Trouver la paix dans le Christ
Par J. Michael Feazell
Q
u’est-ce qui est le plus important aux yeux de l’Église Universelle de Dieu : le jour où nous nous réunissons ou bien apprendre à nous aimer les uns les autres ?Nous savons quelle réponse nous voulons donner, mais parfois il semble que nos différents points de vue sur des sujets tels que les fêtes évincent l’amour chrétien que nous aimerions partager. Malheureusement, nous trouvons, dans certaines de nos congrégations, dissension, confusion et colère au lieu de la paix.
Valeurs critiques
Deux des valeurs fondamentales qui guident la politique de notre église sont: 1) tous nos membres sont importants ; 2) Jésus nous commande de nous aimer les uns les autres.
Nous appartenons tous à Jésus-Christ, donc chaque membre est important aux yeux de l’église. Nous savons que Jésus aime chacun des membres de son Corps. Il prend soin de chacune des brebis de son troupeau. Toutefois, en tant que Corps du Christ, l’église entend voir à ce que chaque membre soit guidé avec amour, sachant que c’est ce que veut Jésus.
Aussi, en ce qui concerne les jours de culte, nous voulons paître tous les membres, pas seulement ceux qui se réunissent le dimanche, ou seulement ceux qui se réunissent le samedi. Sans souci du jour choisi par les membres pour s’assembler, nous voulons qu’ils entendent tous le même message évangélique conséquent.
Nous voulons qu’ils sachent que Dieu, pour l’amour du Christ, les aime tous, et qu’ils se le rappellent à chaque réunion de l’église. Nous voulons qu’ils adorent tous le Seigneur qui les aime et les a sauvés, et ce à chaque réunion de l’église, que ce soit un samedi, un dimanche ou en milieu de semaine.
Nous aimer les uns les autres
Non seulement Jésus nous aime-t-il, mais il nous dit que, si nous sommes ses disciples, nous nous aimerons les uns les autres. Alors que sa propre vie prend racine en nous, son coeur, rempli d’amour pour son peuple, renouvellera et transformera nos coeurs.
Nous apprenons, à partir de la Bible, certaines des caractéristiques de l’amour du Christ. L’amour ne condamne pas. L’amour est patient. L’amour est fidèle et honnête. Si nous voulons obéir à Jésus, nous ne devons pas nous condamner les uns les autres. Nous devons nous montrer patients les uns envers les autres. Et nous devons être fidèles et honnêtes, même dans notre utilisation de la Parole de Dieu les uns avec les autres.
Une des façon de montrer honnêteté et fidélité en regard de la Parole de Dieu est d’enseigner la vérité au sujet du sabbat et des fêtes israélites.
Par le passé, nous avons enseigné que ces fêtes étaient obligatoires pour les chrétiens, qu’elles étaient le signe identifiant les véritables chrétiens. Nous avions tort. Elles ne sont pas obligatoires pour les chrétiens et ne sont pas le signe du véritable chrétien.
Mais l’honnêteté et la fidélité requièrent aussi que nous enseignions la vérité au sujet de toutes les fêtes, le fait qu’aucune fête particulière n’est obligatoire pour les chrétiens ou constitue le signe identifiant le véritable chrétien. Ni Noël, ni Pâques, ni la Pâque, ni la fête des Tabernacles ne sont obligatoires pour les chrétiens.
Pour la même raison, aucune fête n’est défendue pour le culte des chrétiens — en autant que la fête honore et rend un culte à Jésus-Christ.
Notre péché passé était dans notre manière d’observer le sabbat et les fêtes en tant qu’obligation et en tant que signe, et aussi dans notre façon de considérer les croyants qui ne les observaient pas. Notre péché n’était pas dans le fait de nous rassembler lors d’un jour particulier pour rendre un culte à Dieu.
Nous avons la liberté en Christ d’observer ou non quelque fête que ce soit. C’est lui que nous adorons et nous pouvons le faire en tout temps, n’importe où.
Si un certain groupe décide de se réunir le samedi, il peut rendre culte à Jésus le samedi. Si un autre groupe décide de se rencontrer le dimanche, il peut rendre culte à Jésus le dimanche. Dieu ne nous juge pas d’après le jour où nous nous réunissons ; il nous jugera d’après notre attitude critique les uns envers les autres.
