Septième Partie : Conclusion : De nouvelles outres
N
ous avons vu dans la dernière partie que le culte est notre réaction face aux actions gracieuses de Dieu à notre égard. Pour l’ancien Israël, le culte était centré sur son expérience de l’exode — ce que Dieu avait fait pour lui. Pour les chrétiens, le culte est centré sur l’évangile, ce que Dieu a fait pour tous les croyants. Le culte chrétien célèbre et participe à la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ pour le salut et la rédemption de tous les peuples.Nous avons vu que le modèle de culte donné à l’ancien Israël lui était spécialement destiné. Par Moïse, Dieu donna aux Israélites un modèle de culte destiné à les rendre capables de réagir en célébrant ce que Dieu avait accompli pour eux en les délivrant de l’Égypte et en les amenant à la Terre Promise.
Nous avons également vu que le culte chrétien n’exige pas une observance fondée sur l’expérience de l’ancien Israël face à Dieu, mais il est plutôt une réaction face à l’évangile. Nous pouvons dire, par analogie, que le " vin nouveau " de l’évangile doit être versé dans des " outres neuves " (Matth. 9:17). Les " vieilles outres " de l’ancienne alliance n’étaient pas faites pour contenir le vin nouveau de l’évangile (Héb. 12:18-24).
Le culte israélite était pour l’ancien Israël. Il dura jusqu’à ce que vienne le Christ. Maintenant, le peuple de Dieu rend culte sous de nouvelles formes qui reflètent sa réaction face à un nouveau contenu : les nouvelles choses transcendantes que Dieu a accomplies en Jésus-Christ.
Le culte chrétien se développe autour de la répétition et de la participation au corps et au sang de Jésus-Christ. Ses éléments clés comprennent :
Concentration sur le contenu
Le culte chrétien se concentre d’abord sur le contenu et la signification, plutôt que sur la forme et le moment. Par conséquent, le culte chrétien ne se limite pas à un quelconque jour de la semaine ou à une saison quelconque de l’année, comme il n’y a aucun jour ou aucune saison qui soient commandés ou exigés des chrétiens.
Cependant, les chrétiens sont libres (et c’est ce qu’ils font normalement) de se réserver des saisons spéciales pour célébrer des aspects majeurs de la vie et de l'oeuvre de Jésus.
Les chrétiens réservent également un jour par semaine pour rendre culte en commun, c’est-à-dire, s’assembler en tant que Corps du Christ pour adorer Dieu. Pour ce faire, la plupart des chrétiens mettent le dimanche de côté. D’autres se réservent le samedi. Quelques-uns se réunissent à d’autres moments leur convenant mieux, comme le mercredi soir.
Il est typique de l’enseignement des Sabbatériens du septième jour de croire qu’il est péché pour les chrétiens d’employer le dimanche comme jour régulier d’assemblée du culte. Toutefois, cette idée n’est pas supportée par la Bible.
Le événements majeurs du dimanche
Ce qui est surprenant aux yeux des Sabbatériens du septième jour, c’est que l’évangile fait spécifiquement le récit d’événements ponctuels de prime importance s’étant déroulés le dimanche. Comme nous allons le voir, même s’il n’existe aucun commandement exigeant des chrétiens qu’ils rendent culte le dimanche, il n’y a également aucune raison pour qu’ils se sentent inconfortables face au culte le dimanche.
L’évangile de Jean nous dit que les disciples de Jésus se rassemblèrent le premier dimanche suivant la crucifixion de Jésus, et que celui-ci leur apparut (Jean 20:1). Les quatre évangiles nous disent que l’on avait découvert que Jésus était ressuscité des morts tôt le dimanche matin (Matth. 28:1; Marc 16:2; Luc 24:1; Jean 20:1).
Les quatre rédacteurs évangéliques considérèrent assez significatif de mentionner que ces événements survinrent à un moment particulier : dimanche. Ils auraient pu laisser tomber ce détail, mais ils le notèrent. Les évangiles déclarent que Jésus a choisi de se révéler lui-même comme le Messie ressuscité un dimanche, d’abord tôt le matin, ensuite dans l’après-midi, puis finalement le soir.
