d'impôts comme l'archétype de l'homme mauvais, " le chapeau noir ".

Mais Jésus, comme à son habitude, apportait un point tout à fait inattendu : Dieu n'est ni aidé ou gêné par ce que vous êtes ou ce que vous avez été ; Il pardonne chacun, même les pires pécheurs. Nous devons tout simplement lui faire confiance. Et tout aussi stupéfiant, les gens se croyant plus justes que d'autres (même avec une preuve physique suffisante) sont toujours dans leurs péchés, non pas parce que Dieu ne les a pas pardonnés, mais parce qu'ils ne peuvent recevoir ce qu'ils ne croient pas avoir besoin.

De bonnes nouvelles pour les pécheurs

L'évangile est pour les pécheurs, non pour les gens justes. Les gens justes ne saisissent pas l'Évangile pour ce qu'il est vraiment parce qu'ils croient n'avoir pas besoin de cette sorte d'Évangile. Aux gens justes, l'Évangile est la bonne nouvelle que Dieu est de leur côté. Ils ont confiance en Dieu parce qu'ils savent qu'ils se comportent de façon plus divine que le monde de pécheurs qui les entoure. Ils mettent beaucoup d'accent sur l'aspect épouvantable des péchés des autres, ils sont heureux d'être près de Dieu ne vivant pas comme les adultères, les meurtriers et les voleurs qu'ils voient dans les rues ou aux bulletins de nouvelles. Aux gens justes, l'Évangile est une trompette de condamnation envers les pécheurs du monde, un message d'avertissements que les pécheurs doivent cesser de pécher et commencer à vivre comme eux, à la manière des gens justes.

Mais cela n'est pas l'Évangile. L'Évangile est une bonne nouvelle pour les pécheurs. Il déclare que Dieu a déjà pardonné leurs péchés et leur a donné une nouvelle vie en Jésus-Christ. C'est un message dont les pécheurs, qui en ont assez de la tyrannie cruelle du péché sur eux, tiennent compte. Cela signifie que Dieu, le Dieu de justice qu'ils croyaient qu'Il était contre eux (puisqu'Il avait de bonnes raisons de l'être), est en réalité de leur côté et qu'en fait Il les aime. Cela signifie que Dieu ne tient plus compte de leurs péchés, mais qu'Il a déjà payé le prix de leurs péchés en Jésus-Christ, qu'Il a brisé l'emprise mortelle du péché sur eux. Cela signifie qu'ils ne doivent plus vivre un autre jour dans la crainte, le doute ou la culpabilité. Cela signifie qu'ils peuvent avoir confiance en ce que Dieu est, en Jésus-Christ, tout ce qu'Il dit qu'Il est ; Celui qui pardonne, le Rédempteur, le Sauveur, l'Avocat, le Pourvoyeur, l'Ami.

Plus qu'une simple religion

Jésus-Christ n'est pas qu'une autre figure religieuse. Il n'est pas un être chétif au regard doux (bovin), image finalement irréaliste de la puissance de la douceur chez l'humain. Il n'est pas non plus qu'un autre grand enseignant moral ayant remué les cœurs humains afin de les élever à un niveau plus haut de responsabilité sociale.

Non. Lorsque nous parlons de Jésus-Christ, nous parlons de la source éternelle de toutes choses (Hébreux 1:2-3) et plus encore. Il est aussi le Rédempteur, le Sanctificateur, le Réparateur de toutes choses, lui qui en mourant et ayant été élevé a réconcilié l'univers à Dieu (Colossiens 1:20). Jésus-Christ est celui qui a créé tout ce qui est, qui, à chaque instant maintient tout ce qui existe, qui prend tous nos péchés sur Lui-même afin de tout racheter entièrement, cela nous incluant vous et moi. Il est venu comme l'un des nôtres afin de nous transformer en ce pour quoi Il nous a créés.