Dimanche : pas un signe
La nouvelle alliance, ce n’est pas de se réunir le dimanche et pendant les fêtes chrétiennes traditionnelles, et ces dernières choses ne déterminent pas la première.
Quiconque pense ainsi commet la même erreur que nous avons faite jadis : nous faisions d’un jour de culte le critère définissant qui est un véritable chrétien et qui ne l’est pas. Cela se résume à substituer une forme de légalisme par une autre. La valeur centrale en demeure tout aussi erronée.
S’il y a une chose que nous avons apprise de notre expérience du sabbat, c’est que les jours ne sont pas la mesure du vrai christianisme. L’on est chrétien lorsque l’on met sa foi en Jésus-Christ, non pas quand l’on commence à se réunir un certain jour en particulier. Le concept était faux quand nous étions "sabbatériens" et il est encore faux aujourd’hui, peu importe le jour dont il est question.
Je le répète, tous les membres sont importants. C’est pourquoi notre politique veut que les membres soient libres de s’assembler dans l’un ou l’autre des choix de jours. Ceux-ci importent peu aux yeux du Christ : c’est l’attitude qui compte.
Une question de cœur
Quelqu’un peut-il être un " chrétien de la nouvelle alliance " et rendre culte le samedi ? Oui, cette personne le peut. Est-ce que quelqu’un peut être " chrétien de nom seulement " et assister aux réunions le dimanche ? Bien sûr que cette personne-là le peut. Et vice versa.
C’est un coeur changé, un coeur dans lequel réside le Saint-Esprit, qui fait le chrétien, non pas les activités extérieures des jours de réunion.
" Mais le Saint-Esprit ne pousse-il pas le véritable chrétien à célébrer la naissance de Jésus? " demandera-t-on. " Comment les gens peuvent-ils devenir des chrétiens matures s’ils ne célèbrent pas l’Incarnation? " demandera quelqu’un d’autre.
La réponse est simple. Quelqu’un peut devenir un chrétien mature en mettant sa confiance, en se fiant à Jésus-Christ et, en tant que son disciple, en croissant dans son amour.
Je célèbre Noël et cela m’apparaît comme un moment rempli de bénédictions et d’une profonde inspiration pour ma famille et moi-même. Mais ce n’est pas ce qui fait de moi un chrétien — un chrétien en bonne santé et mature.
Je prends de la maturité en Christ en croyant à ses promesses à mon égard, à mesure que je grandis dans la foi et que je fais confiance au Saint-Esprit pour qu’il me donne le pouvoir d’aimer, de pardonner, de mener une vie sainte et sans tache. Nous ne devons pas confondre célébrations et maturité.
Les fêtes sont un moyen merveilleux d’honorer et de louer Dieu pour ce qu’il est et ce qu’il a fait, mais il ne nous est pas commandé de célébrer tous exactement de la même façon et au même moment.
Comme chrétiens, nous célébrons tous Jésus et ce que Dieu a accompli en lui, mais nombre d’entre nous célébrons de manières différentes.
C’est ce qui rend la chose si belle. Cela nous donne une merveilleuse opportunité de pratiquer ce que Jésus a dit en ces termes : " Par ceci, tous les hommes verront que vous êtes mes disciples si vous vous aimez les uns les autres. "
Quelle honte !
Quelle honte, lorsque des incroyants voient nos différents insignifiants et nos querelles concernant, entre autres, les jours de culte !
Comme c’est tragique quand des chrétiens, appelés à s’aimer les uns les autres, ne peuvent même pas laisser aux autres le choix du jour de leurs réunions — des réunions pour quoi, si ce n’est entendre les paroles du Christ au sujet du Royaume, de l’amour, de la patience, de la bonté et de la paix ?