Non seulement ces apparitions dominicales du Jésus ressuscité ne causèrent-elles point de souci ni d’alarme aux écrivains des évangiles, mais ils choisirent de rendre bien clair que ces choses sont arrivées un certain jour en particulier.
Sur la route d’Emmaüs
Si vous avez quelque question au sujet du jour où se produisit la résurrection, considérez le témoignage clair du récit de Luc concernant les deux hommes sur la route d’Emmaüs. Jésus avait prophétisé qu’il ressusciterait des morts le " troisième jour " (Luc 9:22; 18:33; 24:7).
Luc enregistra distinctement que ce dimanche-là, le jour où les femmes découvrirent que la tombe de Jésus était vide, était, en effet, " le troisième jour ". Il appuya spécifiquement sur le fait que les femmes découvrirent que Jésus était ressuscité le dimanche matin (Luc 24:1), et ensuite sur le fait que ce " même jour " (24:13), dimanche, était " le troisième jour " (24:21), le jour où Jésus a dit qu’il ressusciterait (24:7).
Révisons certains points clefs que les écrivains évangéliques furent inspirés de consigner au sujet du premier dimanche après la crucifixion de Jésus :
Jean a aussi enregistré que, le second dimanche après la crucifixion, les disciples se réunirent encore et Jésus apparut encore au milieu d’eux (Jean 20:26).
Dans l’église primitive
Dans Actes 20:7, Luc a écrit que Paul parlait à l’église de Troas quand elle s’assembla un dimanche pour " rompre le pain " Dans 1 Corinthiens 16:2, Paul dit à l’église de Corinthe, comme il l’avait fait à l’église de Galatie (16:1), d’employer chaque dimanche à prélever une offrande pour combattre la famine qui sévissait dans l’église de Jérusalem.
Paul n’a pas dit qu’il fallait que l’église s’assemble le dimanche. Son énoncé, cependant, semble indiquer que les réunions du dimanche n’étaient pas exceptionnelles. La raison pour la-quelle Paul désirait que cette offrande soit prélevée de manière hebdomadaire était " qu’on ait pas besoin d’organiser des collectes au moment de mon arrivée " (16:2). Si les membres mettaient de côté de l’argent chez eux, plutôt que de l’apporter chaque dimanche à la réunion, une collecte devrait être faite à l’arrivée de Paul.
La lecture naturelle de ces passages démontre qu’il n’était pas inhabituel de voir les chrétiens se réunir le dimanche, comme il était courant qu’ils " rompent le pain " ensemble (terme que Paul associe au Repas du Seigneur; voir 1 Corinthiens 10:16-17) durant les réunions du dimanche.
Comme nous pouvons le constater, les rédacteurs inspirés du Nouveau Testament nous informent délibérément que Jésus est ressuscité un dimanche. Ils n’entretenaient aucune gêne du fait que plusieurs croyants s’assemblaient le dimanche pour rompre le pain. Même si les chrétiens ne sont pas obligés de se réunir le dimanche pour rendre culte, ces exemples montrent qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir en le faisant.
Gouffres sans fond potentiels
Comme nous l’avons vu, il y a de solides raisons à la pratique chrétienne de s’assembler le dimanche, en tant que corps du Christ, pour communier avec Dieu. Alors, est-ce que les chrétiens doivent s’assembler le dimanche? Non. La foi chrétienne n’est pas fondée sur le choix d’un jour, mais sur la foi en Dieu et en son Fils, Jésus-Christ.
Ce serait une erreur que de changer un assortiment de jours prescrits pour un autre. La foi chrétienne n’a rien à voir avec des journées exigées, mais a tout à voir avec la connaissance et l’amour de Dieu le Père et Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur.
Quand nous décidons d’un jour de réunion pour que les frères et sœurs croyants rendent culte, faisons-le pour les bonnes raisons.
L’ancienne raison que nous évoquions pour nous assembler le sabbat hebdomadaire — alors que nous croyions que le sabbat était une obligation chrétienne — était une erreur.
Nous l’avons vu précédemment, le sabbat hebdomadaire n’a pas été donné à l’église chrétienne. Cependant, si nous décidons de nous réunir le samedi, nous devons essayer de comprendre quelles sont nos vraies raisons.