Jésus n'est pas qu'une autre figure religieuse et l'Évangile n'est pas qu'une autre religion. L'Évangile n'est pas un ensemble nouveau et amélioré de règles, de formules et de directives afin que nous soyons en bons termes avec un être suprême sinon bilieux, de mauvaise humeur ; c'est la plénitude de la religion. La religion est mauvaise nouvelle ; elle nous dit que les dieux (ou Dieu) sont très en colère et que si nous faisons ceci, cela ou tout autre chose de la bonne façon, ils(ou il) changeront alors d'avis et nous souriront. Cependant, l'Évangile n'est pas religion : c'est la bonne nouvelle de Dieu pour l'humanité. Il déclare tout péché pardonné et tout homme, femme ou enfant, ami de Dieu. C'est une invitation en or sur un plateau d'argent à tous ceux qui auront assez de bon sens pour le croire et l'accepter (1 Jean 2:2).

" Mais un repas gratuit, ça n'existe pas " dites-vous. En fait, cela existe et c'est justement cela. Ce n'est pas qu'un déjeuner gratuit mais un banquet gratuit et qui durera pour toujours. Vous n'avez besoin de rien d'autre pour entrer que d'avoir confiance en Celui qui invite.

Dieu déteste le péché, pas nous

Dieu déteste le péché pour une seule raison, parce qu'il détruit tout et tous autour de nous. Voyez-vous, Dieu ne cherche pas à nous détruire parce que nous sommes des pécheurs ; Il désire nous sauver du péché qui nous détruit. Et la bonne nouvelle est que cela est déjà fait. Il l'a fait en Jésus-Christ.

Le péché est mauvais parce qu'il nous coupe de Dieu. Il nous conduit à avoir peur de Lui. Il nous empêche de voir la réalité pour ce qu'elle est vraiment. Il dessèche notre joie, bouscule nos priorités et transforme ce qui devrait être sérénité, paix et satisfaction en un chaos, en inquiétudes et en craintes. Il nous fait désespérer de la vie, et jamais aussi profondément que lorsque nous achevons et possédons tout ce dont nous croyons avoir besoin ou que nous voulons.

Dieu déteste le péché parce qu'il nous détruit, mais Il ne nous déteste pas. Il nous aime. C'est pourquoi Il a agi contre le péché. Et ce que Dieu a fait pour le contrer est de pardonner, Il a ôté le péché du monde (Jean 1:29) et Il l'a fait par Jésus-Christ (1 Timothée 2:6).

Le fait que nous soyons pécheurs ne signifie pas que Dieu lève le nez sur nous, contrairement à ce que vous avez pu entendre ; cela signifie qu'en tant que pécheurs, nous ne voulons pas être près de Lui. Bien que sans Lui nous ne soyons rien, tout notre être, tout ce que nous sommes, dépend de Lui. La lame déloyale du péché coupe dans les deux sens : d'un côté, elle nous pousse à la crainte ou la méfiance, à tourner le dos à Dieu et à Son amour pour nous, et de l'autre côté elle nous laisse affamés pour ce même amour. (Les parents d'adolescents comprennent très bien cela.)

Le péché enlevé en Christ

Pendant votre enfance vous avez peut-être reçu l'idée, par des adultes autour de vous, que Dieu est une sorte de juge sévère, tenant chacune de vos actions dans la balance, prêt à vous frapper d'une malédiction si vous manquez votre coup, ou à vous garder au ciel si vous réussissez. L'Évangile nous offre la bonne nouvelle que Dieu n'est pas du tout un juge sévère ; Il est Jésus-Christ. La Bible nous dit que Jésus-Christ est, pour nous humains, l'exemple parfait de l'image précise de Dieu (Hébreux 1:3). Autrement dit, quand Dieu daigne s'abaisser à devenir comme l'un de nous afin de nous montrer qui Il est, la façon dont Il pense, agit, avec qui Il se tient et pourquoi Il le fait, Il est Jésus-Christ.

Oui, Dieu a fait de Jésus le juge du monde entier, mais Il est tout sauf un juge sévère. Il pardonne aux pécheurs ; Il ne les condamne pas (Jean 3:17). Les pécheurs sont condamnés seulement s'ils refusent de venir à Lui pour recevoir le pardon (v. 18). Il est un juge qui paye les sentences de tous de sa propre poche (1 Jean 2:1-2), Il déclare toutes les charges annulées contre chacun pour toujours (Colossiens 1:19-20) et invite ensuite le monde entier à la plus grande célébration de l'histoire.