Écoutez l’essence des arguments avancés : " Vous n’êtes pas de véritables chrétiens ! Vous vous réunissez le samedi pour entendre parler du Seigneur et Sauveur, qui a été crucifié pour pardonner nos péchés, nous réconcilier à Dieu et nous donner une nouvelle vie dans le Royaume de Dieu. Je refuse d’être dans la même église que vous, légalistes de l’ancienne alliance, stupides et bornés. "
" Ha ! Nous ne sommes pas de véritables chrétiens ? Mais c’est vous qui n’êtes pas de vrais chrétiens ! Vous vous réunissez le dimanche pour entendre parler du Seigneur et Sauveur, qui a été crucifié pour pardonner nos péchés, nous réconcilier à Dieu et nous donner une nouvelle vie dans le Royaume de Dieu. Je refuse d’être dans la même église que vous, païens libéraux, adorateurs du soleil qui cherchez à plaire aux hommes. "
Mais le Christ a dit : " À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: à l’amour que vous aurez les uns pour les autres " (Jean 13:35). Et il a inspiré à Paul ces paroles : " Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous " (2 Corinthiens 13:13).
En termes pratiques
En bout de ligne, voici l’instruction : il est correct que des chrétiens se réunissent le samedi; il est correct que des chrétiens se réunissent le dimanche; il n’est pas correct que des chrétiens se ridiculisent et se condamnent les uns les autres.
Qu’est-ce que cela signifie, en termes pratiques? Cela signifie que, pour un, lorsqu’une nouvelle personne commence à assister à l’église, il est mauvais de tenter de l’entraîner dans une dispute concernant les jours de culte ou tenter de convaincre cette personne d’être d’accord avec un "côté" ou un "parti" de la guerre des jours de culte et de s’y joindre. (Je pris pour que vous n’ayiez point de "côté" ou de "parti", et que ne soyiez point impliqués dans une " guerre de jour de culte ".)
Si vous êtes un observateur conservateur des jours saints et du sabbat, cela veut dire que vous ne devez pas essayer de persuader quiconque de votre point de vue.
Les observateurs du sabbat ont leur place dans l’Église Universelle de Dieu, aussi longtemps qu’ils respectent assez l’église pour ne pas combattre ses doctrines en tentant de convaincre les autres membres ou les visiteurs que les jours saints et le sabbat sont des lois obligatoires pour les chrétiens.
Si vous êtes un observateur de Noël et de Pâques, cela signifie que vous ne devez pas essayer de donner l’impression aux autres qu’ils ne sont pas vraiment des chrétiens matures tant qu’ils ne commencent pas à observer Noël et Pâques.
La politique de l’Église
Le Royaume de Dieu n’a rien à voir avec les jours à observer. Il concerne Jésus-Christ. La vie chrétienne ne se définit pas en terme de rites. Elle se définit en terme d’amour du Christ qui est à l’oeuvre dans son peuple.
La politique officielle de l’église est que chaque congrégation puisse établir ses propres moments de célébration et de culte.
Elles peuvent célébrer selon les festivités traditionnelles de l’Église Universelle de Dieu, selon les festivités traditionnelles chrétiennes, lors de la fin de semaine la plus proche de la date véritable de la fête, les samedis, les dimanches, ou toute autre combinaison.
Quand elles se réunissent, elles doivent célébrer le Christ. Elles ne doivent pas enseigner que tel jour est sacré et ordonné. Elle doivent utiliser les jours pour célébrer, non pour séparer les brebis des boucs. Les jours doivent nous servir, pas nous asservir. C’est Jésus qui est notre Maître.
Si une minorité désire célébrer en d’autres jours que la majorité, cette minorité doit se sentir confortable et en sécurité pour le faire.
Et cette minorité doit de même se montrer respectueuse et compréhensive envers la majorité qui a fait un choix différent au sujet des jours à observer.
L’instruction biblique
Quelle que soit notre conviction au sujet des jours que nous dédions à Dieu, comprenons que Dieu accepte aussi le don des jours que les autres chrétiens lui offrent.
" Pour celui-ci, tel jour vaut plus qu’un autre ; pour celui-là, ils ont tous la même valeur : à chacun d’avoir une pleine conviction en lui-même " (Rom. 14:5).
L’utilisation de notre temps en présence de Dieu devient un choix personnel, temps que Dieu bénit lorsqu’il lui est consacré avec une conscience pure.
" Celui qui fait une distinction entre les jours le fait pour le Seigneur ... Et toi, pourquoi condamnes-tu ton frère ? Où toi, pourquoi le méprises-tu ? " (versets 6, 10).