Le commandement de Jésus, " Prenez, mangez, ceci est mon corps " et " Buvez-en tous ", n’est lié à aucun jour particulier. Pourtant, il est de tradition chrétienne non-juive de s’assembler en communion avec le Christ le dimanche et ce, depuis les toutes premières années de l’église, d’abord parce que dimanche est le jour dans lequel Jésus s’est tout de suite révélé après être ressuscité des morts.
Croire que Dieu ordonne aux chrétiens d’observer le sabbat, ou qu’Il a commandé aux Chrétiens de suivre le code de la loi mosaïque, c’est de nous priver nous-mêmes de la joie complète que Dieu veut que nous ayions en Christ. Dieu entend que nous lui fassions confiance, à lui seul, pour l’obtention du salut, et il veut que nous trouvions notre repos et notre consolation en lui seul. Nous sommes sauvés par la grâce et nous vivons par la grâce.
Le commandement du sabbat, ainsi que toute la loi mosaïque, ont pris fin avec la crucifixion de Jésus. Si nous l’adoptons, ou tentons de l’adapter au dimanche, nous diminuons la révélation divine de Jésus-Christ en tant qu’accomplissement des promesses de Dieu.
Confusion
Réagissant à cette série d’articles, quelques-uns m’ont écrit pour exprimer leur insatisfaction, croyant que je contestais le point de vue que le sabbat hebdomadaire est le jour saint de Dieu consacré aux chrétiens. Ils me disent qu’ils vont " obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ", sans égard à ce qu’on peut leur dire.
Un tel engagement à faire ce que l’on croit que Dieu demande est certainement une bonne chose; le malentendu vient de ce que l’on croit que Dieu demande.
La forte conviction des Sabbatériens voulant que l’on obéisse à Dieu en observant le sabbat illustre bien la confusion et l’erreur dans lesquelles l’enseignement sabbatérien a fait plonger des chrétiens imprudents.
Premièrement, l’enseignement sabbatérien dresse une compréhension non biblique de ce que signifie obéir à Dieu, puis elle établit cette version de l’obéissance comme contenu définissant la fidélité chrétienne.
Le résultat est une façon de pensée qu’on peut résumer par " nous vs eux ", une approche de Dieu qui crée de la division dans le corps du Christ fondée sur l’adhésion à un commandement que le Nouveau Testament enseigne clairement ne plus être obligatoire.
Selon la Bible, nous sommes sauvés par la grâce de Dieu au travers de la foi en Jésus-Christ, non par notre fidélité au sabbat hebdomadaire. La fidélité au sabbat hebdomadaire n’est pas matière à obéissance envers Dieu, parce que Dieu n’a pas ordonné aux chrétiens d’observer le sabbat hebdomadaire.
Évidemment, Dieu honore certainement les fidèles efforts de ses enfants à faire ce qu’ils croient qu’il commande, si ce qu’ils croient qu’il commande n’est pas un péché. Observer le sabbat n’est pas un péché.
Toutefois, c’est un péché que de condamner comme pécheurs ceux qui ne l’observent pas. Comme le sait tout ancien sabbatérien, c’est, en effet, de cette façon que la plupart des observateurs du sabbat regardent les gens qui n’observent pas le sabbat. Voilà le péché d’un cœur impur vis-à-vis les autres chrétiens.
Source de division
Dieu nous a commandé de l’aimer, et aimer Dieu ne se définit pas en terme d’observance du sabbat hebdomadaire. Cela se définit par la croyance en Jésus-Christ et l’amour envers le prochain (1 Jean 3:21-24; 4:19-21).
La Bible dit qu’il y a une nouvelle alliance et une nouvelle loi (Héb. 7:12; 8:13; 9:15). Il est erroné de la part de certains enseignants chrétiens d’établir le sabbat hebdomadaire comme instrument de mesure de la fidélité chrétienne et, de cette façon, en faire un point de division entre chrétiens.