Nous pouvons être assis sur notre séant et débattre tant que nous voulons au sujet de qui le croira ou pas et acceptera Sa miséricorde et viendra à Sa célébration, ou nous pouvons Lui laisser tout cela (Il peut y faire face), et sauter sur nos pieds puis tout faire pour être nous-mêmes de la fête, répandant la bonne parole et priant pour quiconque croisera nos chemins tout au long de notre route.

La justice de Dieu

L'Évangile, la Bonne Nouvelle, nous dit : Vous appartenez déjà à Christ, recevez-Le. Aimez-le. Faites-lui confiance pour votre vie. Aimez Sa paix. Ouvrez vos yeux à la beauté, à l'amour, à la paix et à la joie lesquelles dans le monde ne peuvent être vus que par ceux qui sont dans le repos de l'amour de Christ. En Christ, nous sommes libres d'admettre et de faire face à notre culpabilité. Parce que nous avons confiance en Lui, nous n'avons pas peur d'avouer nos péchés et de les charger sur Ses épaules. Il est de notre côté.

" Venez à moi " dit Jésus, " vous tous qui êtes accablés sous le poids d'un lourd fardeau, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes, et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur. Oui, mon joug est facile à porter et la charge que je vous impose est légère. " (Matthieu 11:28-30).

Quand nous nous reposons en Christ, nous cessons de mesurer la justice ; nous pouvons maintenant être tout à fait honnêtes et sans complexes dans le libre aveu à Dieu de nos péchés. Dans la parabole du pharisien et du collecteur d'impôts de Jésus, (Luc 18:9-14), c'est le collecteur d'impôts pécheur qui a librement admis sa culpabilité et a désiré la miséricorde de Dieu, qui a été rendu juste. Le pharisien, qui s'est consacré à une vie juste et a tenu le compte de ses saints succès, ne pouvait voir clairement sa culpabilité non plus que son besoin tout aussi aigu du pardon et de la miséricorde, il ne rechercherait donc pas ni ne recevrait la justice qui ne peut provenir que de Dieu (Romains 1:17 ; 3:21 ; Philippiens 3:9). Le succès de sa " vie sainte" est devenu le brouillard aveuglant qui l'a empêché de voir à quel point il avait besoin de la miséricorde de Dieu.

Une évaluation honnête

Christ vient à nous avec grâce au milieu même de notre état de péché le plus profond et de notre impiété (Romains 5:6, 8). C'est précisément là, dans notre plus noire injustice, que Lui, le Soleil de la justice, s'élève pour nous avec la guérison sous ses ailes (Malachie 4:2). Ce n'est que lorsque nous pouvons nous voir tels que nous sommes vraiment ainsi que notre besoin réel, comme l'a fait le collecteur de la parabole, que notre prière quotidienne peut être, " O Dieu, aie pitié du pécheur que je suis " nous pouvons nous permettre de nous reposer paisiblement dans la chaleur de son étreinte apaisante.

Nous n'avons rien à prouver à Dieu. Il nous connaît mieux que nous nous connaissons nous-mêmes. Il connaît notre culpabilité et notre besoin de la miséricorde. Il a déjà fait pour nous tout ce qui pouvait être fait pour garantir notre amitié éternelle avec Lui. Nous pouvons nous reposer dans son amour. Nous pouvons avoir confiance dans Sa parole de pardon. Nous n'avons pas à faire nos preuves ; nous devons seulement croire et avoir confiance en Lui. Dieu veut que nous soyons Ses amis, pas Ses jouets électroniques ou Ses soldats de plomb. Il recherche l'amour, pas une servitude peureuse ou préprogrammée.

La foi, pas les œuvres

De bonnes relations sont basées sur l'engagement fidèle, l'allégeance et par-dessus tout, l'amour. Elles ne sont pas basées sur la simple obéissance (Romains 3:28 ; 4:1-8). L'obéissance a sa place, mais elle est, nous devons le comprendre, un effet secondaire de la relation, pas la cause. Si vous permettez à l'obéissance d'être la base de votre relation avec Dieu, vous vous enfoncerez dans une fierté persistante, comme le pharisien de la parabole, ou bien dans la crainte et la frustration, selon le degré d'honnêteté que vous aurez avec vous-même, et selon la façon dont vous vous percevrez dans l'échelle de la perfection.