Selon Paul, nul n’est besoin de rhétorique jetée à la face de notre entourage, telle que, d’un côté : " il n’y a rien à tirer de Noël ou de Pâques " ; ou, de l’autre côté : " si vous célébrez les Trompettes, c’est que vous ne comprenez pas la nouvelle alliance ".
Or, nous pouvons comprendre, parce que nous sommes en Christ, et que nous comprenons et apprécions le point de vue et les usages les uns des autres en ce qui a trait aux jours que nous vouons à Dieu.
Dieu nous rend libres de lui vouer les jours que nous choisissons. Paul nous dit que c’est entre Dieu et nous.
Il nous dit aussi de cesser d’être sur le dos des autres à ce sujet. " Cessons donc de nous condamner les uns les autres. Prenez plutôt la décision de ne rien mettre en travers du chemin d’un frère qui puisse le faire trébucher ou tomber " (verset 13).
Écarter le légalisme
Il était essentiel que l’Église Universelle de Dieu déracine le légalisme et l’attitude de jugement inhérents à notre approche sur l’observance du sabbat et des jours saints, et c’est ce que nous avons fait.
Nos anciennes doctrines concernant le sabbat et les jours saints n’étaient pas en harmonie avec l’évangile, et il n’y a pas place dans l’église pour l’esprit qu’elles engendraient.
Mais, je vous prie, comprenez ce point crucial : il n’y a ni péché, ni vertu attachés aux fêtes elles-mêmes. Celles-ci ne sont pas mauvaises, c’est notre façon de les observer qui était mauvaise.
Laissons chaque personne décider par elle-même quel jour elle veut vouer à Dieu, et que cela se fasse avec un coeur pur et humble, non pas un coeur qui croit que l’on est plus fidèle qu’un autre si l’on choisit tel jour particulier.
" Ainsi donc, cherchons toujours ce qui contribue à favoriser la paix et à nous faire grandir les uns les autres dans la foi" (Rom. 14:19).
C’est un but pour lequel il vaut la peine de lutter. Imaginez le jour où nous pourrons comprendre les autres et apprécier leurs préférences en ce qui concerne les jours de culte, et où nous construirons réellement ensemble plutôt que de démolir.
Ce qui est étonnant, c’est que Paul ne nous appelle pas à l’harmonie en se basant sur l’uniformité de ce que nous faisons ensemble ; il se fonde plutôt sur un changement d’attitude de notre part en regard des pratiques variées des autres.
C’est devant Dieu que nous nous tenons debout ou que nous tombons, pas devant les autres. Et Dieu aime chacun d’entre nous. Dieu demande aux forts d’être pleins d’égards pour les faibles. Il demande à tous de démontrer la même attitude que le Christ pour tout un chacun (15:5).
Trouver la paix dans le Christ
Nous pouvons sûrement tomber d’accord pour " rentrer les cornes " en la matière, ne pas suivre la voie de la chair et ne pas admettre les divisions.
La Bible nous montre un chemin meilleur, c’est-à-dire laisser Jésus remplir nos coeurs de son amour. Nous ne devons pas commettre la même erreur que par les années passées, la même erreur que des chrétiens ont commise au cours des siècles.
Avec l’aide de Dieu, nous pouvons nous aimer les uns les autres et nous soutenir dans la compréhension et la paix de Dieu. Pourquoi ne pas suivre le Saint-Esprit dans ce chemin de paix, plutôt que de suivre les passions humaines menant à la discorde et à la division ?
Paul nous avertit que ceux qui persistent à causer des divisions seront rejetés du Corps. Dieu prise l’harmonie et la paix forgées dans son amour, un amour qui implique une vie entière de sacrifices, comme celle de Jésus.
La seule forme de sacrifice qu’exige cette matière est que plusieurs d’entre nous changent leur attitude envers les autres.
La politique de l’Église supporte les deux séries de fêtes ou toute combinaison des deux. Puisse Dieu nous permettre d’avoir le coeur de projeter notre regard au-delà de ces formes de culte, vers la substance fondamentale du culte : soit de le connaître et l’aimer plus profondément.