L’enseignement disant que le commandement du sabbat est en vigueur pour les chrétiens crée de la division dans le corps du Christ, introduit un légalisme destructeur dans la conscience chrétienne et voile la vérité et la puissance de l’évangile.
Le repos divin
La Bible dit que la volonté de Dieu consiste à ce que les humains l’aiment et croient à l’évangile (Jean 6:40; 1 Jean 3:21-24; 4:21; 5:2).
La plus grande joie que puissent vivre les êtres humains est d’aimer leur Seigneur (Jean 17:3), et un semblable amour n’est pas déterminé ou accru par l’observance d’un jour de la semaine en particulier.
La vie chrétienne est une vie de repos dans la joie de notre Sauveur; le repos divin, une vie dont chaque partie est vouée à Dieu, et dont chaque activité est un sacrement de dévotion.
D’un autre côté, la vie chrétienne n’est pas toute une vie vouée à consacrer un jour de la semaine spécialement mis de côté pour le Seigneur.
Croire cela a pour conséquence qu’une personne manquera la plus grande partie de la joie et de la puissance de la vérité disant que le Christ est venu et que, par lui, Dieu a contracté une nouvelle alliance (Matth. 26:28; Héb. 9:15) avec tous ceux qui croient en la bonne nouvelle (Rom. 1:16; 1 Jean 5:1).
Comme nous l’avons vu, le sabbat hebdomadaire n’était qu’une ombre, un indice, de la réalité qui était encore à venir (Col. 2:16-17). À donner trop d’emphase à l’indice, l’on ignore le fait que la réalité est véritablement présente et accessible. Cela dérobe quiconque de la capacité de se réjouir pleinement de ce qui est réellement important.
Ce serait un peu comme de continuer à insister sur l’annonce des fiançailles de quelqu’un, de la garder et de la méditer longtemps après que la noce ait eu lieu. Il est grand temps d’attirer l’attention de cette personne sur les époux et de laisser l’annonce des fiançailles décliner vers son statut propre, soit un souvenir plaisant.
Les endroits et les moments ne sont plus des points centraux du contenu du culte du peuple de Dieu. Le véritable culte, a dit Jésus, s’effectue en esprit et en vérité (Jean 4:21-26). L’esprit implique le cœur, Jésus est la vérité.
Quand on demanda à Jésus : " Que devons-nous faire pour accomplir les œuvres que Dieu attend de nous ? ", il répondit : " L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé " (Jean 6:28-29). C’est pourquoi le culte chrétien doit tourner autour de Jésus-Christ — son identité en tant que Fils éternel de Dieu et son œuvre comme Seigneur, Sauveur et Enseignant.
Pas de " plus grande bénédiction "
Si nous croyons que l’obéissance au commandement du sabbat est le critère par lequel nous serons sauvés ou condamnés lors du dernier jugement, c’est que nous ne comprenons ni le péché ni la grâce de Dieu. Si les observateurs du sabbat sont les seuls à être sauvés, le sabbat est donc le standard du jugement et non la miséricorde de Dieu.
Les observateurs du sabbat croient qu’il est plus agréable à Dieu que nous gardions le sabbat que de l’ignorer. Mais ce raisonnement ne vient pas de la Bible.
La Bible enseigne que le commandement du sabbat, ainsi que la Loi entière de Moïse, a été surpassé et transcendé par Jésus-Christ.
Le commandement du sabbat, comme toute la Loi de Moïse d’ailleurs, a pris fin avec la mort et la résurrection de Jésus.
Par conséquent, il n’est pas " plus agréable " à Dieu que nous gardions le sabbat que si nous ne le gardons pas. Le sabbat ne nous a pas été destiné. La plus grande partie de la théologie sabbatérienne est, en fait, plus nuisible spirituellement qu’agréable à Dieu, parce qu’elle enseigne que les observateurs du sabbat sont les seuls et uniques véritables et fidèles chrétiens et que le sang de Jésus ne suffit pas à vous sauver sans que vous ne gardiez aussi le sabbat.
La Bible s’oppose à cette confusion doctrinale par de nombreuses et puissantes assertions affirmant que nous sommes sauvés par la grâce de Dieu au moyen de la foi dans le sang de Jésus-Christ seulement, et sans autre œuvre que ce soit (Éph. 2:8-10; Rom. 3:21-22; 4:4-8; 2 Tim. 1:9; Tite 3:4-8).