Comme dans " Mere Christianity ", C. S. Lewis a écrit : " Il n'y aurait aucun sens à affirmer que vous avez confiance en telle personne si vous n'acceptez pas son conseil. " Lorsque vous aurez confiance en Christ, vous écouterez son conseil et ferez de votre mieux pour vivre par celui-ci. Quand vous êtes en Christ, quand vous avez confiance en Lui, vous faites de votre mieux sans crainte de rejet quand vous échouez, comme cela nous arrive si souvent.

Lorsque nous nous reposons en Christ, notre lutte pour surmonter nos pensées et habitudes coupables devient une obligation enracinée dans la foi en le salut et le pardon de Dieu pour nous. Il ne nous a pas jetés au milieu de quelque bataille interminable de mesure (Galates 2:16). Au contraire, Il nous conduit avec Lui dans un voyage de foi où nous apprenons à cesser de traîner des chaînes d'esclavage et de douleur dont Il nous a déjà libérés (Romains 6:5-7). Nous ne sommes pas condamnés à une impossible lutte afin de nous montrer dignes ; plutôt, nous recevons la grâce d'une nouvelle vie dans laquelle l'Esprit Saint nous apprend comment aimer ce nouveau nous créé pour la justice et caché avec Christ en Dieu (Éphésiens 4:24 ; Colossiens 3:2-3). Christ a déjà accompli la partie la plus difficile pour nous ; combien plus fera-t-Il la partie la plus facile, nous conduisant à la maison (Romains 5:8-10) ?

Un pas de foi

La foi, nous dit-on en Hébreux 11:1, est l'assurance des choses que nous, bien-aimés de Christ, espérons. La foi est la seule réalité que nous ressentons actuellement de ces bonnes choses que Dieu a promises, choses qui restent, encore tout à fait invisibles à nos cinq sens. Autrement dit, nous voyons avec les yeux de foi, comme s'il était déjà ici ce merveilleux monde nouveau dans lequel les voix sont aimables, les mains sont douces, où il y a abondance de nourriture et personne n'est un étranger. Des choses pour lesquelles nous n'avons, dans ce présent monde mauvais, aucune évidence tangible, physique. Mais la foi produite par l'Esprit Saint, qui enflamme en nous cet espoir de salut et de rédemption de la création entière (Romains 8:23-25), est le don de Dieu (Éphésiens 2:8-9) et en cela nous sommes enracinés dans Sa paix, Son repos et Sa joie, selon l'assurance incompréhensible de Son débordant amour.

Avez-vous fait le pas de foi ? Dans une culture d'estomacs acides et l'hypertension, l'Esprit Saint nous presse vers le chemin de la sérénité et de la paix dans les bras de Jésus-Christ. Plus encore, dans un monde de pauvreté choquante, de maladie, de famine et d'injustice brutale et de guerre, Dieu nous offre (et nous rend capables) d'ouvrir des yeux de foi à la lumière de Sa parole, qui promet la fin de la souffrance, des larmes, de la tyrannie et de la mort ainsi que la création d'un monde nouveau dans lequel la justice se sentira chez elle (2 Pierre 3:13).

Jésus nous dit " Croyez en moi ". " Malgré ce que vous pouvez voir, je fais toutes choses nouvelles. Cessez de vous inquiéter et croyez que je suis pour vous, pour vos bien-aimés et pour le monde entier exactement comme je vous ai dit que je le suis. Cessez de vous inquiéter et croyez que je ferai pour vous, pour vos bien-aimés et pour le monde entier tout ce que je vous ai dit que je ferai. "

Nous pouvons avoir confiance en Lui. Nous pouvons Lui confier nos fardeaux, les fardeaux de notre péché, nos fardeaux de crainte, nos fardeaux de douleur, de déception, de confusion de même que le doute. Il les portera, de même qu'Il nous porte, bien avant même que nous ne le réalisions.

©2002 Église Universelle de Dieu