De telles déclarations pures et simples de l’adéquation du Christ qui nous sauve seul sans l’apport de la loi contredit entièrement la doctrine des Sabbatériens qui proclament que le salut n’arrive qu’à ceux qui gardent le sabbat.
Pas " plus divin "
Ce n’est un secret pour personne que la moyenne des observateurs du sabbat ressent qu’il ou elle exécute quelque chose de " plus divin " que ceux qui n’observent pas le sabbat. Pas besoin de prétendre qu’il n’en est rien. En tant qu’ancienne église sabbatérienne, soyons honnêtes avec nous-mêmes. Considérez ces passages tirés de nos anciennes publications :
" Mais seulement ceux qui continuent à obéir au commandement de Dieu de garder le sabbat entreront finalement dans le ‘repos’ glorieux du Royaume de Dieu et recevront le don de la vie spirituelle et éternelle. "
" Ceux qui ne gardent pas le sabbat ne porteront pas le ‘signe’ du sabbat de Dieu qui identifie Son peuple et, par conséquence, ils ne naîtront pas de dieu au retour du Christ ! "
Comme le démontrent ces énoncés, l’observance du sabbat n’était pas seulement regardée comme plus divine, mais l’on croyait encore que personne ne pouvait être sauvé sans elle.
Considérez maintenant cet énoncé tiré de la littérature des Adventistes du Septième Jour (ASJ): " Ainsi, l’observance du dimanche, dans le contexte de la lutte eschatologique, constituera, à la fin, une marque distinctive, qualifiée ici de marque de la bête."
Satan a élevé le dimanche en tant que signe de son autorité, alors que le sabbat sera le grand test de loyauté envers Dieu. Cette question divisera la chrétienté en deux classes et caractérisera le temps des épreuves de la fin pour le peuple de Dieu. " 7
Cet énoncé expose le concept du ASJ qui affirme que l’observance du sabbat est le critère décisif témoignant de la fidélité envers Dieu.
Ce discordant esprit de supériorité spirituel, qui est contraire à tout ce qu’enseigne la Bible et qui émerge d’une incompréhension fondamentale de l’enseignement de Jésus et des apôtres, est la raison pourquoi l’Église Universelle de Dieu a répudié son ancienne théologie sabbatérienne.
Cette théologie œuvre contre la grâce de Dieu en Jésus-Christ et contre l’enseignement clair de la Bible. Comme nous l’avons constaté, la Loi de Moïse, incluant le commandement du sabbat, a été donnée à Israël et non à l’église. Bien qu’il n’y ait aucune raison de ne pas s’assembler le samedi pour rendre culte, cela ne doit pas nous faire commettre l’erreur de penser qu’il y a quelque raison biblique que ce soit de choisir le samedi à l’exception de tout autre jour pour se réunir afin de rendre culte.
Pas d’exigence
Dans l’évangile, il y a un événement clef qui est survenu un dimanche. Encore une fois, aucun commandement n’exige des chrétiens qu’ils se réunissent un jour de la semaine en particulier, et ils sont libres de choisir celui qu’ils veulent. Cependant, eu égard au choix d’un jour, il doit être clair sans l’ombre d’un doute que la Bible n’ordonne l’observance d’aucun jour en particulier, ni qu’il y a de meilleures bénédictions à se réunir lors d’une journée spécifique plutôt qu’une autre.
Nous pourrions résumer le tout comme suit :
Éviter la condamnation
Nous devons apprendre à ne pas nous condamner les uns les autres dans les décisions que nous prenons en accord avec notre conscience devant Dieu. Néanmoins, nous devons aussi être honnêtes avec nous-mêmes face aux raisons qui motivent nos décisions.
Le Seigneur Jésus-Christ nous a amenés au repos divin, dans sa paix et en pleine faveur devant Dieu. Puisse nous, qui aimons Dieu, nous aimer aussi les uns les autres. Qu’est-ce qui est le plus important pour Dieu : le jour au cours duquel nous choisissons de rendre culte ou notre attitude vis-à-vis ceux qui font un choix différent du nôtre ?
Nous devons nous aimer les uns les autres et cela inclut aussi de mettre fin aux sentiments et à l’expression de condamnation envers des frères et sœurs qui rendent culte à un autre jour que nous. Ceux qui se réunissent le samedi doivent se dépouiller de toute mauvaise compréhension du rôle du sabbat et de tout préjugé contre le dimanche.
De même, ceux qui s’assemblent le dimanche ne doivent pas tomber dans un " légalisme inverse ", croire que ceux qui rendent culte le samedi ne sont pas sauvés et que tous les chrétiens véritables devraient rendre culte le dimanche.
Quand on a pratiqué quelque chose une grande partie de sa vie, il n’est pas facile de changer.
Par exemple, beaucoup d’entre nous, ce qui m’inclut, avons de la difficulté à manger du jambon ou des fruits de mer, pas parce que nous pensons que c’est péché, mais parce que nous sommes émotivement prédisposés à trouver cela dégoûtant.
Une fois, j’ai mangé un délicieux morceau de porc à un buffet, pensant que c’était de la dinde. Quand j’ai découvert que c’était du porc, je n’ai pu en avaler davantage, même si, jusqu’alors, je croyais que c’était de l’excellente dinde.
En même temps, je suis heureux de constater qu’il y a des gens qui peuvent apprécier ces mets et cela ne me dérange nullement qu’ils en mangent en ma présence. Nombreux sont ceux qui ont exprimé ce même sentiment envers la nourriture.
Pouvons-nous prendre une approche similaire en ce qui concerne les jours de culte ? Bien sûr que nous le pouvons, si nous voulons placer l’amour avant les détails.
Beaucoup de membres comprennent que le samedi et les fêtes de l’ancienne alliance n’obligent pas les chrétiens, pourtant ils ressentent un certain inconfort émotif en ce qui a trait à l’idée de les ignorer, de même qu’un certain malaise et une certaine anxiété à propos de rendre culte le dimanche ou de célébrer Noël et Pâques.
Il y en a aussi beaucoup qui sont devenus inconfortables avec l’idée de rendre culte le samedi et célébrer les fêtes mosaïques. C’est maintenant une question de maturité chrétienne à savoir si nous pouvons apprécier et respecter le choix des autres en la matière.
L’amour en pratique
Nous pouvons sûrement respecter avec grâce le choix de chacun au sujet des jours que nous adoptons pour rendre culte et célébrer. Nous pouvons certainement faire en sorte que les jours de culte ne nous divisent pas.
Tous, nous mettons toute notre attention à faire la volonté de Dieu. Nous pouvons donc tous nous poser la question : " Comment puis-je faire ma part dans ce que Dieu accomplit dans l’église, plutôt que de ne rechercher que ce qui est bon pour moi ? Est-ce que je peux refréner certains de mes choix pour le bien de tout le Corps ? "
La maturité dans la foi mène à l’unité. C’est pourquoi, à mesure que nous mûrissons dans la foi, nous sommes plus aptes à oublier les différences et, à la place, nous centrer sur le but que Dieu nous a fixé : aimer Dieu, lui rendre culte et répandre la bonne nouvelle.
Le Saint-Esprit nous conduit au respect les uns envers les autres, à nous aimer les uns les autres, à nous comprendre et à nous apprécier les uns les autres.
L’Esprit nous éloigne de la critique, de la condamnation et de l’attitude de supériorité.
L’Esprit est affligé lorsque nous prenons position les uns contre les autres dans une attitude se traduisant par des : " Je suis fidèle, vous ne l’êtes pas ! " par ci, ou " Je suis libre, vous êtes ligotés ! " par là.
Nous ne devons pas faire le choix de l’immaturité et de la division. Nous pouvons choisir de laisser l’Esprit nous guider vers la maturité et l’unité — et vers la paix qui couvre tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ.
5
Herbert W. Armstrong, éd., The Ambassador College Bible Correspondance Course, leçon 27, 58 leçons (Pasadena, Calif. : Ambassador College, 1964, 1967), 5.6
Ibid., 12.7